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Entreprise SpaceX vaut-il vraiment 100 milliards de dollars?

16:37  15 octobre  2021
16:37  15 octobre  2021 Source:   challenges.fr

Une Amérique concurrentielle doit investir dans la R & D

 Une Amérique concurrentielle doit investir dans la R & D © Thinkstock Une amérique concurrente doit investir dans la R & D . On dit souvent que les budgets sont des documents basés sur des valeurs. Si nous valorisons la compétitivité future des États-Unis, trois priorités critiques doivent être reflétées dans les dépenses fédérales: éducation, infrastructure et recherche et développement (R & D).

Essai en vol du lanceur géant Starship de SpaceX © SpaceX Essai en vol du lanceur géant Starship de SpaceX

DECRYPTAGE - Le groupe spatial d'Elon Musk vient de franchir la barre des 100 milliards de valorisation. SpaceX vaut-il vraiment cette somme? Plongée inédite dans les chiffres d'un groupe qui n'en publie guère.

On connaissait les licornes ("unicorns", en anglais), pépites valorisées plus d'un milliard de dollars. Voici désormais les "centicorn", sociétés non cotées valorisées à plus de 100 milliards. SpaceX, le leader mondial des lancements spatiaux, vient de s'inviter discrètement dans ce club très fermé, aux côtés du chinois ByteDance, maison-mère du réseau social TikTok, et de la fintech Stripe. Le groupe spatial d'Elon Musk, comme révélé par CNBC, a atteint la semaine dernière une valorisation de 100,3 milliards de dollars, lors d'une opération de revente d'actions existantes par des actionnaires historiques du groupe sur le marché secondaire. Les actions se sont échangées à 560 dollars l'unité, soit 33% de plus que le prix affiché en février dernier (420 dollars).

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L'explosion de la valorisation de SpaceX a de quoi impressionner. Le groupe était valorisé à 12 milliards en janvier 2015 lors de l'entrée au capital de Google et du fonds Fidelity. La pépite d'Hawthorne (Californie) a depuis connu une croissance stratosphérique de sa valorisation: 21 milliards en juillet 2017, 33,3 milliards mi-2019, 46 milliards en août 2020, 74 milliards lors de sa dernière levée de fonds (1,2 milliard de dollars) en février dernier et, donc, 100,3 milliards aujourd'hui. Dans une note publiée en octobre 2020, les analystes de Morgan Stanley avaient anticipé que le groupe atteindrait un jour cette barre symbolique des 100 milliards. Mais personne ne pensait que le groupe d'Elon Musk atteindrait le chiffre si tôt.

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 Même si le destin de la Chine Evergrande reste difficile, le secteur souffre de inquiète de la croissance des défauts des défauts des immobiliers chinois a sapé le sentiment d'investisseur saisi, au milieu d'une nouvelle note de crédit et d'une incertitude quant au sort du groupe de la Chine Evergrande au fur et à mesure de la vente d'argent en vendant des actifs en vente .

Information limitée

SpaceX vaut-il vraiment 100 milliards? Le groupe n'étant pas coté, l'information financière sur son activité est faible, voire inexistante. Le champion californien ne publie pas son chiffre d'affaires, encore moins sa rentabilité. Même les prix de lancements affichés sur le site (62 millions de dollars pour un tir de Falcon 9) ne sont qu'indicatifs: SpaceX descend régulièrement autour de 40 millions de dollars le lancement, en fonction du client et de la réutilisation ou non du premier étage du lanceur. Seules informations publiques: le montant des capitaux levés, et celui des contrats passés avec la Nasa ou l'US Air Force.

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Faute d'information directe, il est tout de même possible de sortir la calculatrice et procéder à des estimations. L'économiste du spatial Pierre Lionnet, directeur de recherche à Eurospace (l'association qui rassemble les industriels européens du spatial) s'est livré à l'exercice dans une note de recherche d'une quinzaine de pages, publiée en octobre, consacrée au modèle économique du groupe américain. Ses conclusions remettent en questions de nombreuses idées reçues.

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Premier enseignement: SpaceX, s'il a totalement rebattu les cartes du spatial et administré un coup de bambou monumental à la concurrence (notamment européenne), est de taille bien plus modeste qu'on ne le croit souvent. En croisant le nombre de lancements de SpaceX et le prix estimé de ceux-ci, le chiffre d'affaires du groupe ressort à 1,2 milliard de dollars en 2020, estime Pierre Lionnet, une estimation identique à celle des analystes de Trefis. Ce chiffre, en baisse sensible par rapport au point haut de 2017 (1,5 milliard), signifie que SpaceX est à peu près de la taille de son concurrent européen Arianespace (1,23 milliard de dollars en 2020).

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SpaceX, deux fois plus petit qu'ArianeGroup

En intégrant tout le périmètre de la maison-mère ArianeGroup (construction et lancements d'Ariane, activités militaires sur le missile M51 de la dissuasion française), le champion californien est même deux fois plus petit qu'ArianeGroup, qui réalise 2,7 milliards d'euros de ventes. Il affiche aussi une taille plus modeste que les deux champions européens des satellites, le franco-italien Thales Alenia Space (1,85 milliard d'euros de chiffre d'affaires) et Airbus Space Systems, qui ne publie pas ses chiffres mais pèse plus de 2 milliards d'euros.

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Cette taille limitée peut paraître un peu contre-intuitive pour un groupe qui affiche une cadence de lancements record, avec 26 tirs en 2021, soit un toutes les deux semaines. Elle s'explique par deux facteurs: un, SpaceX vend des lancements peu cher, ce qui est d'ailleurs une base de son offre; deux, le groupe lance beaucoup pour ses propres besoins, en l'occurrence la mise sur orbite de sa constellation Starlink. Cette activité pour son compte ne génère pas de chiffre d'affaires, et réduit même les créneaux de tirs réservés aux clients extérieurs, ce qui explique la baisse du chiffre d'affaires depuis 2017.

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Le deuxième enseignement découle du premier: avec 100 milliards de dollars de valorisation pour 1,2 milliard de ventes en 2020, SpaceX est valorisé... plus de 83 fois son chiffre d'affaires. Pourquoi ce ratio monumental? "Il y a, à l'évidence, un aspect totalement irrationnel dans ces chiffres, indique Pierre Lionnet à Challenges. Cette valorisation est tirée par un engouement du marché pour SpaceX assez comparable à celui pour Tesla, avec des investisseurs qui sont avant tout des fans de l'histoire Musk. Cela rappelle un peu les fans ultimes d'Apple à la grande époque." Plus que de simples investisseurs, les actionnaires de SpaceX seraient ainsi des "ultimate fans" plus attirés par les projets pharaoniques de Musk que par les perspectives de rentabilité future.

Starship, difficile à valoriser

Quels arguments plus rationnels pourraient expliquer la gigantesque valorisation de SpaceX? Pierre Lionnet écarte l'hypothèse d'une rentabilité très élevée. Certes, SpaceX affiche probablement un résultat opérationnel positif: l'économiste l'estime autour de 300 millions de dollars en 2020, après avoir culminé à 700 millions en 2017. Mais le besoin éperdu de cash du groupe prouve, selon lui, que SpaceX n'affiche pas la rentabilité énorme que Musk ou la directrice générale Gwynne Shotwell évoquent souvent. "SpaceX a brûlé 1 milliard de dollars de cash par an depuis 2002", rappelle l'économiste dans la note de recherche, soulignant que le groupe a levé 8,5 milliards de dollars en tout, dont 2,5 milliards sur la seule année 2020. "On peut se demander pourquoi SpaceX affiche un tel appétit de cash si Falcon 9 génère autant de profit", s'interroge Pierre Lionnet.

  SpaceX vaut-il vraiment 100 milliards de dollars? © Fournis par Challenges

Assemblage de la fusée géante Starship à Boca Chica, au Texas (photo SpaceX)

Autre hypothèse: la valorisation élevée de SpaceX serait liée à la future mise en service du lanceur géant Starship, actuellement en tests sur le site texan de SpaceX à Boca Chica. Cette fusée monumentale sera capable, selon le groupe américain, de mettre en orbite plus de 100 tonnes en orbite basse et 21 tonnes en orbite géostationnaire. Totalement réutilisable, avec jusqu'à 100 lancements possible par exemplaire produit, il pourrait permettre, estime SpaceX, de baisser le prix de lancement à 2 millions de dollars, soit trente fois mois que le Falcon 9 actuel. Elle servira également aux futures missions martiennes envisagées par Musk, à des missions vers la Lune, voire à des liaisons entre points du globe pour du transport de fret ou de passagers. Mais ce nouveau lanceur ne semble pas motiver l'essentiel de la valorisation actuelle de SpaceX: dans son étude d'octobre 2020, Morgan Stanley ne valorisait le business général des lanceurs chez SpaceX qu'à une vingtaine de milliards de dollars, dont 11,7 milliards pour les lanceurs classiques et 8,7 milliards pour les liaisons terrestres point à point.

Plus que l'activité historique de lancements de SpaceX, c'est, semble-t-il, le potentiel de la constellation Starlink qui semble convaincre les investisseurs. Cet énorme projet (12.000 satellites destinés à connecter le monde entier au haut débit) est en plein décollage: SpaceX a déjà mis en orbite 1.740 satellites, et lancé un premier service à 99 dollars par mois déjà adopté par 100.000 clients. Musk a expliqué en 2020 que Starlink pourrait générer 30 milliards de dollars de chiffre d'affaires à l'horizon 2025. Des chiffres internes dévoilés par le Wall Street Journal en 2017 donnaient déjà cet ordre de grandeur: la prévision de chiffre d'affaires pour SpaceX en 2025 était de 35 milliards de dollars, dont 30 pour Starlink et seulement 5 pour les activités historiques de lancements spatiaux.

  SpaceX vaut-il vraiment 100 milliards de dollars? © Fournis par Challenges

Le lanceur Starship assemblé sur le pas de tir de Boca Chica, au Texas (photo SpaceX)

Starlink, pari à 30 milliards

Ce chiffre d'affaires est-il atteignable? Au prix actuel de l'abonnement Starlink (environ 100 dollars par mois, soit 1.200 dollars par an), il faudrait 25 millions d'abonnés pour atteindre les fameux 30 milliards. Un objectif extrêmement ambitieux, estime Pierre Lionnet. "La faisabilité technique du projet ne fait guère de doute, mais le chiffre de 25 millions d'abonnés me semble difficilement atteignable, explique l'économiste. Il faudrait que ces abonnés soient répartis sur des zones géographiques très variées, car le système, basé sur de nombreux satellites tournant sans cesse autour de la terre, ne pourrait pas servir une clientèle trop centrée sur une seule zone."

L'autre grande question est celle de la rentabilité de Starlink. L'investissement de départ est énorme: Musk l'estime entre 5 et 10 milliards de dollars pour avoir une constellation en service, et entre 20 et 30 milliards d'euros sur la durée de vie du projet. Les satellites en orbite basse ayant une durée de vie de cinq ans, soit quatre fois moins que leurs homologues placés sur l'orbite géostationnaire (36.000 km), il faut les remplacer régulièrement, ce qui nécessite un niveau d'investissement élevé et permanent.

Pour atteindre la rentabilité, SpaceX devra aussi amortir l'investissement dans les terminaux de réception qu'il fournit à ses clients. Ces systèmes sol, facturés 500 dollars par le groupe, reviendraient en fait à 2.400 dollars au groupe, selon Business Insider, qui indique que les terminaux sont fabriqués par STMicroelectronics. Il faut donc que les abonnés restent fidèles à Starlink un bon bout de temps pour amortir la différence (1.900 euros).

Effet Musk

Dans ces conditions, la valorisation de Starlink à plusieurs dizaines de milliards de dollars pose question. Certes, dans son étude d'octobre 2020, Morgan Stanley estimait que la constellation pourrait représenter 80,9 milliards de dollars sur les 100 milliards de valorisation potentielle. Mais un coup d'oeil sur la valorisation des concurrents jette le doute sur ces chiffres. OneWeb, principal rival avec 348 satellites déjà en orbite, n'est valorisé que 3,1 milliards de dollars. Plus que jamais, comme Tesla (810 milliards de dollars de capitalisation boursière), SpaceX semble échapper aux critères traditionnels de valorisation. Une bonne définition de ce qu'on pourrait appeler l'effet Musk.

HSBC : son bénéfice a fortement augmenté au troisième trimestre .
La banque a annoncé lundi 25 octobre une forte hausse du bénéfice au troisième trimestre et un vaste programme de rachat d'actions.Au troisième trimestre, le bénéfice avant impôts a plus que doublé, à 5,4 milliards de dollars, essentiellement grâce à des reprises de provisions pour pertes de créances. "Même si nous restons prudents en raison des risques extérieurs, nous pensons que les faiblesses des récents trimestres sont derrière nous", a commenté le PDG du groupe Noel Quinn. Il s'est félicité d'une "robuste hausse des profits soutenue par de nouvelles reprises de provisions".

usr: 6
C'est intéressant!