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France Dupond-Moretti, Schiappa, Darmanin… L’équation complexe des ministres candidats

18:50  15 mai  2021
18:50  15 mai  2021 Source:   nouvelobs.com

L'hypothèse Dupont-Moretti dans les Hauts-de-France, Macron prêt à lancer l'offensive contre Bertrand

  L'hypothèse Dupont-Moretti dans les Hauts-de-France, Macron prêt à lancer l'offensive contre Bertrand Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, est déjà candidat pour les départementales à Tourcoing. Quant au garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, il pourrait prochainement remplacer Laurent Pietraszewski, l'actuelle tête de liste LREM pour les régionales. L'objectif affiché est de freiner la montée du RN. Mais en sous-main, il s'agit aussi de déstabiliser Xavier Bertrand. Après la région PACA la semaine dernière, les grandes manœuvres politiques en vue des régionales se poursuivent dans le Nord.

  Dupond-Moretti, Schiappa, Darmanin… L’équation complexe des ministres candidats © Copyright 2021, L'Obs

C’était il y a presque un an, dans le huis clos d’un séminaire gouvernemental à l’Elysée. La Berezina aux municipales est à peine digérée qu’Emmanuel Macron pense déjà à l’étape suivante. Ce jour de début septembre, le président presse les membres du gouvernement de se frotter au suffrage universel et réclame « un engagement maximal » de ses troupes en vue de la bataille électorale qui se profile désormais : les régionales. Huit mois plus tard, et malgré les défections remarquées de quelques poids lourds comme Jean-Michel Blanquer ou Olivier Véran, un temps pressentis respectivement en Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes, le message semble avoir été entendu.

Régionales : Dupond-Moretti candidat LREM en Hauts-de-France, mais pas tête de liste

  Régionales : Dupond-Moretti candidat LREM en Hauts-de-France, mais pas tête de liste Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti a confirmé qu'il sera candidat sur la liste LREM pour les régionales dans les Hauts-de-France. © ROMUALD MEIGNEUX/SIPA Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, a annoncé vendredi à «La Voix du Nord» sa candidature sur la liste LREM pour les régionales dans les Hauts-de-France, mais sans en prendre la tête, comme il en avait été pressenti."Je serai au premier rang dans le Pas-de-Calais sur la liste de Laurent Pietraszewsksi (...

Une douzaine de ministres sont, pour l’heure, dans les starting-blocks. Quatre d’entre eux tentent leur chance comme têtes de liste : le centriste Marc Fesneau (Relations avec le Parlement) dans le Centre-Val-de-Loire, Geneviève Darrieussecq (Anciens Combattants) en Nouvelle-Aquitaine, Brigitte Klinkert (Insertion) dans le Grand Est et Laurent Pietraszewski (Retraites) dans les Hauts-de-France.

Soucieux d’apporter une teinte nationale à ce scrutin, les macronistes concentrent particulièrement leurs forces sur deux régions. L’Ile-de-France, d’abord, où quatre ministres – Marlène Schiappa (Citoyenneté), Emmanuelle Wargon (Logement), Amélie de Montchalin (Fonction publique) et Nathalie Elimas (Education prioritaire) – ont été dépêchés pour prêter main-forte au député du Val-de-Marne, Laurent Saint-Martin, envoyé au casse-pipe pour affronter celle qui fait figure d’archi-favorite, Valérie Pécresse.

Régionales : pour Le Pen, "l'obsession" de Dupond-Moretti à son égard est "étrange"

  Régionales : pour Le Pen, Le Garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a annoncé vendredi sa candidature dans le Pas-de-Calais aux régionales sur la liste LREM, afin notamment de faire barrage au RN. Marine Le Pen lui a répondu samedi, ironisant sur "l'obsession" du ministre de la Justice à son égard. Marine Le Pen a ironisé samedi sur "l'obsession" d'Eric Dupond-Moretti à son égard, au lendemain de l'annonce par le ministre de la Justice de sa candidature dans le Pas-de-Calais aux régionales sur la liste LREM. "J'ai vu beaucoup de forts en gueule venir ici tenter de défier le RN et opérer des rodomontades, M. (Bernard) Tapie en son temps, M.

Depuis l’Elysée, il a également été décidé d’envoyer pas moins de cinq membres du gouvernement dans les Hauts-de-France, où le sortant Xavier Bertrand compte faire de ces régionales le premier round de son ambition élyséenne. Aussi, la semaine passée, l’ex-ténor du barreau Eric Dupond-Moretti (Justice), natif de Maubeuge, est spectaculairement entré dans l’arène électorale dans sa région natale. A l’instar de son homologue de l’Intérieur, Gérald Darmanin : candidat déclaré aux départementales, le patron de Beauvau pourrait bien figurer en avant-dernière position de la liste emmenée par Laurent Pietraszewski. Ces deux renforts de poids doivent aussi redonner un peu de souffle à une campagne qui, Covid oblige, peine à décoller. Toujours dans les Hauts-de-France, Alain Griset, secrétaire d’Etat aux PME, et la ministre en charge de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, pourtant longtemps pressentie en bonne position en Ile-de-France, pourraient eux aussi entrer dans la danse.

La fille de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière, candidate aux côtés de Dupond-Moretti?

  La fille de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière, candidate aux côtés de Dupond-Moretti? La belle-fille d’Emmanuel Macron était samedi avec Eric Dupond-Moretti pour son premier déplacement depuis l'annonce de sa candidature sur la liste LREM pour les régionales dans les Hauts-de-France © Sylvain Lefevre/ABACAPRESS.COM L’ex-star des prétoires est entrée samedi en campagne. Lors de son premier déplacement -une visite annoncée au dernier moment à Loos-en-Gohelle, près de Lens- Eric Dupond-Moretti était notamment accompagné de Tiphaine Auzière, l’une des filles de Brigitte Macron.Si le ministre est novice en politique, l'avocate l’est moins.

Voir ainsi une cohorte de ministres ferrailler aux régionales est un grand classique de la Ve République. En son temps, Jacques Chirac n’avait-il pas envoyé sept de ses ministres au combat ? En 2010, Nicolas Sarkozy comptait, lui, vingt de ses ministres au front ! Cinq ans plus tard, François Hollande s’était contenté de missionner sept membres du gouvernement de Manuel Valls.

« Prisme national »

A l’Elysée comme autour de la table du conseil des ministres, on sait depuis longtemps que ce scrutin, calé onze mois avant la présidentielle, sera quoi qu’il advienne « lu avec un prisme national ». Alors, gare au camouflet ! Certains se souviennent que l’échec des ministres de Sarkozy avait alors considérablement affaibli le chef de l’Etat. « On entend montrer que l’on veut peser sur cette campagne », commente un stratège macroniste. « Mais il n’y a ni instruction ni obligation faite aux membres du gouvernement d’y aller, précise un proche du chef de l’Etat. Le président pousse toujours ses ministres à aller au combat. Mais ils ne l’ont pas été pour ça. Ils en avaient envie, c’est tout. » Le chef de file des « marcheurs » franciliens, Laurent Saint-Martin, renchérit :

Présidentielle 2022 : Xavier Bertrand s’attaque à la délinquance des mineurs

  Présidentielle 2022 : Xavier Bertrand s’attaque à la délinquance des mineurs Le candidat à l’Elysée dit vouloir en finir avec « l’impunité ». Pour cela il propose la multiplication par trois des centres éducatifs fermés © FRANCOIS GREUEZ / SIPA/SIPA Xavier Bertrand, le 30 avril 2021. SECURITE - Le candidat à l’Elysée dit vouloir en finir avec « l’impunité ». Pour cela il propose la multiplication par troi A un an de la présidentielle, Xavier Bertrand continue de faire connaître ses propositions. Le candidat pour l’Elysée en 2022 s’attaque cette fois au sujet de la justice et de la sécurité.

« Je trouve cela très bien qu’ils se lancent dans la bataille. Cela prouve que les ministres se soucient des territoires. »

« On ne va pas se mentir, cette élection risque de ne pas nous profiter et le soir du premier tour promet d’être compliqué », lâche-t-on au sein de l’exécutif. Pourtant, ça et là, des victoires ne semblent pas tout à fait impossibles. Notamment dans le Centre-Val-de-Loire où les espoirs des macronistes reposent sur Marc Fesneau. Les plus optimistes considèrent également que Geneviève Dariesseucq, du MoDem, pourrait, elle aussi, créer la surprise en Nouvelle-Aquitaine.

Si certains ministres s’engagent, cela tient aussi à une raison bien plus simple. Plusieurs d’entre eux, s’ils souhaitent survivre en politique, doivent nécessairement passer par la case élection. Et à ce petit jeu-là, une bonne place sur une liste aux régionales est sans doute moins risquée qu’une aventure aux législatives. « Marlène Schiappa cherche une terre et cela faisait longtemps qu’elle tournait autour de Paris », commente-t-on dans l’entourage du président. Idem pour Emmanuelle Wargon ou Amélie de Montchalin qui, depuis de longs mois, cherchent à asseoir leur implantation locale, dans le Val-de-Marne pour la première, dans l’Essonne pour la seconde. Commentaire d’un de leurs homologues : « On construit un ancrage local. On a raté un truc aux municipales où il y avait l’opportunité de définir le macronisme municipal ».

Et si d’aventure l’un des ministres venait à remporter une région ? Marc Fesneau l’affirme à « l’Obs » : « Le contrat est clair : si je gagne, je quitte le gouvernement. » L’un de ses homologues se projette également :

« Il y aura remaniement. On aura forcément une équipe post-régionale. »

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Malgré la présence d’élus et de Darmanin, les policiers veulent éviter toute récupération politique .
Des élus de tous bords (ou presque), mais aussi des anonymes et des artistes, vont se joindre aux policiers, mercredi en début d’après-midi devant l’Assemblée nationale. Mais les syndicats ont prévenu : ils empêcheront toute récupération politique. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, dont la présence annoncée a suscité la polémique, ne devrait d’ailleurs rester que quelques minutes. Ils ont appelé à un soutien le plus large possible. Un appel aux Français qui englobe forcément les personnalités politiques. Mais les policiers qui manifesteront mercredi après-midi devant l’Assemblée nationale ne veulent pas être l’objet de récupération politique.

usr: 2
C'est intéressant!