•   
  •   

Immobilier Immobilier : “la hausse des prix n’est pas tenable”, selon le président de la Fnaim

17:50  01 décembre  2021
17:50  01 décembre  2021 Source:   capital.fr

Immobilier. Les prix flambent à Rennes, quels sont les bons plans pour se loger ?

  Immobilier. Les prix flambent à Rennes, quels sont les bons plans pour se loger ? Avec des hausses à deux chiffres, les prix de l’immobilier sont historiquement élevés. Du jamais vu à Rennes. Les professionnels estiment que cette tendance va se poursuivre, mais en cherchant bien, on peut encore trouver quelques opportunités à saisir… © Archives Marc Ollivier/Ouest-France Dans les nouveaux quartiers, les programmes immobiliers se vendent très vite, avant même d’être construits. Ici, à Baud-Chardonnet, le long de la Vilaine en direction de Cesson-Sévigné. Rennes est plus que jamais un bon choix pour ceux veulent investir dans l’immobilier.

Immobilier : “la hausse des prix n’est pas tenable”, selon le président de la Fnaim © Claudiad / Getty Images Immobilier : “la hausse des prix n’est pas tenable”, selon le président de la Fnaim

Pandémie ou non, les prix de l’immobilier grimpent dans de nombreuses communes… et le nombre de transactions bat des records en 2021 ! L’incroyable frénésie immobilière qui touche les acheteurs depuis plusieurs mois ne sera toutefois pas durable, estime le président de la Fédération nationale de l’immobilier Jean-Marc Torrollion. Entretien.

Capital : 2021 sera une année record en nombre de transactions, et même en niveau de prix dans certaines communes. Comment l’expliquer ?

Jean-Marc Torrollion : Suite à la pandémie, une vraie redistribution du marché immobilier s’est opérée, au profit des régions de l’Ouest et des zones rurales. Les communes rurales ont d’ailleurs connu leurs hausses de prix les plus fortes depuis dix ans. Dans certaines villes moyennes, à Brest par exemple, le prix du mètre carré a flirté avec des hausses de +20% sur un an. Je n’avais que rarement observé ce genre de chiffres par le passé. A contrario, l'augmentation a été bien plus légère dans les grandes métropoles, et les prix ont même légèrement diminué à Paris. L’échauffement général va toutefois se calmer, car il n’est pas tenable dans la durée.

Libéraliser le bail locatif : que vaut la proposition explosive du think tank Génération Libre ?

  Libéraliser le bail locatif : que vaut la proposition explosive du think tank Génération Libre ? Bail libre, nouvelles protections pour le locataire et possibilité pour le propriétaire de récupérer son bien en cas d’impayés… Le think tank libéral Génération Libre propose une refonte totale de la politique française du logement. Des propositions jugées risquées par plusieurs experts. L'élection présidentielle approche à grands pas et la crise du logement est toujours aussi pesante dans le pays. Pourtant, la question de l’habitat est quasiment absente de ce début de campagne, bien qu’elle soit l’une des préoccupations majeures des Français, avec l’emploi.

Capital : Cela signifie-t-il que les flambées de prix pourraient ralentir ?

Jean-Marc Torrollion : Il me semble que le prix est le critère le plus important pour les acheteurs. Même si bien sûr, la recherche de plus d’espace ou de verdure peut aussi compter. Or, le marché risque d’être confronté à un effet ciseau. Les hausses de prix dans de nombreuses villes vont en effet limiter les capacités financières des acheteurs locaux. Ce problème arrivera d’autant plus vite que les banques pourraient être plus sélectives pour accorder des prêts. D’ailleurs, dans les agences de nos adhérents, on voit déjà que l’offre de logements augmente, que les biens se vendent moins vite du fait que les acheteurs prennent leur temps. C’est le signal d’un marché qui va bientôt revenir sur terre.

Les Français peuvent acheter 60 m2 en moyenne, mais le pouvoir d’achat immobilier varie fortement selon les régions

  Les Français peuvent acheter 60 m2 en moyenne, mais le pouvoir d’achat immobilier varie fortement selon les régions Surprise : selon certaines estimations, il serait possible d’acheter un bien deux fois plus grand qu’en 1984 grâce à des taux de crédit bas. Combien de mètres carrés peut-on acheter avec ses revenus, et peut-on acquérir un logement aussi grand qu’il y a dix ou vingt ans ? Une étude réalisée par le site d’annonces Meilleursagents sur les cinquante dernières années indique que le pouvoir d’achat immobilier des Français se maintient depuis 2017 et qu’il est actuellement possible d’acheter 60 m2 pour un revenu disponible médian équivalent à 2 525 euros, contre environ 30 m2 dans les années 1980.

Nous excluons toutefois l’hypothèse d’une “bulle” immobilière qui éclatera, pour deux raisons. D’abord, parce que les banques maintiennent des taux d’intérêts bas et favorables aux emprunteurs, malgré certaines restrictions. Ensuite, en dépit de la pandémie, la situation économique reste relativement bonne : on sait que cela va favoriser la poursuite des transactions immobilières.

Capital : Existe-t-il une pénurie de logements aujourd’hui, comme le répètent notamment les promoteurs immobiliers ?

Jean-Marc Torrollion : Les envies des acheteurs sont paradoxales, car elles heurtent de plein fouet les objectifs écologiques de non-étalement urbain. Or, on le voit avec le boom des achats de résidences secondaires : les maisons continuent à être très recherchées. Leur rareté fait monter les prix, alors que les acheteurs souhaitent trouver des logements plus abordables que dans les centre-villes. L'équation est difficile à résoudre.

Immobilier : 24% des ménages possèdent 68% des logements détenus par des particuliers en France

  Immobilier : 24% des ménages possèdent 68% des logements détenus par des particuliers en France D’après l’Insee, la concentration de la richesse immobilière s’accentue et les inégalités se creusent. 11% des ménages possédant trois logements ou plus gèrent 46% du parc immobilier détenu par des particuliers. L’article Immobilier : 24% des ménages possèdent 68% des logements détenus par des particuliers en France est apparu en premier sur Mieux Vivre Votre Argent.

Dans ce contexte, il faut assumer un rééquilibrage des territoires, et construire là où cela est nécessaire. Il existe bien sûr des communes où les logements ne coûtent pas cher, seulement quelques dizaines de milliers d'euros. On pourrait se dire qu’il n’y a qu’à loger les acheteurs dans ces logements vacants. Mais encore faut-il aussi leur proposer des services publics, et des transports pour les attirer… Pour pallier la pénurie de logement, je crois donc qu’il faut aussi passer par une densification des villes existantes.

Capital : Densifier les villes ? Par quels moyens ?

Jean-Marc Torrollion : En surélevant les immeubles, afin d’y construire de nouveaux logements. La Fnaim propose que les maires cartographient les surélévations possibles dans leurs communes. Si l’on ne peut plus artificialiser les sols, il faut donc optimiser les surfaces disponibles. L’efficacité de la surélévation sera variable selon l’âge du parc de logement. Certaines villes ont connu une forte expansion avant-guerre, d’autres entre les années 1955 et 1975. Or, les immeubles construits dans ces années-là se prêtent remarquablement à la surélévation. Même à Paris, je pense que le potentiel de nouveaux appartements est plus important avec les surélévations que via les rénovations de logements anciens.

Bordeaux : « Moins de mètres carrés mais davantage de services », le coliving fait une percée sur le marché de l’immobilier

  Bordeaux : « Moins de mètres carrés mais davantage de services », le coliving fait une percée sur le marché de l’immobilier Le concept du coliving, qui propose des chambres ou des appartements autour d’espaces communs, franchit une étape avec l’arrivée sur ce secteur de Bouygues Immobilier, qui ouvrira à Bordeaux sa première résidence partagée © cutwork Le projet de résidence en coliving de Bouygues Immobilier à Bordeaux LOGEMENT - Le concept du coliving, qui propose des chambres ou des appartements autour d’espaces communs, franchit une étape avec l’arrivée sur ce secteur de Bouygues Immobilier, qui ouvrira à Bordeaux Les résidences en « coliving » vont-elles pousser comme des champignons à Bordeaux ? Le p

Capital : Beaucoup de Français continuent pourtant d’aspirer à être propriétaire d’une maison...

Jean-Marc Torrollion : Il faut réconcilier les acheteurs avec la vision de la densité, qui à mon sens est trop souvent associée à l’insécurité. Voilà pourquoi nous proposons par exemple d’obliger les immeubles à accueillir des gardiens ou des concierges. La densité, ça se vend ! Si l’on explique que la densité permet de maintenir les écoles, les services publics, les commerces à proximité, et que cela modernise les immeubles, il sera plus facile de convaincre. Les propriétaires peuvent se dire que les travaux de surélévation permettront de bénéficier de nouveaux services (ascenseur, garage) dans leur immeuble, ou d’améliorer la performance énergétique de leur logement.

Capital : L’interdiction de louer certaines passoires thermiques dès 2023 inquiète certains bailleurs. Que préconise la Fnaim sur cette question ?

Jean-Marc Torrollion : Nous estimons d’abord que les politiques de rénovation s’apprécient non pas à l’échelle de l’immeuble, mais à l’échelle de la commune. Typiquement, on ne peut pas rénover Saint-Malo de la même façon qu’on le ferait avec Grenoble. Les objectifs de performances énergétiques doivent être plus localisés.

Il faut également adopter un moratoire sur les biens à rénover en copropriété, dès lors qu’un plan de travaux a été adopté. Techniquement, les interdictions de louer les passoires énergétiques pourraient faire sortir 3 millions de logements du parc locatif, dont 700.000 rien qu’en 2025 ! D’ici là, on va certes rénover un certain nombre de biens… Mais concernant les logements en copropriété, je peux garantir que l’on risque de ne même pas avoir 20% du parc aux normes d’ici 2025. Il faut adapter les objectifs de rénovations au fonctionnement et aux obligations des copropriétés. Avec le moratoire, on donnerait ainsi le temps à tout le parc privé de se rénover.

Immobilier à Paris : les prix des villes à proximité du bois de Vincennes sont quatre fois plus chers .
Les logements situés autour des bois de Vincennes et de Boulogne sont vendus plus chers, surtout dans l’est de Paris. L’article Immobilier à Paris : les prix des villes à proximité du bois de Vincennes sont quatre fois plus chers est apparu en premier sur Mieux Vivre Votre Argent.

usr: 1
C'est intéressant!