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Entreprise Vaccin Covid-19 : la levée des brevets, un nouveau modèle ?

10:15  13 mai  2021
10:15  13 mai  2021 Source:   capital.fr

Le Canada retarde la distribution de 300 000 doses du vaccin de Johnson & Johnson

  Le Canada retarde la distribution de 300 000 doses du vaccin de Johnson & Johnson La livraison sera bloquée le temps de mener un examen sur la qualité des produits utilisés dans la conception des vaccins, a indiqué vendredi Santé Canada. Le ministère canadien de la Santé a annoncé vendredi qu'il allait retarder la distribution d'une livraison de doses du vaccin contre le Covid-19 de Johnson & Johnson reçues cette semaine au Canada en raison de préoccupations sur leur qualité.L'annonce concerne la livraison de 300 000 doses du vaccin de Janssen du laboratoire américain reçue par l'Agence de la santé publique du Canada, a précisé Santé Canada dans un courriel à l'AFP.

Vaccin Covid-19 : la levée des brevets, un nouveau modèle ? © Pixabay Vaccin Covid-19 : la levée des brevets, un nouveau modèle ?

Et si la levée des brevets sur les vaccins anti- Covid-19 n’était pas une si mauvaise affaire pour les laboratoires, après tout ?, s'interroge notre chroniqueur George Nurdin, Economiste, consultant, écrivain ("Les multinationales émergentes", "Le temps des turbulences", "Wanamatcha !").

C’est un sujet qu’on attendait et qui n’a pas manqué de s’inviter dans les agendas économiques et politiques mondiaux. Il faut dire que le sujet n’est pas nouveau, la question s’est posée exactement de la même manière il y a une vingtaine d’années avec l’accès aux traitements anti VIH dans les pays pauvres et en particulier en Afrique australe. Mais à une plus petite échelle. Et comme dans une tragédie classique on retrouve le même scénario, les mêmes rôles, les mêmes répliques, seuls les décors ont un peu changé.

FDA définit pour autoriser le vaccin anti-pfizer pour les adolescents de la semaine prochaine

 FDA définit pour autoriser le vaccin anti-pfizer pour les adolescents de la semaine prochaine La Food and Drug Administration se prépare à autoriser l'utilisation du vaccin Pfizer-Biontech Covid-19 dans les adolescents de 12 à 15 ans au début de la semaine prochaine, selon les responsables fédéraux familiers Avec les plans de l'agence, ouvrant la campagne de vaccination de la nation à des millions d'Américains. © Shanon Stapleton / Reuters Briana Justice, 16 ans, a reçu sa première dose du vaccin Pfizer Covid-19 à New Hyde Park, N.Y., le mois dernier.

Les labos qui ont investi des milliards en R&D et en capacité de production ne veulent pas “donner” ou “brader” leurs (chers ) brevets au moment même où le tiroir-caisse commence à fonctionner à plein régime. Certains Etats au nom de l’argument “éthique” voient dans les brevets un “bien commun de l’Humanité”. Et l’OMS est systématiquement et quasiment idéologiquement pour l’abandon des royalties. Sauf que cette fois-ci les intérêts de Big Pharma, des Etats et de l’OMS peuvent s’aligner sur l’abandon temporaire des brevets.

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Pourquoi ?

Déjà commençons par resituer une évidence : ce n’est pas le fait que les brevets ne soient pas disponibles en “open source” qui ralentit actuellement le processus de vaccination à l’échelle planétaire. C’est essentiellement la combinaison de trois autres facteurs : la disponibilité des intrants, la capacité et la maîtrise de la technologie des process de fabrication et la logistique de distribution, en particulier pour les très efficaces et révolutionnaires vaccins à ARN messager qui implique la mise en place et la gestion d’une chaîne du très grand froid, qui même dans des pays industriels comme la France pose problème.

Covid-19. Le PDG de Pfizer s’oppose à la levée des brevets sur les vaccins

  Covid-19. Le PDG de Pfizer s’oppose à la levée des brevets sur les vaccins Albert Bourla, le PDG du géant pharmaceutique américain Pfizer, a déclaré ce jeudi 6 mai qu’il n’était « pas du tout » en faveur de la décision des États-Unis de soutenir la suspension temporaire des brevets des vaccins anti-Covid. Le PDG du géant pharmaceutique américain Pfizer, Albert Bourla, a déclaré jeudi qu’il n’était pas du tout en faveur de la décision des États-Unis de soutenir la suspension temporaire des brevets des vaccins anti-Covid, estimant dans un entretien à l’AFP qu’il fallait plutôt accroître la production des sites existants.Lire aussi : Vaccins contre le Covid-19.

Alors, est-ce si important ?

Oui, car au-delà de cela, dans le cadre de cette pandémie, il est maintenant à peu clair pour les “scientifiques” que d’une part il faudra viser une vaccination à l’échelle de la population mondiale (nous sommes huit milliards) et que d’autre part son éradication complète et définitive (comme ce fut le cas pour la variole) n’est pas envisageable dans l’état des connaissances.

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Donc dans l’état actuel de la science, le consensus qui semble prévaloir est qu’il faudra non seulement vacciner une première fois toute la planète (phase dans laquelle nous sommes) puis procéder régulièrement à des revaccinations (rappels) soit pour renforcer le processus immunitaire déclinant avec le temps soit pour ajuster le vaccin à la survenance très probables de nouveaux variants.

Pfizer-Biontech cherche l'approbation complète de la FDA pour Covid-19 Vaccin

 Pfizer-Biontech cherche l'approbation complète de la FDA pour Covid-19 Vaccin Pfizer et son collaborateur allemand Biontech, vendredi, a soumis une demande à la Food and Drug Administration pour l'approbation complète de leur vaccin Covid-19. Votre navigateur ne prend pas en charge cette vidéo , ils ont annoncé qu'ils soumettraient des données à la FDA sur une base roulante au cours des prochaines semaines, avec une demande d'examen prioritaire. Il n'est pas clair pendant combien de temps cette critique prendra.

Ceci dans un contexte sanitaire et de principe de précaution mondial exacerbé , constitutionnalisé même dans certains pays où le passeport vaccinal (ooops, pardon, sanitaire) sera de fait, sinon de droit, obligatoire pour se déplacer, voyager, aller faire ses courses, travailler, se réunir, faire du sport, avoir une activité sociale, de loisir, se rencontrer, s’instruire, inter-agir avec les autres, bref pour vivre, en somme.

Ainsi le marché de la vaccination Covid devient à la fois de régime obligatoire (ou quasi obligatoire) et captif.

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Et, les dirigeants des Big Pharmas qui, s’ils sont pour certains d’éminents scientifiques, sont pour la plupart issus des meilleures Business Schools (Ecoles de Commerce) mondiales (les PDG des 4 leaders actuels en terme de vaccination anti Covid ont soit un MBA, soit sont expert-comptables de formation). Ils savent donc, a priori, calculer et élaborer des stratégies. Et dans ces stratégies, le pay- back (le retour sur investissement) est un important paramètre.

FDA autorise le vaccin anti-pfizer pour les enfants 12 à 15

 FDA autorise le vaccin anti-pfizer pour les enfants 12 à 15 L'administration des aliments et des médicaments a déclaré que le vaccin coronavirus de Pfizer peut être donné aux enfants de 12 à 15 ans - ce qui en fait le premier coup disponible pour les Américains de moins de 16 ans. © Pupe Somodevilla / Getty Images Une personne obtient sa première dose du vaccin Pfizer Covid-19 sur un site de vaccination de masse dans le Maryland.

Or si l’on raisonne un instant, non pas en termes protéines, de réanimation, de spikes, ni d’humanisme, de comorbidités et de souffrances, mais en terme de cash flows futurs et de parts de marchés - considérations fondamentales pour les investisseurs actionnaires de ces labos - , il est à peu près clair que le vaccin anti-Covid-19 devient ce que l’on appelle un repeat business, c’est à dire un marché non pas de “première  vente” (phase où l’on est maintenant) mais d’après-vente, ou la marge se fait sur maintenance récurrente : les rappels ou les boosters périodiques (annuels ?) ou “ad hoc” en fonction de l’apparition de “variants”.

Du coup, la première vaccination peut être vu comme un “investissement initial”, consistant à prendre le plus vite possible une part de marché stratégique dominante du vaccin, sachant que, comme il est fort probable, par la suite les rappels périodiques se feront avec le même produit / labo que ceux avec lesquels on vous a vaccinés la première fois (un peu comme des up-grades sur les softwares de votre ordi ou de votre smart phone ou encore des mises à jour de votre GPS). Les cash flows futurs et récurrents à partir d’une part de marché acquise une bonne fois pour toutes, viendront alors plus que largement compenser cet “investissement initial”.

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Ainsi, il n’est pas antagoniste d’ouvrir ses brevets au plus grand nombre. Temporairement. Bien au contraire. Le temps de pénétrer et d’assoir puis verrouiller sa position de marché, la plus vaste possible. Ainsi plus le nombre de primo vaccinés sera grand avec une marque donnée, un labo donné, une technologie propriétaire donnée, plus le marché d’après-vente, en aval, sera grand, et rentable, et ce pour des années et des années.. Et à ce moment les royalties liées au brevet reviendront. Naturellement. Économiquement. Légalement. Mondialement. Inexorablement. Rien de nouveau sous le soleil (lui, encore libre de droits, gratuit et disponible à tous en open source).

Georges Nurdin, économiste, consultant international, essayiste et écrivain (Les multinationales émergentes, International Corporate Governance, Le temps des turbulences, Wanamatcha !).

Coronavirus. La Belgique réserve le vaccin Johnson & Johnson aux plus de 41 ans après un décès .
Le vaccin anti-Covid Janssen est désormais suspendu en Belgique pour les moins de 41 ans, suite au décès d’une femme. Bruxelles attend les conclusions de l’Agence européenne des médicaments. La Belgique a annoncé ce mercredi 26 mai 2021 qu’elle n’utiliserait plus le vaccin contre le Covid-19 de Janssen, filiale de Johnson & Johnson, pour les personnes âgées de moins de 41 ans, après la mort d’une femme ayant reçu une dose de ce produit.

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