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Culture ENTRETIEN. L’animal, un héros littéraire comme un autre ? L’analyse de l’écrivain Michel Pastoureau

14:40  12 mai  2021
14:40  12 mai  2021 Source:   ouest-france.fr

Un livre poétique sur l’empathie : découvrez "Châtelet-Lilas" un roman de Sébastien Ortiz

  Un livre poétique sur l’empathie : découvrez Châtelet-Lilas, de Sébastien Ortiz (éditions Gallimard) est l'une des cinq œuvres en lice pour la deuxième édition du Prix Littéraire Europe 1-GMF qui aura lieu le 20 mai prochain. Notre journaliste littéraire Nicolas Carreau vous explique pourquoi il faut le lire. Chatelet Lilas, c’est la ligne 11 du métro parisien. Sébastien Ortiz, dans son livre, raconte donc l’histoire d’un garçon timide. "Il tombe sur une annonce pour être conducteur de métro, nous raconte Nicolas Carreau. Il accepte. Ça lui plait.

L’écrivain Michel Pastoureau interroge la place des animaux dans la littérature. © Astrid di Crollalanza L’écrivain Michel Pastoureau interroge la place des animaux dans la littérature.

Les animaux prennent une place considérable dans la littérature. Mais sont-ils pour autant des héros comme les autres ? Décryptage avec l’auteur et médiéviste Michel Pastoureau. Troisième épisode de notre série sur les animaux dans la littérature.

Auteur de nombreux ouvrages et monographies – L’Ours : Histoire d’un roi déchu, ou Le Cochon : Histoire d’un cousin mal aimé… –, Michel Pastoureau compte parmi les précurseurs et les chercheurs faisant autorité sur les rapports entre la culture et les animaux.

Michel Sardou : le jour où le chanteur a empêché un licenciement

  Michel Sardou : le jour où le chanteur a empêché un licenciement Interrogés par le Figaro, les proches de Michel Sardou sont unanimes : le chanteur fait preuve d’une immense générosité. Pour la justifier, le producteur Richard Caillot a raconté une anecdote. 1/20 DIAPOSITIVES © JEAN-CLAUDE WOESTELANDT / BESTIMAGE Michel Sardou et sa femme Francoise Pettré lors du premier Olympia du chanteur le 3 novembre 1971 En 1965, Michel Sardou, 18 ans, tombe sous le charme de Françoise Pettré, une jeune danseuse professionnelle. Très vite, le couple décide de se marier et d'agrandir la famille.

De l’Antiquité jusqu’à Truismes de Marie Darrieussecq, il analyse un phénomène de la littérature.

Comment les animaux sont-ils devenus des objets de fascination dans les mythes anciens du début de notre ère ?

Dès le paléolithique, et jusqu’à l’Antiquité, il y avait une grande proximité physique entre les humains et les animaux – on en trouve la trace dans les mythes et les superstitions. L’animal est naturellement devenu le lieu premier vers lequel l’homme a transféré une symbolique. La frontière était ainsi très floue, d’où la profusion de rites où l’on se transformait, se déguisait, en bête.

Je pense d’ailleurs que les animaux ont été les premiers dieux, les objets de vénération primitifs. On a investi dans l’animal tant de symboles, de métaphores, de croyances, de superstitions, qu’il a fini par devenir plus tard une figure littéraire. Dans la geste orale, puis dans la littérature écrite – en premier lieu dans le registre de la fable, chez Ésope.

Michel Drucker : pourquoi sa femme Dany s’inquiète depuis sa sortie de l’hôpital

  Michel Drucker : pourquoi sa femme Dany s’inquiète depuis sa sortie de l’hôpital Hospitalisé durant de longs mois, Michel Drucker a pu finalement rentrer chez lui il y a quelques semaines de cela. Un retour qui a bien évidemment ravi son épouse, Dany Saval, qui peine cependant à se remettre de ses émotions, comme le confie l'animateur dans les colonnes de Gala ce jeudi 29 avril. 1/24 DIAPOSITIVES © ANGELI-RINDOFF / BESTIMAGE Depuis leur mariage en 1973, Michel Drucker et sa femme, l'actrice Dany Saval, ne se sont jamais quittés.

Justement, les animaux dans les fables servent-ils à transposer les caractères humains ? Ou à représenter les penchants bestiaux de l’homme ?

On va tout d’abord retrouver les sept péchés capitaux sous forme animale. L’orgueil sera symbolisé par le lion, le paon, l’aigle, parfois le chameau. La luxure sera à trouver du côté de l’ours, du singe, du chien et, plus tard, du cochon – j’en passe.

On part d’un comportement animal, réel ou supposé, on le projette sur l’espèce humaine, et en retour, on fait de cet animal un emblème du vice ou de la vertu concernée. Toute la problématique des rapports entre nature et culture prend ici son sens.

Quel pivot a alors représenté l’animal dans ce distinguo ?

Aujourd’hui, nous associons spontanément la nature au monde végétal. Mais, dans les sociétés anciennes, la flore comptait peu dans cette définition. La nature, c’était avant tout les quatre éléments : l’eau, l’air, la terre et le feu. Ensuite seulement viennent les animaux, puis les végétaux. C’est pourquoi l’homme a investi du symbolique dans les quatre éléments, dans les animaux, mais pas dans les plantes.

"Méchant envers Jade et Joy" : Michel Sardou évoque son amitié brisée avec Johnny Hallyday

  Invité de Sept à huit sur TF1 ce dimanche 2 mai, Michel Sardou revient sur les raisons de la fin de son amitié avec Johnny Hallyday : une blague sur ses filles Jade et Joy qui n’est pas du tout passée. « On se réconciliera là-haut… » Plus de trois ans après la mort de Johnny Hallyday, Michel Sardou revient sur sa brouille avec le rockeur dans son livre Je ne suis pas mort… je dors, publié le 6 mai prochain aux éditions XO, mais aussi dans le portrait de la semaine de Sept à huit diffusé sur TF1 ce dimanche 2 mai. « On était deux frères pendant des années et des années. Et puis on s’est fâché », a-t-il expliqué à Audrey Crespo-Mara.

De plus, dans le monde animal existe une hiérarchie, et certaines espèces sont alors devenues plus porteuses de signes que d’autres. Cela n’était pas seulement lié à leur proximité ou leur fréquentation des humains. Au contraire : dans le bestiaire occidental central de cette époque, les animaux familiers ou de la ferme – les chiens, les chats, la volaille, le bœuf, l’âne et le cochon – n’ont aucun rôle. Ce sont des créatures lointaines, fantasmées, voire exotiques, qui occupent les places importantes : l’ours, le loup, le sanglier, le lion, le dragon. C’est ainsi que le lion est sacré roi des animaux au XIIIe siècle.

À quel moment l’animal devient-il un personnage littéraire à part entière ?

Chez les Grecs et les Romains, déjà. Puis dans les fables médiévales. Tenez, dans Le Roman de Renart, certains protagonistes sont à la fois des animaux et des projections anthropomorphes. On ne dit pas un lion​, un renard​, un ours​, mais le lion​, le renard​, l’ours​. Ils sont donc des archétypes, avec article défini.

Le Roman de Renart est un immense observatoire pour l’historien des animaux. Les vedettes ​y ont des noms propres, ce qui les individualise fortement – comme chez La Fontaine plus tard. Le roi, c’est le lion, il s’appelle Noble. L’ours se nomme Brun ; le blaireau, Grimbert ; etc. Ils ont chacun leur personnalité, et les traits propres à l’espèce animale à laquelle ils appartiennent.

VIDÉO - "Je n'ai pas été assez présent" : les regrets de Michel Sardou à propos de sa mère

  VIDÉO - À l'occasion de la sortie de son livre "Je ne suis pas mort je dors!" (Éd. XO), Michel Sardou était l'invité de "L'Heure des Pros" ce jeudi 6 mai. En plateau, le chanteur a évoqué les regrets qu'il avait au sujet de sa mère.Curieux, Pascal Praud lui a alors demandé si Jackie Sardou avait "souffert" de l'absence de son fils. Et l'intéressé de répondre : "Je ne sais pas, elle ne m'en a jamais parlé. Elle ne me l'a jamais reproché en tous les cas", a confié le mari d'Anne-Marie Périer dans L'Heure des Pros, qui a admis qu'il n'était "jamais là".

Le goupil est connu comme Renart – nom propre qui provoquera une chose extraordinaire : il devient si célèbre qu’il éliminera, entre le XIVe et le XVIIe siècle, le nom commun goupil ! Plus tard, dans des histoires pour enfants, on aura un Maître Goupil. Goupil ​devenu nom propre…

Cette approche littéraire, teintée de fantastique médiéval, a-t-elle résisté au siècle des Lumières ?

Il est vrai qu’au XVIIe siècle, l’animal a connu un recul dans la création littéraire. La raison a-t-elle eu tendance à le renvoyer à son statut ? Peut-être. D’ailleurs, vers les années 1620-1640 s’était progressivement mise en place la théorie des animaux-machines, défendue par des philosophes comme Descartes. Cette vision a duré jusqu’au romantisme, période où le balancier a penché dans l’autre sens. Il y a alors eu une sensibilité nouvelle, avec la création, entre 1760 et 1780, des premières sociétés protectrices des animaux.

Les XIXe et XXe siècles ont-ils beaucoup changé la donne ?

Quelles que soient les époques, l’animal est de toute manière plus souvent sollicité en période de déraison qu’en période de rationalité. Lors de la seconde moitié du XIXe siècle – époque de scientisme et de positivisme –, les littérateurs, en particulier anglo-saxons, ont par réaction réinvesti l’animal. Les bêtes sont à la fois animaux et humains, et peuvent être aussi bien compagnons qu’adversaires.

Mort de Michel Fourniret : Enquêtes en cours, procès Mouzin et recherches ADN… Les questions en suspens

  Mort de Michel Fourniret : Enquêtes en cours, procès Mouzin et recherches ADN… Les questions en suspens Le tueur en série Michel Fourniret est décédé lundi à l’âge de 79 ans © ISOPRESS SENEPART/IS/SIPA Michel Fourniret, en 2004 à Dinant en Belgique. PROCÉDURE - Le tueur en série Michel Fourniret est L’issue était attendue tant le tueur avait montré des signes de faiblesse ces derniers mois. Michel Fourniret est mort, lundi à 15h, à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière (Pari, 13e), où il avait été admis en urgence en raison de graves problèmes neurologiques, cardiaques et respiratoires.

Prenez par exemple Moby Dick de Herman Melville, paru en 1851 : le cachalot est tout ensemble ennemi du capitaine et une sorte de double – bien plus que son propre équipage… On pourrait parler aussi de l’essor du roman gothique, avec son atmosphère noire, sa mélancolie et toutes ses créatures étranges. À la fin du XIXe, les auteurs ont commencé à prendre plus de liberté avec l’animal en tant que personnage littéraire… Jusqu’à aujourd’hui.

L’anthropomorphisme « classique » des fables se retrouve-t-il de nos jours dans la bande dessinée ou dans la littérature jeunesse ?

Le livre pour enfants a une immense responsabilité lorsqu’on évoque la représentation littéraire de l’animal, même si l’évolution a été moindre. Quand ce type d’ouvrage apparaît dans la seconde moitié du XIXe siècle, on n’y parle que d’animaux humanisés, portant des noms. À part l’aspect graphique, ça n’a absolument pas changé. L’animal est le support premier pour faire passer une histoire auprès des petits. Et le secteur jeunesse a toujours considéré que les enfants et les animaux étaient des compagnons évidents.

Mais que pensez-vous de la littérature contemporaine dite « pour adultes » lorsqu’elle parle des animaux ?

Vous savez, je lis surtout des romans policiers. Et, à raison ou à tort, j’avoue ne pas avoir repéré de forte présence animale dans la production actuelle. J’ai toutefois apprécié Truismes de Marie Darrieussecq, et sa femme qui devient truie. De mon point de vue, voilà un livre écrit de façon tout à fait crédible.

Pour prendre un exemple plus ancien, La Ferme des animaux de George Orwell est à mes yeux un grand roman. L’approche animalière est réussie, la critique de l’URSS aussi. Au fond, c’est une métaphore de métaphore.

Charles Wright, lauréat du prix Europe 1/GMF : "Une expérience qui m’a réconcilié avec l’humanité"

  Charles Wright, lauréat du prix Europe 1/GMF : Avec "Le chemin des estives", Charles Wright a remporté la deuxième édition du prix littéraire Europe 1/GMF. L’auteur revient vendredi matin sur ce récit de voyage littéraire, dans lequel il célèbre la soif d’espace, mais aussi le besoin des autres. Sans oublier la beauté du Massif central, qu’il a arpenté pendant un mois. "J'ai réalisé cette chose à laquelle tout le monde rêve, qui consiste un peu à s'absenter de sa vie, à disparaître des écrans radars". Telle est la genèse du livre Le chemin des estives, lauréat du deuxième prix littéraire Europe 1/GMF, et signé Charles Wright.

De nombreuses espèces sont aujourd’hui en voie de disparition. Pourraient-elles rapidement intéresser la littérature ?

Dans ce cas, les représentations ont toujours tendance à s’accentuer. Prenons l’exemple de l’ours : il disparaît de certaines régions d’Europe au cours du Moyen Âge, en Écosse notamment, mais son mythe s’est alors renforcé. Le folklore aussi. L’anthroponymie, la toponymie. Ce n’est pas parce qu’il n’est plus là physiquement qu’un animal s’efface, bien au contraire.

Certains paléontologues estiment également que les dragons présents dans les représentations de l’époque médiévale ne sont rien d’autre que la trace de créatures préhistoriques, diplodocus ou assimilés, et que leur souvenir a donné naissance à de nouvelles formes de vie. Alors, les animaux actuellement menacés – comme l’ours blanc – sont peut-être les mythes du futur.

Finalement, l’animal serait-il un héros littéraire comme les autres ?

Pour moi, oui. Quand on est historien, on ne peut le nier : l’animal est un personnage à part entière de la production littéraire, comme il l’est plus généralement de la création artistique. Les romans où il n’y en a pas un seul sont quand même rares ! Il en existe, tout de même. Par exemple mon romancier préféré, loin devant tous les autres, Vladimir Nabokov, parle très peu d’animaux. Quoique l’on trouve un célèbre chasseur de papillons dans Lolita

Cet entretien a été publié dans Lire en juin 2016.

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