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Entreprise Varin juge l'offre de Veolia sur Suez "très hostile"

01:00  18 septembre  2020
01:00  18 septembre  2020 Source:   challenges.fr

Veolia, Engie, Suez : un houleux ménage à trois

  Veolia, Engie, Suez : un houleux ménage à trois Veolia veut se marier avec Suez, en acquérant la participation d’Engie. Mais Suez renâcle. Et Engie fait monter les enchères. On essaie d’y voir clair dans cet imbroglio boursier sur fond d’inquiétude des salariés. Deux tiers des salariés de Suez en France ont débrayé deux heures ce mardi. Ils s’inquiètent de la proposition de Veolia d’acquérir leur entreprise, en rachetant la part d’Engie. Pas simple… On essaie de démêler le rôle de chacun.Veolia, l’amoureux transiVeolia courtise Suez pour le racheter. Mais Suez n’est pas d’accord. Deux tiers des salariés de l’entreprise en France ont débrayé, mardi, pour le dire haut et fort.

Philippe Varin © ALAIN JOCARD / AFP Philippe Varin

L'offre de Veolia, qui propose de racheter les parts d'Engie dans le capital de Suez en vue d'une offre ultérieure sur l'ensemble du capital, et que le groupe dit "amicale" est en réalité "très hostile", juge Philippe Varin, président du conseil d'administration de Suez, dans un entretien accordé au Journal du dimanche.

L'offre de Veolia, qui propose de racheter les parts d'Engie dans le capital de Suez en vue d'une offre ultérieure sur l'ensemble du capital, et que le groupe dit "amicale" est en réalité "très hostile", juge Philippe Varin, président du conseil d'administration de Suez, dans un entretien accordé au Journal du dimanche.

Engie trouve l’offre de Veolia sur Suez pas acceptable en l’état, veut un meilleur prix

  Engie trouve l’offre de Veolia sur Suez pas acceptable en l’état, veut un meilleur prix Le Conseil d'Engie dit qu'il sera "très attentif à la juste valorisation de (sa) participation dans Suez", convoité par Veolia, ainsi qu'à "la solidité du projet industriel et aux garanties apportées à l'ensemble des parties prenantes. "Jean-Pierre Clamadieu, Président du Conseil d'Administration, a déclaré : " La cession potentielle de tout ou partie de la participation dans Suez s'inscrit dans le cadre de l'accélération de notre développement dans les infrastructures et les énergies renouvelables.

"Telle qu'elle est formulée, elle pose de réels et sérieux problèmes. Je comprends tout à fait que le conseil d'administration d'Engie veuille traduire en cash sa participation dans Suez. Mais pour résoudre ce problème, la décision d'Engie sur la proposition de Veolia déterminerait le futur de Suez et consisterait notamment à démanteler le groupe Suez en France", explique-t-il.

"Si on gratte un peu, sous le vernis du super champion français mondial que l'on nous fait miroiter, je vois un mirage industriel (...) De plus, le processus qui se dessine prendrait au moins dix-huit mois. Il va affaiblir notre force commerciale, déstabiliser les clients, le management, tous les salariés", poursuit Philippe Varin.

"Un risque de prise de participation rampante"

"Pour nos actionnaires hors Engie, qui représentent les deux tiers de notre capital, c'est un risque de prise de participation rampante, dont les modalités sont floues. Pour nos? 90?000?collaborateurs, dont 30?000 en France, c'est la menace de pertes d'emplois. On ne peut pas annoncer 500? millions de synergies et dire qu'il n'y aura pas d'impact. Je ne l'ai jamais vu de ma vie", souligne-t-il.

Engie : Suez - Veolia, une vieille rivalité… et de nombreux projets de mariage

  Engie : Suez - Veolia, une vieille rivalité… et de nombreux projets de mariage Pionniers de la gestion de l'eau et des déchets en France, Veolia et Suez ont une longue expérience de leurs métiers. Des rivaux en France et à l'international, mais qui ont plus d'une fois envisagé le mariage, sur les 150 dernières années ! Suez (dont l'actionnaire de référence est Engie, avec plus de 30% du capital) et Veolia sont deux vieux frères ennemis... ce qui ne les a pas empêché de songer plus d'une fois à convoler. La fusion est de nouveau à l'ordre du jour depuis que Veolia a proposé à Engie de racheter ses 29,9% de parts dans Suez, pour 2,9 milliards d'euros, avant de lancer une OPA sur le reste des actions.

Philippe Varin reproche en outre à Antoine Frérot, patron de Veolia, que cette offre soit "à prendre ou à laisser d'ici à la fin du mois" et que son prix soit "bien en dessous de la valeur intrinsèque de la société". "Le management est en train de bâtir une solution alternative que le conseil encourage. Les travaux sont en cours et, pour leur sérénité, je ne peux pas en dire plus", ajoute-t-il.

Le conseil d'administration de Suez a annoncé jeudi le rejet de l'offre de Veolia et a exprimé son soutien à la direction dans la mise en oeuvre de son plan stratégique comme dans la recherche de solutions alternatives au rapprochement proposé par son concurrent.

Il a jugé le prix de 15,50 euros par action proposé par Veolia pour la quasi-totalité de la participation d'Engie (soit 29,9% sur un total de quelque 32%) "significativement inférieur" à la valorisation intrinsèque de Suez et considère que le schéma proposé comporte "un risque de prise de contrôle dans des conditions inacceptables".

(Avec Reuters)

Veolia améliore son offre de rachat auprès d’Engie et cherche un compromis .
Veolia a dévoilé une offre améliorée pour racheter à Engie ses 29,9 % de parts de son concurrent Suez. Elle propose désormais 18 € par action. Veolia a dévoilé mercredi une offre améliorée pour racheter à Engie ses 29,9 % de parts dans son concurrent Suez. La société propose désormais 18 € par action, soit près de 3,4 milliards, contre 2,9 milliards auparavant, et a indiqué chercher un compromis. Veolia avait indiqué, lundi, qu’elle allait remettre son offre le 30 septembre, ce qu’elle a donc fait.

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