Immobilier: Les travaux d’amélioration énergétique réduisent trop peu les factures - Energy s'excuse de ne pas avoir enquêté sur les plaintes d'un client après avoir émis des factures «insensées» - PressFrom - France
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Immobilier Les travaux d’amélioration énergétique réduisent trop peu les factures

17:15  02 décembre  2019
17:15  02 décembre  2019 Source:   lefigaro.fr
L’isolation des portes et des fenêtres est jugée « peu efficace» alors que ces interventions représentent 40% des travaux effectués selon une étude récente. © Zlikovec/Shutterstock L’isolation des portes et des fenêtres est jugée « peu efficace» alors que ces interventions représentent 40% des travaux effectués selon une étude récente.

L’école des Mines s’est penchée sur les factures de ménages ayant réalisé des travaux d’économie d’énergie. Résultat: 1000 euros de travaux aboutissent à seulement 8,29 euros par an de moins sur la facture.

Lorsqu’on dépense plusieurs milliers d’euros pour mieux isoler sa maison ou se chauffer de façon plus économe, on espère bien souvent voir sa facture d’énergie fondre. C’est loin d’être toujours le cas comme vient de le montrer une étude de l’école des Mines (Mines ParisTech) publiée dans la revue de l’énergie. Les deux auteurs se sont penchés sur les données brutes de l’enquête Maîtrise de l’énergie «10.000 ménages» réalisée par l’Ademe de 2000 à 2013. L’objectif? Mesurer quantitativement «l’effet marginal d’un euro dépensé dans les travaux de rénovation sur la facture énergétique d’un logement moyen», indique l’étude.

Pour cela les auteurs ont comparé les consommations sur le long terme (6 ans en moyenne) de ménages d’une même région ayant réalisé de tels travaux. Résultat? Pour 1000 euros dépensés (isolation, équipements performants...) la facture baisse de seulement 8,29 euros par an. Autant dire rien. Avec ce niveau d’économie, le retour sur investissement culmine à... 120 ans. «Ces résultats conduisent à s’interroger sur la pertinence des subventions à l’efficacité énergétique dans le secteur résidentiel si elles sont motivées par la réduction de la consommation d’énergie», fustige l’étude. 

Pour les auteurs, l’inadaptation de certaines interventions explique leur faible impact. L’isolation des portes et des fenêtres est «peu efficace» alors que ces actions représentent «40% des travaux effectués.» Les auteurs pointent également du doigt «une faible qualité des travaux.» C’est le cas lorsque les particuliers réalisent eux-mêmes ces interventions, ou lorsque l’entreprise est défaillante.

Mais la principale explication à ces résultats est à chercher du côté des ménages. Les économies de chauffage ne sont tout simplement pas une priorité lorsqu’ils réalisent ces travaux Seuls 23% des sondés sont motivés par la diminution de la facture énergétique. Pour 26% des sondés, l’augmentation du confort est la principale motivation. «Il est réducteur de penser que la rénovation énergétique a pour seul intérêt la baisse de la facture. Le confort, l’amélioration du cadre de vie, la valorisation de son logement sont des éléments tout aussi moteurs dans la décision, sans qu’ils ne soient forcément chiffrés», estime Dimitri Molle président du bureau d’études Senova. Les chercheurs mettent d’ailleurs en avant un «effet rebond»: un logement mieux isolé conduit à augmenter la température intérieure. Ce qui absorbe les économies que l’on pouvait anticiper.

L’étude de l’Ademe a été stoppée en 2013. Les résultats seraient-ils les mêmes aujourd’hui? Probablement pas, comme le reconnaissent d’ailleurs les auteurs de l’étude. Les travaux à 1 euro - financés par les fournisseurs d’énergie, via les certificats d’énergie et par l’État pour les ménages modestes - ne coûtent aujourd’hui presque rien aux particuliers. «Les données issues de ces études sont obsolètes. Les ménages ont aujourd’hui un reste à charge quasi nul. Parler de retour sur investissement n’a plus de sens. Les matériaux aussi ont évolué» rappelle Audrey Zermati directrice stratégie d’Effy, société qui accompagne les particuliers dans leurs travaux. L’Agence nationale de l’habitat qui pilotera à partir du 1er janvier la nouvelle prime «Ma prime Renov», fusion du CITE et l’aide «Habiter mieux agilité» de l’Anah, estime aujourd’hui le gain énergétique moyen des travaux de rénovation à 40%.

Les offres à 1 euro sont bien sûr tentantes. Mais il convient de rester vigilant quant à la qualité des entreprises sollicitées. Selon la répression des fraudes (DGCCRF), 56 % des chantiers présenteraient des anomalies. En un an, les plaintes ont augmenté de 20 %. Afin de remédier aux abus, le gouvernement a renforcé les conditions d’octroi du label RGE, la qualification que doivent nécessairement avoir les professionnels qui réalisent ces travaux. Ce sont les organismes de contrôle, comme Qualibat, qui choisiront les chantiers à visiter, et non plus l’entreprise. De plus, 6 types travaux particulièrement à risque (parmi lesquels isolation des combles ou changement de chaudière) feront l’objet de contrôles renforcés. L’entrée en vigueur est prévue dans les six premiers mois de l’année.

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