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Culture Candidature d’Éric Zemmour : de l’extrême gauche à l’extrême droite, une avalanche d’attaques

19:50  30 novembre  2021
19:50  30 novembre  2021 Source:   ouest-france.fr

"J'y vais parce que je suis fou" : le jour où Eric Zemmour a prévenu ses proches

  Avant de devenir un (quasi) candidat à la présidentielle 2022, Eric Zemmour a longtemps hésité. Jusqu'à début 2021 et cette confidence faite à ses premiers soutiens. 1/20 DIAPOSITIVES © Agence/ Panoramic / Bestimage Sarah Knafo à Drancy, le 25 octobre 2021 C'est elle qui dirige la campagne d'Eric Zemmour de A à Z. Jeune énarque, elle a rencontré le polémiste, ami de son père, il y a une dizaine d'années. La militante souverainiste en fait son mentor puis son champion pour la présidentielle 2022.

Capture d’écran de la vidéo de candidature d’Éric Zemmour, publiée sur YouTube ce mardi 30 novembre 2021. © AFP Capture d’écran de la vidéo de candidature d’Éric Zemmour, publiée sur YouTube ce mardi 30 novembre 2021.

L’annonce par Éric Zemmour de sa candidature à l’élection présidentielle dans une vidéo publiée sur YouTube ce mardi 30 novembre 2021, a rapidement fait réagir le monde politique. Les premiers retours étrillent, tant sur le fond que sur la forme, sa déclaration de candidature. Mais l’utilisation d’images non autorisées a déclenché aussi un début de polémique dans la sphère publique.

Les premières critiques du monde politique n’ont pas tardé, peu après l’annonce de la candidature du polémiste d’extrême droite Éric Zemmour à l’élection présidentielle. Elles ont visé notamment la scénographie de la vidéo mise en ligne sur YouTube, qui reprend les codes de l’appel du général de Gaulle du 18 juin 1940. On voit Éric Zemmour installé devant une bibliothèque de livres anciens, assis derrière un micro d’époque.

"Elle peut perdre beaucoup" : ce risque pris par Sarah Knafo pour Eric Zemmour

  Indispensable conseillère d'Eric Zemmour, Sarah Knafo a mis sa carrière entre parenthèses depuis l'irruption du polémiste dans la pré-campagne 2022. Un pari risqué pour la jeune énarque. 1/20 DIAPOSITIVES © Agence/ Panoramic / Bestimage Sarah Knafo à Drancy, le 25 octobre 2021 C'est elle qui dirige la campagne d'Eric Zemmour de A à Z. Jeune énarque, elle a rencontré le polémiste, ami de son père, il y a une dizaine d'années. La militante souverainiste en fait son mentor puis son champion pour la présidentielle 2022.

Lire aussi : Qui sont les électeurs potentiels du candidat Éric Zemmour ?

« Une sinistre mise en scène » pour Olivier Faure

Son discours fait référence à la France des années 1950, images d’archives à l’appui, entrecoupées par celles, plus actuelles, de violences et d’émeutes urbaines, le tout sur un fond sonore de la septième symphonie de Beethoven. « Le micro de De Gaulle mais le discours de Pétain. La bibliothèque de Pompidou mais les lettres de (N.D.L.R. : l’auteur d’extrême droite) Renaud Camus. La musique de Beethoven mais les fausses notes d’un passé fantasmé pour un présent caricaturé. La France ne mérite pas cette sinistre mise en scène », a déploré le premier secrétaire du PS Olivier Faure dans un tweet.

Deux porte-parole de la candidate PS à la présidentielle, Anne Hidalgo, enfoncent le clou : « C’est un pou qui se dresse sur la tête d’un géant en mimant l’appel du général de Gaulle », considère le député Boris Vallaud, devant la presse à l’Assemblée. C’est « l’extrême droite la plus rance, momifiée dans un passé fantasmé », dénonce Pierre Jouvet dans un tweet. Le porte-parole du Rassemblement national, Sébastien Chenu, pointe une « mise en scène lugubre ».

« Passéiste et crépusculaire » pour Marine Le Pen

Le fond est aussi pointé du doigt, y compris du côté du Rassemblement national. Interrogée sur BFMTV, Marine Le Pen a jugé la déclaration d’Éric Zemmour « passéiste et crépusculaire ». Le porte-parole du parti RN, Sébastien Chenu, parle d’un « discours où tout est foutu, pas porteur d’espoir » et d’un candidat qui « témoigne d’une épopée française revisitée ». *

Les réactions politiques à la candidature d'Eric Zemmour à la présidentielle

  Les réactions politiques à la candidature d'Eric Zemmour à la présidentielle Voici de premières réactions politiques à l'annonce par Éric Zemmour de sa candidature à la présidentielle. © Thomas SAMSON / AFP Fini l'entre-deux. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour a officialisé mardi sa candidature à la présidentielle pour "sauver" la France. "Il n'est plus temps de réformer la France, mais de la sauver. C'est pourquoi j'ai décidé de me présenter à l'élection présidentielle", a-t-il déclaré dans cette pastille d'une dizaine de minutes préparée par son équipe aux accents dramatiques et nostalgiques.

Dans la majorité présidentielle, le député LREM Bruno Bonnel évoque « un discours qui enfonce la France dans une espèce de fange noire », sans apporter de « solutions ».

« Ce n’est pas de Gaulle qu’on a vu, c’est au mieux (le général) Boulanger. Une espèce de texte lu d’une façon laborieuse, sentencieuse, et une vidéo presque digne d’une ouverture d’un teasing Netflix pour la version de l’apocalypse », a-t-il ajouté sur BFMTV en filant la métaphore cinématographique, comme d’autres chez LREM.

Le caractère alarmiste du discours a également été dénoncé par le patron des députés LR à l’Assemblée, Damien Abad : « Il y a dans la candidature d’Éric Zemmour une volonté permanente de fracturer, de diviser, de parler de déclinisme, de grand remplacement, de ne donner aucun espoir à la nouvelle génération ».

Au final, cette annonce « relève plus d’une déclaration à l’élection présidentielle de 1965 », tacle le député LFI Alexis Corbière, mais l’enjeu maintenant est que ce « candidat de la méchanceté, de la haine […] explique ce qu’il a à dire aux Français si ce n’est leur faire des doigts d’honneur », a-t-il souligné sur BFMTV en référence à l’échange du polémiste avec une passante lors d’un déplacement à Marseille.

Vidéo de candidature bafouant les droits d’auteur : la facture s’annonce salée pour Zemmour

  Vidéo de candidature bafouant les droits d’auteur : la facture s’annonce salée pour Zemmour Le candidat d’extrême droite à la présidentielle semble n’avoir demandé aucune autorisation pour la cascade d’images d’archives et d’extraits de films qui illustrent son crépusculaire clip d’entrée en campagne.Début novembre, l’option d’une candidature lors d’un déplacement au Mont-Michel, soutenue par la direction de campagne et sa conseillère Sarah Knafo, semblait encore tenir la corde, écrivait « le Monde ». Comme en son temps Nicolas Sarkozy, qui avait choisi le rocher granitique pour lancer sa campagne victorieuse en janvier 2007.

Lire aussi : Présidentielle 2022. Comment la dynamique Zemmour s’est émoussée

L’utilisation d’images sans autorisation en débat

Images d’un match de foot du PSG, d’émeutes urbaines, d’archives où l’on distingue clairement le logo de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) mais aussi de films comme Jeanne d’Arc, de Luc Besson, Les choses de la vie, de Claude Sautet ou encore À bout de souffle de Jean-Luc Godard… Le futur candidat à l’élection présidentielle a utilisé de nombreuses références pour appuyer son discours. Problème, selon une information du site Les Jours, plusieurs extraits ont été utilisés sans autorisation et donc sans paiement des droits d’auteur.

C’est notamment le cas des images tirées du film Jeanne d’Arc, produit par Gaumont. Dans une interview à BFMTV, la société de production a assuré n’avoir jamais donné aucune autorisation sur les images de films et a annoncé « se réserver le droit d’entamer des poursuites ».

D’autres n’ont pas attendu et ont d’ores et déjà indiqué qu’ils porteraient plainte. C’est le cas du chanteur Woodkid, dont la musique a été utilisée dans la vidéo de candidature. « Génération Zemmour, groupe de soutien à la candidature de Monsieur Éric Zemmour, aux prochaines élections présidentielles a publié une vidéo de propagande utilisant, de manière totalement illicite, ma musique et j’entends donc clairement engager des poursuites dans ce cadre », a-t-il tweeté.

Bruno Le Maire et Eric Zemmour s’opposent lors d’un débat houleux .
Le candidat d’extrême droite à la présidentielle et le ministre de l’économie se sont livrés jeudi, dans l’émission politique « Elysée 2022 » sur France 2, à un débat agité sur l’état du pays, son histoire et leur conception de la nation. © Fournis par Le Monde Bruno Le Maire, ministre de l’économie (à gauche), face à Eric Zemmour (à droite), candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle 2022, sur le plateau de l’émission « Elysée 2022 » sur France 2, jeudi 9 décembre à Paris. Des échanges tour à tour courtois et musclés.

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