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France Covid-19. Pourquoi la situation est-elle aussi tendue en Guadeloupe et à la Martinique ?

15:05  29 juillet  2021
15:05  29 juillet  2021 Source:   ouest-france.fr

Covid-19 : la situation se dégrade en Martinique, transfert de patients possible

  Covid-19 : la situation se dégrade en Martinique, transfert de patients possible En Martinique, l'épidémie de Covid-19 a accéléré. Selon l’Agence régionale de santé (ARS), on pourrait franchir mardi la barre des 700 cas positifs. Des chiffre qui inquiètent et qui ont poussé les autorités sanitaires à encourager la vaccination pour améliorer le taux de couverture vaccinale : seuls 15,35% des personnes de plus de 12 ans en Martinique ont reçu une dose. L’épidémie de Covid-19 s’est encore accélérée cette semaine en Martinique où des patients pourraient être transférés vers la métropole, ont indiqué lundi les autorités sanitaires locales.

La première vaccination contre le Covid-19 en Guadeloupe, le 19 janvier 2021. Photo d’illustration © Cassang Alain/ABACA La première vaccination contre le Covid-19 en Guadeloupe, le 19 janvier 2021. Photo d’illustration

L’urgence sanitaire a été décrétée mercredi en Guadeloupe, à Saint-Barthélemy et Saint-Martin. La Martinique, qui était déjà sous le coup d’un couvre-feu, est reconfinée pour trois semaines. Dans ces départements d’Outre-mer, le nombre de contaminations augmente fortement et inquiète les autorités.

Le couperet est tombé pour les habitants des Antilles. La Martinique est reconfinée pour trois semaines à partir de vendredi 30 juillet. En Guadeloupe, à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, l’état d’urgence a été décrété et un couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin doit être mis en place dès vendredi. Des mesures d’urgence pour contrer une augmentation « fulgurante » des cas de Covid-19 dans ces territoires, selon les mots de l’ARS.

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  Covid-19 : les Antilles en état d’alerte, l’AP-HP prête à recevoir «très rapidement» des patients La situation sanitaire se dégrade rapidement dans les Antilles, notamment à cause du variant Delta. Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP, assure que des transferts de malades pourraient se faire «dans les prochains jours».Ces transferts de malades pourraient avoir lieu «dans les prochains jours. Ce sont les autorités sanitaires qui décident», mais «nous, on est prêt dès aujourd’hui», a-t-il assuré. «On va essayer aussi de faire de la solidarité avec nos équipes, puisqu’on a dans nos rangs, dans les hôpitaux d’Ile-de-France, dans les hôpitaux parisiens, un certain nombre de collègues qui sont d’origine antillaise, d’origine martiniquaise, dont certains ont eu leurs congés et sont sur place.

Ces derniers jours, les chiffres des contaminations augmentent de manière inquiétante dans ces territoires d’Outre-mer : C’est violent. Nous avons plus qu’un triplement du nombre de cas d’une semaine sur l’autre, ça n’est jamais arrivé lors des vagues précédentes​, alerte Valérie Denux, la directrice générale de l’ARS à l’AFP. En Guadeloupe, le taux d’incidence (le nombre de cas positifs pour 100 000 habitants) a été multiplié par six en quinze jours. À la Martinique, la tendance des contaminations est aussi à la hausse et le taux d’incidence est passé de 280 cas à 995 pour 100 000 habitants, selon la préfecture.

Avec les vacances, un relâchement des gestes barrières

Cette quatrième vague en Guadeloupe ne serait pas due au tourisme, comme on aurait pu le penser. Mais plutôt à un relâchement des précautions lié à la période des vacances : On a vu très peu de gens de l’extérieur, de la métropole, qui étaient positifs. Ce sont surtout des Guadeloupéens. Il y a un relâchement assez évident pendant cette période de vacances, avec du brassage dans les familles et l’abandon d’un certain nombre de réflexes, comme le port du masque​, a expliqué le préfet de l’archipel Alexandre Rochatte à nos confrères de Franceinfo.

Une population plus fragile, mais moins vaccinée

En Martinique, freiner le virus apparaît d’autant plus urgent, que la population est moins immunisée, globalement plus âgée, et donc plus fragile, que celles des régions où le Covid-19 a davantage circulé et où le taux de vaccination est plus important​, souligne encore la préfecture. Idem en Guadeloupe, où 30 % de la population est classée à risque en raison de la prévalence forte de nombreuses affections longue durée, d’un taux d’obésité élevé ou encore d’un vieillissement marqué de la population.

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Dans l’archipel, seule 17 % de la population présente un schéma vaccinal complet contre le Covid-19. En Martinique, ce chiffre s’élève à 16 %. C’est bien moins que la moyenne nationale, qui vient de passer le cap symbolique des 50 %. Cette quatrième vague survient dans un contexte de forte contestation autour du passe sanitaire et de l’obligation vaccinale. La branche santé du syndicat Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UTS-UGTG) a notamment organisé des rassemblements les deux derniers samedis, qui ont regroupé plusieurs centaines de personnes devant le CHU, et en prépare un troisième à Basse-Terre, ce 31 juillet. Il y a parmi eux des gens excessifs qui racontent n’importe quoi. Clairement, ils mettent en danger la Guadeloupe, car ils incitent des personnes à ne pas se faire vacciner, alors qu’elles sont fragiles, ou ils empêchent la solidarité globale du territoire​, a déploré Valérie Denux auprès de l’AFP.

Des hôpitaux menacés de saturation

Les autorités craignent que les hôpitaux ne se retrouvent rapidement débordés par une augmentation des entrées de patients non vaccinés. Au CHU de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, la capacité maximale plafonne à 70 lits. En Martinique, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement a décrit mercredi 28 juillet unesituation très difficile, où nous avons déployé le service de santé des armées pour accueillir au maximum les patients dans de bonnes conditions à l’hôpital​. Et pour cause : le nombre de personnes hospitalisées pour Covid-19 y est désormais supérieur aux pics des précédentes vagues, rapporte LCI.

Bruno Jarrige, responsable de la cellule Covid-19 du CHU de Guadeloupe a appelé sur France Culture les médecins de métropole à se porter volontaires pour venir aider les personnels soignants sur place. Même démarche pour Martin Hirsch, le directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) : On a dans nos rangs, dans les hôpitaux d’Ile-de-France, dans les hôpitaux parisiens, un certain nombre de collègues qui sont d’origine antillaise, d’origine martiniquaise, dont certains ont eu leurs congés et sont sur place. On va leur proposer de prendre quelques jours de volontariat à l’hôpital​, a-t-il déclaré ce jeudi.

L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) s’est également dite prête ​à recevoir très rapidement ​des patients antillais atteints du Covid-19. Ces transferts de malades pourraient avoir lieu dans les prochains jours ».

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