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Culture

Dans les archives de Match

- Salvador Dali, reporter surréaliste à travers Paris et Barcelone

00:35  30 juillet  2019
00:35  30 juillet  2019 Source:   parismatch.com

Dans les archives de Match

- Il y a 20 ans, John John Kennedy, le rêve brisé

<p>Dans les archives de Match</p> - Il y a 20 ans, John John Kennedy, le rêve brisé Le 16 juillet 1999, John F. Kennedy Jr., le fils de JFK, disparaissait aux commandes de son avion, en compagnie de son épouse Carolyn et sa belle-sœur Lauren Bessette Avec Rétro Match, suivez l’actualité à travers la légende de Paris Match. C’est avec une photo bouleversante que Match avait ouvert les 64 pages consacrées à la mort de John Fitzgerald Kennedy Jr., en juillet 1999. On y voit le petit John John et son père, de dos, s’avançant main dans la main, dans un sombre couloir de la Maison Blanche, vers la nurserie illuminé. Dans le drame, ils étaient réunis. John Jr est né seize jours après l'élection de JFK.

<p>Dans les archives de Match</p> - Salvador Dali, reporter surréaliste à travers Paris et Barcelone
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<p>Dans les archives de Match</p> - Salvador Dali, reporter surréaliste à travers Paris et Barcelone
<p>Dans les archives de Match</p> - Salvador Dali, reporter surréaliste à travers Paris et Barcelone

C’est une promenade de parallèles. Il y a 50 ans, notre magazine embauchait Salvador Dali, le temps d’une pige, pour une déambulation surréaliste entre ses deux villes de coeur. «Dali a joué loyalement le jeu qu'on lui proposait», assure Guillaume Hanoteau, dans Paris Match n°1055, daté du 26 juillet 1969. «Il a été vraiment un reporter collaborant avec son photographe, afin de traduire en images le Paris et le Barcelone qu'il aimait, afin de traduire aussi un parallélisme secret et quasi magique qui a de tout temps existé entre la capitale de la France et celle de la Catalogne».

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En compagnie de notre photographe Patrice Habans, Salvador Dali s’est donc fait envoyé spécial du surréalisme, signant les légendes des clichés pour guider les lecteurs de Paris Match dans ses rêveries barcelonaises et parisiennes : Gaudi « l'architecte hallucinogène » face à la rotonde de l'Octroi du néo-classique Ledoux ; des happenings entre un gorille albinos au zoo de Barcelone et un tamanoir dans le métro de Paris ; et pour boucler la boucle, une bande de Möbius…

Voici le reportage surréaliste de Salvador Dali dans Paris et Barcelone, publié dans Paris Match en 1969…

Paris Match n°1055, 26 juillet 1969

Dali Reporter

par Guillaume Hanoteau, photos Patrice Habans

Il vous explique son surréalisme à travers Barcelone et Paris.

Dali reporter de « Paris Match » la carte de visite est curieuse et pourtant exacte. Salvador Dali a accordé à notre journal ce qu'il avait refusé aux plus riches revues américaines. Il a voulu, pendant quelques jours, guider nos lecteurs à travers un Barcelone et un Paris devenus soudain, sous ses pas de cicerone, les plus étranges, les plus insolites des villes.

Dali a joué loyalement le jeu qu'on lui proposait. Il a été vraiment un reporter collaborant avec son photographe, afin de traduire en images le Paris et le Barcelone qu'il aimait, afin de traduire aussi un parallélisme secret et quasi magique qui a de tout temps existé entre la capitale de la France et celle de la Catalogne, parallélisme d'ailleurs qui se lit sur les cartes. En effet, il existe à Barcelone un Paralelo, une vaste avenue bordée de théâtres qui à une certaine époque a été la copie presque exacte de Montmartre. Il y avait un Tabarin bis, in Moulin Rouge numéro 2, et un Cabaret du Néant seconde édition.

Certains songeront : Barcelone, soit ! C'est son pays. Mais Paris, de quel droit ? Du droit moral que confère un don à son donateur. Si notre Foire aux Puces regorge de lampes et d'opalines Modern Style, si nos boutiques affectent des langueurs Belle époque, si à l'entrée de notre boite de nuit la plus à la mode, chez Régine, se prélassent deux femmes-tulipes empruntées au Métropolitain 1900, c'est à Dali que nous le devons.

Lorsqu'en 1929 le jeune Dali, déjà découvert par Picasso, patronné par Miro, et ami de Buñuel, débarqua à Paris, l'Art Nègre et Le Corbusier y trônaient. Il fut le premier : les dénoncer et à leur opposer la « femme- fleur-peau peyotl-bijou-nuage-femme-flamme-papillon-miroir » d'un Modern'Style alors totalement décrié.

Un Modern'Style qui, dans le Barcelone de son enfance, s'appelait le Modernisme et avait pour maître Antonio Gaudi, le bâtisseur de la Sagrada Familia. Dali a baptisé ce génie : « l'architecte hallucinogène » parce qu'à l'encontre de Le Corbusier et de ses mornes H.L.M. de luxe qui assèchent les esprits et momifient les âmes, Gaudi entrouvre pour tous ceux qui contemplent ses protubérances délirantes, les écluses des rêves.

Visitez donc, en compagnie de Dali, la Casa Mila nommée aussi la Pedrera, autre chef-d'œuvre de Gaudi. Dali la connaît. N'y a-t-il pas son tailleur ? et en essayant une jaquette officielle, ne peut-il pas savourer, la moustache levée, le plafond le plus aqueux qui soit au monde ? Visitez aussi, en toute quiétude, avec lui, le zoo de Barcelone dans le parc de la Ciudadela. Vous y verrez un cas unique en zoologie : « Flocon de Neige », un singe albinos importé de Guinée espagnole.

Et si Dali livre à ce monstre livide un mannequin paré d'un voile nuptial, ne criez pas au scandale. Ce n'est pas un acte dément. C'est un hommage rendu à un événement lourd d'avenir qui s'est déroulé à Barcelone pendant la Grande Guerre.

Francis Picabia y avait fondé une revue : « 391 » et un mouvement en partie inspiré par Marcel Duchamp demeuré, lui, à New York. Les deux hommes avaient eu des destins presque semblables. Peintres impressionnistes appréciés et même comblés, ils avaient eu devant eux la plus facile des carrières. Ne croyant plus en certaines valeurs, ils y avaient renoncé et s'étaient lancés dans les aventures de l'Anti-Art. De leurs recherches jointes à ce Dada fondé à la même époque par Tristan Tzara à Zurich, devait naître le Surréalisme et, plus tard, l'Informel, le Cinétisme, le Pop'Art, l'Op'Art, le Minimalisme, les reproductions minutieuses et gigantesques d'une carte postale, des tableaux faits avec une seule couleur ou confectionnés en dix secondes.

Dali ne condamne pas cette évolution. Il estime même qu'elle était nécessaire, mais il pense que, d'audace en audace, de rigueur en rigueur, elle ne peut aboutir qu'à la toile vierge sur laquelle même le zigzag d'une signature paraîtra une tâche intolérable.

Avant d'atteindre cette limite, Salvador Dali conseille donc d'en revenir à une technique de la peinture abandonnée par Vermeer. A la fin du siècle dernier, des artistes avaient bien essayé d'en renouer la tradition. Ils ont été les plus humiliés, les plus vilipendés. Ils s’appelaient Millet, Bouguereau, Detaille, Meissonier. On les avaient surnommés les « Pompiers ».

Dali les réhabilita et, au cours de cette croisade, il trouva à ses côtés le plus inattendu des complices, Sigmund Freud. Deux jours, en effet, avant sa mort, le Viennois lui déclarait à Londres : « Dans les tableaux classiques, je découvre le subconscient du peintre, mais dans les oeuvre surréalistes, je n'ai jamais déniché que son conscient. »

Sévère condamnation dirigée contre ces peintres qui s'installent à leur chevalet, volontairement décidés être inconsciemment obsédés.

Gustave Moreau n'avait pas de pareils soucis. Artiste officiel chargé de gloire et d'honneurs, il ne voulait peindre dans son vaste atelier de la rue de la Rochefoucauld que les « vamps » de son époque, les Salomé, les Dalila, les Pasiphaé, femmes fatales de chaque Salon d'alors.

Et lorsque Dali hante aujourd'hui la belle demeure de la rue de La Rochefoucauld, c'est autre chose qu'il cherche parmi ces rutilances, ces amoncellements de bijoux, ces forêts de colonnes, ces filles-fleurs, ces dames aux licornes, ces êtres ambigüs, ce sont les phantasmes que le pinceau du peintre a laissé échapper, malgré lui, sur la toile.

Dali a même découvert dans les tableaux de Moreau une forme — mais disons plutôt une structure puisque le mot est furieusement à la mode —, qui déjà, dans un autre lieu magique de Paris : le Palais de la Découverte, Salle des objets mathématiques, avait excité son esprit : la bande de Möbius, un mathématicien allemand.

Le peintre de Figueras peut contempler ce ruban enfermé dans une vitrine, pendant des heures, l'imagination en liberté, aucune connaissance précise en géométrie ne venant la freiner. Pensez donc ! cette bande de Möbius n'a ni envers ni endroit. Et si on la coupe en son milieu, on obtient non pas deux boucles mais une seule boucle.

Dali voit en elle le symbole même de ces Anges qui habitent les Cieux.

Que les cerveaux rationnels ne soient pas choqués. Dali pourrait bien leur prouver qu'entre raison et déraison l'espace est parfois mince.

Pour cette démonstration, Dali n'aurait qu'à les amener au 10, de la rue Monsieur-le-Prince. C'est là où Auguste Comte a vécu. Rien n'a changé, ni les meubles, ni les tentures. Même l'odeur du XIXe siècle est restée. On pourrait se croire à l'intérieur d'un roman de Balzac, chez un sage bourgeois. Sur cette table, le Philosophe positiviste a écrit : « Il n'y a qu'une maxime absolue, c'est qu'il n'y a rien d'absolu. »

A quelques mètres de là, place de la Sorbonne, un Auguste Comte de pierre songe, un peu souillé par les événements de Mai. Il a été néanmoins pendant bien des années le maître à penser d'une France laïque et agnostique.

Mais passons sur la rive droite, rue Payenne, dans le Marais. Cette fois le décor change. Une masure qui a des relents de société secrète. Une gardienne qui veille jalousement sur un sanctuaire. Car cette maison est bien un sanctuaire, un temple élevé par certains disciples de Comte en obéissant à ses désirs, et dédié à l'Humanité.

Entre ces deux demeures, celle de la raison et celle de la mystique, que s'était-il donc passé ? Oh, rien qu'un de ces « amours fous » chers aux surréalistes. Une passion qui unit Auguste Comte à une jeune femme morte trop tôt : Clotilde de Vaux.

Mais Auguste Comte appartient au passé. La dernière station de Dali au cours de sa promenade à travers Paris, a été elle, tournée vers l'avenir.

Elle a eu lieu Place de Stalingrad, devant cette rotonde de l'Octroi due à Claude Nicolas Ledoux, architecte français né en 1736 et mort en 1806. Ce monument appartenait à un chapelet qui cernait notre capitale de petits temples de toutes les formes, pour lesquels Ledoux avait gaspillé sa fantaisie tout en respectant les canons antiques.

La plupart de ces temples ont été détruits par un XIX siècle ennemi du génie.

Du moins, Dali a-t-il voulu offrir cette rotonde survivante en exemple à la jeunesse d'aujourd'hui, exemple à la fois de folie et de sagesse, d'audace tempérée par une tradition classique.

Les sceptiques souriront. ils auront peut-être tort, car qui sait si Dali n'est pas un sage qui parfois emprunte la défroque des fous pour pouvoir se faire écouter dans un monde insensé.

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