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Entreprise Coronavirus. La course au vaccin sous intenses pressions

01:40  18 septembre  2020
01:40  18 septembre  2020 Source:   ouest-france.fr

Coronavirus : Sanofi et GSK avancent sur leur candidat vaccin

  Coronavirus : Sanofi et GSK avancent sur leur candidat vaccin Sanofi et son partenaire GSK lancent un essai clinique de phase I/II de leur candidat vaccin anti-Covid-19. 440 adultes en bonne santé seront inclus dans cet essai mené dans 11 sites d'étude aux États-Unis.L'essai clinique de phase I/II est un essai randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, ayant pour but d'évaluer les profils de sécurité, de réactogénicité (tolérance) et d'immunogénicité (réponse immunitaire) du candidat-vaccin contre la COVID-19. Au total, 440 adultes en bonne santé seront inclus dans cet essai mené dans 11 sites d'étude aux États-Unis.

Neuf patrons de sociétés développant des vaccins contre le coronavirus. © Tingshu Wang, Reuters Neuf patrons de sociétés développant des vaccins contre le coronavirus.

Les fabricants tentent de s’affranchir des agendas politiques tout en faisant partager les risques financiers et sanitaires aux gouvernements.

Les essais cliniques du vaccin expérimental anti-Covid-19 d’AstraZeneca sont temporairement suspendus depuis mardi 8 septembre au soir. Un participant britannique aux essais de phase III du projet vaccinal le plus avancé au monde (selon l’OMS) a contracté une maladie inexpliquée. Un syndrome inflammatoire affectant la moelle épinière, croit savoir le New York Times .

La course aux vaccins anti-Covid s’emballe

  La course aux vaccins anti-Covid s’emballe La compétition entre laboratoires s’est intensifiée cet été, entre coups de bluff, paris scientifiques… et pressions politiques. De quoi rendre le public méfiant ? Moderna sera-t-il le premier à franchir la ligne d’arrivée ? Le 26 août, l’américain présentait de nouveaux résultats positifs pour son vaccin anti-Covid-19 : son candidat serait aussi efficace chez les sujets âgés que chez les jeunes. Une avancée de plus pour la biotech, déjà en phase III des essais cliniques – l’étape qui mesure l’efficacité du vaccin chez l’homme et le rapport bénéfices/risques.

La firme suédo-britannique a souligné que l’arrêt temporaire de l’essai et l’enquête indépendante lancée pour déterminer s’il s’agit d’un effet indésirable font partie « de la procédure de routine d’un essai vaccinal, qui doit être menée à chaque fois qu’une maladie potentiellement liée au vaccin apparaît ».

Respect des hautes normes éthiques

Ce n’est sans doute pas un hasard si, ce même jour, neuf patrons de sociétés développant des vaccins, dont AstraZeneca, ont signé un communiqué commun affirmant leur « engagement continu à développer et à tester des vaccins potentiels contre le Covid-19 dans le respect des hautes normes éthiques et de principes scientifiques rigoureux ».

Leurs entreprises ont bénéficié du programme américain Warp Speed (vitesse de l’éclair), lancé en parallèle voire en concurrence aux levées de fonds internationales. Il a injecté des milliards de dollars pour le développement rapide et l’achat anticipé de futurs vaccins. Les pressions de l’administration Trump s’accentuent pour qu’au moins un vaccin soit disponible aux États-Unis avant l’élection présidentielle du 3 novembre.

Coronavirus. Près de 900 000 morts dans le monde, suspension des essais du vaccin d’Oxford

  Coronavirus. Près de 900 000 morts dans le monde, suspension des essais du vaccin d’Oxford Le Covid-19 a fait près de 900 000 morts dont 300 000 pour la seule Amérique latine. Dans la course au vaccin, le groupe pharmaceutique AstraZeneca a suspendu ses essais après l’apparition d’une « maladie potentiellement inexpliquée » chez un volontaire. Alors que le coronavirus a fait près de 900 000 morts dans le monde – dont un tiers en Amérique latine -, les essais cliniques d’un des vaccins expérimentaux les plus avancés, développé par Oxford et AstraZeneca, ont été suspendus dans la nuit de mardi à mercredi.

Fin août, les autorités sanitaires ont ainsi « demandé urgemment » aux cinquante États américains de mettre en place des centres de distribution d’un futur vaccin d’ici au 1er novembre. De son côté, le chef de l’Agence américaine des médicaments (FDA), Stephen Hahn, n’a pas écarté l’hypothèse de délivrer des « autorisations d’utilisation d’urgence » avant la fin des essais cliniques… Dans un rare entretien accordé à la revue scientifique Science , Moncef Slaoui, le coordinateur du programme Warp Speed, assure qu’il démissionnerait si une autorisation d’utilisation d’urgence était délivrée trop tôt. Pas sûr que sa parole soit dissuasive.

Sécurisation des approvisionnements

L’Union européenne et d’autres États tentent également de sécuriser en direct leurs approvisionnements futurs sans mettre autant de pression sur leurs fournisseurs. Celles-ci sont en fait exercées dans les deux sens. Début septembre, l’exécutif européen a reconnu que « les contrats d’achat anticipé prévoient que les États membres de l’Union européenne indemnisent les fabricants pour les responsabilités encourues dans certaines conditions ».

Covid-19. AstraZeneca reprend ses essais au Royaume-Uni pour un vaccin

  Covid-19. AstraZeneca reprend ses essais au Royaume-Uni pour un vaccin Le laboratoire britannique a repris ses tests au Royaume-Uni pour son candidat vaccin. Ils avaient été interrompus après qu’un volontaire a développé une « maladie inexpliquée ». Le groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca a repris ses tests au Royaume-Uni sur un vaccin contre l’épidémie de coronavirus avec le feu vert des autorités sanitaires, a annoncé samedi 12 septembre le groupe dans un communiqué, trois jours après avoir dû les interrompre.

Il ne s’agirait pas seulement d’un partage des risques financiers si le projet de vaccin n’aboutit pas, mais aussi de s’engager à financer des compensations d’éventuels effets indésirables. Des discussions sur ce mécanisme de compensation sont en cours, a confirmé la fédération européenne des industries pharmaceutiques. La Commission européenne, sans donner de détails, a précisé que, dans tous les cas, les fabricants ne pourraient s’affranchir de leur responsabilité juridique.

Côté français, alors que l’Institut Pasteur vient d’engager la phase I de son vaccin basé sur le virus de la rougeole, l’Inserm a lancé fin juillet une plateforme d’évaluation des candidats vaccins contre le Covid-19. Basée sur le réseau national d’investigation clinique en vaccinologie, elle a notamment pour but de faire participer la population française aux essais vaccinaux.

Le patron de Moderna en dit plus sur le timing de son vaccin contre la Covid-19 .
Lors d'une conférence de presse, le directeur général du laboratoire américain a indiqué que le vaccin ne serait pas disponible avant l'année prochaine et donc encore moins avant l'élection présidentielle.Les résultats de la troisième phase des essais, dans laquelle le candidat vaccin vient d'entrer, ne devraient être connus que le 25 novembre prochain, au plus tôt, a avancé Stéphane Bancel. Impossible donc de tenir les délais espérés par le président américain. Comme le rappelle Boursier.com, les États-Unis ont commandé à Moderna 100 millions de doses du futur vaccin.

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