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Entreprise Pour se relancer, l'Europe doit s'attaquer à la concurrence déloyale de la Chine

16:45  01 février  2021
16:45  01 février  2021 Source:   capital.fr

Le fonds activiste Bluebell Capital s'invite au capital de Danone

  Le fonds activiste Bluebell Capital s'invite au capital de Danone EXCLUSIF - Ce fonds activiste basé à Londres a acheté des actions du groupe français et adressé une lettre à ses dirigeants pour revoir la gouvernance et la stratégie. Il conseille de séparer les fonctions de président et de directeur général, et demande le remplacement de l'actuel PDG Emmanuel Faber.Outre les chiffres, le groupe a connu ces derniers mois quelques changements de gouvernance difficiles à comprendre de l'extérieur. La numéro deux du groupe Cécile Cabanis a décidé de quitter l'entreprise et l'a fait savoir. Mais on a appris, après quelques semaines, qu'elle restait membre du conseil d'administration à la demande d''Emmanuel Faber et même qu'elle en était devenue la vice-présidente.

Pour se relancer, l'Europe doit s'attaquer à la concurrence déloyale de la Chine © Валерий Шарифулин/ТАСС/2019 TASS via ABACA Pour se relancer, l'Europe doit s'attaquer à la concurrence déloyale de la Chine

Depuis des décennies, les pays européens se font rouler dans la farine par la Chine. Heureusement, l’UE commence à se réveiller...

Vous l’ignorez sans doute, mais le canal de Suez est à nouveau au centre d’une bataille. Et les adversaires en présence ne sont pas ceux que vous croyez. Figurez-vous que, pour mieux inonder l’Europe de leurs produits, plusieurs sociétés chinoises spécialisées dans la fibre de verre (matériau utilisé, entre autres, pour la fabrication d’éoliennes) sont venues s’installer dans la zone économique spéciale qui jouxte le canal. Du coup, en plus des subventions que leur accorde Pékin, elles peuvent engranger celles qu’offre l’Etat égyptien, et tailler ainsi des croupières aux malheureuses entreprises européennes, subventionnées par personne. Trop, c’est trop ! Ulcérée par cette provocation sino-égyptienne, Bruxelles a décidé de taper du poing sur la table. Depuis le mois de juin, les produits fabriqués dans des sociétés bénéficiant de subventions versées en cascade par plusieurs Etats sont passibles de lourdes sanctions dans le cadre de sa réglementation antidumping. «C’est un grand pas en avant !», se félicite Anna Dias, avocate associée chez Gide Bruxelles.

Huawei ouvrira en Alsace sa première usine hors de Chine en 2023

  Huawei ouvrira en Alsace sa première usine hors de Chine en 2023 Huawei a officialisé "l'implantation d'un site de production" en Alsace. Il s'agira de "la première usine de production d'équipements mobiles (Huawei) en dehors de la Chine", avec 500 emplois à la clé à terme. Le groupe chinois va investir 200 millions d'euros dans ce site baptisé "Huawei European Wireless Factory", qui doit produire les principaux équipements composant les stations de base sans-fil destinées au marché européen, notamment pour la 5G.Bonne nouvelle sur le front de l'emploi. Huawei devrait ouvrir "courant 2023" en Alsace son premier site de production d'équipements, notamment liés à la 5G, en dehors de la Chine.

L’Union européenne se réveille enfin ! «Pendant vingt ans, nous avons fait preuve d’une grande naïveté commerciale», constate son collègue Olivier Prost, lui aussi spécialiste du droit du commerce international chez Gide. De fait, le Vieux Continent a laissé la Chine couler ses entreprises en subventionnant éhontément les siennes, il lui a permis de racheter ses fleurons industriels et ses infrastructures, comme le port du Pirée en Grèce, et lui a donné table ouverte pour conquérir ses marchés publics. «En Europe, la plupart des nouveaux pylônes de plus de 300.000 volts sont détenus par des Chinois, constate François Godement, conseiller Asie à l’Institut Montaigne. L’inverse serait impensable.» Et l’on ne parle pas de nos normes drastiques, qui pénalisent lourdement nos industriels, mais ne sont pas toujours un obstacle aux produits venus de l’étranger. «Les contrôles sont inexistants, soupire Pascal Marchand, P-DG d’EuroCave, leader mondial de la cave à vin haut de gamme. Nous avons testé des produits importés, constaté qu’ils ne respectaient pas les normes, et ils sont pourtant commercialisés.»

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 SpaceX, Amazon se disputent les projets de satellites: rapport SpaceX et Amazon sont en concurrence pour l'espace satellitaire à une certaine altitude pour leurs projets de réseau Internet respectifs, a rapporté mardi CNBC. © Getty Images SpaceX, Amazon se disputent les projets de satellites: rapport Le PDG de SpaceX, Elon Musk, a critiqué mardi Amazon dans un tweet désormais supprimé pour avoir appelé la Federal Communications Commission (FCC) à refuser la demande du système de satellite Starlink de SpaceX de passer à altitudes plus basses.

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La concurrence déloyale de l’empire du Milieu ne se fait pas sentir que sur le territoire européen. En cassant les prix avec l’aide de leur Etat, les entreprises chinoises nous chipent aussi des parts de marché à l’étranger, dans le secteur de la construction par exemple. «Comme ils ne respectent pas les mêmes règles, ils peuvent financer de grosses infrastructures à moindre coût dans les pays émergents», se désespère Richard Touroude, directeur des affaires internationales de la FNTP (Fédération nationale des travaux publics).

A l’inverse, le pays de Mao n’hésite pas à tout faire pour museler la concurrence sur son territoire. Selon un rapport de Bruxelles rendu public en juin dernier, il était, et de loin, le pays qui présentait le plus d’obstacles au commerce et à l’investissement des Européens (38 recensés), devant la Russie (31) et l’Indonésie (25). Le protectionnisme de Pékin passe par plusieurs canaux : des marchés publics quasiment fermés aux entreprises étrangères, un filtrage drastique des investissements extérieurs (33 secteurs, parmi lesquels l’agriculture, l’automobile, les infrastructures, les télécoms ou l’éducation, sont inaccessibles ou fortement réglementés, avec par exemple l’obligation de mettre en place des joint-ventures), des transferts de technologie imposés, à quoi s’ajoutent toute une série de règles obscures instituées dans le seul but de rendre la vie impossible aux exportateurs. Et les industriels que nous avons interrogés nous l’assurent, là-bas, les contrôles des produits importés ne sont pas superficiels, comme chez nous…

L’alliance française pour les batteries des voitures électriques verra-t-elle le jour ?

  L’alliance française pour les batteries des voitures électriques verra-t-elle le jour ? En mai 2020, Emmanuel Macron annonçait l’alliance de Renault à PSA et Total dans la production de batteries pour les véhicules électriques. Huit mois plus tard, Renault freine encore des quatre pneus. Et en Europe, il n’y aura sans doute jamais de cet « Airbus des batteries » claironné par les politiques, mais une multitude de projets concurrents. Le 26 mai 2020, Emmanuel Macron annonçait que Renault venait de décider d’investir dans Automotive Cells Company (ACC), filiale de PSA (Peugeot, Citroën, Opel etc.) et Saft (groupe Total).

Certes, depuis l’élection de Trump, la Chine a consenti à quelques assouplissements de façade – pour les investissements dans le secteur financier, par exemple –, afin d’essayer de se forger une image de gentille libre-échangiste. Mais, selon un constat de la Chambre de commerce européenne en Chine, ces quelques avancées ne pèsent pas bien lourd au regard des montagnes d’obstacles administratifs qui restent en vigueur pour décourager les exportateurs ou les investisseurs étrangers… En parallèle, de nouveaux secteurs ont d’ailleurs été frappés par de nouvelles restrictions, notamment dans la haute technologie. Selon les calculs de Bruxelles, au moins 15 milliards d’euros d’échanges commerciaux sont concernés par ce durcissement récent.

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La stratégie de Pékin est rodée, et vieille comme les théories de Friedrich List : une fois que les entreprises locales, dopées aux aides d'Etat, occupent toute la place et sont suffisamment fortes pour affronter la concurrence internationale, les autorités acceptent de concéder une certaine ouverture aux concurrents étrangers pour qu’ils se partagent les miettes. L’UE, elle, a longtemps fait de la concurrence le principe premier de sa politique économique, afin de favoriser le porte-monnaie des consommateurs, au détriment de son industrie…

Ces Français font du business en Chine et ils y réussissent !

  Ces Français font du business en Chine et ils y réussissent ! Que l’on soit une multinationale ou une PME, il faut beaucoup de patience et de diplomatie pour s’implanter dans ce pays. Mais c’est possible. Cyril Giorgini se félicite d’avoir ouvert une succursale à Shanghai il y a treize ans. Car, cette année, c’est bien d’elle que viendra le salut de son groupe, Auditoire, l’un des leaders français de l’événementiel. «Avant la crise, la France était de loin notre premier marché, avec 60 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 29 millions pour la Chine.

Le pire, c’est que les autorités chinoises n’imposent plus leurs règles sur leur seul territoire : elles viennent de faire voter une loi d’extraterritorialité qui permet d’étendre ces contraintes au-delà de leurs frontières. «Si nous exportons des produits contenant des composants chinois, ce qui est forcément le cas dans notre secteur, vers des pays aux relations économiques délicates avec la Chine, nous risquons désormais des sanctions», se désole Bertrand Rager, président de la Commission internationale de la Fieec (Fédération des industries électriques, électroniques et de communication).

Heureusement pour nous, l’Union européenne semble avoir enfin décidé de réagir. C’est en 2016 que la prise de conscience a commencé, lorsque Kuka, le fleuron allemand des robots industriels, est passé sous pavillon chinois. Cela a été la goutte d’eau… Depuis, le discours de Bruxelles a changé, au point que le pays de Xi Jinping est désormais officiellement considéré par la Commission comme un «rival systémique». Première étape de la rébellion, la Commission a refusé d’accorder à la Chine le statut d’économie de marché comme elle l’avait demandé, et elle a renforcé ses instruments antidumping. Après avoir porté plainte à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) contre cette décision, la Chine a finalement renoncé. Première victoire ! En juillet dernier, Bruxelles s’est également dotée d’un «procureur commercial», Denis Redonnet, dont le rôle est de surveiller le respect des engagements commerciaux pris par nos partenaires.

Audrey Pulvar, Emmanuelle Cosse et Eric Pliez : "Il est urgent de relancer une offre de logements abordables"

  Audrey Pulvar, Emmanuelle Cosse et Eric Pliez : TRIBUNE. Audrey Pulvar, tête de liste pour les élections régionales, Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du Logement, Eric Pliez, maire du 20e arrondissement, ancien président du Samu social de Paris et de l’association Aurore et président de Paris Habitat et le mouvement Île-de-France en commun réagissent au rapport annuel de la fondation Abbé-Pierre. Voici leur tribune : A nouveau cette année, la Fondation Abbé-Pierre nous interpelle sur l’état du mal logement, le sort des 4 millions de personnes touchées par ce fléau, les centaines de milliers d’enfants qui en subissent l’impact.

La Commission vient également de mettre en place un mécanisme de surveillance des investissements étrangers, et elle a réussi à négocier avec Pékin un accord pour défendre les IGP (indications géographiques protégées). «Les Européens sont gagnants : les produits européens vont plus en bénéficier que les produits chinois», se félicite Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste de la Chine et enseignant à Sciences po. Malgré ces quelques avancées, l’Europe cependant reste encore très loin d’être en ordre de bataille face au géant asiatique, comme l’a démontré la désastreuse affaire de la fusion entre Alstom et Siemens. Alors que la création d’un tel géant du ferroviaire était considérée par tous les spécialistes comme indispensable pour contrer les appétits de plus en plus féroces des groupes chinois, la Commission n’a rien trouvé de mieux à faire que d’y mettre son veto en février 2019. Margrethe Vestager, la toute-puissante commissaire à la Concurrence, estimait en effet que la naissance de ce champion aurait déséquilibré le marché du ferroviaire sur le Vieux Continent ! Dans ce cas, autant signer tout de suite un chèque en blanc à Xi Jinping pour qu’il règle son compte à ce qui nous reste d’industrie !

  • Europe vs Chine : les chiffres pour comprendre
  Pour se relancer, l'Europe doit s'attaquer à la concurrence déloyale de la Chine © Fournis par Capital DR

Ce tropisme maladif pour la libre concurrence n’est pas le seul handicap dont souffre l’UE dans son combat contre le géant d'Extrême Orient. L’incessante guérilla entre ses Etats membres qui n’ont pas forcément les mêmes intérêts et le conservatisme apeuré de ses fonctionnaires la freinent aussi dans ses ardeurs. Du coup, elle accouche souvent de solutions édulcorées et parfois même de pas de solution du tout. Comme si tout cela ne suffisait pas, l’UE est fragilisée par son inébranlable foi dans les institutions internationales. «Sur la question des transferts de technologie déloyaux, par exemple, elle a lancé une procédure devant l’OMC pour obliger Pékin à reculer, mais cette action pourrait prendre des années à aboutir, observe Lionel Fontagné, professeur de commerce international à la Paris School of Economics (PSE). Les Américains, eux, ont choisi d’imposer des sanctions. C’est plus expéditif, mais aussi plus efficace.»

Covid-19. Un passeport vaccinal mis en place dans plusieurs pays, voici comment ça va se passer

  Covid-19. Un passeport vaccinal mis en place dans plusieurs pays, voici comment ça va se passer Danemark, Islande, Suède… La mise en place d’un passeport vaccinal se répand à travers l’Europe bien que l’idée ne fasse pas consensus, notamment en France. L’idée d’un passeport vaccinal commence à faire des émules à travers le monde. L’Islande a été l’un des premiers pays au monde à le lancer, alors que le Danemark et la Suède ont annoncé jeudi 4 février sa mise en place en juin. Mais en France ou en Allemagne, le projet fait débat.

Du coup, les louables efforts de Bruxelles peinent encore à être couronnés de succès. Prenons l’exemple du mécanisme de surveillance des investissements mis en place en octobre dernier. «Il renforce l'information et la coordination, c'est positif mais loin d’être suffisant», fait remarquer Sébastien Jean, directeur du Cepii (Centre d’études prospectives et d'informations internationales). Contrairement aux dispositifs nationaux en vigueur dans certaines Etats membres, comme la France, qui imposent l’obtention d’autorisations pour les investisseurs étrangers dans une dizaine de secteurs considérés comme stratégiques, la réglementation mise en place par Bruxelles sert avant tout de «système d’alerte». Nous sommes donc bien loin de la fermeté de Pékin…

Il est vrai que bloquer systématiquement les investissements chinois ne serait pas non plus une bonne chose. «Leurs capitaux peuvent permettre d’éviter des fermetures d’entreprise et donc de maintenir de l’emploi», rappelle Jean-Marc Siroën, professeur à l'université Paris Dauphine et auteur de «Mondialisation à la dérive. Europe sans boussole.» «La solution idéale serait de se mettre d’accord sur les secteurs stratégiques européens à défendre, et de faire ensuite en sorte de les protéger», propose Antoine Bondaz. A priori, rien ne nous en empêcherait, car, contrairement aux échanges commerciaux, qui sont régulés par l’OMC, il n’existe pas de règles multilatérales à ce sujet. Mais comme toujours quand il s’agit de se mettre d’accord à 27, les choses ont tendance à faire du surplace.

Parmi les questions enlisées dans la mélasse, celle des marchés publics. La possibilité d’un Buy European Act, inspiré du Buy American Act, qui donne la préférence aux produits locaux, donne des sueurs froides à Bruxelles, religieusement hostile à toute idée de préférence communautaire. La Commission en pince plutôt pour une autre idée : fermer nos marchés publics à toutes les firmes étrangères qui viennent de pays dont les Etats d'origine ferment leurs propres marchés publics aux entreprises européennes. Œil pour œil, dent pour dent ! Le sujet est en train de revenir sur le tapis, mais rien n’est encore gagné, car il a déjà été balayé par deux fois par certains Etats membres ces dernières années…

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D’autres dossiers prometteurs sont sur la table. En juin dernier, la Commission a ainsi annoncé qu’elle souhaitait s’attaquer aux entreprises étrangères dopées aux subventions publiques, en les soumettant aux mêmes règles que leurs homologues européennes pour les aides d’Etat. Dans la pratique, une telle réforme permettrait de leur interdire de racheter certaines sociétés ou infrastructures, de les exclure de nos marchés publics, et de mettre en place un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, pour corriger les différences de réglementation. Pas encore gagné, mais même si ce dossier n’aboutit pas tout de suite, sa simple ouverture pourrait présenter un atout dans la négociation que l’UE mène depuis plusieurs années avec les Chinois sur les conditions d’investissement. «La discussion est compliquée à mener, elle a pris du retard, mais, avec la forte pression mise par les Etats-Unis sur la Chine, c’est peut-être le moment d’obtenir plus de réciprocité», estime Elvire Fabry, spécialiste des relations internationales à l’Institut Jacques Delors. Si Pékin ne fait pas d’effort à ce sujet, l’UE pourra lui agiter sous le nez les projets qu’elle a dans ses cartons !

Chine vs Europe

  • Accès aux marchés publics

Chine : Très difficile

Europe : Facile

  • Implantation d’un établissement financier

Chine : Difficile

Europe : Facile

  • Investissements dans une entreprise automobile

Chine : Limités à 50%

Europe : Autorisés sans limite

  • Prise de contrôle d’un aéroport

Chine : Impossible

Europe : Possible

  • Versement de subventions publiques

Chine : Très courant

Europe : Très encadré

  • Respect des normes environnementales et sociales

Chine : peu suivi

Europe : strictement imposé

freine les constructeurs automobiles .
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C'est intéressant!