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Entreprise Effondrement des cours du brut: l'industrie pétrolière vacille

21:05  06 avril  2020
21:05  06 avril  2020 Source:   challenges.fr

Immobilier : “les prix ne peuvent pas s’effondrer”, selon le président de la Fnaim

  Immobilier : “les prix ne peuvent pas s’effondrer”, selon le président de la Fnaim Dans une France confinée, les transactions immobilières sont quasiment à l’arrêt. Pour autant, le président de la Fnaim, Jean-Marc Torrollion, ne croit pas à un effondrement des prix. Capital : Quel est l’impact du confinement sur les ventes immobilières ?Jean-Marc Torrollion : Jusqu’au 15 mars, nous étions sur une activité très dynamique, avec une pénurie d’offre de logements dans certaines villes. Nous prévoyions alors un rythme de 950.000 ventes pour cette année. Mais aujourd’hui, nous sommes à une période de non-marché. Je ne crois pas que beaucoup de ventes ou de constructions se réaliseront dans les 15 prochains jours.

Vallourec © Benoit Tessier Vallourec

Le secteur pétrolier mondial est en apnée à cause de la chute des cours liée à la guerre des prix engagée par Riyad et Moscou et à l'effondrement de la demande liée à la pandémie de coronavirus.

Malgré les tweets précipités de Donald Trump, claironnant le 2 avril qu'un accord de limitation de la production était proche entre Russes et Saoudiens, ce qui a fait s'envoler les prix de plus de 30% en 48 heures, les marchés continuent d'évoluer à des niveaux historiquement bas. Le Brent (référence européenne) qui avait touché le fond la semaine dernière en tombant à 20 dollars, un record depuis 2002, s'affichait ce lundi 6 avril à 15 heures à 33 dollars, en baisse de 3% par rapport à la veille, après l'annonce du report d'une réunion entre l'Opep et la Russie. Toutefois, une réunion des ministres de l'Energie du G20 va se tenir prochainement afin de tenter de trouver une solution à la chute des cours a indiqué lundi après-midi l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Covid-19 : après un choc très violent, l'industrie française a dû mal à se relancer

  Covid-19 : après un choc très violent, l'industrie française a dû mal à se relancer Lors deux premières semaines de confinement, l'industrie française a tourné à 50% de ses capacités. Elle semble se relancer mais très progressivement.Parmi les secteurs les plus touchés par cet effondrement inédit et violent, figurent les secteurs métallurgie/mines, électronique/électricité, aéronautique/ferroviaire/naval, automobile et, enfin, mécanique machines, qui représentent près du tiers du PIB industriel de la France (31,8 %). A l'inverse, l'agroalimentaire, l'énergie (production), la chimie, le secteur de l'eau et déchets, et, enfin, la santé (soit 44,5% du PIB industriel), ont connu un coup d'arrêt beaucoup plus modéré.

Ce krach pétrolier, qui s'est traduit par une chute de 50% des cours depuis le 31 décembre dernier, tient en premier lieu à la pandémie de coronavirus. En mettant l'économie mondiale à l'arrêt, celle-ci a provoqué une diminution sans précédent de la demande de pétrole qui devrait reculer de 20 à 30% au deuxième trimestre. Un reflux qui doit aussi beaucoup à la guerre à trois que se livrent l'Arabie saoudite, la Russie et la États-Unis. En décidant le 7 mars, au lendemain du refus de Moscou de limiter à nouveau la production, d'accroître sensiblement ses exportations d'or noir, le royaume saoudien a joué le rôle de boutefeu. Un passage en force qui visait à la fois à punir Moscou et à mater le pétrole de schiste américain, dont l'explosion a permis aux États-Unis de devenir en 2017 le premier producteur mondial devant la Russie et l'Arabie saoudite.

Aschenbroich (Valeo): "En Chine, nos 34 usines sont reparties"

  Aschenbroich (Valeo): CAPITAINE SUR LE PONT - Chaque jour, Challenges met en ligne une rencontre avec un grand patron dans la tempête. Aujourd'hui, Jacques Aschenbroich, PDG de Valeo. Au deuxième étage du petit siège de Valeo, qui règne sur 115.000 salariés et 150 usines depuis le 17e arrondissement de Paris, ils se comptent sur les doigts de la main: autour du PDG, Jacques Aschenbroich, les directeurs des opérations, des finances, du juridique et la directrice de la communication.

Les "oilmen" américains dans le dur

Premières victimes de cette impitoyable guerre des prix : les producteurs de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Moins rentables que leurs rivaux, les "oilmen" américains ne parviennent plus à faire des bénéfices avec un baril aussi bas et voient leur endettement s'envoler. Selon UBS, ils vont aussi réduire leurs dépenses de 40% dans les semaines à venir. "Les conséquences vont être terribles, prévient Benjamin Louvet, gérant matières premières chez OFI Asset Management. Les pétroliers américains ont des assurances qui ne couvrent que 43% de leur production pour 2020. Et en plus le pétrole de schiste se vend aujourd'hui 4,5 dollars de moins que le WTI" [la référence américaine, NDLR]. Symbole de ces difficultés : le grand pétrolier du Dakota, Whiting Petroleum, a annoncé rentrer en processus de faillite en raison du "sévère retournement du marché". L'action, qui cotait 150 dollars en 2015, se traite désormais à... 0,37 dollar après avoir plongé de 91% au cours des trois derniers mois.

N'abandonnez pas l'industrie du transport aérien: le travail

 N'abandonnez pas l'industrie du transport aérien: le travail © AAP Images Le gouvernement fédéral ne peut pas permettre à l'industrie du transport aérien d'échouer à cause de la pandémie de coronavirus, dit le Parti travailliste. On ne peut pas permettre à l'industrie du transport aérien d'échouer à cause du coronavirus, dit le Labour fédéral. Le gouvernement Morrison a haussé les épaules à la demande de sauvetage de 1,4 milliard de dollars de Virgin, affirmant qu'un soutien était déjà disponible, y compris le programme JobKeeper.

Autre illustration : le baril américain de Wyoming Asphalt Sour, un pétrole dense utilisé principalement pour produire du bitume, est "tombé à un prix négatif" au cours du mois de mars. "Cela veut dire que les producteurs font cadeau de leur pétrole car ils n'ont aucun endroit pour le stocker", poursuit Benjamin Louvet. Les réserves mondiales de brut étant déjà aux trois quarts pleines, l'hypothèse d'une saturation totale des capacités de stockage n'est pas à exclure. "Sans réduction importante de la production, d'ici un mois les stocks mondiaux seront pleins et les compagnies devront vendre à perte", ajoute-t-on chez Trafigura Group, le deuxième plus grand négociant indépendant de pétrole.

900 postes supprimés chez Vallourec

Ce coup de semonce frappe aussi de plein fouet les principales majors de la planète (ExxonMobil, BP, Total, Equinor...). Selon le Financial Times, elles se sont même constituées un véritable trésor de guerre en levant, depuis mi-mars, 32 milliards de dollars sur le marché obligataire pour faire face à l'effondrement des cours. Pour UBS, les plus grandes compagnies pétrolières mondiales vont également investir 20 % de moins que prévu en 2020. Le russe Lukoil ou le saoudien Aramco réduiront eux la voilure de 25 %, prédit la banque suisse. Quant à certains grands projets comme ceux en haute mer de Total, dans le Golfe du Mexique et au Nigeria, UBS prévoient qu'ils seront retardés.

Encore plus rude pourrait être le choc pour le secteur parapétrolier. D'après le cabinet Rystad Energy, c'est au total plus de un million d'emplois qui devraient être amenés à disparaître en 2020. Des prévisions très sombres qui se sont confirmées le 6 avril avec l'annonce par Vallourec de la suppression de 900 postes en Amérique du Nord, soit plus du tiers de ses effectifs dans la région. Autre géant français des services pétroliers affecté par la crise, Schlumberger, qui a perdu depuis janvier 60% de sa valeur en Bourse, a aussi annoncé qu'il allait tailler dans ses effectifs. Le marseillais Bourbon, qui assure des services en mer pour le secteur et vient d’être repris par ses créanciers à la barre du tribunal, est également dans une situation très difficile.

Les chiffres qui montrent l’effondrement de l’économie américaine .
L'épidémie de Covid-19 avait fait, mercredi 15 avril, 27.085 morts aux Etats-Unis et contaminé 614.482 personnes, selon le comptage officiel réalisé par l'Université américaine Johns Hopkins. Les Etats-Unis vont payer très cher la pandémie de Covid-19. Alors que se succèdent les chiffres vertigineux de la chute de l'activité et des revenus des entreprises de la première économie du monde, on découvre à peine l'ampleur du désastre économique provoqué dans le pays par la maladie. La consommation, moteur de la croissance américaine, a calé dès le mois de mars.

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