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Entreprise Réforme des retraites. Remanié, ajourné, contesté… Retour sur l’épineux projet Macron en six actes

13:40  30 septembre  2022
13:40  30 septembre  2022 Source:   ouest-france.fr

Tesla : les ambitions d'Elon Musk freinées en Allemagne

  Tesla : les ambitions d'Elon Musk freinées en Allemagne Avec les nouvelles réglementations à venir, prévoyant des incitations fiscales pour les constructeurs si les batteries sont fabriquées et assemblées aux Etats-Unis, le groupe d'Elon Musk suspend son projet d'usine outre-Rhin.La loi prévoit également une subvention à l'achat d'un véhicule électrique pouvant aller jusqu'à 7.500 dollars, à condition que l'assemblage final des voitures soient effectué en Amérique du Nord et que les matières premières utilisées pour les batteries proviennent, dans une proportion grandissante, de la même région.

Emmanuel Macron en déplacement au lycée professionnel Tabarly des Sables-d’Olonne, le 13 septembre 2022. © Franck Dubray/ Ouest France Emmanuel Macron en déplacement au lycée professionnel Tabarly des Sables-d’Olonne, le 13 septembre 2022.

La réforme des retraites revient agiter l’actualité politique de cette rentrée. Le projet d’Emmanuel Macron a subi, depuis sa première campagne présidentielle en 2017, maintes modifications et rencontré des blocages. Retour sur l’histoire contrariée d’une réforme épineuse.

Il la considère comme « la mère de toutes les réformes » : la refonte du système des retraites, voulue par Emmanuel Macron, est au cœur de l’actualité politique de la rentrée. Le texte, que la majorité espère faire entrer en vigueur à l’été 2023, a connu bien des remaniements depuis 2017 et s’est heurté à bien des oppositions. Retour (succinct) sur l’histoire d’une réforme controversée en six actes.

Lutte contre les incendies. Emmanuel Macron réunira les acteurs concernés le 14 octobre

  Lutte contre les incendies. Emmanuel Macron réunira les acteurs concernés le 14 octobre Gérald Darmanin a annoncé ce samedi 24 septembre 2022, à l’issue du 128e congrès national des sapeurs-pompiers à Nancy qu’Emmanuel Macron réunira le 14 octobre à l’Élysée l’ensemble des acteurs de la sécurité civile afin de réfléchir à un nouveau modèle de prévention de lutte contre les incendies. Le président Emmanuel Macron réunira le 14 octobre à l’Élysée l’ensemble des acteurs de la sécurité civile afin de réfléchir à un nouveau modèle de prévention de lutte contre les incendies, a annoncé samedi 24 septembre Gérald Darmanin.Lire aussi : Incendie.

1. La retraite universelle comme promesse de campagne en 2017

Printemps 2017. Emmanuel Macron, après avoir démissionné de son poste de ministre de l’Économie du gouvernement Valls II, est désormais candidat à la présidentielle avec son mouvement En Marche !. Dans son programme, du côté des réformes économiques inspirées du « modèle suédois », on trouve notamment un projet de réforme des retraites pour instaurer un régime à points, unifiant les régimes des retraites, publics et privés, avec une seule et même règle pour tous : une retraite dite « universelle ». Le but ? Supprimer les 42 régimes existants. « Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions », peut-on lire dans le programme de campagne de 2017 du candidat. Il affirme alors que l’âge légal de départ « resterait à 62 ans. »

NSW n'aidera pas le Queensland à collecter la taxe foncière

 NSW n'aidera pas le Queensland à collecter la taxe foncière NSW, la première ministre Dominic Perrottet, promettait de résister à une demande du gouvernement du Queensland pour fournir des données qui lui permettraient de faire de la hausse des impôts fonciers pour des milliers de résidents de l'autre côté de la frontière. © Steven Saphore / AAP Photos Le premier ministre Dominic Perrottet dit que la taxe foncière proposée par le Queensland pénalisera les retraités en Nouvelle-Galles du Sud.

2. Consultations et concertations

Pour mener à bien ce chantier une fois élu, le président se dote d’un « monsieur retraites » : Jean-Paul Delevoye est nommé au mois de septembre 2017 Haut-commissaire à la réforme des retraites. Entre mai et décembre 2018, il reçoit les syndicats et le patronat dans le cadre d’une concertation. Une consultation citoyenne est lancée en parallèle pour permettre aux citoyens de « s’exprimer sur les priorités et les solutions proposées pour le futur système universel ».

À l’été 2019, Jean-Paul Delevoye rend son rapport au Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe. Le document préconise notamment une pension minimum équivalente à 85 % du Smic net et l’établissement d’une retraite à taux plein à 64 ans, soit « l’âge pivot ».

Les annonces rencontrent un accueil mitigé de la part des syndicats : le Medef annonce soutenir « les grands principes de cette réforme ». Son patron, Geoffroy Roux de Bézieux, salue son « ampleur », tout en assurant rester « vigilant ». Si la CFDT jugeait souhaitable un régime des retraites « universel », elle estime toutefois « totalement stupide de fixer un âge de liquidation de la retraite complète à 64 ans ». La CGT, elle, est vent debout contre le projet et dénonce un « enfumage ».

Des retraités obligés de vivre dans leur camping-car à cause de loyers impayés

  Des retraités obligés de vivre dans leur camping-car à cause de loyers impayés Un couple de septuagénaires est privé de son logement par une locataire qui refuse de partir et ne paie plus son loyer.Cette situation dure depuis plus de deux ans. «Nous sommes des SDF», se désole Pierre. Pourtant, depuis cinq mois, la locataire est expulsable, selon une décision de justice. À cette époque, les propriétaires pensaient être sortis d’affaire. Mais la suite leur donne tort. Désormais, il s’agit d’obtenir l’accord de la préfecture pour faire intervenir les forces de l’ordre. Le dossier traîne.

Lire aussi : Réforme des retraites. Ce qu’il faut retenir des annonces d’Édouard Philippe

3. Le projet de loi adopté dans la douleur

En décembre 2019 démarre une série de mouvements sociaux contre la réforme des retraites. Le 5 décembre, entre 806 000 et 1,5 million de personnes manifestent contre le projet très controversé d’un régime universel par points et la fin des régimes spéciaux. Une grève massive démarre à la SNCF et à la RATP. Avocats, infirmiers ou encore contrôleurs aériens descendent également dans la rue.

Le 11 décembre 2019, Édouard Philippe présente devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese) le projet de réforme du gouvernement. Au programme, notamment : un système universel par points s’appliquant à partir de la génération 1975, voire celles de 1980 ou 1985 pour certains fonctionnaires et agents de régimes spéciaux. Dans cette nouvelle mouture, un système de bonus-malus incitera à travailler plus longtemps, avec un « âge d’équilibre » fixé à 64 ans en 2027. Un pan de la réforme que le Premier ministre entend conduire « progressivement », « avec calme », mais « avec détermination ».

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  Maison squattée à Marseille : les propriétaires vivent depuis deux ans dans un camping-car, leur locataire réclame un délai Maison squattée à Marseille : les propriétaires vivent depuis deux ans dans un camping-car, leur locataire réclame un délai

À la suite de ces annonces, la CFDT bascule dans le camp des opposants. Le 16 décembre, Jean-Paul Delevoye démissionne du gouvernement, après des révélations sur ses activités et mandats non déclarés. Le 17, une journée d’action nationale perturbe les départs en vacances. L’exécutif accorde alors des exceptions à une dizaine de professions, dont les policiers, les pilotes de ligne, les marins, ou encore les danseurs de l’Opéra.

Le vendredi 10 janvier, la grève à la SNCF qui dure depuis 37 jours consécutifs devient la plus longue de l’histoire de la société de chemins de fer. Le 11 janvier, Édouard Philippe annonce que le gouvernement est « disposé » à revenir sur l’âge pivot dans le projet de loi, tout en conservant le principe d’un âge d’équilibre.

Après treize jours de débats houleux à l’Assemblée, et 41 000 amendements déposés, le gouvernement opte finalement pour le passage en force : Édouard Philippe annonce le 29 février 2020 le recours à l’alinéa 3 de l’article 49 de la Constitution, après avoir eu le feu vert en Conseil des ministres plus tôt dans la journée.

Au début du mois de mars, quelques milliers de Français descendent dans la rue pour protester contre le recours au 49.3.

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  Pressions, sanctions, sabotages… L’histoire contrariée des gazoducs Nord Stream en cinq actes Symbole des pressions russes contre l’Europe, les gazoducs Nord Stream 1 et 2 sont touchés depuis le début de la semaine par des actes de sabotage. Le dernier épisode d’une existence mouvementée. On revient sur ce projet au long cours, lancé en 1997 et qui n’en finit pas de faire des remous. Digne d’un roman d’espionnage ou d’un film catastrophe. Depuis lundi 26 septembre, les fuites suspectes se succèdent sur les gazoducs Nord Stream. Ce jeudi 29 septembre, les autorités danoises et suédoises ont annoncé avoir repéré une quatrième fuite en mer Baltique.

4. Le Covid-19 stoppe tout

La pandémie vient mettre un coup d’arrêt au feuilleton, au printemps 2020. Le 16 mars, lors d’une allocution, Emmanuel Macron annonce que « toutes les réformes en cours seront suspendues, à commencer par la réforme des retraites » : « Parce que nous sommes en guerre, toute l’action du gouvernement et du parlement doit être désormais tournée vers le combat contre l’épidémie. De jour comme de nuit, rien ne doit nous en divertir. »

Le sujet revient sur la table, sans que les conditions sanitaires ne soient réunies. En novembre 2021, alors que la cinquième vague de Covid s’amorce, Emmanuel Macron réévoque lors d’une allocution télévisée la nécessité d’une réforme des retraites, tout en précisant que « les conditions ne sont pas réunies pour relancer le chantier aujourd’hui ».

5. Présidentielle 2022 : le sujet revient sur la table

Dès l’automne 2021, le président revient donc sur son projet de réforme, annonçant « un système simplifié avec trois grands régimes, un pour la fonction publique, un pour les salariés, un pour les indépendants ». Emmanuel Macron insiste : il faut « repousser l’âge légal » pour sauver le système de retraite. Une volte-face du président par rapport à sa position lors de sa campagne présidentielle cinq ans plus tôt. Cette position suit les prévisions budgétaires : en 2017, tous les voyants étaient au vert et le candidat affirmait que « le problème des retraites [n’était] plus un problème financier ». À l’automne 2021, les comptes sociaux étaient jugés « dans le rouge » par le Conseil d’orientation des retraites (COR).

Précarité étudiante : « 56% des étudiants avouent ne pas manger à leur faim »

  Précarité étudiante : « 56% des étudiants avouent ne pas manger à leur faim » Augmentation des loyers, restauration universitaire plus onéreuse, revalorisation insuffisante des bourses et retards de celles-ci Le coût de la vie étudiante augmente considérablement en cette rentrée 2022, de 6,47% en plus par rapport à la rentrée 2021 selon l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) et de 7,38% pour la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE). En cause bien sûr : l'inflation. En effet, alors que laEn effet, alors que la hausse des prix à la consommation en France s'est élevée à 5,6% sur un an selon les données provisoires publiées le 30 septembre par l'Insee, les étudiants sont en première ligne face à cette augmentation globale des prix.

« La réforme que je propose est différente de celle de 2017 », réaffirme Emmanuel Macron en mars 2022, alors qu’il mène campagne pour sa réélection. Outre la suppression des régimes spéciaux, l’encouragement à la retraite progressive et au cumul emploi-retraite, cette fois-ci, le recul de l’âge légal de départ à la retraite est clairement affiché : « La réforme que je souhaite mener, c’est d’augmenter l’âge légal progressivement […] jusqu’à 65 ans », avec la prise en compte de la pénibilité des carrières longues.

La droite s’offusque. « Emmanuel Macron est un homme photocopieuse », dénonce le compte des Républicains dans un tweet rapidement supprimé, qui accuse le président sortant d’avoir copié le programme de Valérie Pécresse. Le recul de l’âge légal de départ à la retraite provoque, sans surprise, un tollé chez l’opposition. Face à la levée de boucliers, le candidat-président laisse la porte ouverte à des aménagements, se disant prêt à « bouger ». « J’ouvre la porte très clairement » à un âge de départ à 64 ans (contre 62 actuellement), indique-t-il au mois d’avril sur le plateau de BFMTV. « Peut-être que, s’il y a trop de tensions, il faut s’arrêter en 2027 et ne pas préempter la suite », afin de « faire un consensus ».

6. Et maintenant ?

Le 24 avril, Emmanuel Macron est réélu. Dès le 1er juin, Olivia Grégoire, éphémère porte-parole du gouvernement l’affirme : la réforme des retraites est « indispensable ». « Nous la ferons parce qu’il nous faut financer de grandes priorités », ajoute-t-elle. Mais quelques jours plus tard, le ciel s’obscurcit pour les marcheurs : lors des élections législatives, Ensemble ! n’obtient que la majorité relative. Le gouvernement devra donc composer avec les oppositions pour faire passer sa réforme totem. Le 14 juillet, dans une interview accordée au Parisien, il en appelle à « des compromis responsables » pour une adoption à l’été 2023.

Abandon de poste, chômage… ce que prévoit le projet de loi “plein emploi” adopté par les députés

  Abandon de poste, chômage… ce que prévoit le projet de loi “plein emploi” adopté par les députés Le projet de loi “plein emploi” vient d’être adopté en première lecture par l’Assemblée nationale. Voici les différentes mesures prévues par ce texte, qui doit désormais être examiné par le Sénat. Un texte enrichi dans le cadre des débats à l’Assemblée nationale. Ce mardi 11 octobre, les députés ont adopté en première lecture, par 303 voix contre 249, le projet de loi du gouvernement “portant mesures d’urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi”.

En septembre, le gouvernement entre dans le dur. Le 15, Emmanuel Macron assure que le gouvernement va mener la réforme des retraites, « qui s’impose », « par la concertation sociale et en cherchant les compromis ». ​Reste à décider de la manière.

Différentes options sont évoquées : un projet de loi à part entière ou… un amendement au projet de loi de finances sur la Sécurité sociale (PLFSS), examiné par les parlementaires à partir du 20 octobre. François Bayrou, allié de la majorité, prévient le 17 septembre, dans un entretien accordé au Parisien : un passage en force risque « de coaliser d’abord les oppositions entre elles, puis de diviser la société française » ​. Au sein même de Renaissance, des députés ont ouvertement mis en garde le président contre la tentation d’engager dès l’automne la réforme via un amendement gouvernemental au budget de la Sécurité sociale. À commencer par Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale.

Face aux levées de boucliers, l’exécutif décide de temporiser, en rouvrant un cycle de concertations pour l’adoption d’un projet de loi « avant la fin de l’hiver », a annoncé Élisabeth Borne ce jeudi.

Attendre, c’est aussi prendre le risque de laisser s’installer la contestation. « Je ne veux pas la chienlit » , a mis en garde Emmanuel Macron, lors d’un dîner avec sa garde rapprochée, mercredi 29 au soir. Et de brandir la menace d’une dissolution de l’Assemblée nationale si une motion de censure était adoptée par les oppositions réunies.

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C'est intéressant!