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Entreprise L'Etat gère-t-il bien les entreprises dont il est actionnaire ?

18:01  26 mars  2020
18:01  26 mars  2020 Source:   capital.fr

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L ’ Etat actionnaire est incarné par plusieurs organismes dont les rôles ne sont pas aisés à distinguer. spatiales ou encore Société géothermique du Ritouret… ces entreprises sont recensées dans le répertoire des entreprises contrôlées majoritairement par l ’ Etat (RECME), géré par l ’Insee.

De plus, l ’ Etat sera bien contraint de soutenir l ’activité avec des aides. Donc des fonds supplémentaires. « L ’ Etat ne doit pas profiter de son pouvoir régalien pour acheter à prix bradé des entreprises en difficulté» ajoute la F2iC. La F2iC ne nie pas la nécessité d’une intervention publique.

L'Etat gère-t-il bien les entreprises dont il est actionnaire ? © Wikimedia Commons L'Etat gère-t-il bien les entreprises dont il est actionnaire ?

La participation de l'Etat au capital d’entreprises privées est souvent vue comme un gage de défense de l'intérêt général et des fleurons français. Mais l'Etat actionnaire fait-il toujours les bons choix ? Par François Ecalle, ancien rapporteur général de la Cour des comptes, président de Fipeco*.

Pour que la privatisation d’une entreprise publique, comme Aéroports de Paris, soit financièrement intéressante pour l’Etat, le prix de vente de ses actions doit être supérieur à la valeur actualisée des dividendes et plus-values auxquels il renonce en les vendant. De leur côté, les investisseurs privés n’achèteront ses actions que s’ils espèrent des dividendes et des plus-values actualisés supérieurs à leur prix. Les privatisations ne sont donc financièrement justifiées pour l’Etat que s’il est un «mauvais» actionnaire ayant des performances financières moins bonnes que celles d’actionnaires privés.

"Notre carnet de commandes s'élève entre 50 et 60 milliards d'euros" (Hervé Guillou Naval Group)

  L'interview testament d'Hervé Guillou à la tête de Naval Group, où il dit tout ou presque : de la performance financière et commerciale à ses relations avec Thales, en passant par sa foi pour le rapprochement entre Naval Group et Fincantieri.La Tribune : Comment gérez-vous la crise du COVID-19 à la tête de Naval Group ? A-t-elle un impact sur la vie de l'entreprise ?

Il a refusé de donner le nom des groupes concernés "parce que ça fragiliserait ces entreprises ", ajoutant toutefois que cette liste était "importante". La compagnie aérienne Air France-KLM, quasiment à l 'arrêt, et dont l ' Etat est déjà actionnaire , est ainsi en grande difficulté financière et

C’ est bien la démonstration de la difficulté de l ’ État à peser sur les choix stratégiques des entreprises dont il est actionnaire . Si la Cour des comptes reconnaît que l ’ État n’ est pas un actionnaire comme les autres, elle le met en garde contre la tentation de la toute-puissance et lui recommande

Il peut donc être utile de comparer les résultats financiers des sociétés du CAC 40 et des entreprises les plus importantes dans lesquelles l’Etat détient une participation significative, ce qui est possible pour quelques indicateurs sur la période 2007-2018.

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Au cours des années 2007 à 2010, la rentabilité financière (résultat net en pourcentage des capitaux propres) des participations de l’Etat a été plus élevée que celle des sociétés du CAC 40 : 16% contre 10%. Rapportée aux capitaux propres, la dette financière nette des participations de l’Etat a diminué de 125 à 100% alors que celle des sociétés du CAC 40 est passée de 38 à 24% (hors banques et assurances).

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LE SCAN ÉCO - L 'Agence des participations de l ' État , qui gère le portefeuille public d' entreprises L ' État actionnaire serait donc à cette aune piètre gestionnaire. Mais il y a le verre à moitié plein: le C' est le reproche que lui avait notamment adressé la Cour des comptes il y a quelques semaines

Depuis 2011, les performances de l ’ Etat actionnaire se sont fortement dégradées. Entre 2006 et 2010, l ’ Etat a géré son portefeuille de participations Il devient urgent de restreindre les participations de l ’ Etat aux actifs stratégiques (en gros, les entreprises clés pour la sécurité nationale), et de gérer

De 2011 à 2015, la rentabilité financière des participations de l’Etat s’est fortement dégradée et elle est passée nettement au-dessous de celle des sociétés du CAC 40 (2% contre 7%). L’Etat a néanmoins reçu 99% du résultat de ses participations sous forme de dividendes, contre 68% pour les actionnaires du CAC 40, et a ainsi fragilisé leur situation financière. Rapportée aux capitaux propres, la dette financière nette des participations de l’Etat est repartie à la hausse (de 100 à 150%) alors que celle des sociétés du CAC 40 était à peu près stable.

De 2016 à 2018, la rentabilité financière des participations de l’Etat est remontée, mais elle est restée inférieure à celle du CAC 40 (7% contre 9%). L’Etat a reçu des dividendes qui représentaient en moyenne 36% des résultats nets, contre 56% pour les actionnaires du CAC 40. L’endettement net des participations de l’Etat a été ramené à 103% des capitaux propres en 2018, mais reste de très loin supérieur à celui des sociétés du CAC 40 (25%).

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Entreprise en difficulté Sens : Entreprise dont les performances sont mises en cause, qui ne peut plus rembourser "On reconnaît un homme à la façon dont il gère son entreprise ." Il n'hésite donc pas un instant à se lancer corps et âme dans l ' entreprise , faisant appel à plusieurs grandes plumes

« L ' Etat devrait savoir pourquoi il est actionnaire . » C' est sur ce ton professoral que la Cour des Plus globalement, les magistrats estiment que « l ' Etat actionnaire est confronté au défi de gérer un Face aux comportements cupides de bien des grands dirigeants, qui pilotent leurs entreprises sans

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Les entreprises dont l’Etat est actionnaire ont donc été en moyenne moins rentables, sauf à la fin de la décennie 2000. L’Etat actionnaire a reçu des dividendes parfois excessifs au regard des résultats des entreprises publiques. Celles-ci sont beaucoup plus endettées que les sociétés du CAC 40.

Au vu de ces résultats, la privatisation des entreprises publiques semble financièrement intéressante pour l’Etat, mais ce ne sont que des moyennes qui, s’agissant des participations de l’Etat, dépendent beaucoup de quelques entreprises comme EDF en raison de leur poids. Pour ce qui concerne, par exemple, le groupe Aéroports de Paris, sa rentabilité a presque toujours été supérieure à celle des sociétés du CAC 40 sur cette période.

Il ne faut enfin pas oublier que les entreprises publiques ont d’autres objectifs que la rentabilité financière (défense d’activités stratégiques, protection des consommateurs contre des entreprises en position monopolistique…).

* Site d'information sur les finances publiques (Fipeco.fr)

>> Cet article est au sommaire du nouveau Capital en vente en kiosque et en version numérique.

  L'Etat gère-t-il bien les entreprises dont il est actionnaire ? © Fournis par Capital

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