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Entreprise Goncourt, Renaudot, Femina... Combien les prix littéraires rapportent-ils vraiment ?

17:40  03 novembre  2021
17:40  03 novembre  2021 Source:   ouest-france.fr

Énergie : comment mieux maîtriser votre consommation et réduire votre facture ?

  Énergie : comment mieux maîtriser votre consommation et réduire votre facture ? Vous vous demandez s’il est encore possible d’atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur votre facture ? Changement de contrat, petits travaux dans le logement, aides à solliciter… Capital vous livre quelques conseils pour faire face à la flambée des prix. Les prix de l’énergie s’envolent et inquiètent de plus en plus les Français. Selon le dernier baromètre du Médiateur national de l’énergie, 84% des ménages se disent préoccupés par leurs dépenses d’énergie et 60% d’entre eux affirment même avoir réduit le chauffage dans leur logement cette année pour alléger la facture.

Nicolas Mathieu à la fenêtre du restaurant Drouant, le 7 novembre 2018, lors de la remise du prix Goncourt. © P. MATSAS/OPALE VIA LEEMAGE Nicolas Mathieu à la fenêtre du restaurant Drouant, le 7 novembre 2018, lors de la remise du prix Goncourt.

Si les distinctions littéraires ne sont pas l’apanage de la seule France, leur quantité est, quant à elle, une spécificité bien de chez nous. Tout comme la question taboue qui l’entoure : combien rapportent vraiment ces prix ? A l’occasion de la remise du Prix Goncourt ce mercredi 3 novembre 2021 qui a récompensé l’écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, levons le voile sur la question. Dernier épisode de notre série en trois volets consacrée au prix Goncourt.

Novembre, ce mois qui commence par la fête de tous les saints, peut être, pour certains, le plus beau de leur vie. Il l’est, en effet, pour les auteurs et éditeurs qui remportent l’un des prix littéraires dont cette période est jalonnée. C’est le cas cette année 2021 pour Mohamed Mbougar Sarr auteur de « La plus secrète mémoire des hommes » (Éditions Philippe Rey, 2021).

Comment se calcule le fameux « pouvoir d’achat » ?

  Comment se calcule le fameux « pouvoir d’achat » ? Le pain, la bière, l’électricité, le gaz… Les prix montent. Les statistiques annoncent pourtant que le pouvoir d’achat est en hausse. Le portefeuille des Français le ressent plutôt en baisse. Qu’en est-il sur ces dix dernières années ? Explications sur la méthode de calcul du fameux pouvoir d’achat. En 2007, le pouvoir d’achat s’est hissé pour la première fois en tête des préoccupations des Français devant l’emploi et le chômage. Près de quinze ans an plus tard, il est encore sur toutes les bouches. Selon différents observatoires économiques, il serait en hausse. Pourtant, les Français affirment le voir fondre comme neige au soleil.

Pour les libraires, ce onzième mois est décisif : en 2017, par exemple, selon une étude publiée l’an dernier par l’institut d’études de marché GfK, 44,6 % des ouvrages estampillés « rentrée littéraire » s’étaient vendus en novembre et décembre, soit au moment de la remise de ces hautes distinctions.

Mais, au-delà des statistiques brutes, il convient de déterminer ce que rapportent vraiment de telles récompenses. Quel effet sur les ventes, quel élan à l’étranger, quelles cessions de droits ? Le chiffre d’affaires précis pour un éditeur et ce que gagne vraiment l’auteur sont difficiles à calculer, car il s’agit d’accoler des données immédiates à la vie d’un livre en librairie, environ un an dans le cas d’un ouvrage primé. Une enquête compliquée, donc, tant le secteur de l’édition est souvent frileux quand il doit parler d’argent. Et tant il est vrai que le train de vie et les revenus d’un écrivain ne regardent que lui.

Présidentielle 2022 : Pourquoi la précarité énergétique va devenir un thème de campagne

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Du prix honorifique à la dotation de 30 000 €

À l’image du Renaudot, du Femina et de l’Interallié, certains prix sont purement honorifiques. Le plus prestigieux, le Goncourt, offre une maigre récompense : un chèque de 10 €. La plupart des lauréats décident de ne pas l’encaisser, de conserver voire d’encadrer ce papier rectangulaire que les rares élus ne gagnent qu’une fois dans leur vie. Le Médicis est doté de 1 000 €, quand le Grand Prix du roman de l’Académie française attribue 10 000 €.

Lire aussi : Prix Goncourt : cette consécration littéraire change-t-elle vraiment la vie des auteurs ?

En dehors de ces prix historiques ou institutionnels, on ajoutera ceux qui sont financés par une marque, une fondation privée ou une entreprise. Parmi eux : le prix Landernau (lancé en 2008 par Michel-Édouard Leclerc et ses Espaces culturels ; 6 000 €), le prix de Flore (6 100 €, en plus d’un verre de Pouilly par jour pendant un an dans le café du même nom), le prix Wepler/Fondation La Poste (10 000 €), et le prix Décembre (ex-prix Novembre ; 30 000 €).

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  Immobilier : les rendements que vous pouvez espérer en louant dans l'ancien L'ancien est plus abordable que le neuf. Vous pouvez espérer de 4 à 6% de rendement par an pour un studio bien situé. De 20 à 30% moins cher que le neuf, et beaucoup plus abondant sur le marché, l’ancien reste le placement immobilier préféré des investisseurs. Viser un logement déjà rénové (sans travaux fiscalement déductibles) afin de le louer en l’état, c’est-à-dire non meublé, n’est pas forcément le plus intéressant en matière de rentabilité.

Des ventes qui décollent

Pour un auteur et un éditeur, les retombées d’un prix littéraire se mesurent surtout en termes de ventes. « Aujourd’hui, l’“effet Goncourt” pour un ouvrage pas trop difficile, c’est 400 000 ventes assurées, en un an d’exploitation en librairie », note Bertrand Py, directeur éditorial et cofondateur d’Actes Sud. Cinq fois vainqueur du Goncourt depuis 2000, il avance des chiffres toutefois variables : 280 000 exemplaires vendus pour Mathias Énard (lauréat en 2015), 350 000 pour Laurent Gaudé et Jérôme Ferrari (lauréats en 2004 et 2012), 407 000 pour Nicolas Mathieu (2018) et 422 000 pour Éric Vuillard (2017). Il poursuit : « Le chiffre d’affaires de l’éditeur représente environ 6 millions d’euros pour un livre à 15 €, 8 millions quand il coûte 20 €. »

Paul-Antoine Jeanton, consultant du panel livres pour l’institut GfK, élargit la statistique aux sept prix les plus convoités (Goncourt, Goncourt des lycéens, Renaudot, Interallié, Médicis, Femina, Académie française) : « Depuis 2015, le volume de ventes de la totalité des livres primés est passé d’un million à 700 000. Générant un chiffre d’affaires passé de 20 millions à 15 millions d’euros entre 2015 et 2018. »

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Une renommée durable

Être couronné apporte un éclairage et une aura qui, justement, n’ont pas de prix. Outre la validation par les pairs d’une œuvre en cours, c’est une renommée qui durera des années, et souvent toute la vie. Quiconque obtient une telle récompense vit un effet de bascule du jour au lendemain, voyant ses ventes surmultipliées. « Dans le cas d’un Goncourt, 10 % des ventes se font avant de le remporter, et 90 % dans les douze mois qui suivent », témoigne Bertrand Py. Là aussi, les chiffres varient, et on s’aperçoit que, selon les années, les prix n’ont pas tous le même impact dans les librairies.

En 2013, Pierre Lemaitre avait écoulé, en deux mois, environ 100 000 copies de son roman Au revoir là-haut. Une fois le Goncourt obtenu, ses ventes ont nettement décollé avec 390 000 de plus jusqu’à Noël (chiffres Edistat).

L’effet de levier est infiniment plus net pour L’Ordre du jour (Goncourt 2017) d’Éric Vuillard, passé d’à peine 1 000 à… 51 067 exemplaires vendus en deux semaines, selon les chiffres GfK. Ou encore pour La Disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez la même année, passant là encore de 1 000 à 21 310 unités lorsqu’il obtint le Renaudot, puis à plus de 39 000 en décembre (GfK).

En 2016, Petit pays de Gaël Faye était passé de 1 546 à 50 649 copies à la suite de son Prix du roman Fnac en septembre, et à 253 395 après le Goncourt des lycéens en novembre (chiffres communiqués par Grasset).

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Répartition des gains et enjeux financiers

Lors de la signature d’un contrat, les droits d’auteur fluctuent généralement entre 8 % et 15 %, selon le nombre de livres déjà publiés, leur renommée, les ventes précédentes. Ainsi, pour un livre vendu 21 € écoulé à 400 000 exemplaires (la moyenne haute, pour un Goncourt), le chiffre d’affaires sera de 8,4 millions d’euros. L’auteur en recevra une somme avoisinant les 840 000 € en fin d’exploitation, qu’il faudra pondérer en fonction de l’avance (le fameux « à-valoir ») qu’il a reçue. Des chiffres (attention : c’est une estimation) qui donnent la mesure de l’enjeu.

Pour un éditeur, la marge avouée oscille entre 10 et 12 %, une fois payés les frais de diffusion, distribution, impression. Là aussi, l’impact financier est de taille, voire capital, dans le cas d’éditeurs indépendants.

Directrice et cofondatrice (en 1991) des éditions Zulma, Laure Leroy le confirme : « Aujourd’hui, je ne connais rien qui vaille ces prix, en termes de ventes et de reconnaissance. » C’est chez elle que fut édité Le Garçon, de Marcus Malte, prix Femina 2016 : 55 000 exemplaires vendus, dont 35 000 une fois apposé le bandeau du prix. En 2008, Zulma avait publié Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès, lauréat des prix Fnac et Médicis (66 000 ventes, dont un tiers avant les récompenses). « Ces deux titres marchaient déjà très bien, il y avait une folie d’amour chez les libraires, mais le Médicis comme le Femina ont clairement eu un fort effet de démultiplication. »

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Des cessions de droits pour des traductions ou des adaptations

« Les prix sont un accident heureux », avance de son côté Sabine Wespieser, créatrice de la maison éponyme en 2001. Elle avait édité deux romans de l’Haïtienne Yanick Lahens lorsque le suivant, Bain de lune, fut lauréat du Femina 2014. « Après des premières années flamboyantes, couronnées notamment par le Femina étranger pour l’Irlandaise Nuala O’Faolain en 2006, ou le Grand Prix des lectrices du magazine Elle à Duong Thu Huong en 2007, les ventes avaient bien baissé. Ce Femina est bien tombé, puisqu’il m’a apporté deux années de sérénité, admet-elle. Les listes interviennent pour conforter les libraires et les journalistes, mais renforcent nettement la prescription d’un auteur à l’étranger. » En effet, un tel prix littéraire est quasi assuré d’une quinzaine de traductions à l’étranger. Vient alors le second cercle des gains générés par un prix : les cessions de droits pour une traduction, pour le format poche, mais aussi pour une éventuelle adaptation sur petit ou grand écran.

Avoir déjà été vendu et vu, une des clefs du succès

Mais dans ce domaine, pas sûr que les récompenses automnales soient décisives. Tout en communiquant les chiffres concernant Gaël Faye, le service commercial des éditions Grasset tempère : « L’engouement incroyable pour ce roman a commencé bien en amont de la publication et, au moment de la sortie du livre, une vingtaine de cessions étaient déjà négociées. Il y a ensuite eu un effet boule de neige à la suite de l’enthousiasme des éditeurs étrangers, du succès dans les médias, de l’annonce du prix Fnac et de la sélection pour le Goncourt. Mais il n’est pas sûr qu’au stade du succès ces derniers aient été déterminants. L’intérêt du cinéma a commencé bien avant la remise du prix. Compte tenu de la distinction, des ventes, du succès international, nous avons sans doute pu négocier un contrat plus cher. »

Présidente des éditions Flammarion et J’ai Lu, Anna Pavlowitch reconnaît qu’« un grand prix rapporte beaucoup à la maison pendant deux ans : exploitation du grand format et du livre en poche, adaptation au cinéma ou, n’oublions pas, au théâtre, et enfin cessions des droits étrangers ». Mais elle nuance illico : « On constate un changement majeur depuis cinq ans : les livres récompensés qui se vendent le plus sont ceux qui se vendaient déjà très bien. Avant, on disait que les prix créaient les ventes, maintenant on dira plutôt qu’ils les valident. » Pour obtenir un prix littéraire, il faut avoir déjà vendu. Et pour cela, il est indispensable d’avoir été beaucoup vu : sur les réseaux sociaux, à la télévision, dans les multiples festivals de l’Hexagone, en librairie. Remporter une distinction exige du temps, beaucoup de temps. Pour l’auteur, mais aussi pour sa maison d’édition et ses salariés. Un grand prix est un Graal pour toutes et tous. Mais reste une question de temps autant que d’argent.

Cet article a été initialement publié dans Lire Magazine littéraire en novembre 2019.

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C'est intéressant!