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Culture ENTRETIEN. Marina Chiche, violoniste et fan de foot : « Je veux être une passeuse »

14:50  09 juin  2021
14:50  09 juin  2021 Source:   ouest-france.fr

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Marina Chiche, violoniste et fan de football, embrasse la culture classique, comme la culture populaire. © Ouest-France/Lucie Weeger Marina Chiche, violoniste et fan de football, embrasse la culture classique, comme la culture populaire.

Marina Chiche, violoniste soliste et supportrice de l’Équipe de France intellectualise et vit ses passions. Pour elle, ces cultures sont réunies par un pont plutôt que d’y voir un fossé. Entretien.

Connue pour ses talents de violoniste, la soliste Marina Chiche est une véritable touche à tout. Entre deux concerts, elle raconte et questionne la musique la classique via ses interventions en prison, à l’école de Sciences Po Paris, ou dans son émission sur France Musique « Vous avez dit classique ? Chiche ». Mais sa corde sensible c’est le foot. Au premier regard, ses deux appétences n’ont rien en commun, on pourrait même dire qu’elles sont opposées.

L'interview foot district de Patrick du FC Apicoles Tilffois

  L'interview foot district de Patrick du FC Apicoles Tilffois Chaque mois, le Vrai Foot Day, première journée française du foot amateur, qui s'est donné pour mission de célébrer le football du dimanche et de permettre à tous les clubs, entraîneurs, joueurs et bénévoles qui le font vivre au quotidien de se faire connaître et de médiatiser leurs actions, vous propose l'Entretien (vrai) d'un footballeur amateur. La grande interview vérité que le foot pro nous jalouse est de retour !

Marina Chiche voit dans les matches une tragédie classique. © Ouest-France/Lucie Weeger Marina Chiche voit dans les matches une tragédie classique.

La mélomane professionnelle et supportrice dilettante combat cet a priori en délivrant un discours académique empreint d’argot. Marina Chiche, elle, fait des ponts entre ces deux cultures. Infatigable, la musicienne de 39 ans défend corps et âme les liens et les ruptures de ces domaines. Entre l’évanescence d’une sonate de Brahms et le souffle suspendu des supporters de foot, il n’y a qu’un pas. Ou plutôt, il y a Marina Chiche. Rencontre avec une violoniste supportrice.

Originaire de Marseille, la violoniste est d’abord supportrice de l’OM, puis de l’Équipe de France. © Lucie Weeger Originaire de Marseille, la violoniste est d’abord supportrice de l’OM, puis de l’Équipe de France.

Quand on joue du violon depuis 3 ans, d’où vient votre amour pour le foot ?

Granovskaia cible deux grokers à la révision de Chelsea

 Granovskaia cible deux grokers à la révision de Chelsea Chelsea Directeur Marina Granovskaïa devront repenser à nouveau lorsque les bleus ciblent deux grokers dans la fenêtre de transfert d'été. © Getty Getty Images Marina Granovskaia Chelsea Le côté de Thomas Tuchel a été relié aux mouvements pour Erling Haaland, Harry Kane et Sergio Aguero. Il est improbable que les Spurs se vendent aux rivaux de Londres Chelsea et Kane lui-même préféreraient se déplacer à Manchester ou à l'étranger.

J’aime beaucoup le sport. Cette dimension de transcendance quand on dépasse un niveau technique. J’ai toujours adoré la performance sportive. Il y a beaucoup de parallèles avec la pratique musicale. Et puis j’étais dans des classes de sport étude, au Collège Roy d’Espagne à Marseille. On était un peu dans la même vibe de travail intensif (rire).

Vous étiez sportive plus jeune ?

J’ai fait de la danse classique. Mais il y a pas mal de choses que je n’ai pas faites avec cette peur de me faire mal aux mains. J’ai joué quelques fois au foot. Je m’incrustais dans les matches des garçons. Je me mettais en défense un peu en freestyle. Et puis, c’était aussi une autre époque, où, en tant que fille, ça ne m’a jamais traversé l’esprit de jouer au foot.

On ne rêve pas d’être footballeuse…

C’est ça. J’ai compris ça en 2019 avec le Mondial de foot féminin. Ça m’a fait beaucoup réfléchir, aussi sur la question des femmes dans la musique. Je me demandais, pourquoi j’avais pu me projeter en tant que violoniste concertiste, soliste, alors mes parents n’étaient pas du milieu musical. J’aime le foot, j’aime la musique et pourtant je n’ai jamais pu me projeter comme footballeuse. Pour moi ça n’est pas passé par la pratique. Mais je reste fascinée par ce jeu.

"Le cœur lourd" et "brisé", Marina Kaye annonce une mauvaise nouvelle à ses fans (PHOTO)

  Ce mercredi 26 mai, la chanteuse Marina Kaye a annoncé une mauvaise nouvelle à ses fans, ajoutant qu'elle avait elle-même le cœur "lourd" et "brisé".Seulement voilà : les conditions sanitaires ne permettront finalement pas aux fans de venir la voir chanter à cette nouvelle date parisienne du 23 juin. "Le cœur lourd", c'est l'artiste elle-même, qui souffre d'hypersensibilité, qui a annoncé la mauvaise nouvelle sur les réseaux sociaux ce mercredi 26 mai, accompagné d'un selfie où elle apparaît la moue boudeuse. "Nous ne sommes pas en mesure de maintenir le concert prévu le 23 juin à l’Alhambra à Paris.

« Il y a une vraie histoire du foot, qui est sans cesse rejouée »

Qu’est-ce qui vous fascine dans le foot ?

Il y a un truc que j’adore par-dessus tout avec le foot, c’est la dimension tragique. Le coup de boule de Zizou, les remontada, le passage de Buffon au PSG, c’est plus que tragique. Je pense que c’est ça le ressort fondamental. C’est là où il y a plein de points communs entre l’opéra et un match de foot. Vous avez une partition qui est écrite, il n’y a pas quinze possibilités. Mais à chaque fois c’est différent et les émotions sont dingues. Ça vous connecte avec un truc un peu archétypal du tragique.

Il n’y a que devant le foot que la passion est extrême pour vous ? Ou c’est un trait commun à votre personnalité ?

Je crois que je suis un peu addictive (rire). C’est exactement la matière sur laquelle je travaille avec la musique. Il y a quelque chose d’hyperintense dans le lien qui se crée collectivement, avec un orchestre ou une équipe et qui va se transmettre avec un public. Il y a une mise en danger constante à chaque match, à chaque concert, avec cet enjeu métaphorique de survie, où on a l’impression que c’est une question de vie ou de mort. Le sportif et le musicien ont besoin de se sentir sur ce fil-là, car c’est comme ça qu’il se passe quelque chose. C’est ça que je recherche aussi dans la musique, cette intensité d’émotions, qu’on ne rencontre pas si souvent dans la vie quotidienne.

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Ce que vous aimez dans le foot finalement, c’est la transcendance ?

Oui. Quand je disais le côté archétypal, archaïque, il y a aussi le côté mythique, mythologique. Il y a une vraie histoire du foot, qui est sans cesse rejouée. Une affiche s’inscrit dans une intertextualité de matches. Un France-Brésil a une histoire. Je trouve ça dingue que les choses se réincarnent, se réinterprètent, que les scénarios se répètent ou diffèrent. Je suis très sensible à cette inscription dans une histoire, à cette création d’un inconscient collectif. Dans ce point de vue là, le sport, comme la musique, ça vit et ça nous dit beaucoup de choses sur la condition humaine, finalement.

« Quand on joue, on écoute la résonance du silence. On entend aussi les gens qui écoutent. »

Est-ce le son du match qui apporte cette dimension-là ?

Oui ! J’ai ressenti quelque chose d’hyperfort au Vélodrome (stade de l’OM). Quand un joueur tire un coup de pied arrêté et que tous les gradins en face sifflent… J’ai eu la sensation que ces sifflets étaient comme une espèce de masse. Vous savez comme une espèce de phénomène acoustique mécanique. Le type est repoussé. (rire) Je me suis dit que ça mériterait d’être étudié avec des machines. Je suis sûre que l’impact acoustique est dingue dans la psychologie et dans la physicalité de leur mouvement. Quand vous avez un mur de son qui vous est projeté à la gueule face à un goal… Ça m’a fait halluciner, cette puissance d’onde qui traverse le stade. Il y avait ce film qui était incroyable avec Zizou (« Zidane, un portrait du XXIe siècle » réalisé par Douglas Gordon et Philippe Parreno) où il n’y avait pas toujours le son des supporters. Le traitement sonore était incroyable.

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  Marina Carrère d'Encausse revient sur sa complicité avec Michel Cymes Pendant près de 18 ans, Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes ont formé le duo de choc du Magazine de la santé. Interrogée sur leur complicité, la journaliste revient sur leur belle amitié. Chaque jour, Marina Carrère d'Encausse anime Le magazine de la santé sur France 5 à 13h40 aux côtés de Jean-Marc Sène. Une émission médicale qui explique certaines maladies, donne des conseils de santé et de bien-être, tout en dévoilant quelques images de chirurgie. Des thèmes qui n'ont rien de très séduisants, et pourtant l'émission attire de nouveaux téléspectateurs chaque année, et pas seulement les passionnés de médecine.

Vous retrouvez cette onde acoustique dans vos concerts ?

En musique classique, on travaille sur le silence. La matière acoustique que va nous donner le public, c’est cette concentration autour du silence. Je pense aussi qu’elle se matérialise. Enfin, là vous vous dites : « La meuf est complètement fracassée, c’est ésotérique ». Mais, on entend le silence. Il y a une matérialité tangible. Quand on joue, on écoute la résonance du silence. On entend aussi les gens qui écoutent. En miroir inverse, dans le stade il se passe quelque chose acoustiquement, entre ce que les joueurs perçoivent et ce que le public envoie qui est assez dingue.

Vous avez commencé à apprendre à aimer le foot avec la radio, donc par le son.

Oui, par le son et par l’imagination. Quand vous écoutez un match à la radio, vous imaginez. Après vous comprenez les configurations, vous potentialisez ce qu’il s’est passé. Je pense que l’émotion m’est venue aussi des commentateurs sportifs. Quand vous avez quelqu’un qui commence à s’emballer à un début d’action…

Finalement la façon dont vous préférez consommer le foot c’est à la radio ?

Non, le Vélodrome ça me va très-très bien. (rire)

Au stade, il n’y a pas de commentateurs.

Non et ça peut manquer. Mais au Vélodrome il se passe tellement de trucs que franchement (rire), c’est dix fois mieux que l’opéra en vrai. Il y en a pour les yeux, pour les oreilles. Non, je pense que pour moi l’idéal c’est une télé avec des potes avec qui on supporte la même équipe et, au son, des commentateurs radio choisis. J’aime beaucoup Lizarazu par fidélité aussi de l’époque où il nous a fait tant rêver. Mais je resterai pour toujours une Saccomano (grand commentateur radio décédé en 2019).

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  EXCLU - Soso Maness : « Je ne comprends pas les joueurs qui marchent sur le terrain » 13 septembre 2020, l’Olympique de Marseille s’impose sur la pelouse du Paris Saint Germain (0-1). Les Phocéens fêtent la victoire sur le son « Zumba Cafew » de Soso Maness. Un gimmick et des paroles rapidement repris dans tous les vestiaires de Ligue 1. En plus d’avoir sorti le tube de la saison, le rappeur marseillais est un spécialiste du ballon rond et de l’OM. À l’occasion de la sortie de son nouvel album « Avec le temps », Sofien Manessour de son vrai nom s’est ouvert à Onze Mondial. © Sarah Schlumberger Soso Maness 13 septembre 2020, l’Olympique de Marseille s’impose sur la pelouse du Paris Saint Germain (0-1).

« Quand je regarde un match, je n’ai pas envie d’une musique classique. »

Le compositeur russe Dmitri Chostakovitch était un grand supporter de son club à l’époque de l’URSS. Il avait écrit un ballet, qui s’appelle « L’âge d’or », qui raconte l’histoire d’un club de foot qui va en Occident et qui découvre tous les maux du capitalisme. Est-ce que ça vous plairait, aujourd’hui, qu’il y ait une nouvelle œuvre de musique classique qui parle de foot ?

Je suis moins convaincue qu’il y ait besoin de faire une musique autour du foot. Mais, je sais, qu’il y a des choses qui sont tentées. Par exemple, des concerts symphoniques pendant un match de foot. Quand je regarde un match, je n’ai pas envie d’une musique classique (rire). Pour moi ce sont deux expériences tellement fortes en tant que telles, si elles se rencontrent ce serait trop.

Dmitri Chostakovitch, encore, était tellement fan de foot, qu’il est devenu arbitre. Ça vous plairait d’arbitrer une rencontre ?

Je dois dire que je n’ai pas la condition physique. Non, je pense que le rôle d’arbitre est infernal. C’est totalement ingrat, on ne peut que perdre. Si vous faites bien votre job, vous avez forcément au moins une équipe contre vous. Vous ne le faites pas bien, vous avez la Terre entière contre vous. Je pense qu’être spectateur c’est très bien. (rire) Par contre, j’aurais pleins de questions à poser à des footballeurs.

Comme quoi ?

Comment ils appréhendent la préparation d’avant match. Cette question justement psycho acoustique. Par exemple, Manu Petit était très mélomane. Je me demande ce qu’il écoutait avant de rentrer sur scène. Mais aussi plus des choses sur le parcours. Toutes ces choses-là (rire).

« Ça m’attriste énormément quand on réduit la musique classique à cette expression de domination. »

Dmitri Chostakovitch, toujours, a défini un match de foot comme « le ballet du peuple ». Il y a le sociologue Bernard Lahe qui, dans, La culture des individus, a déterminé qu’il y avait deux types de cultures, une culture « dominante » celle du théâtre, de la musique classique et une culture des « dominés » la téléréalité, le foot etc. Est-ce que vous être d’accord avec ce postulat-là, ou pas du tout ?

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Non (rire). C’est pile ce que je combats. Il y a plusieurs aspects. Je n’aime pas réduire les choses à une utilisation sociologique. Comme je disais tout à l’heure, je pense qu’il y a une forme de transcendance, aussi dans le foot. Il y a une performance au-delà du côté industriel, du marché du foot. Quand on regarde dans une cour de récré, il y a plein de jeunes qui jouent au ballon, mais pas tout le monde va être capable de jouer à un niveau dingue. Il y a quelque chose au niveau de la performance qui est exceptionnelle. Donc qui a aussi une valeur.

Mais comprenez-vous d’où vient cette typologie ?

Oui, très bien. Je pense que la musique classique à une époque était effectivement un synonyme de domination, de distinction sociale. En tout cas, moi, ça m’attriste énormément quand on réduit la musique classique à cette expression de domination. Ça veut dire que si un certain public va à un concert de musique classique, pour se sentir appartenir à une forme de bourgeoisie ou à une forme de domination, très bien. Mais ça n’englobe pas la totalité de l’expérience que l’on peut faire avec la musique classique. J’ai eu plein d’expériences qui viennent contredire ça. En miroir, le foot n’est pas qu’une expression de toutes ces connotations de haine, de violence populaire au sens le plus péjoratif. D’ailleurs, c’est là que je trouve que les points de contact sont vraiment intéressants, entre ces mondes qui sont censés ne pas coexister. Quand vous regardez, Chostakovitch n’est pas une exception. Il y a des équipes de foot au conservatoire de Paris. J’ai vu Daniel Barenboim, qui est un des plus grands chefs d’orchestre actuel argentin, courir hors de scène pour aller regarder la fin d’un match dans un écran qui était derrière la philharmonie de Berlin. Cette espèce de cliché qu’un musicien de musique classique ne va pas aimer le foot, déjà non ! Et inversement, je pense qu’on peut totalement aimer aller au stade et aimer aller dans une salle de concert ou d’opéra. Donc moi je m’inscris en faux. Et puis, est-ce que la musique classique est vraiment détenue par la classe dominante ? Je ne crois pas. Je crois que la musique classique est assez maltraitée et dénigrée.

Justement, ce même sociologue constate que la culture des « dominants » est de plus en plus dénigrée.

Oui, on jette le bébé avec l’eau du bain. La musique classique n’a jamais appartenu exclusivement à cette classe dominante. Faire un procès à la classe dominante, très bien, mais la musique classique n’a pas grand-chose à voir là-dedans. En tout cas, actuellement, il y a très peu de politiques qui ont une culture de musique classique. En France c’est exceptionnel. Je ne dis pas du tout ça en dénigrant. Je dis ça par constat. Je donne des ateliers à Science Po. Plusieurs années, j’ai eu des groupes où presque personne n’avait d’éducation en musique classique. On était quand même censé être dans un milieu relativement privilégié. Il serait temps de requestionner, les pratiques et les utilisations actuelles. À la fois c’est une bonne nouvelle, la musique classique n’appartient pas à une classe socio-économique. Et en même temps c’est une mauvaise nouvelle, elle est délaissée de tout le monde.

« Inviter la police des mœurs au stade, je ne suis pas sûre que ce soit un combat qui mène loin. »

Dans son ouvrage, Culture d’en haut, culture d’en bas, le sociologue Lawrence Levine explique la sacralisation des salles de spectacle par un processus pour discipliner le public. Est-ce qu’un protocole pourrait être mis en place dans un stade pour réguler les supporters ?

(Soupir) C’est compliqué. On sait qu’à l’époque de Mozart, les gens venaient, mangeaient, faisaient leur business. Et puis au XIXe, est apparu le récital où là d’un coup il y a l’artiste sur scène qui est mis sur un piédestal. Comme je vous disais, nous, on a besoin de travailler sur le silence. Je comprends cette analyse sociologique par rapport à l’opéra. Mais par rapport à un concert symphonique ou à un concert purement instrumental, le silence n’est pas sociologique. Le problème, c’est que dans le sport c’est l’inverse. On a besoin pour que le public participe, puisqu’il n’est pas lui-même en train de courir. Lui, il va être là pour générer. Il doit pouvoir manifester fort et bruyamment ses émotions diverses et variées. Il y a cette dimension cathartique.

Cette dimension cathartique permet-elle tous les abus ? Comme les chants homophobes ?

Je ne vais pas vous dire que je suis pour des chants homophobes. Enfin, je veux dire (rire gêné), qui peut être pour ? Maintenant, est-ce que le stade doit être un lieu où tout doit être cadenassé, policé ? Non, je ne crois pas. On est quand même dans une époque qui projette tellement de politiquement correct et de catégorie sur pleins de choses, on cherche les problèmes et on les trouve. Alors je comprends totalement qu’il y a des choses qui ne peuvent plus se faire. Parce qu’il y a un changement de mentalité, il y a une prise de conscience. Il y a des manifestations de violence pure et de haine pure qui ne sont pas nécessaires pour qu’il y ait un grand plaisir et une grande décharge émotionnelle. Mais par contre inviter la police des mœurs au stade, je ne suis pas sûre que ce soit un combat qui mène loin. Qu’est-ce qu’on cherche à faire ? Du coup les gens ne vont pas se défouler en chantant un truc débile où tout le monde a compris que c’est du 15e degré ? Par contre, le racisme dans les stades, ça, je pense que ça vaut vraiment le coup, une fois pour toutes que ça s’arrête définitivement. Au contraire, là, il y a une opportunité.

« Je n’arrive pas à me résoudre que les gens n’aiment pas des choses que moi j’aime. »

Vous donnez des ateliers sur la musique classique à Science Po et en prison. On peut dire qu’il y a chez vous un désir de transmettre, d’être transversale.

Je ne comprends pas les séparations de discipline, parce que ce n’est pas comme ça que mon cerveau fonctionne (rire). J’ai une espèce de cerveau en arborescence. Je passe mon temps à faire du lien entre les choses et ce depuis l’enfance. Pour moi, c’est une manière d’être au monde. Le besoin de transmettre, c’est aussi bizarre, mais c’est aussi quelque chose de constitutif. Je n’arrive pas à me résoudre que les gens n’aiment pas des choses que moi j’aime. C’est compliqué, parce que des fois vous aimez les brocolis et personne n’aime les brocolis.

Le foot, ce sont vos brocolis ?

Quand vous avez découvert quelque chose et ça a tellement signifié pour vous, c’est un choc. Le foot pour moi, c’est de ce niveau-là. C’est-à-dire que, j’y ai tellement trouvé. Les commentateurs, cet accompagnement presque psychologique, l’émerveillement, les émotions, la générosité. Ça me rend triste quand les gens ont cette espèce de snobisme, que je peux comprendre, les gens qui n’aiment pas la foule, qui n’aiment pas le côté violent et tout ça. Je veux être une passeuse, être celle qui va faire que d’un coup vous voyez, d’un coup vous entendez, d’un coup vous goûtez. Ce sont ces richesses immatérielles.

Qu’entendez-vous par « richesses immatérielles » ?

Je pense qu’avoir accès à la musique classique, apprendre à l’écouter, à la percevoir, comme avoir accès à un match de foot, apprendre à le regarder, à le déguster, soit parce qu’on y met un imaginaire d’une équipe, soit parce que d’un point de vue de la technicité, ce sont des cadeaux incroyables. Vous offrez à quelqu’un un chemin, quelque chose qui peut se développer et l’accompagner toute la vie.

LIRE AUSSI. PORTRAIT. Marina Chiche, visage de la musique classique, star du violon, fan de l’OM et des Bleus

Retrouvez Marina Chiche le 13 juin pour une émission spéciale sur France Musique de 14h à 16h consacrée à la musique et au foot à l’occasion de l’Euro 2021 dans « Vous avez dit classique ? Chiche ! ». La musicienne anime pendant l’Euro une chronique « musique et foot » tous les vendredis à 7h50 sur France Musique également. Et pour la voir sur scène.

29 livres écrits par des femmes Tout le monde devrait lire .
Un fan compact est pratiquement une nécessité tout en travaillant de la maison au milieu de l'été. Vous pouvez non seulement visez le ventilateur de bureau pour vous faire face pendant vos 9 à 5, mais vous pouvez également le prendre avec vous dans la cuisine, la salle de bain ou le salon. Et Vornado 133 Le ventilateur de circulateur d'air compact est celui de considérer sérieusement, en particulier, tandis que le "meilleur fan de qualité disponible" est de 40% sur Amazon.

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