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Entreprise Pourquoi le retour d'AstraZeneca dans la course au vaccin anti-Covid est une bonne nouvelle

00:30  18 septembre  2020
00:30  18 septembre  2020 Source:   challenges.fr

Coronavirus. AstraZeneca suspend les essais cliniques de son vaccin

  Coronavirus. AstraZeneca suspend les essais cliniques de son vaccin Le groupe pharmaceutique AstraZeneca a suspendu, mardi, les essais cliniques de son vaccin contre le Covid-19 après la suspicion d’effets indésirables graves chez l’un des participants. Le groupe pharmaceutique AstraZeneca a annoncé mardi 8 septembre une pause dans les essais cliniques de son vaccin expérimental contre le Covid-19 après l’apparition d’une « maladie potentiellement inexpliquée », sans doute un effet secondaire grave, chez un participant.

vaccin © Dado Ruvic vaccin

AstraZeneca revient dans la course. La Russie, avec son Spoutnik V y croit dur comme fer. Le tandem Sanofi -GSK accélère pour rattraper les concurrents. Point d'étape(s) dans la course au vaccins pour stopper la pandémie.

AstraZeneca is back ! Après avoir marqué une pause il y a quelques jours dans les essais de son candidat vaccin anti-Covid, le duo formé par le groupe britannique et l'université d'Oxford a annoncé ce week-end qu'il reprenait ses travaux. La semaine dernière, le couple, déjà bien avancé dans la course, avait annoncé suspendre les essais en raison de la réaction négative et inexpliquée de l'un de ses patients volontaires aux Royaume-Uni. Une pause pas forcément inhabituelle dans ce type d'essais. Aujourd'hui, après études et avec le feu vert des autorités sanitaires, il peut relancer ses tests menés depuis plusieurs mois au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, au Brésil, et, depuis fin août, aux Etats-Unis. Actuellement en phase III - celle qui mesure l’efficacité du vaccin chez l’homme et le rapport bénéfices/risques - le laboratoire espère toujours mettre un vaccin sur le marché d'ici la fin de l'année, ou début 2021. Moins d’un an après le séquençage du génome du Sars-Cov-2. Une hypothèse plausible pour certains experts.

Coronavirus. Près de 900 000 morts dans le monde, suspension des essais du vaccin d’Oxford

  Coronavirus. Près de 900 000 morts dans le monde, suspension des essais du vaccin d’Oxford Le Covid-19 a fait près de 900 000 morts dont 300 000 pour la seule Amérique latine. Dans la course au vaccin, le groupe pharmaceutique AstraZeneca a suspendu ses essais après l’apparition d’une « maladie potentiellement inexpliquée » chez un volontaire. Alors que le coronavirus a fait près de 900 000 morts dans le monde – dont un tiers en Amérique latine -, les essais cliniques d’un des vaccins expérimentaux les plus avancés, développé par Oxford et AstraZeneca, ont été suspendus dans la nuit de mardi à mercredi.

Une bonne nouvelle dans cette course contre la montre pour stopper la pandémie. Et un rebondissement de plus dans ce feuilleton à suspense. A chaque jour ou presque son lot de nouvelles - et d'espoirs. Fin août, c'est Moderna, biotech américaine elle aussi en phase III de ses essais cliniques, qui marquait des points. Le 26 août, le groupe présentait de nouveaux résultats positifs pour son vaccin : son candidat serait aussi efficace chez les sujets âgés que chez les jeunes. Une raison de plus de croire que l'Américain pourrait être le premier à franchir la ligne d'arrivée... Moderna espère aussi profiter d’une procédure d’autorisation d’urgence avant la fin de l’année auprès des autorités sanitaires.

L'espoir d'un succès dès fin 2020

Depuis cet été, la course aux vaccins anti-Covid s'emballe. Aucun n’est encore disponible sur le marché. Mais des centaines de laboratoires, big pharma et biotechs, turbinent pour décrocher la timbale. Le trio Pfizer-BioNTech-Fosun met le turbo pour aboutir dans les prochains mois. Tout comme Johnson & Johnson, qui vient de démarrer sa phase III en Europe. Ou le duo Sanofi-GSK, qui vise fin 2020 pour la dernière étape. Prometteur, même si rien n’est joué : "Le taux de succès dans les vaccins en phase III avoisine les 65 %, un peu plus élevé que d’autres aires thérapeutiques", note Cédric Mazille, associé expert du secteur à PwC. En attendant, la Bourse joue les bookmakers : depuis janvier, l’action Moderna a plus que triplé. Mi-août, lors de son entrée au Nasdaq, l’allemand Curevac, avec un candidat "seulement" en phase II, a vu son cours quintupler en quelques heures.

Covid-19. Suspendu suite à «maladie potentiellement inexpliquée», le test d'un vaccin britannique reprend

  Covid-19. Suspendu suite à «maladie potentiellement inexpliquée», le test d'un vaccin britannique reprend Le groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca et l'université d'Oxford ont repris leurs tests au Royaume-Uni sur un vaccin contre l'épidémie de nouveau coronavirus avec le feu vert des autorités sanitaires, ont-ils annoncé samedi dans des communiqués distincts, trois jours après avoir dû les interrompre. « Les essais cliniques du vaccin d'AstraZeneca contre le coronavirus ont repris au Royaume-Uni après que l'Autorité de réglementation sanitaire des médicaments (MHRA) a confirmé qu'il ne présentait pas de danger », a indiqué le groupe pharmaceutique.

  Pourquoi le retour d'AstraZeneca dans la course au vaccin anti-Covid est une bonne nouvelle © Fournis par Challenges

Du jamais-vu depuis les années sida. Et une course à l’échalote inédite pour l’industrie, d’où sortira non pas un, mais des vainqueurs, qui devront produire des doses de vaccins par milliards. Sans garantie de toucher le jackpot – urgence sanitaire et question d’image, beaucoup vendront leur vaccin à prix coûtant. "Ce n’est pas une course entre pays ou laboratoires, mais une course contre une pandémie qui a coûté des centaines de milliers de vies et poussé les systèmes de santé à bout, rappelle Melanie Savile, directrice de la R&D vaccins de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi). Selon le FMI, chaque mois de pandémie coûte 500 milliards de dollars à l’économie mondiale."

Pour gagner, tous les acteurs – chercheurs, industriels, régulateurs et Etats – ont dû mettre le paquet. "Ce n’est pas business as usual, poursuit Melanie Savile. Pour ne pas atten­dre des années, il a fallu inventer un autre modèle. D’habitude, pour développer un vaccin, les étapes sont franchies une à une, afin de réduire le risque financier de l’industriel, si jamais il ne voit pas le jour. Le soutien d’instances comme la Cepi permet de mener de front plusieurs phases d’essais, et même la production. Une approche qui a fait ses preuves pour les vaccins contre Ebola."

: «Nous sommes confiants»: la Russie partagera les risques juridiques du vaccin COVID-19

: «Nous sommes confiants»: la Russie partagera les risques juridiques du vaccin COVID-19 Exclusivité © Reuters / Dado Ruvic FILE PHOTO: Une femme tient une petite bouteille étiquetée avec un autocollant «Vaccine COVID-19» et un certificat médical seringue dans cette illustration Par Polina Ivanova et Anthony Boadle MOSCOU / BRASILIA (Reuters) - La Russie est si confiante dans son vaccin COVID-19 qu'elle assumera une partie de la responsabilité légale en cas de problème, plutôt que d'exiger des acheteurs qu'ils prennent en charge le risque total, a déclaré à Reuters le chef du fonds

Sothira Ngauv, expert à Trecento AM, l’affirme : "Le développement d’un vaccin prend de cinq à quinze ans. Et son coût, en incluant la construction de lignes de production, oscille entre 800 millions et 2 milliards de dollars. Mais les avancées technologiques peuvent réduire l’agenda et la note." Plateformes communes de recherche, big data qui facilite le recrutement de patients… Percée de la science, aussi. Comme le choix de certains, dont Moderna, de parier sur la technologie innovante de l’ARN messager (ARNm), ce "logiciel" qui, injecté, incitera la cellule à produire elle-même les protéines qui provoqueront la réaction immunitaire. "Contrairement aux vaccins “traditionnels”, les ARNm ne nécessitent pas de culture cellulaire, sont faciles et moins chers à produire en grande quantité et avec un haut niveau de pureté, facilitant la production. C’est la raison pour laquelle Moderna a pu démarrer rapidement ses essais."

Enjeu géopolitique

Laboratoires et industriels ont aussi profité de soutiens financiers colossaux. Bruxelles, aidé des Gates, a collecté 11 milliards de dollars lors d’un Téléthon en mai. Sanofi a reçu 30 millions de dollars de la Barda, émanation du département américain de la Santé – ce qui lui a valu les foudres de l’opinion et de l’Elysée, qui le soupçonnaient de jouer la carte America first. Autre soutien, partout les précommandes affluent pour sécuriser des stocks – avant même qu’ils n’existent ! Ainsi AstraZeneca profite de précommandes de plusieurs gouvernements, dont le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et les Etats-Unis. Washington s'est aussi engagé à payer 1,95 milliard de dollars à Pfizer pour 100 millions de doses de son futur produit. Surréaliste. Il est vrai que Donald Trump veut se faire pardonner sa mauvaise gestion de la crise…

Covid-19 : un vaccin chinois disponible dès décembre au Brésil ?

  Covid-19 : un vaccin chinois disponible dès décembre au Brésil ? Le vaccin a déjà été testé sur des milliers de volontaires au Brésil et les "résultats sont extrêmement positifs", selon le gouverneur de Sao Paulo. Le Brésil, pays particulièrement touché par la pandémie de coronavirus, pourra-t-il bénéficier d'un vaccin efficace dès la fin de l'année ? C'est ce qu'a affirmé le gouverneur de Sao Paulo qui assure que les essais cliniques d'un vaccin contre le Covid-19 élaboré par le laboratoire chinois Sinovac s'étaient révélés "extrêmement positifs" et qu'une campagne d'immunisation à grande échelle pourrait débuter dès décembre.

Car plus le temps tourne, plus le futur vaccin devient un enjeu (géo)politique. L’arme fatale dans une nouvelle guerre froide. En mars, l’image de la générale Chen Wei, de l’Académie militaire des sciences chinoise, se faisant injecter la première dose d’un supposé vaccin a fait le tour du monde. Cet été, Vladimir Poutine s’est autoproclamé vainqueur de l’étape avec son Spoutnik V, vaccin si sûr qu’il l’aurait injecté à sa fille. Vendredi 4 septembre, les conclusions d'une étude préliminaire, publiées par la on-ne-peut-plus sérieuse revue scientifique The Lancet, faisaient état de de résultats cliniques plutôt encourageants pour Spoutnik V - sans que cela ne garantisse la validité et la sécurité finales du vaccin candidat, encore en phase trois des essais, en Russie. Donald Trump, lui, veut un vaccin d’ici à la présidentielle, quitte à recourir à une procédure accélérée et quitte à bousculer les experts de la Food and Drug Administration.

Et décrédibiliser le futur vaccin ? "On a pris des risques financiers, mais jamais de risques sur la sécurité", promet Melanie Savile. Cédric Mazille nuance : "Zéro concession sur la sécurité, mais avec de tels délais on aura forcément moins de recul et de données sur la période post-injection : durée de protection, efficacité des dosages, du nombre d’injections…" La bataille médicale gagnée, il faut remporter celle de l’opinion. "Soit une stratégie de ciblage claire – vaccin obligatoire ou pas, et pour qui – et beaucoup de pédagogie." Selon une étude de la revue The Lancet, réalisée durant le confinement, quel que soit le ou les gagnants de la course, un Français sur quatre est contre l’idée de se faire vacciner.

Covid-19. Premiers résultats encourageants pour le vaccin russe Spoutnik V

  Covid-19. Premiers résultats encourageants pour le vaccin russe Spoutnik V Suscitant jusqu’ici les doutes de la communauté internationale, le vaccin contre le coronavirus mis au point en Russie déclenche une réponse immunitaire, selon les résultats d’une étude préliminaire. Et si la Russie avait trouvé LE vaccin contre le Covid-19 ? Une étude préliminaire publiée ce vendredi 4 septembre montre que le vaccin contre le coronavirus en cours de développement en Russie déclenche bien une réponse immunitaire et n’a pas entraîné d’effets indésirables graves, ce qu’avait affirmé le gouvernement russe il y a un mois mais sans publier ses données.


Vidéo: Covid-19 : un vaccin testé en Espagne (Euronews)

AstraZeneca promet 20 millions de doses de vaccin pour le Canada .
© Paul ELLIS Grâce à un nouvel accord avec AstraZeneca, le Canada a accès à six vaccins Covid-19 en cours de développement ou en essais cliniques pour prouver leur innocuité et leur efficacité - un minimum combiné de 174 millions de doses Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a annoncé vendredi un accord avec AstraZeneca pour acheter jusqu'à 20 millions de doses de son candidat vaccin Covid-19 en cours de développement avec l'Université d'Oxford.

usr: 1
C'est intéressant!