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Entreprise Renault: faut-il nationaliser l'ex-Régie ?

20:05  18 mars  2020
20:05  18 mars  2020 Source:   latribune.fr

Montée au capital d'Air France-KLM : l'Etat français ne fera rien dans le dos de l'Etat néerlandais

  Montée au capital d'Air France-KLM : l'Etat français ne fera rien dans le dos de l'Etat néerlandais Bruno Le Maire a indiqué que l'Etat français ne prendrait aucune décision sans une "concertation étroite" avec l'Etat néerlandais. Augmentations de capital, nationalisations, plusieurs options pour protéger les grandes entreprises rendues vulnérables par l'effondrement de leur cours de bourse seront présentées rapidement. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a assuré en effet qu'il ne prendrait "aucune décision sans concertation étroite" avec les Pays-Bas sur le groupe Air France-KLM, dont l'activité est frappée de plein fouet par la crise du coronavirus.

  Renault: faut-il nationaliser l'ex-Régie ? © Fournis par La Tribune

"Des nationalisations si nécessaire". Le mot du Premier ministre et du ministre de l'économie est clair : l'Etat français sauvera ses fleurons industriels contre la crise du coronavirus, quoiqu'il en coûte. Sur les marchés, tout le monde pense à Air France-KLM, particulièrement frappé par la crise du Coronavirus, contraint d'immobiliser l'essentiel de sa flotte... Un deuxième nom apparaît, celui de Renault. Le groupe automobile français est entré dans cette période de crise déjà fortement fragilisé. L'arrêt de la production, le confinement de trois pays clés (France, Italie, Espagne) pourraient lui coûter extrêmement cher. En 2019, ces trois pays ont réalisé 29% des ventes du groupe. Mais avec la fermeture de tous les sites en Europe, la moitié des ventes est frappée.

Renault, Peugeot: les relances de Clio et 208 gravement menacées par la crise du Covid

  Renault, Peugeot: les relances de Clio et 208 gravement menacées par la crise du Covid Les marques françaises misaient d'importants espoirs avec l'arrivée de leur gamme sur le segment B (Renault Clio et Captur, et Peugeot 208 et 2008). L'enjeu était de préserver leur leadership avec de fortes ambitions de conquêtes, sur fond de tensions sur la réglementation CO2. Des espoirs douchés par la crise du coronavirus Analyse.Pour Renault, ce segment représente un enjeu colossal. D'abord parce que le marché du B-SUV (segment des 4X4 urbains dits de format citadin) a totalement changé de périmètre depuis le lancement du Captur en 2013. A l'époque, celui-ci n'avait alors que le Nissan Juke face à lui.

Catégorie spéculative

En février déjà, plusieurs brokers avaient émis des doutes sur la trésorerie de Renault sur un exercice "normal". Citi avait invoqué le risque que le constructeur soit à court de cash dès le courant de cette année. Clotilde Delbos, directrice général par intérim de Renault, et accessoirement son ancienne directrice financière avant le renvoi de Thierry Bolloré en septembre dernier, avait assuré lors de la présentation des résultats financiers mi-février qu'il n'y avait aucun risque de trésorerie puisque Renault disposait encore de 16 milliards d'euros de réserve de liquidités (dont 12,3 milliards de trésorerie et équivalent et 3,5 milliards de lignes de crédit disponible). En outre, le constructeur dispose d'actifs sonnants et trébuchants qui lui permettent d'asseoir son bilan sur des sous-jacents robustes, tels que sa participation de 43% dans Nissan. En vain, puisqu'une semaine plus tard, Moody's décidait de dégrader la note financière de Renault le plaçant en catégorie spéculative. Standard & Poor's, de son côté, s'est contenté de dégrader sa perspective sur le titre, autrement dit, un ultime avertissement avant de basculer également en catégorie spéculative. Le fait de passer dans cette catégorie expose Renault à des difficultés de financement sur les marchés.

L'Etat gère-t-il bien les entreprises dont il est actionnaire ?

  L'Etat gère-t-il bien les entreprises dont il est actionnaire ? La participation de l'Etat au capital d’entreprises privées est souvent vue comme un gage de défense de l'intérêt général et des fleurons français. Mais l'Etat actionnaire fait-il toujours les bons choix ? Par François Ecalle, ancien rapporteur général de la Cour des comptes, président de Fipeco*. Pour que la privatisation d’une entreprise publique, comme Aéroports de Paris, soit financièrement intéressante pour l’Etat, le prix de vente de ses actions doit être supérieur à la valeur actualisée des dividendes et plus-values auxquels il renonce en les vendant.

Avec la crise du coronavirus, la menace d'une trésorerie à sec se précise... Sans vente, il n'y a plus de cash. Et mêmes fermées, les usines consomment du cash... Les mesures de chômage technique pris en charge par l'Etat pourraient également ne plus suffire. Le cours de Bourse de Renault ne cesse de s'effondrer. Il a perdu 26% de sa valeur depuis une semaine et le début du "CoronaKrach", soit davantage que les pertes du Cac 40 (-18%). Et surtout, le titre s'est effondré de près de 64% depuis le début de l'année (-37% pour le Cac 40), soit le signe d'une défiance des investisseurs antérieure à la crise.

Une augmentation de capital ou une nationalisation ?

Renault pourrait donc être rapidement contraint à chercher des financements, et il se pourrait que les conditions du marché lui interdisent d'emprunter à des taux compétitifs. L'Etat français serait alors l'ultime recours. Avec Carlos Tavares, PDG de PSA, Jean-Dominique Senard, président de Renault, s'est entretenu par téléphone avec Bruno Le Maire ce mercredi après-midi  pour faire le point sur la situation au lendemain de l'appel de Luc Chatel en faveur d'un plan de relance pour la filière automobile. D'après nos informations, l'hypothèse d'une nationalisation de Renault ou d'une augmentation de capital prise en charge par l'Etat était sur la table.

Renault, PSA, Fiat, Michelin... L'industrie automobile européenne à l'arrêt...

  Renault, PSA, Fiat, Michelin... L'industrie automobile européenne à l'arrêt... Plusieurs groupes automobiles européens ont annoncé la suspension de leur production en Europe pour faire face à la crise du coronavirus. Pour l'heure, ce sont surtout des sites italiens, français et espagnols qui sont touchés. L'Allemagne, elle, ne sera touchée (pour le moment) que par le biais de PSA, qui y détient deux usines depuis le rachat d'Opel en 2017.C'est le groupe italo-américain (Fiat, Alfa Romeo, Jeep, Maserati...) qui a annoncé le premier la fermeture de huit usines en Europe sur les onze qu'il possède. On compte parmi elles six usines en Italie, pays déjà soumis au confinement obligatoire depuis deux semaines maintenant.

Toute la question est de savoir dans quelles conditions un tel scénario serait accepté par Nissan. Ce partenaire et allié a toujours été allergique aux velléités de contrôle de l'Alliance prêtées à l'Etat français. L'épisode de la montée dans le capital en 2015 dans le cadre de la loi Florange a laissé des traces dans les relations entre les deux partenaires. Dans les circonstances actuelles, l'Etat pourrait néanmoins agir en bonne intelligence avec Nissan pour convenir d'une prise de participation provisoire. Mais ce ne sera pas simple à gérer...

Clio et Captur coupés dans leur élan

Ce qui paraît désormais certain, c'est que Renault est passé du statut de groupe fragilisé depuis la chute spectaculaire de Carlos Ghosn en novembre 2018, à un stade de grande vulnérabilité au moindre aléa de marché. Le constructeur comptait sur le bon démarrage des nouveaux Clio et Captur pour se relancer en Europe grâce à ces deux modèles largement leaders depuis plusieurs années maintenant. Ces deux modèles devaient résoudre en partie les problèmes de trésorerie car ils sont situés sur des segments à forts volumes et surtout, ils sont largement montés en gamme, ce qui permettait de dégager davantage de profits sur chaque vente. La crise du Coronavirus vient de doucher les espoirs de rebond du groupe, à court terme en tout cas...

: que se passe-t-il si je ne peux pas payer mon loyer? .
Pandémie de coronavirus Les Australiens qui louent leur propriété attendent avec impatience des nouvelles du gouvernement fédéral concernant une barrière de sécurité à la suite de la crise des coronavirus. À 17 heures AEDT, le Premier ministre et le cabinet national n'avaient pris aucune décision concernant les mesures de protection des locataires qui pourraient perdre leur emploi en raison des restrictions gouvernementales qui ont anéanti des industries entières.

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usr: 1
C'est intéressant!