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Immobilier Immobilier : pourquoi les prix des logements neufs ne sont pas près de baisser

20:40  26 mars  2021
20:40  26 mars  2021 Source:   capital.fr

Quotas de logements sociaux: la loi SRU pérennisée au-delà de 2025

  Quotas de logements sociaux: la loi SRU pérennisée au-delà de 2025 Quotas de logements sociaux: la loi SRU pérennisée au-delà de 2025« L’obligation d’avoir 25% de logements sociaux ne s’arrêtera pas en 2025, elle deviendra permanente. Certaines communes se disaient qu’il suffirait d’attendre quelques années pour diminuer l’ambition... Désormais, elles ne pourront plus jouer la montre, elles devront poursuivre leurs efforts jusqu’à atteindre l’objectif », a déclaré Emmanuelle Wargon.

Immobilier : pourquoi les prix des logements neufs ne sont pas près de baisser © EyeOfPaul / Getty Images Immobilier : pourquoi les prix des logements neufs ne sont pas près de baisser

Dans son numéro de mars, le “Grand jury de la presse immobilière” (Radio immo) auquel participait Capital, recevait Olivier Salleron, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB). L’occasion de dresser un bilan de santé du bâtiment, dans ce contexte pandémique.

Quand le bâtiment va tout va, dit le proverbe… Et ce n’est pas franchement le cas en ce début d’année 2021. Invité dans le “Grand jury de la presse immobilière” (Radio immo), cette semaine, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), Olivier Salleron, a dressé un bilan de santé pour le moins chaotique du secteur, dans le contexte pandémique. Au lendemain d’une année 2020 qui s’annonçait historique, avec des carnets de commandes plein à craquer - et ce malgré les élections municipales, qui freinent habituellement la construction -, le bâtiment subit encore les répercussions de la crise. Les aides délivrées par l’Etat ont certes fait le job, permettant de sauver la majeure partie des emplois… Mais pour le reste, la chute se poursuit : -15% de délivrance de permis de construire en 2020 et -9% de mises en chantier sur la même année, par rapport à la moyenne de long terme. Les logements commencés ont chuté à 351.000 unités, soit l’un des pires bilans depuis la crise du début des années 1990.

Quotas de logements sociaux dans les communes : la loi SRU sera pérennisée au-delà de 2025

  Quotas de logements sociaux dans les communes : la loi SRU sera pérennisée au-delà de 2025 La loi SRU, qui impose aux communes un taux de 20% ou 25% de logements sociaux, sera pérennisée au-delà de 2025, sa date butoir, a annoncé la ministre du Logement Emmanuelle Wargon dans un entretien au Journal du Dimanche. « L'obligation d'avoir 25% de logements sociaux ne s'arrêtera pas en 2025, elle deviendra permanente. Certaines communes se disaient qu'il suffirait d'attendre quelques années pour diminuer l'ambition... Désormais, elles ne pourront plus jouer la montre, elles devront poursuivre leurs efforts jusqu'à atteindre l'objectif », a déclaré Mme Wargon.

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Et les perspectives ne s'annoncent guère meilleures. La FFB prévoit une année 2021 encore pire, avec un nouveau recul de 12,6% des mises en chantier, qui pourraient tomber à seulement 307.000 unités. Soit à peine plus de 10 logements pour 1.000 ménages, contre 18,5 en moyenne en 2006 et 15 en 2017. “La barre des 300.000 logements pourrait même être enfoncée au tournant 2021-2022”, avertit Olivier Salleron. Le plus dur est donc peut-être devant nous...

Surcoût et pénurie de matériaux pourraient peser sur la facture

Surtout, le ralentissement des chantiers, ainsi que la désorganisation de la production et de la fourniture des matériaux de construction ont engendré beaucoup de surcoûts l’an dernier. Pour les entreprises d’abord, dont les marges se sont écrasées à la fin 2020, les marchés étant bien souvent signés à prix fermes. “Pour tous les chantiers qui avaient été commencés, logements, hôpitaux, maisons de retraites, et dont les prix avaient été fixés avant le 18 mars 2020 (date du 1er confinement, ndlr)… Ce fut catastrophique”, rappelle Olivier Salleron. Fort heureusement, la FFB avait obtenu au printemps dernier une suspension des pénalités de retard, pour éviter de définitivement plomber la rentabilité de leurs opérations. Mais in fine, ce sont bien les acheteurs qui pourraient payer une part de la facture…

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Car à l’heure actuelle, les constructeurs doivent faire face à de nouveaux surcoûts, cette fois liés à la flambée des prix de certaines matières premières. Sur les trois premiers mois de l’année, ces augmentations atteignent par exemple 63% sur les métaux ferreux et 28% sur le cuivre. Au cours des deux derniers mois, ces mouvements haussiers s’étendent et s’amplifient même sur les produits plastiques et le bois, sur lesquels on observe des ruptures de livraisons. La FFB déplore notamment qu’une part importante du bois de structure soit “détournée” sur le marché nord-américain. “Donald Trump a tellement taxé les importations de bois canadien que les constructeurs américains achètent désormais leur bois en Europe. Et ils sont prêts à payer deux, voire trois fois plus cher que nos entreprises françaises”, illustre Olivier Salleron.

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Dans les Pays de la Loire par exemple, là où le bois de structure coûte environ 200 euros le mètre cube livré sur chantier, les américains sont prêts à débourser 700 euros par mètre cube, en sortie d’usine. Les entreprises françaises sont donc appelées à faire des stocks… Mais toutes n’en ont pas la possibilité. La pénurie guetterait également les équipements techniques, tels les puces électroniques, certaines connectiques et autres composants en silicium. A termes, ce sont de nouvelles pénalités de retard qui pourraient s’abattre sur les constructeurs. Voilà pourquoi la FFB appelle le gouvernement à reconduire les ordonnances prises l’an dernier pour geler ces pénalités et à réfléchir à indexer les marchés sur les prix des matériaux.

A n’en pas douter, tous ces surcoûts risquent de peser sur le prix des logements neufs. Les ménages pourraient donc bien payer une partie de la facture, laisse entendre Olivier Salleron. Facture qui pourrait d’ailleurs se corser un peu plus, avec la prochaine entrée en vigueur de la RE2020, la nouvelle réglementation environnementale. Celle-ci pourrait engendrer des surcoûts compris entre 6% et 13% sur les maisons neuves, selon le Pôle Habitat de la FFB.

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usr: 1
C'est intéressant!