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Culture "Ghostland est un cousin de Martyrs, mais du côté de la vie"

07:51  14 mars  2018
07:51  14 mars  2018 Source:   msn.com

Ghostland : balafrée, l'actrice Taylor Hickson porte plainte contre la production

  Ghostland : balafrée, l'actrice Taylor Hickson porte plainte contre la production Voilà bien une publicité dont le distributeur français Mars Films se serait bien passéA l'affiche de Ghostland, en salle le 14 mars prochain, et nouveau film du réalisateur Pascal Laugier, l'actrice canadienne Taylor Hickson annonce porter plainte contre la production du film. La comédienne, qui incarne la fille de Mylène Farmer à l'écran, a été victime d'un accident sur le tournage du film en décembre 2016, alors que le réalisateur et le producteur lui avait affirmé que la scène qu'elle tournait serait sans danger. Résultat : une blessure faciale qui a nécessité 70 points de suture. Elle annonce donc porter plainte contre la production pour des blessures faciales "qui altéreront sa carrière", selon le site Deadline qui a pu consulter la plainte. sun me mad squinty⭐️ -@pomme_salon killed it once again- Une publication partagée par taylor hickson (@taylor.hickson) le 24 Oct. 2017 à 6 :34 PDT Dans la scène tournée, le réalisateur lui a demandé de frapper très fort sur une vitre contre laquelle son visage était collé : "Durant le tournage de cette scène, le réalisateur Pascal Laugier n’arrêtait pas de dire à Taylor Hisckson de frapper plus fort la vitre avec ses poings. À un moment, elle a demandé à l’un des producteurs et au réalisateur si ce n’était pas dangereux. Les deux lui ont répondu dit que ça ne l’était pas". Malheureusement, la vitre a éclaté, propulsant sa tête et le haut de son corps à travers les éclats de verre.

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AlloCiné : C'est une histoire assez complexe, avec une construction presque comme des poupées russes. D'où vient-elle, cette histoire ?Pascal Laugier : Au départ, j'avais des envies. Une envie de me projeter intimement dans un personnage d'adolescente rêveuse, introvertie, qui invente des histoire, parce que c'était assez proche de ce que j'étais moi, à son âge. Le vrai sujet de Ghostland, c'est le portrait de la vocation de ce personnage, ce n'est pas ce qui leur arrive, c'est ce qu'elle va faire de ce qui leur arrive. J'avais aussi très envie de travailler sur les visions subjectives, qui est une question centrale du cinéma. Le langage même du cinéma permet de filmer des rêves, des fantasmes, des illusions, en direct. J'ai compris que ces visions subjectives seraient le moteur de l'intrigue, et après j'ai trouvé l'idée du basculement de point de vue, le twist, qu'on ne révélera pas, et là j'ai senti que j'avais un film, mais mon point d'ancrage, c'est vraiment le personnage de Beth, ça ne parle que de ça.C'est aussi un film sur le pouvoir de l'imaginaire. Quel est votre rapport avec Howard Phillips Lovecraft, l'auteur que Beth admire par-dessus tout ?Mon rapport avec Lovecraft est très bon ! (rires) J'adore cet auteur, mais ce n'était pas tant Lovecraft qui m'intéressait que le rapport que Beth a avec un maître à penser qui la dépasse et qu'elle essaie de rejoindre dans l'excellence en se construisant, en devenant peu à peu une artiste plus accomplie. J'avais envie d'inscrire ce personnage d'adolescente contemporaine dans une verticalité. De mon point de vue, la verticalité à travers laquelle je me suis construit moi-même vis-à-vis de mes propres maîtres, n'est plus désirée aujourd'hui. On est au contraire dans une horizontalité profonde. C'est peut-être un discours un peu réac', mais ça me touchait d'imaginer quelqu'un qui retrouve cet aspect-là. En opposition, d'ailleurs, avec sa sœur, qui a les deux pieds sur terre, les deux mains sur son iPhone, et dont la grâce est sortir Beth de sa logique de fantasme, qui est d'une certaine manière suicidaire. L'idée, c'était qu'elles se complètent idéalement pour s'en sortir.Il y a en effet ce rapport entre ces deux sœurs qui est très fort, on avait un rapport de sororité du même acabit dans Martyrs et qui, dans Martyrs, se soldait par quelque chose de terrible. Vous avez voulu faire quelque chose qui soit en réaction par rapport à Martyrs ou pas du tout ?Je n'ai pas pensé à Martyrs pendant que je faisais Ghostland, même si une fois le film terminé je réalise qu'il en est une sorte de cousin, plus lumineux, du côté de la vie. Le film est une fable, c'est un conte. Il y a tout un tas d'éléments très archétypaux. J'ai du mal à faire des films violents. Bien sûr, je peux aller très loin dans la violence, mais je n'y arrive pas si je n'ai pas un rapport très émotionnel au matériau que je manipule et ce que j'essaie de faire depuis quelques films, c'est essayer de combiner l'horreur et le côté abrasif du cinéma d'épouvante, avec son versant mélancolique et presque mélodramatique, de faire cohabiter des tons qui en général ne cohabitent pas.Vous êtes très attaché aux personnages féminins. Pourquoi ?Parce que c'est la grande énigme pour moi. Faire du cinéma avec elles, ça a été pour moi la plus jolie façon de m'approcher d'elles. J'ai toujours, quand j'écris, beaucoup plus de facilité à me projeter dans une sensibilité féminine et à exprimer ma part féminine. Ce film, il parle en partie de la relation que j'ai avec mon propre frère. Je savais qu'un jour je ferais un portrait détourné de ce que je vis sentimentalement et intellectuellement avec mon frère aîné depuis que je suis tout petit. J'aurais pu faire exactement la même histoire avec deux frères, mais je n'y arrive pas. Les personnages masculins me ramènent à une sorte de réalisme que je fuis naturellement et le personnage féminin, tout d'un coup, s'inscrit dans cette affaire de conte qui m'intéressait. Quand j'ai introduit, assez tard dans le processus d'écriture, les personnages de l'ogre et de la sorcière, et cet univers de poupées, j'ai senti que c'était juste que ce soient des filles. L'image de la poupée démantibulée dans les bras de l'ogre faisait sens.Il y a quelque chose d'assez étonnant avec le motif de la poupée, qui est très récurrent dans le cinéma d'horreur, mais que vous prenez totalement à contre-pied puisque la poupée devient à certains moments un élément presque salvateur.Absolument. J'avais parfaitement conscience que tout cet univers enfantin assimilé à l'horreur, c'était un cliché du genre. On a vu un milliard de fois les poupées maléfiques, les objets inanimés qui ont une âme, le camion à bonbons tenu par un clown pédophile... Ça a été fait sublimement, notamment par Stephen King. J'adore partir des archétypes à partir du moment où je peux les retourner et les traiter à ma façon. C'est dans ce sens que je m'inscris vraiment dans le genre. Je suis moi-même dans une verticalité, avec une conscience de l'histoire du genre, dont je m'inspire. Au départ, c'était une intuition, mais les poupées sont vraiment arrivées quand j'ai pensé à la psychologie de l'ogre. Et puis j'ai mis en place un protocole, le rituel autour des poupées est très travaillé. J'y ai passé beaucoup de temps à l'écriture pour qu'on ne l'ait jamais vu exactement comme ça. Le film est quand même un coming of age, le passage à l'âge adulte, c'est « l'adieu aux poupées ».Les performances d'actrices sont impeccables, d'une grande douceur. Il va certainement y avoir une curiosité du public pour la prestation de Mylène Farmer, est-ce qu'il était clair pour vous dès le début qu'elle devait incarner la mère ?Pas du tout, c'est une aventure très singulière. Au départ, je ne connaissais pas du tout Mylène et elle m'a appelé un jour pour me dire que non seulement, elle connaissait tous mes films et qu'elle les aimait beaucoup, et pour me demander timidement si j'accepterais de réaliser un de ses clips. J'étais honoré, impressionné, j'ai évidemment dit oui. J'ai découvert que l'univers de Mylène, gothique, baroque, décadent de ses clips n'était pas du tout une posture. Elle aime vraiment ça profondément, elle est très cinéphile, elle connaît tout le cinéma d'horreur des années 1970... Notre relation était tellement harmonieuse qu'on a trouvé que les deux nuits de tournage, c'était beaucoup trop court. Quelques semaines plus tard, je ne sais plus exactement comment ça s'est passé, mais elle a lu le scénario et elle m'a dit qu'elle voulait bien faire la mère, et j'ai réécrit le personnage pour en faire une Française. Ce n'était pas du tout prémédité, c'est la vie qui a fait ça.On ne peut pas ne pas évoquer Qu'est-il arrivé à Baby Jane...Alors ça, c'est frappant, parce que c'est un film que j'adore, auquel je n'ai jamais pensé en tournant, et quand j'ai vu les rushes sur la table de montage de Vera maquillée comme une poupée, je me suis dit : "C'est Aldrich, c'est Bette Davis !" C'était totalement inconscient ! Je ne suis pas parti de films pour celui-ci, je suis parti d'intuitions. Mon seul fantôme, mon Lovecraft à moi, sur le plateau, c'était Tobe Hooper. De temps en temps, il était là, dans ma tête. Quand on a commencé à filmer les scènes d'horreur, de cauchemars, hyper baroques, parfois je m'effrayais de ce que j'étais en train de tourner et je doutais. Alors, le fantôme de Tobe Hooper, dont j'adore la folie macabre, me disait : "Pascal, tu peux le faire, tu as une envie freak show, de remonter aux origines foraines du cinéma, fais-le. Si tu le fais bien, ça ajoutera à la dimension iconoclaste du projet." Ça m'a donné beaucoup de force. Et peu de temps après la fin du film, il est mort. C'était vraiment mon fantôme sur le film.Il y a un peu de Leatherface dans ce personnage d'ogre aussi ! Bien sûr, mais Tobe Hooper a inventé une espèce de figure tellement définitive du croque-mitaine que c'est très difficile de passer derrière et de ne pas faire quelque chose qui rappelle Leatherface, donc j'ai décidé de l'assumer !Quel est votre film d'horreur préféré ?Mon film d'horreur préféré, je crois quand même que ça reste L'Exorciste, de William Friedkin. Pour sa complexité, pour le fait que c'est un film inépuisable parce que c'est une énigme, pour son montage absolument génialissime. C'est un film que je n'arrive pas à épuiser. Quand je revois tous les deux ou trois ans, dans sa version d'origine qui est la seule qui vaille, je ne comprends pas comment on peut penser un film pareil. Ça me bouleverse, c'est un film dans lequel j'aimerais vivre, avec lequel j'ai un rapport très mélancolique. Ce n'est plus un film qui m'effraie, c'est un film dans lequel je me sens bien, que je trouve complètement fascinant. Pour moi, c'est la quintessence de ce que peut être un film d'horreur quand le genre n'est pas pris de haut ou à la rigolade par ceux qui le font. Vous savez déjà ce que vous allez faire après ? Non, là j'ai besoin de me reposer un peu ! Je veux vraiment garder un lien sentimental avec ce que je fais, donc ça prend du temps. On ne tombe pas amoureux tous les jour ! J'adorerais n'être que le metteur en scène d'un film que je n'aurais pas écrit, mais ça n'arrive pas tellement. Les Américains nous envoient leurs mauvais scénarios, car les bons, ils ont déjà des gens pour les réaliser, et en France, les scénarios ne circulent pas, donc je crois qu'il va falloir à nouveau que je fournisse mon prorpre matériel !La bande-annonce de Ghostland, en salle dès aujourd'hui :

AlloCiné : C'est une histoire assez complexe, avec une construction presque comme des poupées russes. D'où vient-elle, cette histoire ?

Un raccourci dans le temps : rencontre avec Ava DuVernay et Oprah Winfrey

  Un raccourci dans le temps : rencontre avec Ava DuVernay et Oprah Winfrey Comment définiriez-vous "Un raccourci dans le temps" ? Ava DuVernay : Pour moi, Un raccourci dans le temps est une lettre d’amour aux jeunes, et à ceux qui ont gardé un cœur jeune. Nous vivons dans un monde cynique, il y a beaucoup d’obscurité et de division en ce moment dans notre société, dans notre pays et à travers le monde. Ce film est une petite bouffée d’oxygène visant à nous rappeler ce qui compte vraiment pour nous, nous aider à trouver cette chose à l’intérieur de nous qui pourra nous guider vers le meilleur. J’espère que les gens repartiront avec ça, c’est avec cette intention que j’ai fait ce film. Comment imaginez-vous le futur ? Ava DuVernay : Je pense que notre futur, ce sont nos jeunes. Nous sommes des adultes à un moment de notre vie où nous comprenons ce qui est en train de se passer. Mais le changement ne va pas venir de nous. Ce sont les jeunes qui vont apporter ce changement, qui vont nous conduire à un monde meilleur. C’est ainsi que ça se passe. Notre génération a amélioré l’ancienne, qui elle-même a amélioré l’ancienne… Ce film est pour cette nouvelle génération, cet âge particulier où on essaie de découvrir qui on est, qui on veut devenir. Nous espérons pouvoir leur apporter des messages positifs. Oprah Winfrey : A chaque fois que je vois à quel point tout est divisé aujourd’hui, j’essaie de me rappeler à quel point tout l’était avant, et à quel point (…) nous avons cheminé dans notre pays et dans notre culture.

Pascal Laugier : Au départ, j'avais des envies. Une envie de me projeter intimement dans un personnage d'adolescente rêveuse, introvertie, qui invente des histoire, parce que c'était assez proche de ce que j'étais moi, à son âge. Le vrai sujet de Ghostland, c'est le portrait de la vocation de ce personnage, ce n'est pas ce qui leur arrive, c'est ce qu'elle va faire de ce qui leur arrive. J'avais aussi très envie de travailler sur les visions subjectives, qui est une question centrale du cinéma. Le langage même du cinéma permet de filmer des rêves, des fantasmes, des illusions, en direct. J'ai compris que ces visions subjectives seraient le moteur de l'intrigue, et après j'ai trouvé l'idée du basculement de point de vue, le twist, qu'on ne révélera pas, et là j'ai senti que j'avais un film, mais mon point d'ancrage, c'est vraiment le personnage de Beth, ça ne parle que de ça.

Hostiles : "Les Français ont Molière et les Américains le western" selon le réalisateur Scott Cooper

  Hostiles : Après le film de gangsters grâce à Strictly Criminal, c'est à un autre genre phare du cinéma américain que Scott Cooper s'attaque avec Hostiles : le western. Et en compagnie de Christian Bale, déjà devant sa caméra pour les besoins des Brasiers de la colère. Centré sur le périple d'un capitaine de cavalerie chargé d'escorter un chef indien mourant sur ses terres, le résultat est l'un des plus forts de ce début d'année, et son réalisateur le présente à notre micro. AlloCiné : Qu'est-ce qui vous a attiré sur ce projet ? Avez-vous toujours été fan du Far West ? Scott Cooper : J'ai toujours voulu mettre un western en scène. Robert Duvall, mon mentor, m'a toujours dit que les Anglais ont Shakespeare, les Français Molière et nous, Américains, le western. C'est pourquoi tout réalisateur qui se respecte peut être tenté de s'y frotter, même s'il est difficile de marcher sur les traces de John Ford, Howard Hawks ou Clint Eastwood. Mais c'est une expérience incroyablement enrichissante : être capable de filmer la majesté de l'Ouest américain, du Nouveau Mexique au Montana, avec des amis proches, et raconter une histoire qui, je l'espère, résonnera avec l'époque actuelle. En quoi "Hostiles" est-il pertinent aujourd'hui ? Ce n'est pas un secret : nous vivons dans un monde en proie à une division sur le plan racial et culturel, et celle-ci grandit de jour en jour.

C'est aussi un film sur le pouvoir de l'imaginaire. Quel est votre rapport avec Howard Phillips Lovecraft, l'auteur que Beth admire par-dessus tout ?

Mon rapport avec Lovecraft est très bon ! (rires) J'adore cet auteur, mais ce n'était pas tant Lovecraft qui m'intéressait que le rapport que Beth a avec un maître à penser qui la dépasse et qu'elle essaie de rejoindre dans l'excellence en se construisant, en devenant peu à peu une artiste plus accomplie. J'avais envie d'inscrire ce personnage d'adolescente contemporaine dans une verticalité. De mon point de vue, la verticalité à travers laquelle je me suis construit moi-même vis-à-vis de mes propres maîtres, n'est plus désirée aujourd'hui. On est au contraire dans une horizontalité profonde. C'est peut-être un discours un peu réac', mais ça me touchait d'imaginer quelqu'un qui retrouve cet aspect-là. En opposition, d'ailleurs, avec sa sœur, qui a les deux pieds sur terre, les deux mains sur son iPhone, et dont la grâce est sortir Beth de sa logique de fantasme, qui est d'une certaine manière suicidaire. L'idée, c'était qu'elles se complètent idéalement pour s'en sortir.

Chien de Samuel Benchetrit : pourquoi Van Damme s'est-il retiré du projet ?

  Chien de Samuel Benchetrit : pourquoi Van Damme s'est-il retiré du projet ? Nouvelle réalisation de Samuel Benchetrit, Chien est adapté du roman du même nom qu'il a lui-même écrit et qui est publié chez Grasset depuis mars 2015. L'histoire suit un certain Jacques Blanchot (Vincent Macaigne) qui, après avoir perdu sa femme, son travail et son logement, devient peu à peu étranger au monde qui l’entoure, jusqu’à ce que le patron d’une animalerie le recueille (Bouli Lanners). L'une des particularités de cette comédie dramatique à l'humour cruel et absurde réside dans le fait qu'un certain Jean-Claude Van Damme aurait dû jouer l'un des rôles principaux du film, celui du dresseur de chiens qui a finalement été attribué à Bouli Lanners. La raison de ce désistement ? La grande star du cinéma d'action n'aurait pas été sur la même longueur d'ondes que Samuel Benchetrit par rapport à son personnage et au film en général. Le metteur en scène se rappelle : "Quand j’ai écrit le livre, j’avais l’image de Chuck Norris en tête : cette figure angoissante d’un homme sûr de son fait et qui n’en démordra jamais. En l’occurrence, ce dresseur déçu par les hommes - et sans doute encore plus par les femmes - ne jure que par les animaux et l’autorité violente qu’il exerce sur eux. Il parle des bêtes comme il pense aux hommes. Physiquement, Jean-Claude me paraissait parfaitement correspondre à ce que j’avais en tête. Mais j’ai assez vite compris qu’on n’avait pas la même vision des choses.

Il y a en effet ce rapport entre ces deux sœurs qui est très fort, on avait un rapport de sororité du même acabit dans Martyrs et qui, dans Martyrs, se soldait par quelque chose de terrible. Vous avez voulu faire quelque chose qui soit en réaction par rapport à Martyrs ou pas du tout ?

Je n'ai pas pensé à Martyrs pendant que je faisais Ghostland, même si une fois le film terminé je réalise qu'il en est une sorte de cousin, plus lumineux, du côté de la vie. Le film est une fable, c'est un conte. Il y a tout un tas d'éléments très archétypaux. J'ai du mal à faire des films violents. Bien sûr, je peux aller très loin dans la violence, mais je n'y arrive pas si je n'ai pas un rapport très émotionnel au matériau que je manipule et ce que j'essaie de faire depuis quelques films, c'est essayer de combiner l'horreur et le côté abrasif du cinéma d'épouvante, avec son versant mélancolique et presque mélodramatique, de faire cohabiter des tons qui en général ne cohabitent pas.

Vous êtes très attaché aux personnages féminins. Pourquoi ?

Parce que c'est la grande énigme pour moi. Faire du cinéma avec elles, ça a été pour moi la plus jolie façon de m'approcher d'elles. J'ai toujours, quand j'écris, beaucoup plus de facilité à me projeter dans une sensibilité féminine et à exprimer ma part féminine. Ce film, il parle en partie de la relation que j'ai avec mon propre frère. Je savais qu'un jour je ferais un portrait détourné de ce que je vis sentimentalement et intellectuellement avec mon frère aîné depuis que je suis tout petit. J'aurais pu faire exactement la même histoire avec deux frères, mais je n'y arrive pas. Les personnages masculins me ramènent à une sorte de réalisme que je fuis naturellement et le personnage féminin, tout d'un coup, s'inscrit dans cette affaire de conte qui m'intéressait. Quand j'ai introduit, assez tard dans le processus d'écriture, les personnages de l'ogre et de la sorcière, et cet univers de poupées, j'ai senti que c'était juste que ce soient des filles. L'image de la poupée démantibulée dans les bras de l'ogre faisait sens.

Bande-annonce Taxi 5 : Gastambide et Bentalha font chauffer le bitume marseillais

  Bande-annonce Taxi 5 : Gastambide et Bentalha font chauffer le bitume marseillais ALERTE GÉNÉRALE !! Après avoir dévoilé un premier teaser en janvier dernier, Taxi 5 montre cette fois un peu plus de sa rutilante carrosserie avec une bande-annonce explosive qui sent bon le bitume chaud et la gomme fraîche ! Pour rappel, c'est Franck Gastambide, auteur notamment des Kaïra et de Pattaya, qui a été engagé par Luc Besson afin de reprendre le volant sur ce 5ème opus de la saga Taxi. Plus de 10 ans après le dernier volet, la franchise est donc relancée sous l'impulsion du comédien/cinéaste, qui a travaillé en étroite collaboration avec Besson à l'écriture de Taxi 5. Taxi : les répliques cultes du commissaire Gibert ! La nouvelle génération prend ainsi la relève, comme le sous-titre du film le laisse entendre, laissant Samy Nacéri et Frédéric Diefenthal, héros des 4 premiers Taxi, en dehors de ce projet. Place donc à un nouveau duo formé par Malik Bentalha et Franck Gastambide. Ce dernier incarne Sylvain Marot, super flic parisien et pilote d’exception, muté contre son gré à la Police Municipale de Marseille. L’ex-commissaire Gibert, devenu Maire de la ville et au plus bas dans les sondages, va alors lui confier la mission de stopper le redoutable « Gang des Italiens », qui écume des bijouteries à l’aide de puissantes Ferrari.

Il y a quelque chose d'assez étonnant avec le motif de la poupée, qui est très récurrent dans le cinéma d'horreur, mais que vous prenez totalement à contre-pied puisque la poupée devient à certains moments un élément presque salvateur.

Absolument. J'avais parfaitement conscience que tout cet univers enfantin assimilé à l'horreur, c'était un cliché du genre. On a vu un milliard de fois les poupées maléfiques, les objets inanimés qui ont une âme, le camion à bonbons tenu par un clown pédophile... Ça a été fait sublimement, notamment par Stephen King. J'adore partir des archétypes à partir du moment où je peux les retourner et les traiter à ma façon. C'est dans ce sens que je m'inscris vraiment dans le genre. Je suis moi-même dans une verticalité, avec une conscience de l'histoire du genre, dont je m'inspire. Au départ, c'était une intuition, mais les poupées sont vraiment arrivées quand j'ai pensé à la psychologie de l'ogre. Et puis j'ai mis en place un protocole, le rituel autour des poupées est très travaillé. J'y ai passé beaucoup de temps à l'écriture pour qu'on ne l'ait jamais vu exactement comme ça. Le film est quand même un coming of age, le passage à l'âge adulte, c'est « l'adieu aux poupées ».

Les performances d'actrices sont impeccables, d'une grande douceur. Il va certainement y avoir une curiosité du public pour la prestation de Mylène Farmer, est-ce qu'il était clair pour vous dès le début qu'elle devait incarner la mère ?

Creed 2 : Sylvester Stallone et Dolph Lundgren se musclent comme des trentenaires

  Creed 2 : Sylvester Stallone et Dolph Lundgren se musclent comme des trentenaires Alors que la suite de Creed est entrée très récemment en production, Sylvester Stallone et Dolph Lundgren ont déjà commencé à s'entraîner et ont posté sur les réseaux sociaux des vidéos d'eux se préparant physiquement comme s'ils avaient encore trente ans. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça force le respect, car le premier est âgé de 71 ans et le second de 60 ans. Sur la vidéo qu'il a postée sur Instagram, on peut voir Sylvester Stallone faisant des tractions avec 45 kg de poids supplémentaire attachés autour de son bassin. Another easy workout! You’re only as old as you and your joints feel!LOL Une publication partagée par Sly Stallone (@officialslystallone) le 13 Mars 2018 à 10 :14 PDT De son côté, Dolph Lundgren, qui avait déjà posté une vidéo sur Instagram en août dernier, a publié une vidéo de six minutes le montrant à l'entraînement. Il y a quelques semaines, Michael B. Jordan, qui reprendra son rôle d'Adonis Johnson, avait annoncé que Creed 2 était sur le point d'entrer en production. Cheo Hodari Coker s'est attelé au scénario et c'est Steven Caple Jr. qui devrait réaliser le film.

Pas du tout, c'est une aventure très singulière. Au départ, je ne connaissais pas du tout Mylène et elle m'a appelé un jour pour me dire que non seulement, elle connaissait tous mes films et qu'elle les aimait beaucoup, et pour me demander timidement si j'accepterais de réaliser un de ses clips. J'étais honoré, impressionné, j'ai évidemment dit oui. J'ai découvert que l'univers de Mylène, gothique, baroque, décadent de ses clips n'était pas du tout une posture. Elle aime vraiment ça profondément, elle est très cinéphile, elle connaît tout le cinéma d'horreur des années 1970... Notre relation était tellement harmonieuse qu'on a trouvé que les deux nuits de tournage, c'était beaucoup trop court. Quelques semaines plus tard, je ne sais plus exactement comment ça s'est passé, mais elle a lu le scénario et elle m'a dit qu'elle voulait bien faire la mère, et j'ai réécrit le personnage pour en faire une Française. Ce n'était pas du tout prémédité, c'est la vie qui a fait ça.

On ne peut pas ne pas évoquer Qu'est-il arrivé à Baby Jane...

Alors ça, c'est frappant, parce que c'est un film que j'adore, auquel je n'ai jamais pensé en tournant, et quand j'ai vu les rushes sur la table de montage de Vera maquillée comme une poupée, je me suis dit : "C'est Aldrich, c'est Bette Davis !" C'était totalement inconscient ! Je ne suis pas parti de films pour celui-ci, je suis parti d'intuitions. Mon seul fantôme, mon Lovecraft à moi, sur le plateau, c'était Tobe Hooper. De temps en temps, il était là, dans ma tête. Quand on a commencé à filmer les scènes d'horreur, de cauchemars, hyper baroques, parfois je m'effrayais de ce que j'étais en train de tourner et je doutais. Alors, le fantôme de Tobe Hooper, dont j'adore la folie macabre, me disait : "Pascal, tu peux le faire, tu as une envie freak show, de remonter aux origines foraines du cinéma, fais-le. Si tu le fais bien, ça ajoutera à la dimension iconoclaste du projet." Ça m'a donné beaucoup de force. Et peu de temps après la fin du film, il est mort. C'était vraiment mon fantôme sur le film.

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Il y a un peu de Leatherface dans ce personnage d'ogre aussi !

Bien sûr, mais Tobe Hooper a inventé une espèce de figure tellement définitive du croque-mitaine que c'est très difficile de passer derrière et de ne pas faire quelque chose qui rappelle Leatherface, donc j'ai décidé de l'assumer !

Quel est votre film d'horreur préféré ?

Mon film d'horreur préféré, je crois quand même que ça reste L'Exorciste, de William Friedkin. Pour sa complexité, pour le fait que c'est un film inépuisable parce que c'est une énigme, pour son montage absolument génialissime. C'est un film que je n'arrive pas à épuiser. Quand je revois tous les deux ou trois ans, dans sa version d'origine qui est la seule qui vaille, je ne comprends pas comment on peut penser un film pareil. Ça me bouleverse, c'est un film dans lequel j'aimerais vivre, avec lequel j'ai un rapport très mélancolique. Ce n'est plus un film qui m'effraie, c'est un film dans lequel je me sens bien, que je trouve complètement fascinant. Pour moi, c'est la quintessence de ce que peut être un film d'horreur quand le genre n'est pas pris de haut ou à la rigolade par ceux qui le font.

Vous savez déjà ce que vous allez faire après ?

Non, là j'ai besoin de me reposer un peu ! Je veux vraiment garder un lien sentimental avec ce que je fais, donc ça prend du temps. On ne tombe pas amoureux tous les jour ! J'adorerais n'être que le metteur en scène d'un film que je n'aurais pas écrit, mais ça n'arrive pas tellement. Les Américains nous envoient leurs mauvais scénarios, car les bons, ils ont déjà des gens pour les réaliser, et en France, les scénarios ne circulent pas, donc je crois qu'il va falloir à nouveau que je fournisse mon prorpre matériel !

La bande-annonce de Ghostland, en salle dès aujourd'hui :

Cinéma d'horreur français : pourquoi est-ce si compliqué ? - Partie IV .
Il y a dix ans, le monde du cinéma de genre était secoué dans tout son être par la déflagration Martyrs. Dix ans plus tard, Pascal Laugier, après avoir réalisé un film aux Etats-Unis, revient à une coproduction franco-canadienne en réalisant Ghostland. Depuis Martyrs, qui était sorti à la même période que les tout aussi extrêmes Frontière(s) ou A l'intérieur, on s'aperçoit que les propositions en matière de cinéma d'horreur en France ne se sont pas multipliées de manière phénoménale. Plus que jamais, et ce malgré les récents Grave ou La Nuit a dévoré le monde, on a l'impression que faire du cinéma d'horreur en France, c'est toujours une histoire compliquée. Partie I : Des films difficiles à produire dans le système de financement à la française Partie II : Un public en demande qui ne se déplace pas forcément en salle Partie III : Le genre snobé par la critique ? Partie IV : la fuite des talents outre-Atlantique Réaliser un film d'horreur en France aujourd'hui, et qu'il soit vu autrement qu'en festival ou en vidéo, c'est le parcours du combattant : chacun des maillons de la chaîne est affecté, voire infecté. Les télés ne veulent pas investir dans des projets interdits aux moins de 12 ou 16 ans, les exploitants refusent de programmer des films avec de telles restrictions pour des raisons commerciales évidentes et le public semble préférer aux films d'horreurs français leurs cousins anglo-saxons ou hispaniques.

usr: 3
C'est intéressant!