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France Breton, basque, corse, occitan… Des élections sous le signe des langues régionales

19:20  04 juin  2021
19:20  04 juin  2021 Source:   ouest-france.fr

Emmanuel Macron défend l’enseignement en immersion et se pose en « gardien » des langues régionales

  Emmanuel Macron défend l’enseignement en immersion et se pose en « gardien » des langues régionales Le président de la République a publié un message sur Facebook pour saluer le travail de Diwan et des écoles immersives, cinq jours après la censure partielle, par le Conseil constitutionnel, de la loi Molac. Pour Emmanuel Macron, « les langues de France sont un trésor national ».Emmanuel Macron est sorti de son silence. C’est par un message posté sur sa page Facebook que le président de la République a réagi à la décision du Conseil constitutionnel de retoquer plusieurs articles de la loi de protection et de promotion des langues régionales portée par le député du Morbihan Paul Molac.

Paul Molac et Loïg Chesnais-Girard (masqués, au quatrième rang) étaient présents à la manifestation pour les langues régionales, samedi 29 mai 2021, à Guingamp (Côtes-d’Armor), comme d’autres candidats aux élections régionales. © Vincent MOUCHEL / Ouest-France Paul Molac et Loïg Chesnais-Girard (masqués, au quatrième rang) étaient présents à la manifestation pour les langues régionales, samedi 29 mai 2021, à Guingamp (Côtes-d’Armor), comme d’autres candidats aux élections régionales.

La question des langues régionales a fait irruption dans la campagne en vue du scrutin des 20 et 27 juin 2021, après la censure partielle de la loi Molac par le Conseil constitutionnel. La République en marche est tiraillée.

On en parle de Guingamp à Calvi, de Pau à Schiltigheim. Après la censure par le Conseil constitutionnel de la loi Molac, la défense des langues régionales s’est imposée dans la campagne des élections régionales, faisant quasiment l’unanimité au sein des partis, tout en mettant la majorité présidentielle dans l’embarras.

«Richesse culturelle» et «souplesse intellectuelle», quels sont les apports de l'école immersive ?

  «Richesse culturelle» et «souplesse intellectuelle», quels sont les apports de l'école immersive ? DÉCRYPTAGE - Le Conseil constitutionnel vient de retoquer les dispositions de la loi Molac sur l'enseignement en immersion en langues régionales. Les établissements scolaires immersifs s'inquiètent pour leur avenir. » LIRE AUSSI - «Non, la loi sur les langues régionales ne menace pas l’unité de la République!»

Rares sont les responsables politiques qui ne prennent fait et cause publiquement pour les langues régionales, à l’exception notable de Manuel Valls qui, revenu de Catalogne où il a combattu les indépendantistes, a dénoncé leur présence lors d’une manifestation samedi 29 mai à Perpignan. La langue de la République est le français. Cela n’est pas négociable, a insisté l’ex-Premier ministre socialiste sur Twitter.

« C’est clairement devenu l’une des thématiques de campagne »

À deux semaines du premier tour des régionales, le dimanche 20 juin 2021, quasiment toute la classe politique regrette la décision du Conseil constitutionnel de censurer « l’enseignement immersif » ​prévu dans la loi adoptée le 8 avril 2021 par le Parlement et portée par le député du Morbihan Paul Molac, du groupe Libertés et Territoires (qui rassemble des élus du centre-droit et du centre-gauche), lui-même candidat sur la liste du président sortant socialiste de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard.

L'immobilier s'envole et le Pays basque s'enflamme

  L'immobilier s'envole et le Pays basque s'enflamme "Euskal Herria ez da salgai" ou "Le Pays Basque n'est pas à vendre" : ces inscriptions fleurissent sur les devantures des agences immobilières et les façades des maisons à vendre de la côte basque où les prix au m2 s'envolent, poussés par le marché des résidences secondaires et des nouveaux arrivants. "Ce n'est pas la première fois que nos agences immobilières ou des maisons sont ciblées", acquiesce Marie-Pierre Burre-Cassou, maire de Guéthary, village de 1.300 habitants, "avec plus de 50% de résidences secondaires" et un prix moyen de vente à 7.400 euros le m2.

Dans les régions concernées, c’est clairement devenu l’une des thématiques de campagne​, affirme Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS, qui souligne que les partisans des langues constituent un électorat pour les différentes forces politiques qui doivent donc y répondre.

Pas étonnant dès lors que toutes les forces politiques se soient retrouvées dans la rue samedi 29 mai aux côtés des milliers de personnes qui exprimaient leur soutien à l’enseignement en immersion de ces langues, du maire LR Jean-Luc Moudenc à Toulouse, au candidat écologiste Nicolas Thierry à Bordeaux, en passant par le candidat RN Christian Zimmermann à Colmar où le président LR sortant de Grand Est Jean Rottner a d’ailleurs été enfariné.

Lire aussi : EN IMAGES. De la Bretagne à la Corse, des milliers de manifestants défendent les langues régionales

Le courrier des présidents de régions

L'immobilier s'envole et le Pays basque s'enflamme

  L'immobilier s'envole et le Pays basque s'enflamme "Euskal Herria ez da salgai" ou "Le Pays Basque n'est pas à vendre" : ces inscriptions fleurissent sur les devantures des agences immobilières et les façades des maisons à vendre de la côte basque où les prix au m2 s'envolent, poussés par le marché des résidences secondaires et des nouveaux arrivants."Ca se crispe énormément, on le sait tous, la mèche est allumée", souffle le membre, anonyme, d'un collectif de militants de la côte basque qui lutte pour que l'immobilier reste accessible.

Mais la question a largement dépassé les régions directement concernées : La France est constituée de 75 langues régionales et la plupart de ces locuteurs ne revendiquent pas l’autonomie, commente Thierry Dominici, politologue spécialiste des nationalismes.

Cette semaine, les présidents des 13 régions métropolitaines ont écrit au président Emmanuel Macron afin de lui demander de sécuriser définitivement l’enseignement immersif des langues régionales, que cela soit au sein d’écoles publiques ou associatives.

Les régions, toutes présidées par l’opposition, n’ont pas raté l’occasion pour insister sur les divisions apparues au sein de la majorité présidentielle dès le débat au Parlement.

Il reste des jacobins pur jus dans nos administrations centrales, en particulier aux ministères de la Culture et de l’Éducation nationale. Ce sont les gardiens du temple républicain orthodoxe​, assure Romain Pasquier en allusion notamment à Jean-Michel Blanquer, accusé d’avoir piloté la saisine du Conseil constitutionnel.

LREM se complique la tâche

Langues régionales à l'école : "Le français doit être présent tous les jours", selon Blanquer

  Langues régionales à l'école : Le Conseil constitutionnel a censuré la semaine dernière une proposition de loi sur l'enseignement immersif en langues régionales, tandis qu'Emmanuel Macron a estimé que "rien ne saurait entraver cet enseignement". "Il faut qu'on soit en conformité avec ce que le Conseil constitutionnel a décidé", juge Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, sur Europe 1. L'enseignement immersif des langues régionales va-t-il se poursuivre en France ? La question se pose, alors que le Conseil Constitutionnel a retoqué vendredi 21 mai un texte de loi sur les langues régionales, texte qui permettait aux établissements, y co

L’opposition a beau jeu de dénoncer cet en même temps de la majorité présidentielle, avec d’un côté des ministres comme le Breton Jean-Yves Le Drian ou l’Alsacienne Brigitte Klinkert, candidate LREM en Grand Est, mais aussi François Bayrou qui plaide pour un changement de la Constitution afin d’y inscrire la défense des langues régionales, et d’un autre 60 députés qui saisissent le Conseil constitutionnel.

Pour Romain Pasquier, il s’agit d’un couac général de la part de LREM. La Bretagne était pourtant l’une des rares régions où elle pouvait s’imposer. Il y avait eu un consensus parlementaire là-dessus. Mais ils sont parvenus à créer un problème là où il n’y en avait, déplore-t-il.

C’est en voie d’apaisement​, assure une source parlementaire chez LREM. Si les régionalistes avaient pris en compte les warnings, on aurait évité ça. Fautes d’un côté et de l’autre​, observe-t-elle.

« N’emmerdons pas les Français »​, lance Emmanuel Macron

Face à la situation, Emmanuel Macron, qui a entamé cette semaine un tour de France, a présenté jeudi 3 juin dans le Lot les langues régionales comme un patrimoine, comme nos paysages, nos monuments qu’il faut reconnaître et préserver, appelant à ne pas avoir peur de ces langues (qui) n’enlèvent rien à la langue française et qu’il avait déjà défendues dans un message sur Facebook.

N’emmerdons pas les Français, c’est pour ça que j’ai demandé au gouvernement d’apporter une réponse, a-t-il ajouté.

Résultat, le Premier ministre Jean Castex a confié une mission aux députés Yannick Kerlogot (LREM) et Christophe Euzet (Agir) afin de tirer toutes les conséquences de la décision controversée du Conseil constitutionnel.

ENTRETIEN. En Corse, « le déni de la mafia par les élus est un message de peur » .
En septembre 2019, Massimu Susini était tué alors qu’il ouvrait sa paillote sur une plage de Cargèse. Un des deux collectifs anti mafia créés à la fin de l’été 2019 porte son nom. Son oncle Jean-Toussaint Plasenzotti, l’un des créateurs du collectif raconte ce combat citoyen face au déni. Jean-Toussaint Plasenzotti a donné rendez-vous sur un parking de Cargese (Corse-du-Sud) offrant une vue panoramique sur la plage de Pero.D’ici, on aperçoit la paillote 1768, le restaurant de plage qui appartenait à son neveu Maxime (Massimu en corse) Sunini, 36 ans, assassiné le 12 septembre 2019 alors qu’il ouvrait son établissement.

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