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France Migrants : un rapport dénonce l'enfermement d'enfants dans les centres de rétention

09:05  14 juin  2018
09:05  14 juin  2018 Source:   lefigaro.fr

En France, en 2017, environ trois cents enfants étrangers ont été enfermés

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figarofr: Un migrant en situation irrégulière, au centre de rétention administrative du Canet, le 31 janvier 2014. © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP Un migrant en situation irrégulière, au centre de rétention administrative du Canet, le 31 janvier 2014.

Dans un avis rendu public ce jeudi, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté s'inquiète des conséquences psychiques de l'enfermement d'enfants de migrants dans des centres de rétention administrative, une pratique en forte hausse dans l'Hexagone.

Les centres de rétention administrative sont dans le viseur du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL). Dans un avis du 9 mai 2018 et publié jeudi au Journal officiel, l'autorité administrative, dirigée par Adeline Hazan, pointe du doigt la hausse constante du nombre d'enfants enfermés dans ces lieux. Créés en 1981 après l'élection de François Mitterrand, les CRA permettent de retenir jusqu'à 45 jours les étrangers interdits de séjour afin de procéder à leur éloignement, souvent dans leur pays d'origine. On en compte vingt-quatre dans l'Hexagone.

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Fin 2017, l'association La Cimade avait d'ores et déjà noté une «explosion de l'enfermement» dans ces lieux. Mais cette fois, ce sont les enfants qui sont concernés: 304 d'entre eux ont été placés dans des CRA en 2017, contre seulement 41 quatre ans plus tôt. Et la tendance se poursuit: pour les quatre premiers mois de l'année 2018, 77 enfants y ont été enfermés, principalement à Metz et Mesnil-Amelot. «Cette situation suscite l'inquiétude du CGLPL au regard des effets contraires aux droits fondamentaux de ces enfants qu'un tel traitement entraîne», observe Adeline Hazan.

Troubles psychiques

Et ce n'est pas tout. Selon le contrôleur général, de nombreuses familles ont été placées dans des CRA «pour y passer la nuit avant leur transport le lendemain matin vers l'aéroport». Un hébergement censé ne durer que quelques heures, mais parfois prolongé jusqu'à deux semaines. «Cette mesure est surtout destinée à faciliter le travail de l'administration en vue de l'éloignement des familles, car elle évite un déplacement au petit matin au domicile de la famille», note le CGLPL. L'autorité administrative relève que cette situation concerne majoritairement deux centres, à Metz-Queuleu et Mesnil-Amelot: ces derniers ont accueilli 140 des 148 familles en CRA en 2017. «Le choix d'enfermer des enfants est donc à l'évidence lié aux pratiques locales, et aux relations entre les préfectures et les services chargés des éloignements. Or un placement en CRA, ne serait-ce que pour une nuit, constitue une mesure privative de liberté et ne saurait, dès lors, être décidé pour des raisons d'organisation ou de commodité pratique», dénonce-t-on.

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Au cours de ces dernières années, les agents du CGLPL ont procédé à plusieurs visites et enquêtes dans des centres habilités à recevoir des familles. Si les conditions matérielles d'hébergement «s'améliorent», l'autorité craint qu'enfermer des enfants dans ces lieux ne constitue «une atteinte à leur intégrité psychique». «Plongés dans un univers quasi pénitentiaire, anxiogène, entourés de murs, de grilles et de barbelés, ils sont témoins de tous les actes de la vie du CRA. Il ressort des témoignages reçus que nombre des enfants exposés à un tel traitement ont ensuite nourri durablement des angoisses et subi des troubles du sommeil, du langage ou de l'alimentation», déplore le CGLPL, qui recommande l'interdiction de cette pratique.

Ces différentes observations ont été transmises au ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. Ce dernier devrait réagir dans les prochains jours.

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