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France Progressiste ou conservateur? Macron révélé par ses discours

18:55  17 juin  2021
18:55  17 juin  2021 Source:   parismatch.com

Brigitte Macron de sortie : joyeuses retrouvailles avec un couple princier, Stéphane Bern ravi

  Brigitte Macron de sortie : joyeuses retrouvailles avec un couple princier, Stéphane Bern ravi Stéphane Bern a pu compter sur la présence d'un couple princier lundi, à l'Institut de France, pour la remise des prix de sa fondation pour l'histoire et le patrimoine. Au côté de la première dame Brigitte Macron, il a reçu la visite de Joachim de Danemark et de son épouse la princesse Marie.Installés à Paris depuis bientôt deux ans, le prince Joachim et son épouse la princesse Marie étaient en effet de la partie. Le couple a ainsi retrouvé l'épouse d'Emmanuel Macron, qu'il connaît déjà bien après plusieurs rencontres officielles entre Copenhague et Paris. Lundi, Brigitte Macron n'est pas passée inaperçue dans son ensemble bleu clair à boutons dorés.

Le linguiste et historien Damon Mayaffre publie une étude d'ampleur inédite sur les discours d'Emmanuel Macron, assistée par un algorithme qui éclaire la généalogie de la parole du président.

  Progressiste ou conservateur? Macron révélé par ses discours © Alain Jocard/Pool via REUTERS

Devant des maires de communes rurales, face à des Français en colère ou aux participants de la convention citoyenne pour le climat, la présidence Macron est celle de l'omniprésence de la parole du chef de l'Etat. Emmanuel Macron parle souvent : pendant la crise sanitaire, ses interventions nombreuses ont été vues par des dizaines de millions de Français. Il parle longtemps, comme lorsqu'il a reçu à l'Elysée une soixantaine d'intellectuels pendant... plus de 8 heures! Le corpus des interventions présidentielles est une mine, que Damon Mayaffre, chercheur au CNRS et chargé d'enseignement à l'Université Côte d'Azur, exploite en profondeur dans son livre «Macron ou le mystère du verbe» (éd. de l'Aube).

PHOTOS - Brigitte Macron en t-shirt blanc col V et pantalon zippé pour encourager les Bleus

  PHOTOS - Brigitte Macron en t-shirt blanc col V et pantalon zippé pour encourager les Bleus Brigitte et Emmanuel Macron sont venus encourager les Bleus la veille du premier match de l'Euro qui commence le 11 juin 2021. Pour l'occasion, la première dame a choisi une tenue de circonstance, vêtue d'un costume bleu marine et d'un t-shirt blanc col en V, assez rare pour être souligné. 1/2 DIAPOSITIVES © Jean-Emmanuel Etty/Pool/Bestimage Brigitte Macron a le sens du style avec ce costume bleu marine et son t-shirt blanc col V. 2/2 DIAPOSITIVES © Jean-Emmanuel Etty/Pool/Bestimage Brigitte Macron a aussi opté pour un sac à main tendance signé Louis Vuitton.

Fort d'une longue expérience des discours politiques, et en particulier de ceux des présidents de la Ve République, Damon Mayaffre établit un méticuleux portrait linguistique, historique et politique de la langue macronienne. S'appuyant sur des techniques issues de l'intelligence artificielle, il désigne même ces phrases qui, chez le président, s'inscrivent le plus parfaitement dans la lignée de ses prédécesseurs et peut même établir un «taux d'inspiration». Le verdict : c'est Nicolas Sarkozy qui inspire le plus Emmanuel Macron. Mais ce constat ne traduit pas tout de la grande variété de ses discours, qui empruntent aussi à Pompidou les élans littéraires et à Giscard les exposés technocratiques. A l'aube d'une nouvelle campagne présidentielle, l'ouvrage livre les clés pour comprendre le positionnement politique du président sortant, qui a multiplié les signaux envers l'électorat de droite.

Emmanuel Macron giflé : Le tour de France du président est-il perturbé ?

  Emmanuel Macron giflé : Le tour de France du président est-il perturbé ? L'Elysée ne veut rien changer au projet de tournée présidentielle pour «aller au contact des Français», mais les images de la gifle ont quelque peu éclipsé le message d'Emmanuel Macron« Ni banaliser, ni dramatiser ». Emmanuel Macron est revenu devant ses ministres ce mercredi sur la claque qu’il avait reçue la veille à Tain-l’Hermitage dans la Drôme, selon le porte-parole du gouvernement. Un homme, interpellé le jour même, a giflé le chef de l’Etat qui venait d’entamer un tour de France pré-estival.

Dans «Le JDD» :Le discours de candidature de Macron, anticipé par l'ordinateur

Paris Match. Vous affirmez dans votre livre qu’il n’y a pas de mystère idéologique autour d’Emmanuel Macron, que vous rattachez à une tradition libérale bien connue. En se présentant comme un refus des partis de «l’ancien monde», le macronisme n’est-il alors qu’un déguisement?

Damon Mayaffre. C’est plus subtil que cela. Il y a chez Emmanuel Macron une sincérité dans la croyance de l’évidence de sa politique. Pour lui, elle n’a pas besoin d’être explicitée. Il s’inscrit dans une génération post-effondrement du mur de Berlin, qui pour partie pense qu’«il n’y a pas d’alternative» au libéralisme (ainsi que le proclamait Margaret Thatcher, ndr). Il est l’enfant d’un système unique, il semble considérer que son job est de le gérer au mieux et de l’optimiser. C’est une rhétorique du processus, du mouvement, de la réforme, d’un progrès qui n’explicite pas ses fins. Dans ce non-dit idéologique, il navigue parfois à la boussole : il est tendu vers le mouvement et aussi vers la réaction. Il utilise des mots en R : refonder, renaissance… C’est une contradiction, car il se fait ainsi conservateur du système en place.

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 Explicateur-Pourquoi les élections régionales de la France sont-elles importantes? Regard sur l'avenir Paris (Reuters) - Le parti national d'extrême droite de Marine Le Pen espérait que les élections régionales de la France en juin renforceraient ses diplômes en tant que chef de file au pouvoir et fournissent une plate-forme pour son enchère présidentielle de 2022.

Vous assimilez Emmanuel Macron à cette vision post-idéologique issue des années 1990, mais lui-même rejette explicitement l’hypothèse de la «fin de l’Histoire» qu’aurait entraîné le triomphe du capitalisme sur le communisme après la chute de l’URSS...

Emmanuel Macron porte un néo-progressisme qui manque d’idéal. Pour autant, il est trop cultivé pour verser dans l’idée d’une «fin de l’Histoire». Pierre-André Taguieff a décrit, presque vingt ans avant Macron, le «mouvementisme», le «bougisme», comme une forme dégradée de l’idée de progrès, idée qui a structuré notre philosophie politique au XIXe et au XXe siècle. Il n’y avait pas de fin de l’Histoire dans cette vision d’un progrès continu. Et pourtant, le capitalisme libéral a remporté le combat idéologique du XXe siècle. De là naît l’impression que l’Histoire est arrêtée. L’idée de progrès tourne désormais à vide : on modernise, on améliore, on optimise…

3747-Mayaffre-Macron-ou-le-mystère-du-verbe-scaled © Fournis par Paris Match 3747-Mayaffre-Macron-ou-le-mystère-du-verbe-scaled

Vous recherchez la généalogie idéologique d’Emmanuel Macron, notamment du côté de la «troisième voie» de Tony Blair, mais aussi du solidarisme, «à juste distance du darwinisme social qu’une pensée ultra-libérale impliquerait et du collectivisme socialiste qu’un régime communiste imposerait». Et pourtant, ces filiations ne vous satisfont pas pleinement.

Macron giflé : le prévenu en comparution immédiate ce jeudi, la préméditation écartée

  Macron giflé : le prévenu en comparution immédiate ce jeudi, la préméditation écartée Les domiciles du principal suspect et d’un ami qui l’accompagnait ont été perquisitionnés mardi soir par les enquêteurs, qui auraient trouvé chez le second des armes et le journal d’Hitler.Ils n’ont aucun antécédent judiciaire et ne seraient pas connus des services de renseignement. Le principal suspect était positif au test d’alcoolémie, avaient indiqué plus tôt dans la journée nos confrères de France Info. Lors de son audition, Damien T. a expliqué être proche de la mouvance des gilets jaunes et «avoir des convictions politiques traditionnelles de droite ou d’ultra-droite» sans être membre «d’aucun parti» ni militant «exprimé», précise le communiqué du procureur.

J’aurais été prêt à qualifier le macronisme de néo-solidarisme à la Léon Bourgeois, qui refusait la lutte des classes mais réintroduisait la question sociale par le biais de la solidarité, mais Macron a un problème avec l’impôt. Or Léon Bourgeois estimait que le seul outil susceptible de mettre en œuvre cette solidarité, c’est l’impôt. Il manque à Macron cette brique essentielle. De plus, il a supprimé l’impôt de solidarité sur la fortune.

A lire :Comment le coronavirus a bouleversé la parole présidentielle

Vous décrivez la parole d’Emmanuel Macron comme une «rhétorique du processus». Qu’entendez-vous par là?

Il y a plusieurs indices linguistiques forts. Macron adore le suffixe -tion, qui marque le processus qui fait d’un verbe d’action un substantif. Transformer devient transformation, révolutionner devient révolution… Cela cadre avec le postulat de la mort des idéologies. On dénonce à peine la dystopie, on ne préconise pas l’utopie, on n’a pas de programme à suivre. Par contre, on certifie à son électorat que l’on va être en mouvement. Autre indice : le président fait fréquemment un usage intransitif de verbes transitifs et des verbes de mouvement. Un exemple : «Je veux transformer», point, sans complément d’objet. Transformer quoi? On attend le périmètre de la transformation. Macron, lui, en fait l’économie. Il existe même dans le gouvernement un ministère à l’intitulé incroyable, «de la Transformation et de la Fonction publiques».

“La plus grande qualité du président ? Son épouse” : Marlène Schiappa revient sur ses propos sur Brigitte Macron

  “La plus grande qualité du président ? Son épouse” : Marlène Schiappa revient sur ses propos sur Brigitte Macron Interviewée par un vidéaste, ce jeudi 17 juin, Marlène Schiappa est revenue sur ses anciens propos concernant le président de la République et sa compagne, Brigitte Macron. Ce jeudi 17 juin, Marlène Schiappa a accepté de se faire interviewer par un vidéaste de The Call. Comme le veut le concept de cette chaîne YouTube, l'entretien se déroulait par téléphone. Un entretien durant lequel la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté a évoqué son rôle au sein du gouvernement, mais aussi son combat contre les violences conjugales.


Vidéo: Emmanuel Macron arrive à VivaTech: le premier salon en présentiel (Le Figaro)

"Macron déguise son conservatisme en progressisme"

La force de la rhétorique macronienne n’est-elle pas de laisser l’électeur libre de projeter une part de sa propre vision dans la «transformation» promise?

Le but du discours politique est de rechercher une forme de consensus auprès du plus grand nombre d’électeurs. En n’explicitant pas les fins et les objets, Emmanuel Macron évite ce qui peut être dissensuel et reste dans la sincérité de la volonté d’agir. Il y a là un calcul oratoire : en dire le moins possible en matière programmatique et en rester à une intention la plus générale possible. Déplacer la charge du discours du rationnel vers l’émotionnel, c’est un classique. C’était particulièrement visible pendant la campagne de 2017. Ce talent rhétorique peut-il convenir aussi bien à un président sortant qu’à un candidat nouveau? C’est une vaste question.

Vous écrivez que le discours de Macron est «un discours embarrassant, voire impossible à tenir» : «sortir des routines et imaginer des solutions neuves tout en déclarant pourtant vouloir appliquer des solutions éprouvées qui ont déjà fait leurs preuves», résumez-vous. Y a-t-il une part de conservatisme dissimulée dans le macronisme?

N’en déplaise à ceux qui voudraient voir en Emmanuel Macron un vrai réformateur, l’idée qu’il faut «se mettre en marche» vise avant tout à conserver l’ordre existant. Il déguise son conservatisme en progressisme. Prenons un exemple concret : la question constitutionnelle. Emmanuel Macron aurait pu, par référence à une culture de gauche ou par une pensée nouvelle sur l’horizontalité d’une démocratie plus participative, remettre en cause la Ve République. Et il s’y refuse. Il ne touche pas du tout au présidentialisme. S’il s’agit de faire quelque chose -et le président voit bien qu’il faut agir face à l’abstention, aux Gilets jaunes- c’est une «refondation» de la Ve République que prône Macron. Il n’est pas question de VIe République. Autre exemple : en matière économique, Emmanuel Macron ne va pas à rebours des mesures engagées depuis les années 1980. Il poursuit dans la voie des privatisations, de l’autonomisation des universités...

Pourquoi l'Emmanuel Macron de France devrait s'inquiéter des élections de l'année prochaine

 Pourquoi l'Emmanuel Macron de France devrait s'inquiéter des élections de l'année prochaine à la suite d'un retard de pandémie de trois mois, les électeurs français se sont rendus aux urnes du 20 juin pour le premier tour d'élections locales, qui rempliront les sièges d'assemblées dans les 13 régions de France et 96 départements. Il y aura une deuxième série de votants le 27 juin, mais l'électorat a déjà envoyé des messages clairs. Partie du président Emmanuel Macron, La République en Marches (LREM), a peu de soutien local.

Emmanuel Macron à Poix-de-Picardie, jeudi. Le président avait annoncé fin avril vouloir «aller dans les territoires». © Denis Charlet/Pool via REUTERS © Fournis par Paris Match Emmanuel Macron à Poix-de-Picardie, jeudi. Le président avait annoncé fin avril vouloir «aller dans les territoires». © Denis Charlet/Pool via REUTERS

Certains éléments -qui peuvent se trouver hors de votre corpus d’analyse- montrent que Macron adresse régulièrement des signaux à la droite et à l’extrême droite : le président et ses proches accordent des entretiens à l’hebdomadaire «Valeurs Actuelles», il vante le «grand soldat» Pétain ou encore fait allusion à l’écrivain antisémite Charles Maurras. Que signifient ces choix, vivement dénoncés par l’opposition de gauche?

Emmanuel Macron a gagné 2017 en captant l’électorat socialiste, il veut gagner 2022 en captant l’électorat filloniste ou sarkozyste. On peut penser que son quinquennat l’a déporté sur la droite -c’est arrivé à d’autres. Il y a peut-être aussi une part de calcul, ou de «pragmatisme» : peut-être estime-t-il que la France est à droite et que le président doit capter cette sensibilité de droite. Pour lui, la gauche est morte et enterrée, à l’exception de ce qu’il rejette du côté de l’extrémisme de gauche. Il n’aurait donc plus d’effort à faire pour conquérir son électorat. En revanche, il veut éviter de se faire déborder sur la droite : un effort considérable est fourni dans le discours, avec des références sur l’immigration et l’autorité. Il y a un rééquilibrage dans sa rhétorique, et même une porosité avec la droite dure, par exemple lorsque ses ministres s’attaquent à l’«islamo-gauchisme». Selon nos résultats récents, les discours du président Macron penchent de plus en plus à droite : les deux présidents dont les discours sont les plus proches de ceux d’Emmanuel Macron sont Nicolas Sarkozy, nettement en tête, et Jacques Chirac, qui devance désormais François Hollande.

Les "territoires", objets dépolitisés... et omniprésents

Avant les élections régionales et départementales dont le premier tour se tient dimanche, Emmanuel Macron a annoncé dans la presse régionale fin avril qu’il voulait «reprendre son bâton de pèlerin et aller dans les territoires pour prendre le pouls du pays». Ce mot, «territoires», occupe une place particulière dans le discours politique actuel. Quel est le sens de son omniprésence?

Biden a convaincu que l'Amérique des Alliés est de retour ", déclare le président français de la Macron

 Biden a convaincu que l'Amérique des Alliés est de retour de France Emmanuel Macron a déclaré à Reporters samedi que le président Biden a" certainement "des alliés convaincus que" l'Amérique est de retour "en tant que partenaire coopératif sur la scène mondiale comme les deux dirigeants rencontré sur la touche d'un groupe de sept (G-7) Summit.

Dans les discours présidentiels, la présence du mot «territoires» se renforce inexorablement depuis les années 1980. Le discours d’Emmanuel Macron est le fruit de la montée de ce terme. «Territoires», c’est une manière de parler de la politique sans en parler, dans une forme de déni démocratique. Si on parle de «territoires» plutôt que de la commune, du département ou de la région, on fait l’impasse sur les représentants élus et on se réfère à une entité dépolitisée. Il n’est plus question de citoyens ou d’élus, mais d’«acteurs». Mais qui sont-ils? Il y a là une vision idéologique : nous sommes passés de la lutte des classes à la fracture sociale, puis à la fracture territoriale. Le territoire est la grille de lecture des problèmes de la société et de l’inégalité sociale. La problématique est presque géographique, effaçant les rapports entre patrons et ouvriers, entre riches et pauvres. Cela dissipe la question de l’égalité. L’omniprésence du mot «territoires» dans les discours de Macron reflète aussi son girondisme revendiqué, pendant de son libéralisme.

Comment analysez-vous l’impact qu’ont pu avoir certaines expressions du président, souvent loin du cadre solennel des grands discours, comme le «pognon de dingue», «je traverse la rue, je vous en trouve [du travail]», les «premiers de cordée»?

Ces phrases-là sont l’écume dans l’océan des discours, visible depuis le bord de mer... Et si ces phrases marquent et sont reprises, c’est parce qu’elles disent de manière plus efficace ce que les gens retirent de l’ensemble des discours. Ces propos n’auraient pas autant marqué s’ils avaient été en contradiction avec les tendances profondes du discours et avec l’identité politico-linguistique d’Emmanuel Macron.

A propos de cette identité, vous étudiez, dans votre livre, les hapax, des mots qui ne figurent qu’une fois dans le corpus. Il apparaît qu’Emmanuel Macron en utilise plus fréquemment que ses prédécesseurs. De quoi est-ce le signe?

C’est son complexe pompidolien. On sent vraiment chez Macron celui qui a raté Normale sup : il aurait voulu être agrégé de lettres classiques. S’il est capable d’avoir plusieurs registres de langage, il a théorisé que la fonction présidentielle exige une forme de distance avec le peuple. Par un vocabulaire sélectif, il s’applique à ne pas se faire comprendre de tous et à démontrer qu’il maîtrise mieux que la moyenne le discours littéraire. C’est une vision selon laquelle il faut bien s’exprimer pour bien gouverner. Faire valoir un vocabulaire riche procure une sorte de légitimité. Cela donne des gages de son intelligence, de sa culture, ce qui est utile à un président jeune. Seul Georges Pompidou a un vocabulaire plus riche dans notre corpus. Cela n’interdit pas à Emmanuel Macron de tenter de faire la démonstration de sa proximité avec le peuple, par exemple en tournant une vidéo avec des influenceurs, dans laquelle il parle simplement.

Emmanuel Macron lors d'un débat sur les retraites à Rodez (Aveyron), le 3 octobre 2019. © Eric Cabanis, Pool via AP/Sipa © Fournis par Paris Match Emmanuel Macron lors d'un débat sur les retraites à Rodez (Aveyron), le 3 octobre 2019. © Eric Cabanis, Pool via AP/Sipa

En référence au grand débat national et à ces interventions multiples durant lesquelles Emmanuel Macron est confronté à la parole -et parfois à la colère- de la foule, vous faites le lien entre ces démarches présentées par le pouvoir comme des innovations démocratiques et des techniques à l’œuvre dans le monde de l’entreprise, comme l’«écoute active», «supposée être curative des tensions». Pourquoi?

Emmanuel Macron est le champion du «j’écoute». «J’écoute la colère des Français»… Il le dit constamment. Et ça lui sert d’argument, face à des colères qui réclament des changements de politique. Ce «j’écoute» devient performatif : le fait de vous dire que j’écoute est censé résoudre le problème. Sans pour autant qu’il y ait de conséquences, ce que le président reconnaît lui-même. Comme si la parole échangée avait une vertu curative. Dans cette «démocratie délibérative», la discussion est le commencement et la fin de la démocratie.

En 2017, Damon Mayaffre a fait partie du conseil scientifique du projet «Le Poids des mots», mené par Paris Match pour analyser la parole des candidats à la présidentielle.

Biden a convaincu que l'Amérique des Alliés est de retour ", déclare le président français de la Macron .
de France Emmanuel Macron a déclaré à Reporters samedi que le président Biden a" certainement "des alliés convaincus que" l'Amérique est de retour "en tant que partenaire coopératif sur la scène mondiale comme les deux dirigeants rencontré sur la touche d'un groupe de sept (G-7) Summit.

usr: 1
C'est intéressant!