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Immobilier Avec la crise sanitaire, certaines villes choisissent de surtaxer les résidences secondaires

21:00  14 octobre  2021
21:00  14 octobre  2021 Source:   lemonde.fr

Bretagne : Le nombre de résidences secondaires a été multiplié par trois

  Bretagne : Le nombre de résidences secondaires a été multiplié par trois En cinquante ans, le nombre de maisons construites dans la région a plus que doublé, dont une majorité à destination des habitants de passage © C. Allain / 20 Minutes Vue de résidences secondaires sur le littoral à Penmarc'h en Bretagne. IMMOBILIER - En cinquante ans, le nombre de maisons construites dans la région a plus que doublé, dont une majorité à destin Voilà un chiffre qui ne va pas rabibocher les Bretons avec « les Parisiens », terme générique qui qualifie les habitués de la région, peu importe qu’ils soient de Paris, de Nantes ou de Rennes.

Marseille, Montpellier, Bordeaux, Sète, Biarritz, La Rochelle… Les villes où le nombre de résidences secondaires accroît les tensions sur le marché du logement décident de majorer leur taxe d’habitation, parfois jusqu’à 60 %.

Un an et demi après le début de la crise sanitaire, qui a confiné la France pendant plusieurs mois, le marché des résidences secondaires est en plein essor. A tel point que les prix flambent dans de nombreuses communes très prisées et accentuent un peu plus les tensions sur le marché du logement. C’est particulièrement vrai sur les littoraux, ainsi que dans les grandes villes, notamment du sud de la France.

Coronavirus : Le patrimoine des ménages a progressé en 2020 malgré la crise sanitaire

  Coronavirus : Le patrimoine des ménages a progressé en 2020 malgré la crise sanitaire L’an dernier, les ménages ont gonflé leurs dépôts et leurs placements, les restrictions sanitaires © iStock / City Presse Une cession immobilière entraîne bon nombre de frais, que ce soit du côté de l'acheteur mais aussi du vendeur. INSEE - L’an dernier, les ménages ont gonflé leurs dépôts et leurs placement Malgré la crise sanitaire, le patrimoine des ménages a continué de progresser en 2020, grâce à la hausse des prix de l’immobilier, selon une étude de l’Insee et de la Banque de France publiée ce vendredi. Le patrimoine des ménages s’établit ainsi fin 2020 à 13.

Pour lutter contre l’augmentation du nombre de résidences secondaires, non louées ou utilisées pour des locations de courte durée (par l’intermédiaire de plates-formes comme Airbnb), de plus en plus de communes décident de frapper au porte-monnaie. La liste de celles qui décident d’augmenter lourdement la majoration sur la taxe d’habitation des résidences secondaires s’allonge de semaine en semaine.

Le nouvel engouement pour les résidences secondaires

Jusqu’à 60 % de surtaxe

Marseille a ainsi décidé, à la fin de septembre, de majorer sa taxe d’habitation sur les résidences secondaires de 60 %, contre 20 % auparavant, comme l’avaient fait cet été Lyon, Bordeaux, Montpellier. Paris et Nice avaient déjà pris cette décision depuis plusieurs années. Sur la côte basque, Barritz et Saint-Jean-de-Luz – où presque la moitié des logements sont des résidences secondaires – ont fait de même il y a quelques semaines, alors qu’Anglet avait déjà porté la surtaxe à son maximum légal de 60 % en avril. La Rochelle, en Charente-Maritime, a choisi une majoration de 50 % ; la ville de Sète, dans l’Hérault, de 40 %. Selon Midi Libre, outre Montpellier et Sète, huit communes du département ont pris une mesure similaire.

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  Immobilier : vos plus-values de vente bientôt exonérées si vous créez ou reprenez une entreprise ? Un amendement LREM au projet de loi de finances 2022 propose d’exonérer d’impôt les plus-values réalisées sur la cession d’un bien autre que la résidence principale, à condition qu’une part de cette plus-value serve à la création ou à la reprise d’une société. En matière de vente immobilière, il est difficile d’échapper à la taxation de ses plus-values. En effet, lors de la vente d’un bien ou d’un terrain, vous êtes en principe redevable d’un impôt calculé sur le montant de la plus-value réalisée (qui correspond à la différence entre le prix de vente et le prix d’achat initial).

La taxe d’habitation est désormais supprimée pour 80 % des propriétaires de résidences principales, mais pas pour les 3,2 millions de propriétaires de résidences secondaires. Dans les zones tendues, c’est-à-dire où il existe un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements entraînant des difficultés sérieuses d’accès au logement, une majoration de 5 % à 60 % est applicable – soit potentiellement dans 1 151 communes.

Résidences secondaires : la course à la mer fait flamber les prix de l’immobilier

Les municipalités qui décident actuellement de l’augmenter sont précisément celles qui ont connu les plus importantes envolées des prix des logements depuis dix-huit mois. Les hausses sont, par exemple, de 15 % sur un an à La Rochelle, 10 % à Saint-Jean-de-Luz, ou encore plus de 7 % à Marseille.

Les Sables-d’Olonne, qui ne sont pas encore classés en zone tendue, ont demandé à l’être après une année où les prix des logements situés sur la bande littorale ont flambé. Les élus de cette commune qui compte 40 % de résidences secondaires souhaitent appliquer la surtaxe dès 2023, peut-être à hauteur de 60 %.

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  ENQUÊTE. En Bretagne, la galère des étudiants pour se loger À Rennes, première ville universitaire de la région, la pénurie de logements est connue depuis longtemps. Mais ailleurs, le problème est récent. À Brest, la rentrée 2021 s’est faite sur fond de crise. Pourtant, voilà plusieurs années que le nombre d’étudiants augmente mais que rien ne se construit, ou presque… © Archives Ouest-France Un logement étudiant. Que se passe-t-il à Brest (Finistère) ? Avant, pour un étudiant, c’était plutôt simple de trouver un logement. Et la ville était réputée pour ses loyers abordables. Mais depuis deux ans, la situation s’est tendue, voire dégradée.

Inciter les propriétaires à remettre les logements sur le marché

Avec ces majorations, les élus des villes concernées espèrent pousser les propriétaires de résidences secondaires à remettre ces logements sous-occupés sur le marché en les vendant ou en les louant sur une longue durée, alors qu’une partie de leur population a du mal à se loger. « Si nous arrivions à convaincre ne serait-ce que 20 % des propriétaires, on pourrait libérer près de 1 200 logements, tout de suite », a ainsi expliqué à Sud Ouest Thibaut Guiraud, l’adjoint aux finances de La Rochelle.

« Les locations courte durée représentent 18 % [du parc de logements], c’est énorme sur un marché déjà tendu. Nous avons utilisé le seul levier à notre disposition », a également affirmé François Escarguel, adjoint au maire de Sète chargé des finances, au Midi Libre.

Taxe d’habitation et résidences secondaires : ce qu’il faut savoir pour éviter les (mauvaises) surprises

Au-delà de l’enjeu du logement, la mesure viendra aussi gonfler les recettes de communes dont les finances ont été affectées par une crise sanitaire qui dure depuis un an et demi. A Sète, selon France 3 Occitanie, la commune a aussi justifié la hausse de la surtaxe par « l’impact de la crise sanitaire sur les recettes communales » et « le rôle essentiel de la commune en termes d’amortisseur social » : « Il apparaît juste de mettre à contribution les personnes qui disposent d’un important patrimoine », selon un document municipal consulté par la chaîne locale.

A Marseille aussi, on évoque une taxe qui « peut avoir un effet financier ». « On ne peut pas encore le mesurer, car la loi prévoit tout un dispositif de dégrèvements », a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) Joël Canicave, adjoint au maire de Marseille chargé des finances, évoquant cependant « une première évaluation de 3 millions d’euros » de recettes supplémentaires pour la ville.

A Saint-Malo, la bataille fait rage pour encadrer « la spéculation immobilière » des locations Airbnb .
Plusieurs collectifs doivent prendre la parole ce samedi devant le siège parisien de la plate-forme de location en ligne © C. Allain / 20 Minutes Une plage de Saint-Malo, photographiée depuis les remparts. TOURISME - Plusieurs collectifs doivent prendre la parole ce samedi devant le siège parisien de la pl Leur ville est sans doute l’une de celle qui a pris la décision la plus radicale en France. Mais leur combat ne s’arrête pas là. Ce samedi, plusieurs collectifs prendront la parole devant le siège français de l’entreprise Airbnb à Paris.

usr: 1
C'est intéressant!