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France Procès du 13-Novembre : la justification d'Abdeslam, "indignité absolue" pour les victimes

21:30  15 septembre  2021
21:30  15 septembre  2021 Source:   europe1.fr

13 Novembre : que sait-on des conditions de détention de Salah Abdeslam ?

  13 Novembre : que sait-on des conditions de détention de Salah Abdeslam ? Bien loin de l’«appart étudiant» fantasmé par des internautes, le dispositif carcéral appliqué au survivant du commando de novembre 2015 suit deux grands objectifs : l’isoler totalement du reste des détenus et le maintenir en vie.Le présumé terroriste déplore au contraire ses conditions d’incarcération, et n’a pas manqué de le faire savoir mercredi 8 septembre, au premier jour du procès des attentats du Stade de France, des terrasses et du Bataclan. «Ça fait six ans que je suis traité comme un chien […] Vous ne faites pas attention aux gens ! Dangereux ou pas, on est des hommes, des êtres humains. On a des droits», a-t-il lancé au président de la Cour d’assises spéciale.

Au sixième jour du procès des attentats du 13-Novembre, mercredi, Salah Abdeslam s'est exprimé sur les motivations du commando qui a tué 130 personnes il y a six ans. Le principal accusé a réaffirmé son © Benoit PEYRUCQ / AFP Au sixième jour du procès des attentats du 13-Novembre, mercredi, Salah Abdeslam s'est exprimé sur les motivations du commando qui a tué 130 personnes il y a six ans. Le principal accusé a réaffirmé son "combat contre la France" et heurté les victimes présentes à l'audience.

Contrairement à l’attitude provocatrice et emportée qu’il avait eu depuis le début du procès des attentats du 13-Novembre, c’est un Salah Abdeslam très calme et très poli qui s'est adressé non seulement à la cour mais aussi à la salle et aux victimes : "On a attaqué la France, on a visé la population, des civils, mais en réalité on a rien de personnel à leur égard."

Procès des attentats du 13-Novembre : Au premier jour, les provocations de Salah Abdeslam

  Procès des attentats du 13-Novembre : Au premier jour, les provocations de Salah Abdeslam Alors que le procès des attentats du 13-Novembre 2015 s’est ouvert ce mercredi, Salah Abdeslam s’est illustré à plusieurs reprises par ses provocations et ses outrances © Alain Jocard Dessin de Salah Abdeslam au premier jour du procès des attentats du 13-Novembre, le 8 septembre 2021.

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Dans la salle, des parties civiles ont fondu en larmes et hoché la tête de colère. "On s'est toujours demandé ce qu'il avait dans la tête. Maintenant, on sait", lâche David Fritz Goeppinger, otage du Bataclan. "C'est terrible. En tant que victimes, on a vécu ça, on a été visé, personnellement touché. Et là, d'un coup, on nous dit ouvertement que 'ce n'est pas de votre faute mais bon, vous étiez là, donc pas de chance'. C'est d'une indignité absolue. (…). La violence, la violence d'entendre ça… Je n'ai pas les mots."

Comme pour répondre à ces parties civiles, Salah Abdeslam explique qu’il ne veut "pas remuer le couteau dans la plaie mais être sincère et ne pas leur mentir". Il clôture son propos par un "merci de m'avoir écouté". C’est finalement la première fois que Salah Abdeslam assume pleinement son "combat contre la France", selon ses mots. Depuis six ans, il ne s’était quasiment pas exprimé.

Attentats de 2016 à Bruxelles : Salah Abdeslam et neuf autres inculpés renvoyés aux assises

  Attentats de 2016 à Bruxelles : Salah Abdeslam et neuf autres inculpés renvoyés aux assises Salah Abdeslam et neuf autres hommes soupçonnés d'être impliqués dans les attentats perpétrés en mars 2016 à Bruxelles ont été renvoyés, vendredi, devant la cour d'assises de la capitale belge. Six de ces dix hommes sont actuellement jugés à Paris pour les attaques du 13 novembre. Nouveau procès en vue pour le jihadiste Salah Abdeslam. Ce dernier, ainsi que neuf autres hommes soupçonnés d'être impliqués dans les attentats jihadistes perpétrés le 22 mars 2016 à Bruxelles ont été renvoyés, vendredi 17 septembre, devant la cour d'assises de la capitale belge, a annoncé le parquet fédéral.

"Je suis très en colère", confie une partie civile

"J'avais déjà entendu sa voix de loin sur la web radio", explique Sophie, 37 ans, qui était dans la fosse au Bataclan le soir des attentats. "L'entendre là, sur le coup, ça m'a fait pleurer. Il y a beaucoup de fébrilité de se retrouver toujours dans la même pièce que lui. Mais au fur et à mesure qu'il s'exprimait… Je suis sortie très en colère. Je pense qu'il a fait le show encore une fois parce qu'il sait qu'il a des tribunes et que ça va être relayé. Il a fait ça juste pour être sûr qu'on allait parler de lui. Mais à aucun moment, je pense qu'il est sincère dans ce qu'il dit", tranche celle qui venait à l'audience pour la première fois.

Les autres accusés étaient aussi invités à faire une courte déclaration. Certains ne nient pas leur implication tout en la minimisant quand d’autres réservent leurs explications pour leurs interrogatoire sur le fond du dossier, pas avant le début de l’année 2022.

Procès des attentats du 13-Novembre. La salle du Bataclan va-t-elle être reconnue comme victime ? .
La salle de spectacles, touchée par une effroyable attaque terroriste le 13 novembre 2015, s’est constituée partie civile durant l’instruction. Mais depuis quelques jours, le parquet s’interrogeait sur la légitimité de la société exploitant la salle à être reconnue comme victime. La salle du Bataclan sera-t-elle reconnue comme partie civile, c’est-à-dire comme victime, lors du procès des attentats du 13 novembre 2015, qui a débuté mercredi 8 septembre 2021 ? La question peut paraître étonnante tant la salle de spectacle a été le théâtre d’un des pires attentats jamais commis en France.

usr: 3
C'est intéressant!