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Entreprise Suez place son activité eau sous la protection d'une fondation pour se défendre de Veolia

23:40  23 septembre  2020
23:40  23 septembre  2020 Source:   latribune.fr

Veolia, Engie, Suez : un houleux ménage à trois

  Veolia, Engie, Suez : un houleux ménage à trois Veolia veut se marier avec Suez, en acquérant la participation d’Engie. Mais Suez renâcle. Et Engie fait monter les enchères. On essaie d’y voir clair dans cet imbroglio boursier sur fond d’inquiétude des salariés. Deux tiers des salariés de Suez en France ont débrayé deux heures ce mardi. Ils s’inquiètent de la proposition de Veolia d’acquérir leur entreprise, en rachetant la part d’Engie. Pas simple… On essaie de démêler le rôle de chacun.Veolia, l’amoureux transiVeolia courtise Suez pour le racheter. Mais Suez n’est pas d’accord. Deux tiers des salariés de l’entreprise en France ont débrayé, mardi, pour le dire haut et fort.

  Suez place son activité eau sous la protection d'une fondation pour se défendre de Veolia © Fournis par La Tribune

"Ultimatum", "dépeçage"... le ton est monté d'un cran entre les directions de Suez et Veolia, qui ont été auditionnées successivement à l'Assemblée nationale, tandis qu'en soirée Suez a cherché à contrecarrer les plans de Veolia en annonçant un dispositif juridique rendant incessible sa branche Eau française pendant quatre ans. Il reviendra désormais à Engie, dont l'actionnaire principal est l'Etat, de trancher: vendre ou pas ses 29,9% de parts dans Suez à Veolia, qui a déposé une offre de 2,9 milliards d'euros valable jusqu'au 30 septembre.

Engie trouve l’offre de Veolia sur Suez pas acceptable en l’état, veut un meilleur prix

  Engie trouve l’offre de Veolia sur Suez pas acceptable en l’état, veut un meilleur prix Le Conseil d'Engie dit qu'il sera "très attentif à la juste valorisation de (sa) participation dans Suez", convoité par Veolia, ainsi qu'à "la solidité du projet industriel et aux garanties apportées à l'ensemble des parties prenantes. "Jean-Pierre Clamadieu, Président du Conseil d'Administration, a déclaré : " La cession potentielle de tout ou partie de la participation dans Suez s'inscrit dans le cadre de l'accélération de notre développement dans les infrastructures et les énergies renouvelables.

L'heure tourne et le ton monte

Devant les députés réunis en commission élargie des Finances, de l'Economie et des collectivités locales, les dirigeants de Suez, qui refusent leur fusion avec Veolia, ont déploré le manque de temps pour agir.

"Je ne vois pas pourquoi Engie, dont l'Etat est actionnaire à 23,6%, accepterait un ultimatum de quatre semaines sur un sujet aussi fondamental. Nous avons besoin d'un peu de temps pour préparer des offres alternatives" à celle de Veolia, "qui ne nous paraît pas acceptable", a déclaré son président Philippe Varin.

A l'audition suivante, la réponse n'a pas traîné: "Non, je ne repousserai pas la date de validité de mon offre à Engie", a déclaré le PDG de Veolia, Antoine Frérot.

"Chaque jour qui passe, Suez vend une nouvelle activité, hier c'était une activité en Suède, la veille c'était en Allemagne... Sur les 90.000 salariés de Suez, 13.000 ont été vendus depuis un mois et demi. Combien en restera-t-il à Noël ?", a-t-il dit, déplorant un "dépeçage" et assurant qu'"il y a urgence à arrêter cette politique de la terre brûlée".

Varin juge l'offre de Veolia sur Suez "très hostile"

  Varin juge l'offre de Veolia sur Suez L'offre de Veolia, qui propose de racheter les parts d'Engie dans le capital de Suez en vue d'une offre ultérieure sur l'ensemble du capital, et que le groupe dit "amicale" est en réalité "très hostile", juge Philippe Varin, président du conseil d'administration de Suez, dans un entretien accordé au Journal du dimanche. L'offre de Veolia, qui propose de racheter les parts d'Engie dans le capital de Suez en vue d'une offre ultérieure sur l'ensemble du capital, et que le groupe dit "amicale" est en réalité "très hostile", juge Philippe Varin, président du conseil d'administration de Suez, dans un entretien accordé au Jou

"Un projet dans l'intérêt de la nation"

Le numéro un mondial des services à l'environnement, en lançant une OPA sur son vieil ennemi Suez, veut créer un "super champion français" du secteur, dans un marché mondial de plus en plus soutenu et concurrentiel.

"Un projet dans l'intérêt de la nation", a affirmé son PDG, qui pointe que, par exemple, aujourd'hui "le numéro deux des déchets en Allemagne et en Espagne est chinois".

Mais Suez crie au "démantèlement". Le groupe invoque son propre potentiel, son plan stratégique, ses cessions pour lui permettre d'acquérir des activités de pointe. Selon son directeur général Bertrand Camus, cette OPA serait "une alchimie à l'envers, pour transformer l'or en plomb".

Suez a par ailleurs saisi l'Autorité des marchés financiers (AMF) et l'Autorité européenne de la concurrence pour contester la structure en deux étapes de l'offre de Veolia, selon Philipppe Varin.

Rachat de Suez. Engie demande plus à Veolia pour Suez, le gouvernement freine

  Rachat de Suez. Engie demande plus à Veolia pour Suez, le gouvernement freine Le conseil d’administration d’Engie, qui s’est réuni jeudi, a estimé que l’offre formulée par Veolia pour le rachat de ses parts au capital de Suez n’était « pas acceptable en l’état ».Ce sera non, pour l’instant. Engie a décliné jeudi l’offre faite par Veolia de lui racheter sa participation dans Suez, tandis que le gouvernement temporise, soucieux d’éviter d’éventuelles conséquences sociales.

Après de premières déclarations de Jean Castex plutôt positives à l'égard de Veolia, Suez a aussi appelé l'Etat à la neutralité.

"Que l'Etat encourage aussi les investisseurs qui sont plus ou moins sous sa responsabilité à pouvoir concourir s'ils en ont envie, car ceux-ci se sont jusqu'à présent contentés d'une position extrêmement prudente, ne sachant pas bien comment le vent tournerait", a dit M. Varin, qui espère, dans son plan B, un mix d'investisseurs français, notamment publics ou très liés à l'Etat, et étrangers "dont certains sont déjà nos partenaires".

Face à eux, les élus ont exprimé énormément de craintes quant aux conséquences du projet, sur le prix de l'eau, le maintien de la concurrence, l'investissement, l'emploi...

Veolia envisage que l'activité eau France de Suez soit reprise par le fonds Meridiam, afin de répondre aux exigences de concurrence.

Meridiam est "un outil d'investissement de très long terme", qui "préservera tous les emplois", la recherche, et une dette modérée: "nous ne sommes pas un fonds de spéculation en quête de rentabilité rapide, nous revendiquons notre engagement dans le bien public", a assuré Thierry Déau, patron du fonds.

Mercredi soir, Suez a contre-attaqué en annonçant avoir assuré "juridiquement la pérennisation de Suez Eau France au sein du groupe Suez" en rendant "inaliénable" pendant quatre ans toute cession de l'activité eau en France sans accord des actionnaires et d'une fondation de droit néerlandais créée pour l'occasion.

L'Assemblée nationale va de son côté créer un groupe de travail de six députés pour auditionner rapidement toutes les parties, syndicats ou encore PDG d'Engie. Pendant ce temps, l'heure tourne. Engie réunit en effet son prochain conseil d'administration vendredi soir, tandis que Veolia s'est dit prêt à discuter du montant offert.

Veolia améliore son offre de rachat auprès d’Engie et cherche un compromis .
Veolia a dévoilé une offre améliorée pour racheter à Engie ses 29,9 % de parts de son concurrent Suez. Elle propose désormais 18 € par action. Veolia a dévoilé mercredi une offre améliorée pour racheter à Engie ses 29,9 % de parts dans son concurrent Suez. La société propose désormais 18 € par action, soit près de 3,4 milliards, contre 2,9 milliards auparavant, et a indiqué chercher un compromis. Veolia avait indiqué, lundi, qu’elle allait remettre son offre le 30 septembre, ce qu’elle a donc fait.

usr: 1
C'est intéressant!