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France Macron reconnait "la dette" de la France à l'égard de la Polynésie sur les essais nucléaires

14:10  28 juillet  2021
14:10  28 juillet  2021 Source:   parismatch.com

EXCLUSIF. Plus de 300 élus de droite et du PS saluent "le courage des décisions prises par Emmanuel Macron"

  EXCLUSIF. Plus de 300 élus de droite et du PS saluent 382 élus de différentes sensibilités, dont Christian Estrosi (ex-LR), Hubert Falco (ex-LR), Martine Vassal (LR), Jean-Luc Moudenc (LR) et François Rebsamen (PS) saluent la récente prise de parole d'Emmanuel Macron et "le courage des décisions prises".Voici leur tribune : Comme des millions de Français, nous, maires et responsables de collectivités territoriales, avons suivi avec attention la récente adresse à la Nation du Président de la République. Et si nos sensibilités politiques sont différentes, nos parcours divers, nous nous retrouvons tous aujourd’hui pour saluer le courage des décisions prises, la clarté du cap fixé.

Le chef de l'Etat a affirmé que la France avait "une dette" à l'égard la Polynésie française pour avoir réalisé près de 200 essais nucléaires dans le Pacifique pendant 30 ans, jusqu'en 1996.

  Macron reconnait © Jacques Witt/SIPA

Emmanuel Macron a affirmé mardi à Papeete (mercredi matin à Paris) que la France avait "une dette" à l'égard la Polynésie française pour avoir réalisé près de 200 essais nucléaires dans le Pacifique pendant 30 ans, jusqu'en 1996. "J'assume et je veux la vérité et la transparence avec vous", a affirmé le chef de l'Etat en s'adressant aux responsables polynésiens au dernier jour de sa première visite dans l'immense archipel.

Polynésie française : qu'attendent les habitants de la visite de Macron ?

  Polynésie française : qu'attendent les habitants de la visite de Macron ? Emmanuel Macron doit se rendre samedi en Polynésie française. Les habitants y espèrent des annonces concernant la crise sanitaire, qui a durement touché le tourisme, mais aussi sur les victimes des essais nucléaires que la France a mené sur place pendant 30 ans. Après une visite à Tokyo pour l'ouverture des Jeux olympiques, le président de la République Emmanuel Macron doit se rendre dans la soirée de samedi en Polynésie française. Un premier déplacement sur place qui doit durer jusqu'au 27 juillet, et lors duquel il doit notamment évoquer l'importance stratégique de l'archipel et la question du réchauffement climatique.

Reconnaissant que ce dossier sensible affectait "la confiance" entre Papeete et Paris, il a notamment annoncé que les victimes de ces essais, dont certains souffrent de cancer, devaient être mieux indemnisées. "La nation a une dette à l'égard de la Polynésie française. Cette dette est le fait d'avoir abrité ces essais, en particulier ceux entre 1966 et 1974, dont on ne peut absolument pas dire qu'ils étaient propres", a-t-il déclaré, applaudi par l'assistance.

Après avoir mené 17 essais nucléaires au Sahara, la France avait transféré en 1966 son champ de tir en Polynésie française, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, où elle procéda en 30 ans à 193 nouveaux essais, d'abord atmosphériques, puis souterrains. Le dernier a eu lieu le 27 janvier 1996 après la décision du président Jacques Chirac de reprendre les tirs malgré le moratoire décidé trois ans plus tôt par son prédécesseur, François Mitterrand. "Je veux vous dire clairement que les militaires qui les ont faits ne vous ont pas menti. Ils ont pris les mêmes risques", a estimé Emmanuel Macron.

Nucléaire, climat… Les enjeux du premier déplacement de Macron en Polynésie française

  Nucléaire, climat… Les enjeux du premier déplacement de Macron en Polynésie française Le chef de l’Etat va passer quatre jours en Polynésie française, un déplacement prévu à la mi-avril 2020 et repoussé en raison de la pandémie du coronavirus. Il devrait aborder la question des risques climatiques auxquels fait face l’archipel, et les conséquences des essais nucléaires sur le territoire.Emmanuel Macron avait dû reporter un déplacement en Polynésie française prévu à la mi-avril 2020 en raison de la pandémie du coronavirus, et n’a fait aucun déplacement dans les territoires d’outre-mer depuis le début de la crise sanitaire de Covid-19. Le dernier déplacement présidentiel dans l’archipel était celui de François Hollande en février 2016.

Lire aussi : Aux Marquises, Emmanuel Macron baptisé "grand chef qui marche et qui va loin"

"On l'a fait ici parce que c'était plus loin, parce que c'était perdu au milieu du Pacifique"

Mais, a-t-il ajouté, "je pense que c'est vrai qu'on n'aurait pas fait ces mêmes essais dans la Creuse ou en Bretagne. On l'a fait ici parce que c'était plus loin, parce que c'était perdu au milieu du Pacifique".

Il a cependant déclaré "assumer pleinement" et défendu le choix fait par le général de Gaulle puis poursuivi par ses successeurs de doter la France de l'arme nucléaire, notamment pour protéger la Polynésie française.

Dans son discours, le président n'a pas prononcé le mot de "pardon" qui était réclamé par des associations de victimes ou le chef indépendantiste Oscar Temaru, à l'initiative d'une manifestation ayant réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues de Papeete le 18 juillet. "Il n'y a aucune avancée dans ce discours, que de la démagogie (...) Les mensonges d'Etat continuent", a regretté le père Auguste Uebe-Carlson, président de l'association 193, sur la chaîne Polynésie 1ere. Mais le président de la Polynésie, l'autonomiste Edouard Fritsch, s'est félicité qu'Emmanuel Macron veuille "enfin que la vérité soit mise sur la table" après "25 ans de silence".

Polynésie : Emmanuel Macron est arrivé à Papeete pour une visite de quatre jours

  Polynésie : Emmanuel Macron est arrivé à Papeete pour une visite de quatre jours Le chef de l’Etat devrait notamment aborder la question des conséquences des essais nucléaires sur la santé des habitants © Jacques Witt/SIPA Emmanuel Macron à son arrivée à Papeete, le 24 juillet 2021. OUTREMER - Le chef de l’Etat devrait notamment aborder la question des conséquences des essais nucléai Le premier déplacement d’Emmanuel Macron en Polynésie française aurait dû se faire en 2020. Mais la crise sanitaire avait à l’époque contraint le chef de l’Etat de modifier ses plans.

Les archives sur les essais "seront ouvertes"

Sur la question sensible des indemnisations, Emmanuel Macron a annoncé une amélioration du traitement des dossiers alors que le nombre de personnes indemnisées pour avoir contracté des maladies radio-induites reste "particulièrement faible", selon le ministre des outre-mer Sébastien Lecornu. Il a par ailleurs indiqué que les archives sur les essais "seront ouvertes", à l'exception des données militaires les plus sensibles.

Ces annonces interviennent cinq ans après la reconnaissance, par le président François Hollande lors d'une visite en 2016, de "l'impact sur l'environnement et la santé" de 30 années d'essais. Il avait alors pris une série d'engagements, dont certains ne sont pas encore concrétisés comme l'ouverture d'un Centre de Mémoire des essais nucléaires.

Dans son discours entamé et conclu par quelques mots en polynésien, Emmanuel Macron a loué le "pacte unique intime sensible entre la République et la Polynésie française" malgré les "heures sombres et les morsures de l'Histoire". "Il y a un en même temps" car "vous êtes à la fois profondément polynésiens et profondément patriotes", a-t-il ajouté, en assurant qu'il défendrait leur volonté de "résister" pour "faire revivre et transmettre" leur culture. Sur le plan économique, Emmanuel Macron a annoncé un prêt de 300 millions en appui aux investissements, notamment pour développer la compagnie aérienne Air Tahiti Nui, ainsi que de nouvelles mesures de défiscalisation. Rappelant que l'Etat consacrait plus d'un milliard et demi d'euros à la Polynésie chaque année, il a précisé que plus de 600 millions avaient été engagés pour faire face à la crise du Covid-19.

Après avoir visité l'hôpital de Papeete à son arrivée samedi, il a de nouveau exhorté les Polynésiens à se faire vacciner, "seul moyen pour nous sortir" de la crise, en soulignant que sur les 230.000 doses envoyées dans l'archipel, 110.000 restaient encore disponibles. Emmanuel Macron présidera en visioconférence le Conseil des ministres, prévu à 13H, depuis l'avion qui le ramènera en France.

Polynésie française. Retour aux restrictions face à la reprise de l’épidémie due au variant Delta .
Le haut-commissaire et le président de la Polynésie française ont annoncé le retour des restrictions pour endiguer la reprise de l’épidémie de Covid-19 dans ce territoire, liée au variant Delta, lors d’une allocution commune, vendredi 30 juillet au soir à Papeete (soit samedi 31 juillet au matin à Paris).« Le taux d’incidence en Polynésie française est passé en deux semaines de 6 pour 100 000 habitants à 267 pour 100 000 », a déclaré le haut-commissaire Dominique Sorain, plus haut représentant de l’État dans cette collectivité d’outre-mer, vendredi 30 juillet dans la soirée, soit samedi 31 juillet heure de Paris.

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