•   
  •   

Entreprise Et si c'était le bon moment pour les entreprises de contribuer à un monde meilleur ?

19:30  07 septembre  2021
19:30  07 septembre  2021 Source:   capital.fr

Retour au bureau, télétravail... Les DRH s'arrachent les cheveux pour la rentrée

  Retour au bureau, télétravail... Les DRH s'arrachent les cheveux pour la rentrée Envie de changement, de sens ou d'ailleurs: la pandémie a réveillé nombre d'aspirations personnelles de salariés n'hésitant plus à imposer leurs desiderata à leur employeur. Entre déménagement à l'autre bout de la France, flexibilité horaire ou souhaits de reconversion, la préparation de la rentrée vire au casse-tête pour nombre de DRH.Une situation exceptionnelle? Pas si sûr. C’est même l’une des nouveautés du dernier confinement: 30% de DRH ont dû composer avec le déménagement brutal de salariés loin du bureau, selon l’Association nationale des DRH (Andrh).

Et si c'était le bon moment pour les entreprises de contribuer à un monde meilleur ? © Pixabay Et si c'était le bon moment pour les entreprises de contribuer à un monde meilleur ?

Faire mieux avec moins, penser sur le long terme, protéger la planète… Et si, non contentes de garantir le bien-être de leurs salariés, les entreprises se décidaient aussi à «bien faire» pour tous ?

Bienvenue dans le monde d'après. Un monde dans lequel les entreprises ne se contenteront plus d'engranger des profits pharamineux avec des produits connectés, mais penseront à préserver la planète, à assurer le bien-être des générations futures, à accroître les ressources disponibles et à partager leurs bénéfices avec ceux qui les créent ! On rêve un peu, d'accord. Mais peut-être pas tant que ça : «Toutes les entreprises contribuent à leur façon à construire un monde meilleur, observe Navi Radjou, universitaire franco-américain, spécialiste de l'innovation et du leadership. Mais elles œuvrent sur une seule dimension : le confort de leurs clients, éventuellement de leurs salariés. Or, aujourd'hui, ce “well being” doit devenir multidimensionnel. Autrement dit, être aussi meilleur pour la société, la planète et l'économie. Et ça, les sociétés ne savent pas nécessairement s'y prendre.»

Elisabeth Dorier: «De véritables frontières urbaines se constituent à Marseille»

  Elisabeth Dorier: «De véritables frontières urbaines se constituent à Marseille» FIGAROVOX/ENTRETIEN - Entre des quartiers paupérisés et des résidences fermées avec portails et digicodes, Marseille est largement touchée par le phénomène de «fragmentation urbaine». Selon la géographe, les équipements publics ont été abandonnés, créant des inégalités de services inédites au sein de la métropole. © AFP Marseille, cité des Kallisté, 2018. Elisabeth Dorier est géographe, professeure des universités à Aix Marseille Université, chercheuse au LPED (Laboratoire Population - Environnement - Développement).

Mais le moment est peut-être venu de s'y mettre. «A chaque crise, il y a une mutation des modes de consommation, poursuit Navi Radjou. La crise de 2008 a vu émerger l'économie du partage. Les millennials ne voulaient plus nécessairement posséder des voitures mais les partager. En 2021, ce sont les PME et les ETI qui manquent de ressources. Il s'agirait donc pour elles de mutualiser leurs achats, leurs actifs individuels, leurs ressources…»

À lire aussi
Comment inciter son boss à fixer des objectifs de développement durable

Pour de nombreux experts, c'est le moment d'entrer dans l'économie de l'efficience et de la régénération. «Il y a une fenêtre de tir à saisir. Les investissements massifs du plan de relance économique doivent être attribués à de nouveaux secteurs prometteurs et efficients. Et pas à l'ancien monde, polluant et destructeur de ressources. Il en va de la refondation de notre économie», argumente Bertrand Piccard, psychiatre, explorateur et fondateur de la Fondation Solar Impulse, qui répertorie les technologies pionnières de ce «capitalisme du bien».

Hausse de l'absentéisme dans les entreprises françaises en 2020

  Hausse de l'absentéisme dans les entreprises françaises en 2020 Plus d'un tiers des employés des entreprises françaises (34,07%) ont été arrêtés en 2020, un bond de plus de six points de pourcentage par rapport à 2019. L'absentéisme a progressé dans les entreprises françaises en 2020, une année où les arrêts (maladie, garde d'enfants, personnes vulnérables) ont explosé en raison du Covid-19, selon une étude publiée jeudi 2 septembre. Le taux d'absentéisme s'est établi à 5,04% dans les entreprises, contre 4,18% en 2019, selon les chiffres dévoilés par le cabinet Gras Savoye Willis Tower Watson.

Leur objectif : l'efficience. «L'efficience consiste à utiliser moins de ressources pour produire mieux. Rien à voir avec l'efficacité, qui ne vise que le but sans s'occuper des ressources. Rien à voir non plus avec la RSE, qui est un concept philosophique, alors que l'efficience est d'abord un outil économique», insiste Bertrand Piccard. En cinq ans, le Solar Impulse Efficient Solution Label a identifié «un millier de solutions immédiatement applicables», insiste-t-il.

Parmi elles, 320 solutions françaises, dont Waga Energy, qui récupère le méthane des décharges publiques pour le transformer en énergie utilisable. Ou Eco-Tech Ceram, qui récupère la chaleur perdue dans les usines pour la réinjecter dans le process de fabrication. Ou encore Lactips, qui développe un substitut au plastique à base de protéines de lait. Toutes ces solutions, lancées par des start-up, sont désormais à la portée des entreprises désireuses de s'en saisir.

Entreprises Répondre à NSW RoadMap

 Entreprises Répondre à NSW RoadMap Le lobby des entreprises NSW a largement applaudi la feuille de route du gouvernement sur le verrouillage de Covid-19, avec la perspective que beaucoup d'ouvriront leurs portes le mois prochain. © Joel Carrett / AAP Photos L'Association des hôtels australiens a accueilli la feuille de route du gouvernement du gouvernement de NSW.


Vidéo: Ces économistes qui parlent de l'entreprise sans rien y connaître [Frédéric Fréry] (Dailymotion)

À lire aussi
Environnement et social : quelles sont les entreprises les plus (et moins) vertueuses selon les Français ?

Encore insuffisant, estime Navi Radjou. Le théoricien de l'innovation frugale évoque, lui, l'idée «d'entreprises régénératrices» : «Alors qu'une entreprise durable cherche à réduire son empreinte carbone et ses déchets, une entreprise régénératrice cherche, elle, à avoir une empreinte positive, sur la santé des personnes, les conditions de vie des communautés, la restauration de l'environnement ou l'accroissement des ressources locales.» Les exemples sont encore rares d'applications industrielles de ces principes. Mais ils existent : c'est le cas de «l'usine forêt» que le fabricant américain de moquette Interface a construit en Australie. Ou des premières dalles de moquette au bilan carbone négatif mises sur le marché, fin 2020, par ce même fabricant : elles emmagasinent plus de CO2 que leur fabrication n'en libère dans l'atmosphère.

Chefs de banque Upbat sur les perspectives économiques

 Chefs de banque Upbat sur les perspectives économiques Les patrons de deux des plus grandes banques de détail de l'Australie sont confiants sur les perspectives tant que le plan de récupération National Covid-19 est suivi et les restrictions sont levées. © Joel Carrett / AAP Photos NAB Chef de direction Ross McEwan dit que de nombreuses entreprises sont actuellement dans un état d'hibernation.

À lire aussi
Environnement et social : quelles sont les entreprises les plus (et moins) vertueuses selon les Français ?

Actionnaires et investisseurs sont-ils prêts à suivre le mouvement ? Si l'on s'en réfère à l'éviction récente d'Emmanuel Faber, on pourrait en douter : l’ex-PDG a fait de Danone l'une des premières entreprises régénératrices au monde, en mettant notamment en place un programme destiné à aider ses fournisseurs agricoles à augmenter leurs ressources avec un modèle de culture fondé sur des méthodes naturelles… «Il ne faut pas essayer de convaincre les mécréants ! sourit Navi Radjou. Mais il suffit que deux sociétés d'un même secteur s'engagent pour motiver les autres à agir.» Pour Bertrand Piccard, à terme, la rationalité économique prévaudra : «Si on explique à un dirigeant qu'il doit investir dans des technologies parfois plus chères au départ mais qui lui feront gagner de l'argent sur le long terme, il sera d'accord.»

Valérie Charolles, chercheuse en philosophie à l'Institut Mines-Télécom Business School et auteure de Le libéralisme contre le capitalisme (Folio Essais), estime pour sa part que les «faiseurs de bien» sont desservis par les principes du jeu financier : «Les règles comptables sont établies selon la perspective des investisseurs sur les marchés financiers, souligne-t-elle. Or ce sont elles qui forment l'horizon des conseils d'administration, avec comme mantra de produire toujours plus, pour un profit à court terme. La nouvelle donne économique pourrait venir de la multiplication d’entreprises de taille moyenne qui se donnent pour perspective de continuer à produire sur le long terme.»

Carrefour : feu vert pour le rachat de Bio C’Bon, mais 8 magasins devront être vendus !

  Carrefour : feu vert pour le rachat de Bio C’Bon, mais 8 magasins devront être vendus ! L'Autorité de la Concurrence juge que le rachat de Bio C'Bon par Carrefour n'est "pas susceptible de renforcer de façon significative la puissance d'achat de la nouvelle entité vis-à-vis des fournisseurs de produits biologiques". Pour autant, 8 magasins devront être vendus, pour la plupart à Paris et Toulouse. Bonne nouvelle pour Carrefour ! L'Autorité de la concurrence autorise la reprise de Bio C'Bon, sous réserve.

Régénération, frugalité : ces mots parlent aux jeunes générations. Et si la crise ne leur laisse pour l'instant guère d'autre choix que d'aller bosser dans des grandes entreprises pas vraiment dans le mood «faire mieux avec moins», ils se dirigeront volontiers vers ces sociétés du mieux, du différent et du «moins», dès que s'amorcera un retour à la normale. «Ces entreprises génèrent de la valeur mais aussi des valeurs, humaines et sociétales, pour leurs salariés et leurs parties prenantes. D'où leur capacité à attirer les meilleurs talents et prendre un avantage concurrentiel certain, insiste Navi Radjou. Les autres devront composer avec des jeunes diplômés de très grandes écoles, certes brillants, mais sans doute pas très innovants.»

Dommage pour elles car «on estime qu'en construisant une économie régénératrice négative en carbone, le monde pourrait potentiellement créer 26 trillions de dollars en valeur financière et 65 millions de nouveaux emplois d'ici à 2030», conclut-il. Et 2030, c'est déjà demain !

La “raison d’être”, un engagement à respecter

Pas un jour sans un communiqué annonçant en grande pompe la «raison d'être» de telle ou telle boîte. Mais kezako ? Cette notion, désormais inscrite dans la loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, 2019), désigne la façon dont une entreprise entend jouer un rôle dans la société, au-delà de sa seule activité économique. «La “raison d’être” fait la synthèse entre la création de valeur et le long terme. Cela suppose de passer d'une culture exclusivement financière à une culture extra-financière avec des indicateurs qui mesurent l'impact humain, sociétal et environnemental de l'entreprise», explique Alexandre Menais, secrétaire général de l’entreprise de services du numérique Atos, qui vient de diriger l'ouvrage collectif Raison d'être, engagement et responsabilité : l'entreprise au-delà du capitalisme (LexisNexis).

Une fois l’engagement pris, gare aux entreprises qui voudraient s'en exonérer, estime-t-il : «Les salariés, les clients, les fournisseurs, bref, tout l'écosystème veillera à son respect. Si l'entreprise est ambiguë sur le sujet, manque de transparence, de cohérence, apparaît désalignée, elle risque de voir l'ensemble de ses parties prenantes se détourner d'elle.» Les clients bien sûr, mais aussi ses meilleurs talents.

>> Comment se préparer aujourd'hui au travail de demain. C’est la Une du dernier numéro de Management. Accédez en quelques secondes à ce dossier en vous abonnant, à partir de 3,75 euros par mois, sur la boutique en ligne Prismashop

Gouvernement Considérant des prêts pour les entreprises de l'énergie .
Le gouvernement envisage de proposer des prêts soutenus par des États d'urgence aux entreprises de l'énergie, car les entreprises se battent pour rester à flot des prix de l'essence. © Getty Getty Images Les fournisseurs plus petits font face à la ruine alors que les hausses de prix ont fait leurs promesses de prix aux clients non distribuables.

usr: 4
C'est intéressant!