Culture: [Reportage] Une majorité de Turcs soutient l’opération militaire en Syrie - - PressFrom - France
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Culture [Reportage] Une majorité de Turcs soutient l’opération militaire en Syrie

21:05  10 octobre  2019
21:05  10 octobre  2019 Source:   rfi.fr

Trump menace d’« anéantir » l’économie turque si Ankara va trop loin

  Trump menace d’« anéantir » l’économie turque si Ankara va trop loin Le retrait de troupes américaines de la frontière turque, dans le nord de la Syrie, place les forces kurdes à la merci d’une offensive militaire d’Ankara. « Le ministère de la Défense a indiqué clairement à la Turquie - comme l’a fait le président - que nous ne cautionnons pas une opération turque dans le nord de la Syrie », a indiqué le Pentagone dans un communiqué, en mettant en garde Ankara contre les « conséquences déstabilisatrices » que pourrait avoir une telle opération « pour la Turquie, la région et au-delà ».

La fumée monte au-dessus de la ville syrienne de Tel Abyad, vue de la ville frontalière turque d'Akcakale, le 10 octobre 2019. © EUTERS/Murad Sezer La fumée monte au-dessus de la ville syrienne de Tel Abyad, vue de la ville frontalière turque d'Akcakale, le 10 octobre 2019.

Il y a un peu plus de 24 heures, la Turquie lançait en Syrie une nouvelle offensive contre les forces kurdes qui contrôlent le nord-est du pays. L’opposition de la communauté internationale est unanime. Mais en Turquie même, le président Erdogan s’appuie sur une opinion publique largement favorable à cette opération.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Dans son salon de barbier, Hassan suit les nouvelles du front depuis son écran de télévision. Il soutient l’offensive que l’armée turque a engagée contre les forces kurdes. Il la soutient, dit-il, pour son objectif de long terme : créer dans le nord de la Syrie une « zone de sécurité » :

Syrie: les bombardements de l'armée turque ont poussé 100000 civils à fuir

  Syrie: les bombardements de l'armée turque ont poussé 100000 civils à fuir L’offensive de la Turquie dans le nord-est de la Syrie n'est pas sans conséquence sur les populations civiles. L'ONU parle de 100 000 déplacés en raison de ces combats. Du côté turc de la frontière, le côté le plus calme, les villes commencent tout de même à se vider. Avec notre envoyée spéciale à Akcakale, Oriane Verdier Les habitants fuient progressivement, car ils ne savent pas combien de temps cette situation va durer ni quelle est la capacité réelle de résistance et de réponse des forces kurdes syriennes. Dans certaines villes, des opérations d’évacuation ont été menées par les autorités elles-mêmes.Plusieurs tirs de mortiers ont touché des bâtiments civils.

« Il nous faut cette zone pour renvoyer les réfugiés qui vivent depuis des années dans notre pays. Mais bien sûr, nous n’y arriverons pas seuls. Les pays européens devraient nous aider. »

Engin, un client, juge, pour sa part, que l’offensive aurait dû avoir lieu plus tôt. Il est inquiet de ses répercussions :

« Il ne faut faire aucune distinction entre les terroristes. Nous devons traiter les forces kurdes comme nous traitons les membres de Daech. Nous avons beaucoup souffert à cause du PKK. Ça fait plus de 30 ans que cette guerre dure, et j’en ai assez que le monde présente ces terroristes comme des enfants de chœur. Ce qui m’inquiète, c’est l’impact sur notre économie. Elle est fragile ces dernières années et avec cette opération, j’ai l’impression que les pressions internationales ne vont faire qu’augmenter. Mais nous n’avions pas le choix. »

Offensive turque en Syrie: la ville de Manbij dans l'oeil du cyclone

  Offensive turque en Syrie: la ville de Manbij dans l'oeil du cyclone Les troupes syriennes se sont déployées lundi dans le nord du pays entrant dans la ville clé de Manbij, après un accord conclu entre forces kurdes et armée syrienne. avec nos envoyés spéciaux, Murielle Paradon et Boris Vichith Sur le terrain, Bachar el-Assad réaffirme son autorité en déployant son armée vers le nord du pays et tous les regards se tournent aujourd’hui vers Manbij, ville stratégique du nord de la Syrie, à l’est d’Alep. Les troupesavec nos envoyés spéciaux, Murielle Paradon et Boris Vichith

La plupart des Turcs, qu’ils apprécient ou non le président Erdogan, approuvent cette offensive puisqu’elle vise une milice liée au PKK. Cela ne veut pas dire, pour autant, que le soutien soit unanime.

Au Parlement, le parti prokurde – le Parti de la démocratie des peuples (HDP) -s’élève contre l’opération. Il accuse le chef de l’État d’être parti en guerre dans l’espoir de consolider sa base électorale. Le parquet d’Ankara a ouvert une enquête pour « propagande terroriste » contre plusieurs dirigeants du HDP.

À lire aussi : Assaut en Syrie: les Turcs disent progresser, la Russie veut ouvrir le dialogue

Retrait américain de Syrie: un «cauchemar stratégique» pour McConnell .
Le chef de file de la majorité républicaine au Sénat s’est exprimé vendredi soir sur le retrait annoncé des troupes américaines dans une tribune publiée par le Washington Post. « Retirer les forces américaines de Syrie est une grave erreur stratégique ». Voilà la position de Mitch McConnell, pourtant habitué à soutenir le président Trump. « Cela va laisser le peuple américain et son territoire moins en sécurité, enhardir nos ennemis et affaiblir d'importantes alliances », écrit le chef de file de la majorité républicaine au Sénat américain dans une tribune publiée vendredi soir dans le Washington Post.

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