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France Parcoursup : quand les très bons élèves mènent la danse, les classes prépas peinent à se remplir

09:05  14 juin  2018
09:05  14 juin  2018 Source:   francetvinfo.fr

Parcoursup : des responsables de formations sélectives interrogent les quotas de boursiers

  Parcoursup : des responsables de formations sélectives interrogent les quotas de boursiers Certains directeurs d’IUT regrettent que la plate-forme Parcoursup ait modifié les classements de leurs candidats afin d’atteindre les taux minimaux de boursiers créés cette année. © S.GRAVELEAU / LE MONDE Salon post-bac 2018, à Paris. Alors que certains enseignants de l’enseignement supérieur continuent de dénoncer la mise en œuvre d’une sélection à l’entrée de l’université, par l’intermédiaire de la nouvelle procédure d’admission Parcoursup, certains de leurs homologues des filières sélectives regrettent, de leur côté, que leur capacité à sélectionner soit remise en cause par cette même procédure.

  Parcoursup : quand les très bons élèves mènent la danse, les classes prépas peinent à se remplir © Fournis par Francetv info

Les prépas, traditionnellement ultra-sélectives, n’arrivent pas à remplir leurs classes pour septembre prochain. Avec Parcoursup, ce sont en effet les élèves, et notamment les meilleurs, qui ont le dernier mot sur les choix.

C'est l'envers du décor des lycéens angoissés qui attendent des réponses positives sur Parcoursup. Dans le "haut de tableau", les meilleurs élèves mènent la danse face aux filières très sélectives comme les classes prépas. Celles-ci n'arrivent pas à remplir leurs classes car dans ce nouveau système, ce sont les futurs étudiants qui ont le dernier mot sur les choix.

"Un des défauts de Parcoursup, c’est sa lenteur"

  Pour Victor Hiller, professeur d’économie à l’université Panthéon-Assas, la plateforme "Parcoursup est mieux qu’Admission post-bac". Il a estimé, vendredi 8 juin sur franceinfo, que Parcoursup a permis de réelles améliorations pour les lycéens, malgré des défauts tout aussi réels. © Fournis par Francetv info Alors que le début des épreuves du baccalauréat arrive, environ un quart des lycéens sont encore en liste d’attente sur la plateforme d’orientation Parcoursup. A la même date, le 8 juin 2017, la plateforme APB (admission post-bac) avait donné le premier jour des résultats, plus de réponses que son successeur.

Louise est une excellente élève de terminale, dans un très bon lycée parisien. Sur Parcoursup, elle a l’embarras du choix dans les classes prépas auxquelles elle a postulé. "J'avais eu Jules Ferry et Hélène Boucher. J'ai refusé Hélène Boucher. Ensuite, j'ai été accepté à Molière, que j'ai décliné. Et finalement j'ai été acceptée à Condorcet. Du coup, je pense que je vais dire oui alors que depuis près d'un mois, j'avais accepté Jules Ferry et je pensais rester sur ce choix-là", détaille la candidate au bac.

L'embarras du choix

Quand ils sont acceptés dans une formation, les élèves ont maintenant la possibilité de dire un "oui" temporaire, en attendant qu'une place se libère, peut-être là où ils sont toujours sur liste d’attente. "On hésite parce qu'on a le choix", confirme Ludmila, elle aussi en classe de terminale. "L'année dernière, avec admission post-bac (APB), on était content lorsqu'on avait notre premier voeu, mais on ne nous demandait pas de choisir. Alors que là, on a six jours pour se décider. C'est à nous de voir."

Parcoursup 2018 : comment fonctionnent les commissions d’aide aux candidats refusés partout ?

  Parcoursup 2018 : comment fonctionnent les commissions d’aide aux candidats refusés partout ? Depuis le 22 mai, les commissions d’accès à l’enseignement supérieur, mises en place par les rectorats, sont censées accompagner les candidats n’ayant reçu que des « non », et s’occuperont à compter de juillet de ceux encore « en attente » sur tous leurs vœux. C’est l’une des nouveautés de la loi orientation et réussite des étudiants (ORE) de mars, qui bouleverse les règles d’accès dans l’enseignement supérieur : la création de commissions d’accès à l’enseignement supérieur (CAES).

"On est maîtres de ce que l'on veut faire et de changer au dernier moment. Les écoles n'ont plus le monopole du pouvoir."

Ludmila à franceinfo

Et pendant ce temps, les prépas attendent. Une situation inédite pour Pascal Charpentier, le secrétaire national du syndicat des personnels de l'Éducation nationale (SNPDEN) et proviseur du très prestigieux lycée du Parc à Lyon. "Mi-juin, sur un lycée comme le mien, la première phase d'APB remplissait les classes à 70%. Pour le moment, c'est deux fois moins. Ce sera difficile à gérer pour l'organisation du lycée, car nous avons quand même 1 300 élèves en classe prépa. Je préférerais avoir mes classes remplies tout de suite, mais c'est aussi le jeu des familles et des candidats qui prennent le temps de la réflexion."

Le 500e sur liste d'attente accepté

Les lycées sont donc suspendus à la décision des élèves. De quoi faire prendre un coup à l’orgueil de ces classes d’élite. D’autant plus que les élèves n’hésitent pas à les snober et à décliner leurs propositions de formations. "À Lakanal, à Sceaux, il y avait une liste d'attente de 900 élèves, ce qui est énorme, raconte Ludmila. J'étais 600e au début, et je ne suis plus que 100e. Donc ils sont allés très bas dans leur liste d'attente, et ça descend toujours."

Même situation pour Henri IV, pourtant la prépa la plus prestigieuse de toutes. Pour certaines de ses formations, le lycée parisien va en ce moment chercher au-delà du centième élève sur liste d’attente.

Parcoursup : «Il ne faut pas que j'y pense, sinon je vais trop paniquer pour le bac» .
Elèves, profs, conseillers d'orientation mais aussi enseignants-chercheurs Tous sont en première ligne face à la réforme de l'accès au supérieur, qui se met en place à toute vitesse. «Libération» leur donne la parole pour qu'ils racontent les bouleversements en cours. Parcoursup a arrêté de mouliner. Le temps du bac. Une petite accalmie pour permettre aux élèves de se concentrer sur leur bac. Au compteur, ils sont 345 000 (soit moins de la moitié) à savoir où ils iront à la rentrée s’ils réussissent leur bac. Les autres nagent dans le brouillard, plus ou moins épais : 250 000 ont une proposition mais attendent mieux, 165 000 n’ont rienParcoursup a arrêté de mouliner. Le temps du bac. Une petite accalmie pour permettre aux élèves de se concentrer sur leur bac.

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