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Entreprise Variants indien, brésilien : “on affole les populations exagérément”

19:50  23 avril  2021
19:50  23 avril  2021 Source:   capital.fr

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Variants indien, brésilien : “on affole les populations exagérément” © Europa Press News / Contributeur / Getty Images Variants indien, brésilien : “on affole les populations exagérément”

Infectiologue à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil, Jean-Daniel Lelièvre décrypte pour Capital les préoccupations suscitées, à tort ou à raison, par les variants du coronavirus.

Variants brésilien, indien… Quel sera le prochain à provoquer la panique ? Si la souche britannique semble moins inquiéter la population depuis que la Haute autorité de santé (HAS) a admis que les vaccins anti-Covid conservent leur efficacité, ses cousines sud-africaine, brésilienne et maintenant indienne laissent beaucoup de questions sans réponse. Certains redoutent une plus forte transmissibilité, d’autres craignent une plus grande résistance face aux vaccins. Décryptage avec Jean-Daniel Lelièvre, infectiologue à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil en région parisienne, à l’origine de plusieurs recommandations liées à la stratégie vaccinale et aux variants auprès de la HAS.

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Capital : On dit que le variant brésilien est plus dangereux. Mais sur quelles données scientifiques s'appuie-t-on ?

Jean-Daniel Lelièvre : Je ne sais pas ! Il faut se méfier de ce que disent les journalistes et les scientifiques. Je ne suis pas sûr que le variant brésilien soit plus dangereux que les autres. Les variants britannique, sud-africain et brésilien sont tous les trois classés parmi les variants dits préoccupants. Mais celui qui pose le plus de problèmes est le britannique. Parce qu’il est plus transmissible et qu’il semble être associé à une mortalité plus importante. Pour autant, la mortalité n’a pas doublé, ni triplé. Il faut donc être très prudent dans la façon dont on présente ces variants.

Capital : Quid du ‘double mutant indien’ qui fait désormais la Une?

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Jean-Daniel Lelièvre : J’ai assez peu de données sur ce variant indien qui est à mon sens comme les autres. Double mutant, je ne sais pas ce que ça veut dire, c’est une invention des journalistes… Dans les variants sud-africain et brésilien, il n’y a pas une mutation, il y en a 15 ! Donc parler de double mutant, c’est n’importe quoi. Ne partons pas dans les fantasmes de films catastrophes où des grands virus échappent à la réponse immunitaire. Qui plus est, un virus qui tue rapidement n’est pas un virus qui se propage. Donc si la maladie était plus grave, finalement, on arriverait à la contrôler plus facilement.

Capital : Aurait-on alors trop dramatisé au sujet des variants ?

Jean-Daniel Lelièvre : Entre nous, j’ai été atterré quand on a dit qu’il faut fermer les frontières et contrôler les gens en provenance d’Amérique du Sud. Le variant brésilien est présent sur le territoire, il représente près de 1 % des souches, c’est plus que l’ensemble des gens qui peuvent arriver par avion d’Amérique du Sud pendant plusieurs années. À l’heure actuelle, les variants, on les détecte sur le territoire, mais ils ne sont pas en train d’exploser. On mélange un petit tout et on affole les populations exagérément. Les variants sont une source d’inquiétude, mais attention, il y a des données qui nous disent que ce n’est pas si dramatique que ça.

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Jean-Daniel Lelièvre : Soyons clairs, quels sont les pays qui s’en sont sortis dans cette pandémie ? La Nouvelle-Zélande. Normal, c’est une île ! Vous fermez toutes les frontières et avant que le virus arrive, vous bloquez et faites attention. Une fois que le virus est arrivé, on a vu ce qui s’est passé en Italie. Le pays a fermé ses frontières avec la Chine et les Chinois sont passés par la France ou la Suisse. Ce n’est pas pertinent.

Capital : Avec le variant brésilien, des scientifiques craignent un échappement immunitaire...

Jean-Daniel Lelièvre : Il y a beaucoup de confusion sur cette question. Aucun variant, quel qu’il soit, ne peut être insensible à la réponse immunitaire. La particularité de la souche britannique, c’est qu’elle a une seule mutation dans la partie de la protéine Spyke qui va se fixer au récepteur. Les autres souches sud-africaine et brésilienne en ont plusieurs.

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Capital : Mais le risque de réinfection, après une vaccination ou une précédente infection, n'est pas impossible ?

Jean-Daniel Lelièvre : Les variants peuvent effectivement être insensibles à une réponse immunitaire préexistante ou post-vaccinale. Pourquoi ? Prenons les variants brésilien et sud-africain. Comme ils ont plusieurs mutations, si vous avez déjà été vacciné ou que vous avez déjà été infecté, la réponse immunitaire neutralisante n’est peut être pas suffisante pour empêcher de manière optimale la pénétration du virus dans l’organisme. En tout cas, in vitro dans les analyses de laboratoires, on voit qu’il y a une baisse d’efficacité des anticorps. Mais, les gens qui ont été infectés par ces souches-là, eux, développent une réponse immunitaire tout à fait normale.

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Capital : Donc si on a été infecté par le virus originel par exemple, ou qu’on a déjà été vacciné, nos anticorps peuvent avoir un impact diminué face aux variants ?

Jean-Daniel Lelièvre : Pourquoi, d’après-vous, un vaccin contre la grippe peut ne pas fonctionner ? Ce n’est pas parce que le vaccin lui-même ne marche pas, c’est simplement parce que la souche de la grippe qui arrive dans l’organisme ne correspond pas à celle du vaccin. Le vaccin aura très bien marché, il aura fait son boulot. C’est simplement que le virus qui va vous infecter est trop différent du vaccin. C’est le même raisonnement qu’il faut appliquer avec les variants du Sars-CoV-2. Tout en sachant que l’analyse de la réponse immunitaire in vitro peut être différente de ce qui se produit en vie réelle.

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Capital : C’est-à-dire ?

Jean-Daniel Lelièvre : Prenez le variant anglais et le vaccin AstraZeneca. Après les analyses en laboratoire, on constate une perte d’efficacité de la réponse neutralisante. Pour autant en vie réelle, dans les pays où ce variant est très présent, on relève une efficacité très bonne et comparable à celle des vaccins ARN (le Pfizer et le Moderna, ndlr).

Capital : Concrètement, les personnes qui ont déjà été vaccinées ont-elles de sérieuses raisons de se méfier des variants ?

Jean-Daniel Lelièvre : Dans des populations qui n’ont pas été vaccinées ou qui n’ont pas été infectées, les variants peuvent être problématiques puisqu’ils sont plus hautement transmissibles. Par contre, on a beaucoup moins d'arguments pour penser que c’est le cas dans les populations qui ont été plus massivement vaccinées ou qui ont déjà été infectées.

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Capital : Compte tenu de l’efficacité des vaccins face au variant anglais, certains scientifiques craignent que celui-ci perde son avantage compétitif, favorisant l’émergence des souches sud-africaine et brésilienne. Qu’en dites-vous ?

Jean-Daniel Lelièvre : Ce ne sont que des hypothèses qui n’ont été vérifiées nulle part. Rien ne dit, à l’heure actuelle, en dehors de quelques publications israéliennes qui ont défrayé la chronique, qu' en vaccinant largement, on va voir l’émergence de ces souches-là. J’ai fait une présentation sur les stratégies vaccinales contre les variants au congrès européen des maladies infectieuses cette semaine. La personne qui passait avant moi a présenté les données au Danemark, où ils séquencent énormément de souches et il n’y a pas une modification particulière de la répartition des souches malgré la vaccination. Chez les gens infectés, on ne voit pas 100 % de gens infectés par des souches différentes de celles qui existaient avant la vaccination. Pour autant, on a déjà plusieurs moyens à notre disposition pour faire face à ces variants.

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Capital : Lesquels ?

Jean-Daniel Lelièvre : On peut procéder à des rappels de vaccins qui ont pour but de stimuler les cellules B mémoires. Des cellules qui, de base, ne produisent pas d’anticorps, mais qui, en fabriquent lorsqu’on les stimulent. Le problème cependant avec une infection par le Sars-CoV-2, c’est que l’organisme a besoin d’un taux d'anticorps particulièrement élevé pour se défendre. Et que les cellules B mémoire ne les produisent peut-être pas assez vite.

Capital : Comment ça ?

Jean-Daniel Lelièvre : Je vais prendre l’exemple de deux autres pathogènes. Tout d’abord l’hépatite B, vous avez été vacciné et produisez plein d'anticorps et au fil du temps ces anticorps vont diminuer, voire complètement disparaître. Ça ne veut pas dire pour autant que vous n’êtes pas protégé contre ce virus. Pourquoi ? Parce que quand l’hépatite B va entrer dans votre corps, il va stimuler les cellules B mémoire qui vont reconnaître le virus et produire des anticorps pendant une dizaine jours. Ce qui suffit car le virus a besoin de plusieurs semaines avant de donner une maladie clinique. En revanche, dans le cas du pneumocoque, on parle d’une maladie qui tue en quelques jours. Si vous n’avez plus d’anticorps après la vaccination et que votre organisme ne dispose que de cellules B mémoire, le temps que celles-ci fabriquent les anticorps, la maladie aura déjà fait son effet. Et c’est un peu ce qui se passe avec le Sars-CoV-2.

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Capital : D’où peut-être la nécessité de se vacciner contre le coronavirus chaque année ?

Jean-Daniel Lelièvre : Pas nécessairement tous les ans, mais oui, on se dit que les cellules B mémoires n’auront pas forcément le temps de produire des anticorps. On pourrait très certainement faire des rappels à six mois afin de maintenir toujours à un niveau élevé le taux d'anticorps en stimulant les cellules B mémoire. Par exemple, les personnes qui ont été infectées par le Sars-CoV-2 au tout début de l’épidémie en mars 2020, quand vous vérifiez, après 6 mois, s’ils ont des anticorps contre des souches initiales, ils en ont très peu. Et pour les variants, ils n’en ont quasiment pas, au mieux des petites traces. Si vous leur faites une injection d’un vaccin ARN, vous verrez que leur taux d’anticorps va très vite augmenter.

Capital : Si on a été infecté par la souche originelle l’année dernière et qu’on nous injecte un rappel de vaccin, peut-on produire des anticorps contre les variants du coronavirus ? Sans avoir à modifier la composition du vaccin ?

Jean-Daniel Lelièvre : Oui, ils produisent à la fois des anticorps contre la souche originelle et les variants. Depuis deux mois maintenant, des équipes ont montré que les vaccins ARN de Pfizer et Moderna le permettent, sans en modifier leur formule. Malheureusement, ces résultats ont été peu communiqués... Et honnêtement, même si ça reste à confirmer, je ne suis franchement pas sûr que, tous les ans, on ait besoin de modifier les vaccins comme on le fait pour la grippe.

Capital : Une autre solution serait aussi de mixer les vaccins pour les moins de 55 ans qui ont déjà reçu une première injection d’AstraZeneca et qui ne peuvent pas poursuivre leur vaccination avec ce produit en raison des risques de thrombose ?

Jean-Daniel Lelièvre : Oui c’est effectivement une autre possibilité qu’on appelle dans notre jargon un prime boost hétérologue. C’est-à-dire de ne pas injecter le même vaccin au moment du rappel. La littérature scientifique montre que ça augmente nettement la réponse immunitaire. Et c’est bien dommage que cette stratégie n’ait pas été mise en avant alors que cette technique a déjà été utilisée dans le cadre d’un vaccin contre Ebola par exemple. Un essai a même commencé au Royaume-Uni, pour étudier l’intérêt de combiner les différents vaccins.

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usr: 2
C'est intéressant!