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Immobilier Crédit immobilier : méfiez-vous de l’assurance perte d’emploi

12:07  07 mai  2021
12:07  07 mai  2021 Source:   abonnement.leparisien.fr

Immobilier : au secours, mes clients cherchent le bien parfait !

  Immobilier : au secours, mes clients cherchent le bien parfait ! Immobilier : au secours, mes clients cherchent le bien parfait !«On a droit à des sketchs parfois»

Le Parisien © Fournis par Le Parisien Le Parisien

Elle reste marginale et peu connue. L’assurance perte d’emploi ne doit pas être confondue avec l’assurance emprunteur qui permet à un futur propriétaire de se protéger ainsi que sa famille en cas de décès ou d’invalidité. La garantie perte d’emploi couvre l’acquéreur en CDI, uniquement en cas de chômage lié à un licenciement économique, et dans de strictes conditions d’application. C’est une assurance complémentaire qui n’est absolument pas obligatoire. Mais avec la crise sanitaire, certaines banques poussent voire en imposent la souscription à leurs clients.

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Contraintes par les recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) à resserrer leurs conditions d’octroi et à intégrer le coût de l’assurance dans leurs crédits, les banques sont devenues beaucoup plus regardantes sur la situation professionnelle de leurs futurs emprunteurs. Cherchent-elles à mieux protéger leurs clients contre les aléas de la vie ? À se prémunir contre la hausse attendue des dépôts de bilan et avec elle, celle des impayés de salariés mis au chômage ? Et/ou à accroître leurs marges sur le crédit immobilier, un produit d’appel clé qui ne génère, concurrence oblige, que peu de revenus aux banques ?

« Une pression commerciale »

Cette démarche, même si elle ne concerne que certaines agences locales, n’est, en tout cas, pas passée inaperçue. Elle agace au plus haut point certains concurrents courtiers en crédits et en assurances. « Plusieurs directions régionales de certaines banques comme le Crédit Agricole et les Caisses d’Épargne, incitent et tentent d’imposer l’assurance perte d’emploi alors qu’elle n’a guère d’intérêt et offre une couverture extrêmement faible aux emprunteurs, s’insurge Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier Cafpi. On connaît bien cette pression commerciale qui consiste à dire si vous voulez votre crédit, il faut souscrire cette garantie… Bien sûr, le client peut la refuser mais il s’expose alors à voir sa demande de prêt rejetée ».

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Ce que confirment d’autres courtiers comme Vousfinancer ou Magnolia.fr. « Depuis le début de l’année, plusieurs banquiers mutualistes conseillent fortement à leurs clients inquiets de la souscrire », assure Sandrine Allonier, directrice des études chez Vousfinancer. « On en voit en effet même si leur nombre reste limité, confirme Astrid Cousin, porte-parole du courtier en assurances Magnolia.fr, qui note que cette garantie est souvent proposée aux couples travaillant dans la même entreprise. Mais pas seulement.

Un couple en CDI souhaitant faire construire sa résidence principale a été récemment surpris de voir son banquier ajouter la garantie perte d’emploi dans l’assurance du mari, employé dans la grande distribution, un secteur pourtant bien épargné par la crise de la Covid-19. Même incitation chez un autre couple travaillant dans le privé, n’ayant pas connu de période de chômage partiel, pour obtenir le crédit nécessaire à son investissement locatif.

Comment ils ont retrouvé un job à plus de 50 ans grâce à un parrain

  Comment ils ont retrouvé un job à plus de 50 ans grâce à un parrain L’association pour l’emploi des cadres (APEC), a lancé en mars dernier la seconde édition de Talents Seniors, un dispositif de parrainage qui accompagne les plus de 50 ans dans leur recherche d’emploi. Ils ont participé à la première édition, et racontent comment le programme leur a permis de retrouver une activité. Reviennent souvent dans les médias les difficultés que rencontrent les jeunes diplômés sur le marché du travail.

« Elle est proposée à ceux qui n’en ont pas besoin mais pas à ceux qui en ont besoin, résume Michel Guillaud, président de l’association de défense des consommateurs France Conso Banque. Face aux personnes réellement à risques, travaillant dans l’événementiel, l’hôtellerie ou l’aéronautique, les banques sont devenues bien plus radicales et leur refusent tout bonnement l’accès au crédit immobilier », constate-t-il.

Une garantie ajoutée à l’assurance emprunteur

Certains établissements proposent même un « package tarifaire » avantageux en incluant la garantie perte d’emploi à l’assurance emprunteur classique. Contactée, la Fédération nationale du Crédit agricole assure proposer « un package intéressant pour le client », rappelant que « la garantie est facultative et rassure les clients qui la souscrivent ».

« Cette opération est en réalité très maligne et rentable pour la banque car elle rend le client plus captif, explique Astrid Cousin. Il lui est plus difficile de trouver par la suite une offre équivalente à un tarif aussi compétitif et donc de faire jouer la délégation pour changer d’assurance ». Et de citer l’exemple d’un jeune couple de 35 ans qui bénéficie d’un package facturé 0,5 % seulement. Difficile pour les courtiers de s’aligner sur de tels tarifs… « Peu de nos partenaires proposent cette garantie perte d’emploi car justement elle revient cher et alourdit le niveau d’endettement, ajoute Philippe Taboret qui la recommande rarement.

« Au taux moyen de 0,3 % sur un crédit de 220 000 euros sur vingt ans, elle va coûter 13 200 euros, soit 55 euros/mois à l’emprunteur, c’est beaucoup trop, calcule Maël Bernier, porte-parole du comparateur Meilleurtaux. À cela s’ajoutent des conditions drastiques : un versement forfaitaire ou limité dans le temps (NDLR : 24 à 36 mois maximum jusqu’à 62 ans) et soumis à une période de carence de 3 à 12 mois selon les contrats… Bref, mieux vaut s’en passer ! ».

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Immobilier : «Il faut construire plus», estime Emmanuelle WargonQuel a été l’impact de la crise du Covid sur le marché de l’immobilier ?

usr: 1
C'est intéressant!