•   
  •   

Entreprise Les startups de la mobilité face au confinement, la possibilité d'un désastre...

10:00  26 mars  2020
10:00  26 mars  2020 Source:   latribune.fr

EN DIRECT - La CFDT appelle les entreprises à ne pas verser de dividendes

  EN DIRECT - La CFDT appelle les entreprises à ne pas verser de dividendes EN DIRECT - La CFDT a appelé mercredi les grands groupes français à ne pas verser de dividendes cette année, ce qui serait un geste de solidarité nationale des actionnaires pour faire face à la crise économique liée au coronavirus. La circulation du coronavirus s'accélère en France, avec plus de 1.000 morts depuis le début de l'épidémie et un personnel soignant plus que jamais sous tension, auquel le président compte rendre hommage lors d'un déplacement dans l'Est.

Et le conseil scientifique de considérer «nécessaire un renforcement du confinement » qui est actuellement «la seule stratégie réellement opérationnelle, l'alternative d ' une politique de dépistage à grande échelle et d'isolement des personnes détectées»

À en croire le Canard enchaîné, le ministère de l 'Intérieur ainsi que plusieurs préfets ont «relâché la pression» face au régime de confinement qui n'est pas toujours respecté dans les cités, certains trouvant même «une vertu au maintien de l 'ouverture des commerces de nuit».

Uber a suspendu ses services de vélos et de trottinettes en libre service dans le contexte de confinement imposé pour lutter contre la pandémie de Coronavirus. © Fournis par La Tribune Uber a suspendu ses services de vélos et de trottinettes en libre service dans le contexte de confinement imposé pour lutter contre la pandémie de Coronavirus.

Après le transport aérien, et l'industrie automobile, c'est une autre facette de la mobilité qui est frappée de plein fouet par la crise du coronavirus, celle dite des Mobitechs, ou ces startups spécialisées dans la mobilité digitalisée. Covoiturage, véhicules (voiture, vélo, scooters, trottinettes) en libre-service, transport avec chauffeur... Avec l'état exceptionnel de confinement, tous ces services sont tout bonnement suspendus. Avec la deuxième version de l'attestation dérogatoire de déplacement, il est désormais interdit de quitter son domicile au-delà d'un rayon d'un kilomètre. Autrement dit, la mobilité sera désormais essentiellement assurée par les pieds. D'autant que la mobilité partagée pourrait souffrir du risque de contamination. "On est sur un écosystème qui tourne à maximum 15% de ses capacités", estime Alexandre Quintard, fondateur du cabinet de conseil en stratégie et en politiques publiques Cardinal.

Selon un sondage, 94% des Français sont confinés dans leur résidence principale

  Selon un sondage, 94% des Français sont confinés dans leur résidence principale L'IFOP a réalisé un sondage auprès de 3011 Français pour Consolab afin de mieux appréhender le confinement. © Julie Limont / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP Confinés à domicile, vous avez tous enragé en voyant que certains Franciliens se ruaient dans les gares ou sur les routes après l'annonce du confinement. Et bien selon une enquête de l'Ifop pour Consolab, cet appel du large ne concerne qu'une petite minorité des Français. En effet, la grande majorité des Français (94%) déclare ne pas avoir quitté leur logement pour un autre.

C’est un choix délibéré de l ’État: le confinement est désormais imparfaitement appliqué dans les zones criminogènes. Or, si certains veulent acheter la paix Du côté de la gendarmerie, on compte 25 malades et 600 confinés . … mais l’État tente d’acheter la paix sociale Face au désarroi des élus, les

Plateformes de streaming et box donnent accès aux films les plus récents par paiement, ou gratuitement durant cette période de confinement .. Parmi elles, LaCinétek, la cinémathèque des réalisateurs, tous pays confondus, en partenariat avec le CNC.

Pour les startups de la mobilité, cette bascule est une véritable catastrophe. Déjà fondées sur des modèles économiques en plein rodage et rarement rentables, l'absence d'activité risque de plomber leur trésorerie et les mettre en risque.

Les startups "n'ont pas de trésor de guerre"

"La nature même d'une startup, c'est de consommer sa trésorerie pour se développer, et faire croître ses parts de marché... Elle ne peut pas constituer de trésor de guerre. Les boîtes qui ne sont pas adossées à de grands groupes qui ont du cash à disposition ont des raisons de s'inquiéter", s'alarme Alexandre Quintard, et de prophétiser:

"Si l'état de confinement dure quatre semaines, il y aura certainement des entreprises qui feront faillite, si cela dure six à huit semaines ou plus, cette crise va coûter très cher au secteur de la mobilité et des transports".

Coronavirus à Paris : En pause, l’immobilier ne sait pas ce qui l’attend

  Coronavirus à Paris : En pause, l’immobilier ne sait pas ce qui l’attend Face à une crise inédite, les spécialistes du secteur sont contraints à l’expectative « Aujourd’hui, sur le marché immobilier, on a appuyé sur pause, analyse, incrédule, Laurent Vimont, président de Century 21 France. C’est quelque chose qu’on n’avait jamais connu, c’est inédit. » A l’instar de la société française, l’immobilier, notamment parisien, n’échappe pas au confinement et à ses répercussions. Evidemment les visites ne se font plus donc les ventes sont à l’arrêt.

Un plan de sauvetage lancé pour les start - up françaises. Elle a pour particularité de surgir dans un monde globalisé où les enjeux de santé publique sont problématisés comme des risques et gérés actuellement par des mesures de confinement .

Alors que le couple partageait du bon temps dans une voiture sur une aire de loisirs de Muret, en Haute-Garonne, les gendarmes, déployés pour une opération de contrôles, dans le cadre du respect du confinement , l 'a surpris en plein ébats sexuels. Drôle d'histoire alors que tout un pays se retrouve

Chez Cityscoot, on confirme que le moment est très difficile. "Nous avons dû mettre une grande partie de nos effectifs au chômage partiel, mais nous avons d'autres charges comme les locaux, les assurances, ou le leasing...", explique à La Tribune, Bertrand Fleurose, son PDG et fondateur. Pour l'entreprise, c'est la double peine puisqu'en 2019, l'opérateur avait ouvert deux villes à l'international: Milan et Rome, soit deux villes soumises au régime du confinement depuis déjà un mois! "A Rome, notre activité commençait tout juste à décoller lorsque le coronavirus est arrivé", déplore Bertrand Fleurose.

Pour autant, les opérateurs de mobilité réagissent en ordre dispersé. Certains ont décidé de fermer leur service. Bird et Voi ont ainsi suspendu leurs opérations en Europe. Uber a arrêté Jump (vélo et trottinette) et son service Uber-pool qui permet de partager un trajet VTC. De son côté, Bertrand Fleurose a exclu une telle solution: "Nous sommes obligés de maintenir un minimum d'activité pour préserver les batteries de nos scooters. Si on les perd, la perte serait beaucoup trop importante". Chez Klaxit, le spécialiste du covoiturage courte-distance, le service est également maintenu. Les deux sociétés ont mis leur plateforme à disposition du corps médical, dans un contexte d'urgence sanitaire.

Coronavirus : Puis-je déménager pendant le confinement ?

  Coronavirus : Puis-je déménager pendant le confinement ? Pas facile de s'y retrouver dans le flux d'informations qui tombent sur le coronavirus. Une question en particulier vous taraude ? Chaque jour, « 20 Minutes » fait en sorte de vous apporter la réponse © LODI Franck/SIPA Illustration d'un déménagement d'une maison de particulier par des déménageurs professionnels Vous reprendrez bien un peu de stress ? Selon un sondage OpinionWay pour L'Officiel du déménagement réalisé en 2017*, changer de logement occasionne du stress chez 82 % des personnes interrogées.

Des chiffres très sévères, issus de l ’enquête Regard des Français sur l’action du gouvernement et sur le confinement menée les 24 et 25 mars auprès d ’ un millier de Français Président d’Odoxa, Gaël Sliman note en outre que les Français «attendent du gouvernement de l ’audace sur un plan sanitaire».

La police espagnole a interpellé dans la région de Valence un homme qui a attaqué au couteau son colocataire après que ce dernier avait essayé de dissuader l’agresseur et sa compagne de sortir en ville malgré les restrictions de circulation instaurées par les autorités.

Le cash continue à brûler

En attendant, les Mobitechs continuent à consommer du cash... Le secteur de la mobilité va-t-il être emporté par un collapse généralisé ? Pour Julien Honnart, fondateur de Klaxit et président de l'Alliance des mobilités, à court terme, "la viabilité économique ou la maturité de leur business model ne sauveront pas les entreprises qui ont des problèmes de trésorerie. Ce qui sera déterminant pour les entreprises c'est le stade dans lequel se trouve leur processus de levée de fonds. Si ce n'est pas encore conclu, ce sera très compliqué..."

Cityscoot a ainsi pu lever 30 millions d'euros en janvier. "Nous avons suffisamment de trésorerie pour tenir, mais notre plan d'investissements est en suspens, et nous pourrions enregistrer un exercice en perte, contrairement à notre objectif de rentabilité", nous indique son fondateur. Julien Honnart, lui, n'a pas renoncé à ce que Klaxit enregistre un exercice dans le vert cette année, mais il admet que ce sera plus difficile que prévu. "Nous avons mis en pause tous nos lancements de programmes, mais nous poursuivons notre travail avec les collectivités et entreprises pour continuer à déployer notre service", déclare le patron de Klaxit. En d'autres termes, le business continue. D'autant que Julien Honnart en est convaincu, le gouvernement prépare un plan de relance qui sera favorable au secteur: "Le plan de relance qui se prépare sera probablement tourné vers la transition énergétique, le secteur de la mobilité est le mieux placé pour être le réceptacle de cette ambition publique".

Blablacar : le covoiturage, le bus et demain le train

  Blablacar : le covoiturage, le bus et demain le train Symbole de la French Tech, BlaBlaCar semblait faire un peu du surplace ces dernières années. Avant la crise sanitaire, il était reparti à l’offensive. Diversification, concurrence son directeur général nous détaillait ses projets. Son métier ne se limite plus au covoiturage. Il veut désormais devenir la plateforme de référence pour optimiser ses trajets, en combinant toutes les solutions. La société, qui ne publie toujours pas ses chiffres financiers, pourra alors prouver qu’elle mérite bien son titre de première licorne française. En février, Nicolas Brusson, directeur général de BlaBlaCar, nous livrait ses projets*.

Toutes les actualités des start up . Agenda. Catégories. Chaque semaine, Maddyness dresse le bilan des levées de fonds de la semaine qui vient de s’écouler. Réguler son stress en situation de confinement : les leçons du monde militaire.

Le chef de l ’État s’entoure d ’ un nouveau comité de spécialistes pour renforcer la lutte contre l’épidémie de coronavirus. Autre polémique en puissance à venir, celle qui s’annonce avec la possibilité de suivre les déplacements des porteurs du virus à partir de leur téléphone portable pour vérifier qu’ils

Bpifrance en soutien

En outre, les autorités publiques ont décidé de faciliter la trésorerie des entreprises pour les aider à passer ce mauvais moment. "Nous avons la chance d'être une entreprise française. L'État aide les entreprises françaises quoiqu'il en coûte, j'ai pu le vérifier auprès de BPI qui a mis en place des dispositifs de soutien exceptionnels", confirme Bertrand Fleurose.

Quid du jour d'après ? Dans une période où les Français ont été contraints au télétravail et à une mobilité de proximité, ne vont-ils pas adopter de nouveaux comportements ? "Le problème des grandes agglomérations restera inchangé après la crise du coronavirus, elles resteront congestionnées et les besoins de mobilité seront toujours très importants. Le phénomène de partage de voiture est inéluctable", tranche Julien Honnart. Philosophe, Alexandre Quintard en appelle à la nature même de l'homme : "le propre de l'homo sapiens c'est d'être social, il a besoin de se réunir avec ses pairs, se mouvoir pour s'adapter".

Lire aussi : « Cette crise choque notre rapport consumériste à la mobilité », Mathieu Flonneau

Impossible pourtant de ne pas imaginer un impact, d'autant que la crise du coronavirus succède à une autre période de confinement contraint, celui des grèves des transports en commun de décembre et janvier qui avait vu le télétravail faire un boum. "Je ne crois pas au confinement sur le long-terme. Le télétravail pourrait prendre un nouvel essor parce que les entreprises vont devoir mettre en place de nouvelles méthodes de travail plus numériques et fluides. La crise est une opportunité pour décloisonner les salariés en leur donnant une plus grande liberté sur leur organisation de travail, en leur permettant de mieux articuler le pro et le perso", analyse Alexandre Quintard. Ainsi, l'ère de l'immobilité n'est pas pour demain...

BNP Paribas, Société Générale… nos banques menacées par l'impact du coronavirus ? .
La crise actuelle favorisera une augmentation des pertes sur crédits accordés, pour nos banques. Reste qu’elles sont en meilleur santé qu’au début de la crise de 2008-2009 et que les niveaux de valorisation des valeurs bancaires semblent relativement attractifs, aux yeux de la société de gestion Schroders. Alors que la pandémie de coronavirus se propage, nos banques sont à la peine… et leurs notes risquent d’être bientôt abaissées par les agences de notation. Avec la mise en confinement d’un nombre croissant de pays en Europe, l'activité économique se retrouve logiquement sous pression.

—   Partager dans le Soc. Réseaux
usr: 1
C'est intéressant!