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Entreprise Arnaud Lagardère : “Je veux garder les commandes opérationnelles”

20:30  14 octobre  2020
20:30  14 octobre  2020 Source:   capital.fr

Vivendi : OPA en vue sur Lagardère ?

  Vivendi : OPA en vue sur Lagardère ? Vivendi se dit "en mesure" de racheter les actions de son allié Amber dans Lagardère pour lancer une OPA. Alors que Vivendi vient de monter au capital de Lagardère, au-delà des barres de 25% du capital et de 20% des droits de vote, il pourrait bientôt radicalement étendre son périmètre ! En effet, le géant des médias et du divertissement, premier actionnaire du groupe d'édition et de Travel Retail (marque Relay), a dit au gendarme de la Bourse être "en mesure" d'acquérir les actions de son allié Amber Capital, "en assumant" ensuite son obligation de dépôt d'offre publique.

Arnaud Lagardère : “Je veux garder les commandes opérationnelles” © Stephane Cardinale - Corbis / Contributeur / Getty Arnaud Lagardère : “Je veux garder les commandes opérationnelles”

Le tribunal de commerce de Paris vient de débouter Vincent Bolloré et le fonds Amber qui exigeaient la tenue d’une assemblée générale du groupe Lagardère dans l’espoir d’évincer l’héritier dès cet automne. Interviewé il y a quelques jours par Capital, Arnaud Lagardère reste très confiant. Mais l'étau se resserre autour de lui.

Vendredi 9 octobre, 14h30. Arnaud Lagardère se connecte pile à l’heure à notre rendez-vous en visioconférence sur Zoom. Bizarrement, le gérant commandité de la société qui porte son nom refuse d’allumer la caméra. Est-il en vacances à l’étranger, sur un yacht avec son épouse Jade, ou bien réfugié dans sa résidence secondaire de la forêt de Rambouillet ? «J’ai eu la chance de me rendre en Espagne et à Londres cette année, répond-t-il, mais là, je suis au bureau avec une pile de dossiers urgents. Et clairement le premier d’entre eux, c’est le Covid.» Il faut le croire sur parole.

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Bon, c’est sûr que le virus a bien amoché son groupe. Lagardère SCA a accusé une perte nette de 481 millions d’euros au premier semestre, et le second ne s’annonce pas plus glorieux. « Le travel retail (les boutiques de duty free dans les gares et les aéroports, NDLR), qui génère 59% du chiffre d’affaires, est en convalescence, reconnaît l’ancien président de la SNCF Guillaume Pepy, aujourd’hui à la tête du comité stratégique du conseil de surveillance de Lagardère. Selon l’International air transport association (IATA), le secteur ne devrait pas revenir au niveau de 2019 avant 2024. » La tuile ! Le pôle édition, second pilier de l’entreprise, serait « plus résilient ». Mais Hachette n’est pas pour autant dans une forme olympique. Quant aux médias (Europe 1, Paris Match et Le JDD), ils sont certes influents mais en en difficulté financière.

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C’est donc ce joyaux pâlichon qui fascine tant le petit monde parisien des affaires ? Vincent Bolloré (Vivendi), Bernard Arnault (LVMH), Joseph Oughourlian (Amber Capital), Marc Ladreit de Lacharrière (Fimalac), le fonds souverain du Qatar, Amundi et la Caisse des dépôts, côté actionnaires. L’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, et Guillaume Pepy, au conseil de surveillance. Rarement, on avait vu autant de personnalités du gotha parisien au chevet d’une société en déclin. Depuis l’an 2000, Lagardère est passé de 12,2 à 7,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et de 581 à -15 millions d’euros de résultat net. Le milliard de pertes supplémentaire attendu pour 2020 imposera des mesures radicales. À les entendre, toutes ces figures du capitalisme à la française seraient venus en «amis». «Ce sont mes amis, c’est vrai, rassure Arnaud Lagardère. Mais, vous savez, dans le monde d’aujourd’hui, l’amitié ne suffit pas.»

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Quand il n’était pas en vacances avec son épouse Jade, dans leur impressionnante villa des Hamptons, aux États-Unis, ou sur une plage de rêve au Maldives, Arnaud Lagardère a été seul à la barre de son entreprise pendant 17 ans. Prévoyant, son père Jean-Luc, un ingénieur visionnaire décédé en 2003, avait protégé le fruit de son travail des attaques en l’organisant non pas en société classique, mais en commandite par actions (SCA). Cette astuce juridique permet au gérant commandité, Arnaud Lagardère désormais, de garder le contrôle du groupe tout en étant un actionnaire minoritaire – il ne détient que 7,2% du capital. Celui qui veut l’écarter de son siège de gérant n’a que deux options : le convaincre de casser lui-même ce bouclier juridique ; ou bien parvenir à réunir une majorité au conseil de surveillance ainsi que les deux tiers des voix en assemblée générale des actionnaires. Une gageure.

Ce printemps, l’activiste Joseph Oughourlian, à la tête du fonds Amber Capital, s’y est essayé. Et il a bien fait trembler l'immeuble de la rue de Presbourg, siège de Lagardère. Arguant du bilan désastreux de la direction, l’activiste a convaincu une bonne partie des actionnaires de le suivre et d’exiger qu’on leur accorde des fauteuils au board. Le roi Arnaud aurait pu, lui aussi, rafler des actions de sa SCA pour se mettre à l’abri, sauf que, sous son armure, il était... nu. Depuis 2003, il a fait remonter quelque 500 millions d’euros vers lui, en salaires, dividendes, et cessions d’actions. Mais, c’est à se demander où cette manne est passée, il doit toujours plus de 215 millions d’euros, dont 163 millions au Crédit agricole. Paniqué, l’héritier appelle alors le Tout-Paris à la rescousse. « Arnaud était comme un de ces cowboys cernés par les Indiens qu’on voit dans les westerns, rigole un proche de Vivendi. Attendant, pétrifié, que la cavalerie arrive.»

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Filou quand même le cowboy. En avril, le gérant commandité fait coopter son « frère » Nicolas Sarkozy, dans son conseil de surveillance, lui demandant de l’épauler. Confiné dans la splendide villa de son épouse, Carla Bruni, au Cap-Nègre, dans les Alpes-Maritimes, l’ancien chef de l’État s’ennuie. Alors il fait chauffer son smartphone. Il mobilise ses amis qataris (13,7% des parts, 20% des droits de vote de Lagardère SCA), contacte deux copains milliardaires : Marc Ladreit de Lacharrière et Vincent Bolloré. Et s’assure, en parallèle, que les institutionnels français resteront neutres : la Caisse des dépôts (3%), dirigée par Éric Lombard, et Amundi (1%), une filiale du Crédit agricole. Cela tombe bien, Xavier Musca, directeur général de la banque, était secrétaire général de l’Élysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Lors de l’assemblée générale de mai, cet attelage baroque met Amber en minorité. Mission accomplie ! Seulement, les nouveaux « amis » d’Arnaud Lagardère exigent des contreparties. Pour persuader Vincent Bolloré de lui venir en aide, le fils de Jean-Luc lui a fait passer le mot, via Nicolas Sarkozy, qu’il envisage de faire sauter le verrou de la commandite. Tiens, dit-il, que dirais-tu «Vincent» de m’acheter quelques pans de mon business ? À commencer par Europe 1. L’affaire avance bien. Avant l’été, Maxime Saada, le P-DG de Canal +, une filiale de Vivendi, est reçu au siège de la station pour faire un petit tour du propriétaire. Les parapheurs sont prêts. Et puis... Plus rien. Silence radio chez Lagardère.

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C’est qu’une fois sa reconduction à la tête de son entreprise acquise, l’héritier a fait volte-face, invitant même à la surprise générale, le P-DG de LVMH, Bernard Arnault, à le rejoindre non pas « en bas », au capital de Lagardère SCA, comme il l’avait fait pour Vincent Bolloré, mais « en haut », dans la commandite (Lagardère Capital & Management). Au passage, le chèque de 80 millions d’euros reçu le soulage d’une partie de sa dette – une échéance étant due en novembre, comme il l'a confirmé à Capital. « Les 80 millions d'euros apportés par Bernard Arnault iront au Crédit agricole, complète Arnaud Lagardère. Pas dans des tableaux, des vacances, ou un yacht. » Roué, le gérant commandité se garde bien de prévenir « Vincent » et « Nicolas ». Ce rebondissement inattendu, ils l’apprennent de la bouche de Nicolas Bazire, le directeur général de Groupe Arnault, une fois l’affaire conclue. Déplaisant pour ne pas dire insultant.

Le Breton est sidéré par ce coup de Trafalgar. Il se sent trahi. « Arnaud a fait preuve d'une déloyauté incompréhensible et d’une naïveté folle », rapporte l’un de ses proches. Ne s’avouant pas vaincu, le raider veut maintenant la tête de l’impudent. Il monte une opération éclair dont il a le secret, s’arrogeant 26,7% du capital - juste en deçà du seuil de 30% où une OPA est nécessaire - en quelques semaines. Coût total de cette incroyable manoeuvre boursière : 547 millions d’euros, dévoile Vivendi à Capital. En parallèle, Vincent Bolloré noue un pacte avec Amber. Si l’activiste veut vendre ses titres, environ 20% de Lagardère SCA, il doit d’abord les lui proposer. Grâce à l’entremise de Nicolas Sarkozy, lui aussi contrarié par le revirement d’Arnaud Lagardère, le milliardaire breton convainc également le Qatar (13% des parts, 20% des droits de vote) de se ranger à ses côtés. Enfin, il utilise l’arme juridique, assignant Lagardère devant le Tribunal de commerce de Paris afin de l’obliger à convoquer une assemblée générale anticipée au plus vite. Cette fois c'est raté : le duo Amber-Vivendi vient d'être débouté. Mais ce n'est que partie remise. Les différentes écuries devront s’accorder avant la prochaine assemblée générale, prévue en mai prochain.

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En attendant, chacun montre ses muscles. Pour tenter de contrer l’offensive bretonne, Bernard Arnault a raflé, lui aussi, des titres Lagardère SCA sur le marché, ces dernières semaines, injectant plus de 100 millions d’euros, en sus des 80 millions déjà investis dans la commandite. Au dernier pointage, le 13 octobre, le milliardaire du luxe contrôlait 7,75% du capital, soit un peu plus qu’Arnaud Lagardère lui-même. Mais pas assez pour empêcher l’alliance Vivendi-Amber de paralyser la prochaine AG. Officiellement, l'objectif de Bernard Arnault est de soutenir amicalement « Arnaud ». Après tout, le tycoon du luxe côtoie le fils de son ami Jean-Luc Lagardère depuis plus de 30 ans, et il a même racheté l’ancien hôtel particulier du père à sa veuve Betty, rue Barbet de Jouy, dans le VIIème arrondissement de Paris.

Oui mais voilà, comme le résume un proche du dossier « Bernard Arnault n’est pas un philanthrope. » De fait, il mettrait bien la main sur les restes de l’empire Lagardère. Quitte à s’entendre avec le camp d’en face, et à écarter l’encombrant héritier. Selon nos informations, Bernard Arnault et Vincent Bolloré se sont téléphoné ces dernières semaines. De quoi ont-ils discuté ? Rien ne fuite. Pour l’heure, dans le camp Bolloré, on envisage trois options. La première serait une prise de contrôle rampante (sur le modèle du raid mené contre Havas en 2005). La deuxième serait que quelqu’un lui fasse un chèque suffisant pour qu’il sorte. Mais qui ? Les titres ramassés par Vivendi achetés 547 millions d’euros vaudraient au cours actuel 900 millions, selon un porte-parole du groupe. Bernard Arnault accepterait-il de sortir le chéquier ?

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Enfin, il y a la troisième option, celle que les deux camps semblent privilégier pour le moment : que les deux milliardaires se partagent le butin. Au siège de Vivendi, avenue de Friedland, on esquisse non sans gourmandise le scénario suivant : À LVMH, l’activité travel retail - le Groupe Arnault détient déjà DFS, un concurrent de Lagardère dans le business des duty free. Et cela tombe bien, les deux groupes sont complémentaires, les boutiques de Lagardère étant plutôt situées dans les gares et les aéroports, quand celles de DFS sont dans les villes. S’agissant de l’édition, Vivendi avalerait l’international, et la branche jeunesse (Nathan). Au-delà, la multinationale du divertissement, qui possède déjà Editis, serait bloquée par les gendarmes de la concurrence. Bernard Arnault, qui possède déjà 10% de Gallimard et 100% d’Arlea récupérerait le reste du pôle édition. Du côté des médias, Vivendi veut s’offrir Europe 1, «complémentaire de Canal +.» Dans cette hypothèse, il accepterait de «laisser» Le JDD et Paris Match à LVMH.

Vincent Bolloré et Arnauld Lagardère se retrouvent entre voisins, Villa Montmorency

Arnaud Lagardère aurait-il senti le vent tourner ? La semaine dernière, il s’est rendu au domicile de Vincent Bolloré, à l’invitation de ce dernier. Pratique : leurs maisons ne sont qu’à une vingtaine de mètres l’une de l’autre, Villa Montmorency, dans le XVIème arrondissement de Paris. «Si vous me demandez si ça s’est bien passé, la réponse est oui !», nous confirme-t-il. Les deux hommes étaient seuls, sans avocat ni banquier. Que se sont-ils dit ? Le gérant de Lagardère n’en dit mot, mais tient néanmoins à apporter cette précision : «Vincent Bolloré n’est pas mon ennemi, et nos échanges ont été cordiaux.»

Quoi qu’il en soit, l’héritier semble avoir évolué sur la question de sa commandite, même si, insiste-t-il, il veut se laisser du temps. «Bien évidemment, je ne décommanditerai pas avec des actionnaires qui rêvent d’avoir mon scalp et qui veulent découper mon entreprise, comme Amber Capital. Mais si j’arrive à avoir en face de moi des gens qui veulent le faire de manière intelligente et apaisée, pourquoi pas. » S’il acceptait de faire sauter son verrou, Arnaud Lagardère recevrait une compensation, entre 200 et 300 millions d’euros, selon les estimations qui circulent. Elle pourrait être versée en cash ou bien en actions Lagardère SCA. «Dans l'hypothèse d'une décommandite, qui n'est pas d'actualité, tient-il à préciser, la piste que je privilégierais serait celle d'une relution (NDLR : il se renforcerait au capital), avec un échange de titres. Ma volonté n’est pas de prendre de l’argent», assure le gérant, posant au passage ses trois conditions : « 1. Je veux garder les commandes opérationnelles - moi les présidences d’honneur, ça ne m’intéresse pas. 2. Je veux un groupe stable – pas question qu’on passe notre temps à se défendre contre les activistes. 3. Je veux que le groupe garde ses deux piliers, le travel retail et l’édition. » En clair, il déverrouillerait son entreprise, mais contre la promesse que rien ne change. «C’est la preuve qu’Arnaud a une mentalité de fils à papa, s’agace-t-on chez Vivendi. Il doit partir, il ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.»

Ce feuilleton atypique a des répercussions cocasses dans le petit monde des affaires, en particulier chez les agences de communication les plus influentes. À la tête de DGM Conseil, Michel Calzaroni a comme principaux clients Vincent Bolloré et Bernard Arnault. Entre les deux qui soutenir ? Sa rivale Anne Méaux, patronne d’Image 7, est dans une situation tout aussi délicate. Conseil d’Arnaud Lagardère, elle a co-rédigé les communiqués communs du «concert d’intérêt» qui lie ce dernier au patron de LVMH. Or, c’est aussi Anne Méaux qui défend les intérêts du joaillier américain Tiffany dans sa guerre contre le numéro un mondial du luxe. Dans ce dossier, on parle d’annuler un mariage à 16,5 milliards de dollars. Un enjeu bien plus lourd pour Bernard Arnault.

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La pandémie et la récession ne freinent pas l'élan du constructeur de véhicules électriques, qui affiche des résultats en forte hausse. Alors que de nombreuses entreprises subissent la crise économique liée à la pandémie de Covid-19, Tesla tire plutôt très bien son épingle du jeu. Le fabricant de véhicules électriques, dirigé par le tumultueux Elon Musk, est parvenu à gagner de l'argent pour le cinquième trimestre de suite, de juillet à septembre, une période pourtant marquée par la pandémie de coronavirus et les difficultés économiques.

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