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Entreprise A Béthune, élus et salariés de Bridgestone craignent l'effondrement de l'économie locale

15:40  29 septembre  2020
15:40  29 septembre  2020 Source:   challenges.fr

Fermeture de l’usine Bridgestone. Une décision « révoltante », selon Bruno Le Maire

  Fermeture de l’usine Bridgestone. Une décision « révoltante », selon Bruno Le Maire 863 emplois sont menacés par la fermeture de l’usine de pneumatiques de Béthune dans le Pas-de-Calais. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a vivement critiqué cette décision sur Cnews ce matin. La décision du groupe japonais de pneumatiques Bridgestone de fermer son usine de Béthune (Pas-de-Calais) est révoltante, a affirmé jeudi le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire, assurant que le gouvernement allait se battre pour trouver une solution.La décision de Bridgestone est une décision révoltante, avec une méthode révoltante et des conséquences révoltantes, a fustigé le ministre sur Cnews.

Après la signature d’un accord de méthode vendredi avec la direction, les employés de l ’usine de pneumatiques ont reçu lundi la visite de deux » Nouveau coup de massue pour les salariés . Il aura fallu attendre 17 h 49, et probablement une série de coups de téléphone des ministères, remontés

La direction de Bridgestone et les salariés de l 'usine de Béthune ont signé un "accord de méthode" pour discuter pendant cinq mois de "scénarios Agnès Pannier-Runacher et la ministre du Travail Elisabeth Borne se rendront lundi matin à Béthune "pour voir tout le monde, tout le monde: les élus

Bridgestone © AFP/Archives - Denis CHARLET Bridgestone

REPORTAGE - L'annonce brutale de la décision de la fermeture de l'usine de Brigestone à Béthune dans le Pas-de-Calais remet en cause toute l'économie du Pays Artois, toujours très dépendant de l'industrie.

Béthune, c’est une ville typique du Nord de la France. Avec ses maisons en brique rouge, sa Grand-place, son beffroi - en rénovation-, ses façades art déco, ses Welsh à la carte de chaque brasserie, son passé minier, sa reconversion dans l’industrie… Et ses usines qui ferment une à une. Une fatalité trop bien connue par les gens du Nord après la cessation d’activité des sites comme Continental dans l’Oise ou de Goodyear et Whirlpool à Amiens.

Le géant du pneu Bridgestone ferme son usine de Béthune, coup dur pour l’emploi

  Le géant du pneu Bridgestone ferme son usine de Béthune, coup dur pour l’emploi Alors que Michelin et Continental ont eux aussi réduit la voilure, le géant japonais du pneu Bridgestone va fermer définitivement son usine de Béthune (Pas-de-Calais, Hauts de France) qui emploie 863 personnes dans la fabrication de pneumatiques pour voitures. Mauvaise nouvelle sur le front de l'emploi. Après des mesures similaires prises par Michelin et Continental au cours des derniers trimestres, Bridgestone jette l'éponge sur son site des Hauts de France.

Fermeture de Bridgestone : la "seule option" pour la direction, le gouvernement veut une "contre-expertise" 4. Face à la crise : l ' effondrement de l ' économie (1/3). Bridgestone à Béthune : qui est responsable de ce fiasco ? Bridgestone : l'État «ne laissera pas tomber» élus et salariés , promet Borne.

Le FMI et maintenant l'OCDE viennent de réviser à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2016, sur fond de krach financier rampant. Avec au tableau une inflation qui continue inexorablement de décélérer à échelle mondiale

Ici, l’annonce de l’arrêt de l’usine du japonais Bridgestone n’étonne qu’à moitié, mais malgré des signaux de plus en plus insistants, les Béthunois veulent encore garder espoir dans le fabricant de pneumatiques. “On connaît tous quelqu’un qui a travaillé là-bas ou qui y est encore, c’est forcément très inquiétant pour la ville, mais dire qu’on ne s’y attendait pas, ça serait mentir”, nous raconte Audrey, une jeune mère de famille, originaire de la ville. À deux pas de là, la responsable d’une boutique de prêt-à-porter s’inquiète: “S’il n’y a plus personne pour travailler ici comment voulez-vous qu’on continue à faire vivre Béthune?” Dans le centre historique de la commune de 25.000 habitants, les locaux commerciaux vides sont loin d’être une curiosité, après une année marquée par l’épidémie de Covid-19.

Bridgestone promet de faire le maximum pour les ouvriers de Béthune

  Bridgestone promet de faire le maximum pour les ouvriers de Béthune Bridgestone a promis jeudi de tout faire pour minimiser les conséquences sociales de son projet de fermeture de l'usine de Béthune (Pas-de-Calais), que le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a jugé "révoltant"."Nous souhaitons avoir des discussions sincères et attentives (avec les représentants du personnel). Nous voulons faire tout notre possible pour limiter les conséquences pour la collectivité locale", a déclaré Fusamaro Iijima, porte-parole du fabricant japonais de pneumatiques, interrogé par Reuters.

Plus de quatre-vingts d'entre eux, dont plusieurs très influents, tel Idan Ofer, principal actionnaire d'Israël Corporation, le plus important holding du pays, pressent le gouvernement de Benyamin Netanyahou de présenter d'urgence un Bridgestone à Béthune : qui est responsable de ce fiasco ?

Identité de l 'entreprise. Présentation de la société BRIDGESTONE FRANCE. BRIDGESTONE FRANCE, société par actions simplifiée est en activité depuis 59 ans. Domiciliée à BETHUNE (62400), elle est spécialisée dans le secteur d'activité de la fabrication et rechapage de pneumatiques.

Pour le maire de la ville, Olivier Gacquerre, la nouvelle a été rude a encaisser : “On savait qu’avec le manque d’investissement, l’usine était devenue obsolète, mais quand un journaliste vous appelle un matin pour connaître votre réaction avant même qu’on vous annonce la nouvelle, c’est très brutal”, témoigne l’élu UDI.

“Le second beffroi”

En 2020, Bridgestone emploie encore 860 salariés sur ce site des Hauts-de-France. Si on est loin du pic des 2.000 employés que l'usine a pu atteindre, le groupe n’en reste pas moins l’un des plus gros employeurs de la zone d'emploi de Béthune-Bruay - 280.000 habitants, soit une centaine de communes - derrière PSA et Roquette. “L’usine a été inaugurée en 1961, je l’ai vu construire, un véritable cadeau des Américains puisqu’à l’époque, c’était Firestone”, se souvient la députée Marguerite Deprez-Audebert (MoDem), rencontrée à sa permanence. “Elle fait partie du patrimoine béthunois, au même titre que le beffroi. Elle est le symbole à elle seule de la reconversion minière réussie”.

Bridgestone: réunion entre gouvernement, élus et syndicats à Béthune lundi

  Bridgestone: réunion entre gouvernement, élus et syndicats à Béthune lundi Une réunion se tiendra entre élus et syndicats à Béthune, en présence des ministres Elisabeth Borne et Agnès Pannier-Runacher, lundi 21 septembre. D'un bout à l'autre de l'échiquier politique, la mobilisation s'est intensifiée jeudi pour faire pression sur Bridgestone mais aussi le gouvernement et tenter de sauver l'usine de pneumatiques de Béthune (Pas-de-Calais) vouée par le manufacturier japonais à la fermeture à l'horizon 2021.

Amendée fin 2014 , la loi sur la transition énergétique fait de l 'obsolescence programmée un délit passible d'une sanction de deux ans de prison et d'une amende de 300 000 euros. L'occasion d'abattre quelques idées reçues sur un concept qui nourrit depuis de nombreuses années notre inconscient

La situation de l ’usine de Béthune est liée à un sous-investissement organisé depuis des années. Dans le même temps, Bridgestone a dépensé des centaines de millions d’euros pour ses sites en Pologne et en Hongrie, qui plus est avec l’aide de l ’Union européenne !

À la fin des années 1950, alors que les mines ferment les unes après les autres et que Béthune et ses alentours sont classés “zone critique”, les élus locaux dont le père de la députée, Léon Deprez, se battent corps et âme pour faire venir des usines et créer des zones industrielles. “À l’époque, de père en fils on ne réfléchissait pas dans la région, qu’on soit ingénieur ou ouvrier, on allait travailler à la mine. Quand elles ont fermé, c’était un cataclysme. Les élus ont dû batailler pour que Firestone s’installe à Béthune, les Américains, avaient le choix avec Bordeaux dont le maire était Jacques Chaban-Delmas. Avoir l'usine c'était un gros coup qui a sauvé la région”, explique Alain Cuisse, élu à la Chambre de commerce et d’industrie de l’Artois.

Un écosystème en danger

Autour de l’usine de pneus, c’est tout un écosystème qui s’est créé. “Les bonnes années, on disait qu’un emploi industriel, c’était dix emplois induits”, précise Marguerite Deprez-Audebert. Si Bridgestone quitte Béthune, c’est non seulement les 863 salariés qui se trouveront sur le carreau, mais aussi les près de 2.000 sous-traitants. Au total, le maire estime que 4 à 5.000 familles seront touchées. “C’est une catastrophe pour l'économie locale. Le bassin d’emploi de Béthune compte déjà 16.000 chômeurs en catégorie A, 9.000 en catégorie B et C. On est déjà au-dessus de la moyenne nationale”, détaille la députée.

Usine Bridgestone. Une pétition contre la fermeture recueille plus de 27 000 signatures

  Usine Bridgestone. Une pétition contre la fermeture recueille plus de 27 000 signatures Une pétition lancée par la mairie de Béthune (Pas-de-Calais) pour s’opposer à la fermeture de l’usine Bridgestone annoncée mercredi, avait déjà recueilli ce vendredi 18 septembre dans la matinée plus de 27 000 signatures. Intitulée « Non à la fermeture de l’usine Bridgestone de Béthune », la pétition, lancée par le maire UDI de Béthune (Pas-de-Calais) Olivier Gacquerre sur le site mesopinions.com, avait été signée ce vendredi 18 septembre vers 10 h par 27 073 personnes.

A l’issue d’une rencontre avec le gouvernement, la direction de Bridgestone s’est dite ouverte à la recherche de solutions pour Béthune , mais indique que l’arrêt de l ’activité est "la seule option". Bridgestone persiste et signe. Dans un communiqué publié lundi 21 septembre à l’issue d’une

Effondrement d 'un autopont dans un quartier peuplé de Calcutta, dans l'est de l 'Inde, le 31 mars 2016. La catastrophe a fait au moins 25 morts. Un haut responsable de la police de Calcutta, Akhilesh Chaturvedi, a par ailleurs annoncé l'arrestation de cinq salariés du groupe de construction IVRCL

Pourtant devant l'usine, dix jours après l’annonce, presque aucun signe de la sinistre nouvelle. Une simple banderole pour une pétition lancée par la mairie à été installée sur le rond-point à l'entrée de la zone industrielle. Mais devant l'usine, pas un pneu brûlé, ni de piquet de grève. "On continue de travailler, il faut montrer qu'on est des gars sérieux", confie Cédric, très inquiet, "Je pensais finir ma carrière ici. Après 20 ans à faire des pneus, je ne vois pas vraiment ce que je pourrais faire d'autre." Même inquiétude chez Sébastien**, un crédit sur le dos pour payer son logement, une compagne sans emploi... Bridgestone est "son premier vrai job", mais les deux salariés ne veulent pas perdre espoir, alors que la direction du groupe japonais a indiqué de son côté que la fermeture du site de Béthune était "la seule option". Pour eux "tant que l'on n'a pas démonté les machines, il y a de l'espoir". L'espoir qu’un compromis soit trouvé avec le Japonais pour sauvegarder l’emploi ou l'espoir d'être repris dans une usine à proximité. Le manufacturier japonais assurait alors vouloir limiter au maximum le nombre de licenciements grâce à des mesures de pré-retraite, de reclassement interne ou externe des salariés, mais aussi la recherche d'un repreneur pour le site. Les négociations entre les élus et la direction ont débuté le 28 octobre.

Bridgestone. Pannier-Runacher fustige la méthode adoptée par la direction

  Bridgestone. Pannier-Runacher fustige la méthode adoptée par la direction La ministre déléguée à l’Industrie a critiqué la méthode de la direction de Bridgestone. Elle a aussi révélé que les salariés de l’usine de Béthune ont signé un « accord de méthode » permettant de discuter pendant cinq mois de « scénarios alternatifs à la fermeture ». La direction de Bridgestone et les salariés de l’usine de Béthune ont signé un « accord de méthode » permettant de discuter pendant cinq mois de « scénarios alternatifs à la fermeture », annoncée mercredi par le géant japonais du pneumatique, a affirmé dimanche 20 septembre la ministre déléguée à l’Industrie.

Une seconde reconversion

“Ils ne peuvent pas partir comme ca”, assène Olivier Gacquerre “la note serait trop salée”. Pour le maire et président de l'agglomération, évoquer la fermeture du site est encore prématuré. “Tout a été fait pour assécher l’usine, l’outil de production est obsolète, les produits sont sans valeur ajoutée... Mais entre le coût de la fermeture et l’accompagnement que l’Etat peut proposer à Bridgestone, nous pouvons les convaincre de sauver 60% des emplois en développant un nouveau projet industriel sur le site”. L'édile en a conscience, avec une moyenne d’âge de 47 ans, 160 personnes de plus de 60 ans, recaser les salariés de l’usine ne serait pas une mince affaire.

“Il y a un véritable savoir-faire sur la région: 29 % des emplois sont liés à l’industrie”, rappelle Alain Cuisse. “On a un territoire attractif, idéalement situé pour accueillir ceux qui voudront quitter le Royaume-Uni après le Brexit, des salariés plus fidèles à leur entreprise qu’en Europe de l’Est et une culture de la reconversion.” Pour le dirigeant d’une société de plasturgie, l’avenir industriel du Nord de la France n’est pas forcément compromis.

Et pour cause, le territoire attire encore les investisseurs. À Douvrin, à une quinzaine de kilomètres de Béthune, 2.200 emplois directs sont attendus d’ici à 2022. PSA et Total ont annoncé la création d’une société commune de fabrication de batteries pour les voitures électriques. “C’est la preuve qu’il y a de l’emploi dans le territoire à aller chercher, c’est bien évidemment un espoir pour Béthune et son agglomération”, poursuit le maire qui espère d’autres projets de cette ampleur rapidement. “Pour l’instant rien n'est fait, mais il est encore temps d’inverser la dynamique.”

Michelin se lance dans la course au pneu durable .
Pour Bibendum, l'heure n'est plus seulement aux produits performants et robustes. Mais aussi aux économies d'énergie. Objectif : distancer ses rivaux. Michelin se lance dans la course au pneu durable Une roue de voiture sans air, donc increvable : une utopie ? Non. C'est le pneu Michelin Uptis, dont la fabrication en série est prévu en 2024 pour General Motors. Le principe : une roue en aluminium, une structure inédite en caoutchouc composite, verre et résine, et une bande de roulement imprimable en 3 D.

usr: 1
C'est intéressant!