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France Projet Pegasus. Maroc, France, Hongrie... Des journalistes mis sous surveillance

07:05  19 juillet  2021
07:05  19 juillet  2021 Source:   ouest-france.fr

« Projet Pegasus ». Trois choses à savoir sur ce logiciel espion au cœur d’un immense scandale

  « Projet Pegasus ». Trois choses à savoir sur ce logiciel espion au cœur d’un immense scandale Le logiciel de l’entreprise israélienne NSO est au cœur d’un scandale d’espionnage mis au jour par le consortium de journalistes Forbidden Stories et Amnesty International. Il aurait servi à espionner des militants, journalistes et activistes illégalement dans de nombreux pays. Pegasus aurait permis la mise sous surveillance de 50 000 numéros de téléphone, dont ceux d’au moins 180 journalistes, 600 personnalités politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise, d’après l’analyse menée par le consortium qui a localisé de nombreux numéros au Maroc, en Arabie saoudite ou au Mexique.

Le journaliste d’investigation Omar Radi, devant le tribunal de Casablanca, au Maroc , le 12 mars 2020. Youssef Boudlal / REUTERS. Au-delà des cas précis d’Omar Radi et de Taoufik Bouachrine, ce sont tous les patrons de médias indépendants, ou presque, qui semblent avoir intéressé les services de renseignement marocains. Les espions marocains ont également sélectionné pour surveillance potentielle un téléphone utilisé par Omar Brouksy, ancien correspondant de l’Agence France -Presse et auteur de deux livres critiques sur Mohammed VI et les relations franco-marocaines, Mohammed VI.

Au Maroc comme en France , des journalistes mis sous surveillance avec le logiciel Pegasus . Les numéros de nombreux journalistes marocains ont été sélectionnés comme cibles potentielles dans le logiciel espion Pegasus . Des journalistes français, dont le fondateur de « Mediapart », Edwy Plenel, et une journaliste du « Monde », ont également été En Hongrie , le pouvoir vise les journalistes et les patrons de presse. Parmi les plus de 300 numéros de téléphone ciblés par le logiciel espion Pegasus pour le compte de la Hongrie figurent de nombreuses personnalités des médias et de la société civile.

Le journaliste et le fondateur du site d'informations en ligne Mediapart, Edwy Plenel, lors d'une conférence de presse à Paris, le 4 février 2019 © Archives AFP Le journaliste et le fondateur du site d'informations en ligne Mediapart, Edwy Plenel, lors d'une conférence de presse à Paris, le 4 février 2019

Plus de 180 journalistes ont été la cible du logiciel espion Pegasus, révèle une enquête publiée dimanche par un consortium de dix-sept médias internationaux nommé « Projet Pegasus ». Parmi eux, des Français dont le fondateur du site d'information Mediapart, Edwy Plenel.

Des journalistes du monde entier ont été espionnés grâce au logiciel espion Pegasus mis au point par l'entreprise israélienne NSO Group, selon une enquête publiée dimanche 18 juillet par un consortium de dix-sept médias internationaux, dont font notamment partie Le Monde, la cellule investigation de Radio France, The Guardian et The Washington Post.

Inde: plus de 1000 personnes espionnées par le gouvernement Modi avec Pegasus

  Inde: plus de 1000 personnes espionnées par le gouvernement Modi avec Pegasus En Inde, le gouvernement aurait largement utilisé le logiciel Pegasus pour espionner illégalement des dizaines de journalistes, militants et académiciens. Signe d’un contrôle de plus en plus autoritaire exercé par le gouvernement de Narendra Modi. De notre correspondant à New Delhi, Militants des droits de l’homme, journalistes, avocats, académiciens, hommes d’affaires, politiciens de l’opposition… les téléphones de plus de 1 000 personnes,De notre correspondant à New Delhi,

Une arme numérique utilisée contre des journalistes , des avocats, des militants et des responsables politiques de nombreux pays, dont la France . C’est un annuaire ahurissant, dans lequel on trouve un chef d’Etat et deux chefs de gouvernement européens ; des hommes et des femmes aux plus hauts Ces listes de « cibles » sont d’un intérêt exceptionnel : l’usage de Pegasus que font les Etats clients de NSO, en dehors de tout cadre légal, est un secret bien gardé. Depuis sa création,en 2011, l’entreprise israélienne vend son logiciel comme un outil décisif,destiné uniquement à la lutte contre le terrorisme

Les révélations du « Projet Pegasus » ne vont pas rassurer ceux qui s’inquiètent des dérives du premier ministre nationaliste, Viktor Orban, en matière d’Etat de droit. Le Monde et ses seize médias partenaires peuvent de fait affirmer, grâce aux données mises à disposition par les organisations Forbidden Stories et Amnesty International et au témoignage d’un ancien employé de NSO Group, que la Hongrie a eu recours aux services particulièrement intrusifs de la société israélienne pour mettre sous surveillance des journalistes , des propriétaires de médias et des avocats, tous.

Le travail de ce consortium se fonde sur une liste obtenue par les organisations Forbidden Stories et Amnesty International et qui comprend, selon eux, 50 000 numéros de téléphone que les clients de NSO ont sélectionnés depuis 2016 en vue d'une surveillance potentielle. Cette liste inclut les numéros d'au moins 180 journalistes d'après l'analyse menée par le consortium qui a localisé de nombreux numéros au Maroc, en France et en Hongrie.

Une trentaine de journalistes et de patron de médias français

Ainsi, d’après cette vaste enquête, environ 10 000 cibles sur les 50 000 ont été ajoutées par le Maroc. Parmi elles, le journaliste marocain Omar Radi, pour qui Amnesty international avait déjà dénoncé l’infection du téléphone en 2020, le directeur du journal Akhbar Al-Yaoum, Taoufik Bouachrine, les fondateurs du Desk et du site Badil, Ali Amar et Hamid El Mahdaoui, et l’ancien correspondant de l’AFP, Omar Brouksy.

Affaire Pegasus : une enquête ouverte à Paris sur l’espionnage de journalistes

  Affaire Pegasus : une enquête ouverte à Paris sur l’espionnage de journalistes Le Parquet de Paris a ouvert une enquête, ce mardi 20 juillet, concernant le logiciel Pegasus à la suite de plaintes par plusieurs médias comme Le Canard Enchaîné et Médiapart, dont plusieurs journalistes ont été espionnés. Le parquet de Paris a ouvert mardi 20 juillet une enquête sur l’espionnage de journalistes français dont l’infiltration de téléphones par le logiciel Pegasus pour le compte de l’État marocain, qui le conteste, a été révélée dimanche par un consortium de médias, a-t-il annoncé dans un communiqué.

Révélations d’un consortium de journalistes créé par Forbidden Stories, avec la cellule investigation de Radio France : de nombreux États utilisent un logiciel espion pour cibler des militants, des avocats, des hommes politiques, et des journalistes . Projet Pegasus . C’est sans doute l’affaire de cyber espionnage la plus importante depuis l’affaire Snowden. En 2013, on découvrait, sidéré, dans le contexte de l’après-11 septembre, que la NSA avait mis en place un système de surveillance mondialisé de données. Mais les révélations que Forbidden Stories et ses partenaires, avec le

Pegasus avait déjà été utilisé au Maroc . Si la réalité de l’attaque semble ne faire aucun doute, reste à en déterminer l’exécutant et la technologie utilisée. "C’est évidemment très difficile, explique Claudio Guarnieri, responsable du "security lab" d’Amnesty International à Berlin. L’an dernier, plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Reporters sans frontières ont dénoncé le fait que NSO vende sa technologie à des régimes autoritaires qui peuvent potentiellement l’utiliser à des fins de surveillance politique. L’Arabie saoudite est notamment soupçonnée d’avoir eu recours à Pegasus

Le régime marocain aurait également utilisé Pegasus pour viser une trentaine de journalistes et de patron de médias français. Ainsi, les rédactions du quotidien Le Monde, du Canard enchaîné, du Figaro, de France 24 ou encore de l'Agence France-Presse et de France Télévisions figureraient sur la liste des cibles, révèle le consortium.

Edwy Plenel, le fondateur du site d'informations en ligne Mediapart, et l'une de ses consoeurs Lenaïg Bredoux, Dominique Simonnot, ancienne enquêtrice du Canard enchaîné et désormais contrôleuse générale des lieux de privation de liberté ainsi qu’une journaliste du Monde, qui a souhaité rester anonyme, figurent parmi les journalistes français touchés.

« États voyous »

« L'espionnage de mon téléphone et de celui de ma consoeur @LenaBred mène directement aux services marocains, dans le cadre de la répression du journalisme indépendant et du mouvement social », a réagi Edwy Plenel sur Twitter.

Pegasus: l’un des reporters les plus connus en Hongrie à la fois chasseur et cible

  Pegasus: l’un des reporters les plus connus en Hongrie à la fois chasseur et cible C’est l’un des reporters les plus connus en Hongrie, plusieurs fois couronné meilleur journaliste d’investigation du pays (2015, 2016, 2020). Szabolcs Panyi travaille pour le journal en ligne Direkt 36, un média indépendant spécialisé dans les affaires de corruption. Il fait partie du consortium de journalistes qui a révélé l’affaire Pegasus, ce vaste scandale d’espionnage. Son cas est un peu spécial : il est à la fois le chasseur… et la cible ! Car son téléphone a été infecté par le logiciel espion.

«Une trentaine de journalistes et de patrons de médias français figurent sur la liste des cibles de Pegasus , dans des rédactions aussi variées que Le Monde, Le Canard enchaîné, Le Figaro ou encore l’AFP et France Télévisions», écrit encore le journal. Auprès des journalistes du Monde, Rabat a rejeté «catégoriquement les allégations [faisant état d'une] quelconque relation entre le Maroc et la compagnie israélienne». Le Monde fait savoir qu'une série d'articles «révélations» vont paraître toute la semaine pour démontrer que ces pratiques illégales et «abus sont la norme et non l’exception».

Au Togo, des religieux catholiques et des opposants politiques seraient espionnés à leur insu par le gouvernement, via leur téléphone portable. Une application ultra sophistiquée, Pegasus , de l'entreprise israélienne NSO group, a permis de mettre sur écoute plusieurs personnalités. Ce logiciel aurait été utilisé dans d'autres pays comme le Maroc . Une enquête d'Amnesty International affirme que le journaliste Omar Radi a été espionné à l'aide de Pegasus . Lire aussi : Espionnage du journaliste Omar Radi : "La surveillance est tellement intrusive que l'on peut pratiquement porter atteinte à la vie

« Les autorités de notre pays ne peuvent pas rester indifférentes », a-t-il également déclaré sur FranceInfo, dénonçant « des États voyous » qui utilisent Pegasus « de manière très vaste contre la presse indépendante ». L'expertise technique de leurs téléphone dans un laboratoire d'Amnesty International a notamment « permis d'établir les dates précises de cet espionnage qui a duré plusieurs mois, en 2019-2020 », ajoute-t-il.

Outre le Maroc, la Hongrie du nationaliste Viktor Orban aurait également fait appel à Pegasus pour surveiller les activités de journalistes. Ainsi, parmi les 300 numéros figurant sur la liste pour le compte de la Hongrie, on retrouve « au moins cinq journalistes » du site d’investigation Direkt36. Ces derniers ont notamment enquêté sur « sur l’enrichissement des proches de Viktor Orban ou sur les relations que celui-ci entretient avec la Russie et la Chine », explique le journal Le Monde.

Le gouvernement hongrois affirme ne pas être au courant

D'autres reporters enquêtant sur des « sujets relatifs à la criminalité et au terrorisme » ainsi que leur entourage ont également fait l'objet d'une surveillance, de même que Zoltan Varga, propriétaire de Central Media Group, dernier groupe de médias indépendant du pays, et du plus grand site d’information indépendant hongrois, 24.hu, indique Le Monde.

Contacté par le consortium, le gouvernement hongrois a affirmé « ne pas être au courant d’une quelconque collecte de données » et avoir « toujours agi et continué d’agir conformément à la loi en vigueur », relate Le Monde qui rappelle par ailleurs que la loi hongroise permet au pouvoir exécutif d'autoriser « des écoutes pour quatre-vingt-dix jours sans aucun contrôle ; une pratique dénoncée par un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme de 2016 ».

De son côté, NSO, régulièrement accusée de faire le jeu de régimes autoritaires, a toujours assuré que son logiciel servait uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

La société a démenti les allégations « mensongères » publiées dimanche par le consortium.

Au Togo, plus de 300 numéros de téléphone ciblés par Pegasus .
Plus de 300 numéros togolais apparaissent dans la liste des cibles potentielles du logiciel espion israélien, Pegasus, alors que le Togo est l’un des pays africains les plus proches de l’État hébreu. Les personnes ciblées sont notamment des militants, des journalistes ou des opposants politiques. Côté politique, on retrouve parmi les numéros visés par le logiciel espion Pegasus ceux d'opposants au régime de Faure Gnassingbé. C’est le cas de Tikpi Atchadam, leader du Parti national panafricain, ou encore Agbéyomé Kodjo, candidat malheureux à la présidentielle de 2020 contre le chef de l’État. Tous deux vivent aujourd'hui en exil.

usr: 1
C'est intéressant!