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France Non, Didier Raoult ne fait pas volte-face en encourageant les soignants à se faire vacciner

22:20  12 juillet  2021
22:20  12 juillet  2021 Source:   lemonde.fr

Covid-19. Quels pays ont franchi le pas de l’obligation vaccinale ?

  Covid-19. Quels pays ont franchi le pas de l’obligation vaccinale ? Alors qu’en France le gouvernement planche sur un projet de loi visant à rendre la vaccination obligatoire pour les soignants, plusieurs pays l’ont déjà adopté. Inciter ou imposer ? Le monde est divisé sur la question de la vaccination obligatoire contre le Covid-19 pour les médecins et autres professionnels de santé. Alors que le Premier ministre Jean Castex recevra à partir de lundi les chefs de file du Parlement et des élus locaux pour aborder le sujet, plusieurs pays ont déjà franchi le pas et imposent le vaccin aux soignants, et plus généralement aux travailleurs.

Le tweet de l’infectiologue marseillais publié vendredi a suscité stupeur et consternation dans les sphères antivaccins, persuadées, à tort, de son opposition à la vaccination.

C’est une déclaration qui a affolé les réseaux sociaux. Dans un message publié sur Twitter, vendredi 9 juillet, le professeur Didier Raoult a soutenu publiquement la vaccination « systématique » pour les personnels soignants.

« Au vu des enjeux de l’épidémie actuelle, je suis favorable à la vaccination systématique des personnels soignants, avec les vaccins recommandés pour leur classe d’âge. J’encourage donc tous mes collègues à se rapprocher de leur centre de vaccination », a écrit le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, alors que le président, Emmanuel Macron, pourrait annoncer lundi soir la vaccination obligatoire pour les soignants face à l’avancée du variant Delta du Covid-19.

Face au spectre du variant Delta, le gouvernement change de ton

  Face au spectre du variant Delta, le gouvernement change de ton Les avertissements depuis la mi-juin se sont faits de plus en plus pressants. Olivier Véran évoque désormais une « course contre la montre » pour éviter une reprise épidémique dès la fin du mois de juillet, et les « appels solennels » à la vaccination des soignants pourraient bien se transformer en obligation vaccinale.C’était à la mi-juin : alors que la fin du masque en extérieur était annoncée, la présence du variant Delta se faisait sentir en France. Au 15 juin, il représentait « entre 2 et 4 % des cas positifs » de Covid-19 dépistés. En deux semaines, ce chiffre est passé à 20 %, puis 30 % vendredi.

Le tweet du célèbre infectiologue marseillais a déclenché de vives réactions en ligne. Les partisans de la vaccination ont salué un soutien inattendu et bienvenu. En revanche, les antivaccins et covidosceptiques ont déploré un revirement spectaculaire, en contradiction, estiment-ils, avec ses positions adoptées par le passé. « Vraiment très déçue de cette prise de position qui va à l’encontre de tout ce que vous avez défendu », s’épanche une internaute en commentaire du tweet. « Je suis déçu de ce soudain retournement de veste », affirme un autre.

Covid-19 : la vaccination obligatoire des soignants fait débat

POURQUOI IL NE S’AGIT PAS D’UN REVIREMENT

Dans ses déclarations passées, le professeur Raoult s’est montré prudent envers les vaccins à ARN messager, mais il a aussi estimé que la balance bénéfice-risque jouait en faveur de la vaccination. Il a également souvent insisté sur la nécessité de ne pas tout miser sur les vaccins anti-Covid pour sortir de la crise sanitaire. Quelques exemples :

Birmanie : les médecins, cibles des militaires en pleine résurgence du Covid-19

  Birmanie : les médecins, cibles des militaires en pleine résurgence du Covid-19 En Birmanie, les soignants ont été les premiers à entrer en résistance contre le coup d'État à travers une grève illimitée. Cinq mois plus tard, elle se poursuit, entraînant une répression de plus en plus sévère par les militaires. Aujourd'hui, l'offre de soins se réduit comme une peau de chagrin alors que le pays connaît une flambée des cas de Covid-19. Ryan n'arpente plus les longs couloirs de l'hôpital général de Mandalay, en Birmanie. Depuis plus de cinq mois, sa blouse blanche est rangée.

En décembre 2020, alors que Pfizer et Moderna annoncent des vaccins avec des taux d’efficacité élevés, il parle de « science-fiction », de « publicité » et demande à voir les articles scientifiques. Il balaie alors l’idée de rendre la vaccination obligatoire alors que les vaccins ne sont pas encore administrés en France et que les résultats des laboratoires ne sont pas consolidés :

« Quelque chose dont on ne sait pas si c’est dangereux, dont on ne sait pas si ça marche et rendre ça obligatoire, c’est vraiment de la folie. »

Le 11 janvier 2021 sur YouTube, alors que la vaccination a commencé en France depuis deux semaines, Didier Raoult affirme que ses équipes ont « tout de suite été volontaires pour organiser la vaccination dans l’IHU ». Il assure au passage ne pas être opposé aux vaccins mais estime qu’il ne faut pas l’imposer à l’ensemble des Français :

« Je ne fais pas partie des gens qui sont antivaccins. Je n’ai pas changé d’avis, je pense que [la vaccination] doit être discutée, elle n’est pas obligatoire. »

Le 16 mars, alors que le vaccin d’AstraZeneca vient d’être suspendu, Didier Raoult déclare qu’il « faut être extrêmement prudent avec ces vaccins », et estime que « les étapes d’évaluation ont été très courtes (…), incomplètes ». Mais il admet que la suspension a été « logique » pour maintenir la confiance de la population envers la vaccination.

Karine Lacombe : son avis tranché sur la vaccination pour les soignants

  Karine Lacombe : son avis tranché sur la vaccination pour les soignants Karine Lacombe était l’invitée de Jean-Jacques Bourdin, ce vendredi 9 juillet, sur BFMTV. L’infectiologue s’est dit favorable à obliger les soignants à se faire vacciner contre le coronavirus. Elle regrette d'ailleurs que ce consensus soit arrivé "un peu tard".Le journaliste lui a alors demandé s’il fallait rendre la vaccination obligatoire pour les soignants. “Absolument, affirme Karine Lacombe, les soignants ont eu six mois pour prendre le temps, s’informer, accepter l’idée de la vaccination pour les plus réticents.

Le 20 avril, il affirme que les « efforts » doivent être concentrés « sur les gens qui ont un risque majeur de mourir ou passer en réanimation ». Certes, dit-il, le « vaccin a des inconvénients, des effets secondaires, et quelques effets mortels », mais « le risque vaut le coup d’être pris certainement quand on fait partie d’une population à risque ». Et d’ajouter :

« Si dans l’époque de grande terreur dans laquelle on vit, ça rassure les gens d’être vacciné, il faut qu’ils se vaccinent. »

Quatre jours plus tôt, sur BFM-TV, le 16 avril, Didier Raoult refuse de dire s’il est vacciné ou non : « Je ne suis pas militant, je ne fais pas d’appel à la vaccination. » Toutefois, il admet que le « vaccin jouerait probablement un rôle dans la diminution de la population sensible et devrait amener à observer une diminution du nombre de cas ». Il estime lors de cet entretien que « la majorité » des soignants de l’IHU est vaccinée.

Le 29 juin, alors qu’il commente sur YouTube « la reprise épidémique chez les personnes vaccinées », le professeur marseillais répète qu’on « ne peut pas penser que tout va être réglé par la vaccination telle qu’elle existe maintenant », et qu’il « restera des problèmes à régler en particulier par le soin ».

Vaccination des soignants, pass sanitaire, réforme des retraites... Ce que pourrait annoncer Emmanuel Macron lundi soir

  Vaccination des soignants, pass sanitaire, réforme des retraites... Ce que pourrait annoncer Emmanuel Macron lundi soir Emmanuel Macron s’adressera aux Français, lundi soir à 20 heures, pour faire le point sur la situation sanitaire et tracer le cap de la fin de son mandat © Yoan VALAT / POOL / AFP Emmanuel Macron, le 16 avril 2019 lors de son allocution.

Le 6 juillet, dans une vidéo publiée sur YouTube intitulée « Ce n’est pas toujours facile d’avoir raison ! », Didier Raoult rappelle que les personnes à risque doivent se faire vacciner et lance un appel aux soignants en première ligne :

« Pour le personnel de soins exposés et compte tenu du fait que la maladie repart, je pense qu’il est raisonnable de se vacciner. »

« Face à une épidémie grave et menaçante, tout le monde devrait être pour le vaccin »

Didier Raoult est un défenseur des vaccins. Il l’a évoqué publiquement à plusieurs reprises dans les médias avant l’épidémie de Covid-19. L’infectiologue marseillais a d’ailleurs corédigé un ouvrage en 2018, La Vérité sur les vaccins (Michel Lafon), où il écrit que « face à une épidémie grave et menaçante, tout le monde devrait être pour le vaccin », et que « l’objectif n’est pas de savoir si les vaccins, en général, sont bons ou mauvais, mais d’évaluer les risques éventuels de chacun et les bénéfices qu’ils présentent pour notre santé ». Lors de la promotion de l’ouvrage sur France 5, il explique que la vaccination permet de se protéger soi, mais aussi les autres.

Un an plus tôt, en 2017, il estime dans Le Point qu’il est « urgent de généraliser la vaccination contre la grippe chez les enfants » et que ceux-ci sont « très bien protégés de la grippe par la vaccination (…) et empêchent ainsi la circulation du virus ».

En 2010, à propos de l’épidémie de grippe A (H1N1), il soutient que « la lutte contre la maladie contagieuse est le vaccin ». Il salue alors la vitesse avec laquelle les vaccins ont été mis au point : « Trois mois, c’est extraordinaire. »

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Vaccination, passe sanitaire, réformes... Ce qu'il faut retenir des annonces d'Emmanuel Macron .
Le chef de l'Etat a annoncé plusieurs mesures visant à contenir la "quatrième vague". Parmi elles, l'extension du passe sanitaire et l'obligation vaccinale pour les soignants. Il a aussi détaillé plusieurs réformes, dont celles de l'assurance chômage et des retraites. © AFP Emmanuel Macron lors de son allocution ce lundi 12 juillet. (Photo by Ludovic MARIN / AFP) Réagir maintenant. Voilà le mot d'ordre lancé par le Conseil scientifique la semaine dernière au sujet de la poussée du variant Delta, vraisemblablement responsable de la nouvelle hausse des contaminations au Covid-19 dans l'Hexagone.

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