•   
  •   

Culture L'art de la découpe "à la française" en boucherie bientôt classée au patrimoine de l'Unesco ?

18:15  18 septembre  2020
18:15  18 septembre  2020 Source:   francetvinfo.fr

Fort de Joux, pâtisserie art-déco, usine de fil à soie... les 101 sites en péril choisis par la Fondation du patrimoine

  Fort de Joux, pâtisserie art-déco, usine de fil à soie... les 101 sites en péril choisis par la Fondation du patrimoine Ces sites --châteaux, églises, jardins, maisons d'illustres, anciennes usines, etc., un par département -- sont dits de "maillage" car ils sont repartis dans tout l'Hexagone et les territoires d'outre-mer. Ils s'ajoutent aux 18 sites emblématiques annoncés en juin. © Fournis par Franceinfo Une ancienne usine de fil à soie en Ardèche, une pâtisserie art-déco en Auvergne, un ancien verger à Montreuil, le fort de Joux dans le Doubs où mourut le héros de l'émancipation haïtienne Toussaint Louverture : la Fondation du patrimoine (FdP) a annoncé lundi les noms de 101 sites qui bénéficieront de recettes de la Fran

L'idée a germé sous la lame de Victor Dumas, 21 ans, un passionné de boucherie depuis l'enfance.

  L'art de la découpe © Fournis par Franceinfo

Un art, le coup de lame du boucher ? Un patrimoine, la carcasse pendue au crochet ? Pour Victor Dumas, 21 ans, cela ne fait aucun doute.

A l'âge de 5 ans, Victor a "su": il serait boucher un jour. "J'aime ce métier, ça m'a toujours plu", dit-il à l'AFP, "c'est le contact et le partage".Quinze ans plus tard, le jeune homme s'est mis en tête de faire entrer "l'art" de la découpe "à la française" au patrimoine immatériel de l'humanité de l'Unesco.

Stéphane Bern : "J'aurais accompli ma mission si le patrimoine entre dans les consciences"

  Stéphane Bern : L'animateur et journaliste Stéphane Bern publie trois ouvrages en cette rentrée, dont l'un recensant les trésors du patrimoine français. A quelques jours des Journées du patrimoine (les 19 et 20 septembre), "Monsieur Patrimoine" fait le point.C'est une rentrée chargée pour Stéphane Bern. Il revient sur Europe 1, "la radio de mon enfance" confie celui qui y a effectué ses premières chroniques en 1992, et entame une chronique dans Paris Match (deux médias du groupe Lagardère, propriétaire du JDD).

"Quand on tuait le cochon, c'était la fête de l'année"

Derrière l'oeil clair qui pétille, des émotions d'enfance remontent : à la ferme de ses parents, dans les monts du Lyonnais, "quand on tuait le cochon, c'était la fête de l'année". Les voisins donnaient un coup de main. Victor tournait la manivelle pour garnir les boyaux de chair hachée, futurs saucissons. "En une journée, on remplissait le garde-manger, c'était très festif."

A 15 ans, lorsque ses enseignants ont voulu l'orienter vers une Seconde générale, il a imposé son choix : apprentissage boucherie. Technique, précision, rapidité. Aujourd'hui, il taille la culotte d'un mouton, puis sépare les côtes de la poitrine pour réaliser le fameux carré d'agneau. Moins de 10 minutes pour le tout.

« Le Monument préféré des Français » : l’édition 2020 sur France 3

  « Le Monument préféré des Français » : l’édition 2020 sur France 3 L’émission de la chaîne publique s’inscrit dans le cadre des Journées européennes du patrimoine des 19 et 20 septembre. Stéphane Bern présente, vendredi 18 septembre à 21 h 05 sur France 3 , le classement du public du « Monument préféré des Français ». L’animateur s’installe au château de Champs-sur-Marne, en Seine-et-Marne, pour révéler le classement des quatorze monuments, treize en métropole et un à La Réunion. Il se rend ensuite dans le monument lauréat de l’édition 2020 du Monument préféré des Français, désormais diffusé sur France 3.

Depuis un an, le jeune boucher, devenu entretemps apprenti-charcutier à Aix-les-Bains pour compléter sa panoplie, arpente la France. A la rencontre de professionnels de l'élevage, de la boucherie, de la gastronomie, voire de la tannerie. Il veut "montrer la belle image du métier, les bons produits, la découpe à la française". Et fédérer des soutiens.

Un rôle de protection de cultures fragiles

L'idée de déposer une candidature à l'Unesco lui est venue "lors des championnats du monde de découpe en 2018 en Irlande" où il a fini 3e en catégorie apprenti.

En voyant les autres candidats, il se rend compte "qu'il y a une réelle découpe particulière à la France", riche comme sa gastronomie. Il voit aussi "que tout le monde regarde les candidats français". "Dans une carcasse de boeuf, on va trouver jusqu'à 40 morceaux" (...) "quand d'autres vont moins bien valoriser la carcasse" (...) et ne tailler que "cinq ou six morceaux" différents, explique-t-il.

Emmanuel Macron en visite dans le Gers pour lancer la 37e édition des Journées du patrimoine

  Emmanuel Macron en visite dans le Gers pour lancer la 37e édition des Journées du patrimoine Emmanuel Macron sera vendredi matin à Condom dans le Gers pour lancer la 37e édition des Journées européennes du patrimoine. Il visitera le chantier de restauration de l’Hôtel de Polignac, l’un des premiers monuments à bénéficier du Loto du patrimoine et rencontrera des élèves scolarisés dans le bâtiment, école primaire depuis 1 882. Emmanuel Macron se rendra vendredi matin à Condom (Gers) pour visiter l’hôtel de Polignac, l’un des 18 monuments en péril qui avait bénéficié du premier Loto du patrimoine en 2018.

Comme l'art français du tracé de charpente remontant au Moyen-âge, reconnu par l'Unesco en 2009 en même temps que celui des calligraphes chinois, les fabricants de yourtes kazhakes ont été récompensés en 2014, le savoir-faire des marbriers grecs de Tinos a été reconnu en 2015 et celui des parfumeurs de Grasse en 2018.

La reconnaissance internationale de savoir-faire joue un rôle de protection de cultures fragiles à l'heure de la mondialisation.

"Dans le mouvement vegan, il y a une partie extrémiste"

Mais Victor ne pense pas que la boucherie française soit en danger. Au contraire : "Les gens auront toujours besoin de manger, et de plus en plus ils reviennent vers la qualité, on l'a vu pendant le confinement".

Son optimisme remonte le moral d'une filière mise sous pression par le véganisme, les militants de la cause animale ou certains défenseurs de l'environnement au nom du climat.

"Dans le mouvement vegan, il y a une partie extrémiste, qui cherche à faire valoir des produits purement industriels, on parle de viande de synthèse, viande chimique réalisée en industrie", dénonce Patrick Gimonet, directeur général de la Confédération française de la boucherie (CFBCT), qui accompagne la candidature du jeune homme.

Macron appelle les Français à participer aux Journées du Patrimoine malgré le virus

  Macron appelle les Français à participer aux Journées du Patrimoine malgré le virus "Une part importante de notre patrimoine sera visitable dans des villes moyennes ou de petite taille" en étant "très précautionneux", a déclaré le chef de l'Etat.

L'art français de la viande est reconnu dans beaucoup de pays : en Chine, où nous venons d'ouvrir le marché de la viande bovine française, on nous a demandé des formations, précise

Dominique Langlois

président Interprofession de l'élevage et de la viande

Pour Victor, rien ne vaut une "bête bien élevée", issue d'un élevage familial. Elle donnera "une bonne viande", qui "fait plaisir". Il prépare déjà les championnats du monde de Sacramento (Californie) en 2021, en catégorie jeune boucher.

"Victor représente les bouchers qui s'adaptent aux envies, aux saisons", souligne Mathieu Pecqueur qui dirige Culture Viande, organisme regroupant la filière d'abattage et de découpe industrielle. Hervé Puygrenier, dirigeant d'abattoir, lui prédit un avenir de "maître-boucher", "des orfèvres".

Dominique Langlois salue "la belle initiative" de Victor Dumas et se dit prêt à le soutenir dans sa campagne, "plusieurs années s'il le faut".

Le Covid-19, accélérateur des tensions mondiales .
La crise sanitaire accentue les fractures qui minent déjà depuis des années un ordre international de plus en plus chaotique. © Fournis par Le Monde Un médecin s’apprête à réaliser un test Covid-19 derrière une protection à Buenos Aires, le 18 septembre. Evidemment, il y aura un après-Covid-19, mais sera-t-il très différent ? « Ma crainte, c’est que le monde d’après ressemble furieusement à celui d’avant, mais en pire », lançait le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dans une interview au Monde en avril.

usr: 0
C'est intéressant!