•   
  •   

Immobilier Airbnb : comment la mairie de Paris serre encore la vis dans les quartiers touristiques

18:25  15 décembre  2021
18:25  15 décembre  2021 Source:   capital.fr

Immobilier : surélévation de logement, mode d'emploi

  Immobilier : surélévation de logement, mode d'emploi Le foncier aérien offre un vrai potentiel d’optimisation immobilière, à condition d’en maîtriser les différents aspects. © DR Ajouter un étage supplémentaire à sa maison ou construire sur le toit d’un immeuble peut être une solution pratique et écologique pour lutter contre l’étalement urbain et la pénurie de logements et de foncier.

Airbnb : comment la mairie de Paris serre encore la vis dans les quartiers touristiques © Chesnot / Getty Images Airbnb : comment la mairie de Paris serre encore la vis dans les quartiers touristiques

Le conseil de Paris vient d’adopter deux dispositions visant à dissuader les transformations de logements ou de petits commerces en locations saisonnières de type Airbnb, dans les quartiers les plus touristiques de la capitale.

La Ville de Paris poursuit sa croisade contre Airbnb. Le Conseil de Paris a adopté, ce mercredi 15 décembre, deux dispositions destinées à dissuader les propriétaires de transformer leurs logements et commerces en hébergement touristique. La première mesure vient renforcer un mécanisme existant déjà bien connu des loueurs Airbnb : celui de la compensation obligatoire. Dans toutes les communes d’Île-de-France, les propriétaires doivent en effet demander en mairie une autorisation de changement d’usage pour louer leur résidence secondaire sur les plateformes. Et à Paris, cette autorisation est conditionnée à un mécanisme de compensation obligatoire, qui consiste à transformer un local commercial d’une surface au moins équivalente en un local habitable, au sein du même arrondissement. Dans certains quartiers du centre, cette règle est même encore plus contraignante, puisque pour chaque mètre carré transformé en meublé touristique, les propriétaires doivent transformer le double de surface de locaux commerciaux en logements.

Encadrement des loyers : 37 % de loyers abusifs à Paris, 43 % en Seine-Saint-Denis

  Encadrement des loyers : 37 % de loyers abusifs à Paris, 43 % en Seine-Saint-Denis Selon notre enquête, réalisée à partir de 8 753 annonces, les plafonds de loyers définis par la loi sont fréquemment dépassés, et les honoraires des agences sont excessifs dans 20 % des cas. Le 1er décembre, l’encadrement des loyers est entré en vigueur à Montreuil, Bagnolet, Bondy, etc. Au total neuf communes de l’établissement public territorial Est Ensemble, au nord-est de Paris, rejoignent cette expérimentation déjà lancée à Paris, Lille, Lyon et Plaine Commune (Seine-Saint-Denis) dans le cadre de la loi ELAN de 2018. L’objectif est de limiter les loyers abusifs dans ces agglomérations sous tension.

>> A lire aussi - Loueurs Airbnb : ce que l’arrêt de la Cour de justice européenne change pour vous

Ce dispositif a pour but de préserver l’équilibre entre habitat et activité économique. Et selon la Ville de Paris, il a permis de gagner près de 47.000 mètres carrés de surface de logement. Mais la mairie veut aller plus loin, en créant un troisième seuil de compensation dans les zones où l’offre en hébergement touristique est déjà très dense. Ainsi, à partir de l’année prochaine, dans le Marais, à Montmartre, dans les quartiers Latin, des Champs-Elysées et celui de la Tour Eiffel, la superficie compensée devra être trois fois supérieure. De fait, il deviendra donc quasiment impossible de mettre une résidence secondaire en location saisonnière, tant l’offre en locaux commerciaux est réduite et les prix élevés.

Derrière l’« exode urbain », l’accaparement foncier ?

  Derrière l’« exode urbain », l’accaparement foncier ? Après avoir étudié les effets des nouvelles installations de citadins en zone périphérique, Aurélie Delage et Max Rousseau, deux chercheurs spécialistes des questions d’habitat, lancent un appel. A leurs yeux, l’arrivée de familles en quête d’un meilleur espace de vie masque un phénomène un phénomène plus profond : la multiplication des achats immobiliers d’investissement et des locations saisonnières qui éloignent les populations locales.La figure clé, ici, a été identifiée d’emblée par les médias : le « Parisien », cadre en télétravail, déterminé à fuir coûte que coûte les loyers prohibitifs et le métro saturé en quête d’une vie plus saine.

Encadrer les transformations de commerces et bureaux

La seconde disposition vient quant à elle combler un vide juridique. Une brèche dans laquelle de nombreux propriétaires se sont engouffrés ces dernières années pour contourner la règle de compensation : la transformation de petits commerces de rez-de-chaussée en meublés de tourisme. Selon la direction de l’urbanisme de Paris, depuis 2015, près de 89.000 mètres carrés de surfaces commerciales ont ainsi été convertis en hébergements de type Airbnb. Depuis 2017, la capitale aurait ainsi perdu plus de 900 commerces. “Dans un certain nombre de de rues, et notamment dans le quartier du Sentier (IIe arrondissement, ndlr), les petits commerces ont été cannibalisés par la location saisonnière. Mais la Ville ne pouvait rien y faire car la pratique n’était pas du tout encadrée. Il était urgent d’agir”, explique Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris en charge du logement. La délibération adoptée ce jour s’appuie sur un décret pris cet été par le gouvernement, qui permet justement aux communes d’encadrer ces transformations de commerces. Certaines rues protégées par le plan local d’urbanisme (PLU) seront ainsi complètement interdites aux transformations de commerces.

Condamnés à payer 80.000 euros pour fraude au permis de louer

  Condamnés à payer 80.000 euros pour fraude au permis de louer Dix amendes ont été infligées en 2021 à Grigny (91) à des personnes n’ayant pas respecté le permis de louer imposé aux propriétaires depuis 2014. » LIRE AUSSI - Immobilier: le permis de louer, un dispositif qui peut inquiéter les propriétaires bailleurs

>> A lire aussi - Airbnb : pas d'avis positifs ? Pas de location pour le 1er de l'an !

Et la Ville ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. “Le dernier sujet, ce sont les immeubles de bureaux, souffle Ian Brossat. Mais là-dessus, nous n’avons aucune marge de manœuvre". Si elle n’a pas de chiffre à avancer, la mairie constate de plus en plus de transformations d’immeubles entiers qui, après avoir subi de gros travaux, sont détaillés en petits appartements pour de l’hébergement touristique. “Nous sommes régulièrement alertés par des riverains car cela produit énormément de nuisances, notamment en raison de fêtes. Mais là non plus, nous n’avons pour l’heure aucun moyen d’agir”, regrette l’adjoint au logement. Ou presque… En avril dernier, la mairie a préempté un immeuble de bureaux de cinq étages situé en plein cœur de Paris, rue Saint-Denis (IIe arrondissement), qui allait être transformé en appartements Airbnb. Coût de l’opération : 8,5 millions d’euros. La Ville entend profiter de la révision du PLU, en 2024, pour réguler ces changements d’usage… et éviter d’avoir à ouvrir le tiroir caisse trop souvent.

>> Notre guide complet de l’investisseur. Pourquoi investir dans l’immobilier ? Avec quels avantages fiscaux à la clé ? Comment tirer le meilleur rendement de sa ou ses location(s) ?

Immobilier : où trouver encore des bonnes affaires en Rhône-Alpes ? .
Après l’emballement de l’année 2020, les biens les plus recherchés, en particulier ceux avec un extérieur, manquent à la vente. Etat des lieux, ville par ville. Lyon : les acquéreurs retrouvent un peu de choixDe 3.000 à 9.000 euros/m²Après un été plutôt calme, le marché de la capitale des Gaules s’est réveillé à la rentrée avec des stocks reconstitués, des délais revenus à la normale pour les ventes (deux mois en moyenne contre quinze jours pendant l’euphorie de 2020) et des prix qui se stabilisent.

usr: 1
C'est intéressant!