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France Le monde parallèle d’Eric Zemmour, épisode 2 : 22 contre-vérités passées au crible

15:10  18 septembre  2021
15:10  18 septembre  2021 Source:   nouvelobs.com

CNews maintient l’émission d’Eric Zemmour après la demande du CSA de décompter son temps de parole

  CNews maintient l’émission d’Eric Zemmour après la demande du CSA de décompter son temps de parole Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a demandé le 8 septembre aux médias audiovisuels de décompter le temps de parole d’Eric Zemmour, considérant qu’il était désormais un acteur de la politique nationale. La chaîne CNews se dit surprise par cette décision, et maintient le chroniqueur à l’antenne. Eric Zemmour assurera jeudi son émission sur CNews, a confirmé à l’AFP CNews, qui indique se réserver le droit de commenter la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel obligeant à décompter le temps de parole du polémiste dans les médias audiovisuels.

  Le monde parallèle d’Eric Zemmour, épisode 2 : 22 contre-vérités passées au crible © Copyright 2021, L'Obs

Chroniqueur multicarte (CNews, Paris Première, « Figaro Magazine »), auteur d’ouvrages qui tournent en boucle autour de la supposée décadence de l’Hexagone (« Mélancolie française », « le Suicide français », « Destin français »…), Eric Zemmour, 63 ans, n’a « pas peur » de la présidentielle. Grisé par le million de téléspectateurs drainés sur CNews, la chaîne ultra-droitière de Vincent Bolloré, et, semble-t-il, peu perturbé par les accusations d’agressions sexuelles, révélées par Médiapart, il a confirmé le 11 septembre sur le plateau d’« On est en direct », nouvelle émission de France 2, qu’il « réfléchi[t] » et qu’« il y a des gens, depuis des mois, voire depuis des années, qui [l]e poussent à être candidat, qui pensent que c’est [lui] qui [a] les bonnes idées pour la France ».Le sans doute candidat, pas encore candidat, déjà crédité de 10 % des intentions de vote au premier tour selon le baromètre Harris Interactive pour « Challenges », a été contraint d’abandonner sa tribune quotidienne sur CNews, après la demande du Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA) de décompter ses interventions audiovisuelles – décision dont il s’est abondamment plaint… sur CNews. Mais il est bien parti pour conserver sa présence dans les médias. France 2, BFMTV/RMC, RTL… On l’a beaucoup vu et entendu ces derniers jours. La sortie de son dernier opus « La France n’a pas dit son dernier mot », publié à compte d’auteur(Rubempré), jeudi 16 septembre, et le démarrage, dans la foulée, de sa tournée planétaire (Toulon, Nice, Budapest…) sonnent son entrée en précampagne.

Philippe Ballard : "Si Zemmour empêche Le Pen d'être au second tour, il sera démonétisé"

  Philippe Ballard : Le directeur de communication de la campagne de Marine Le Pen revient sur les enjeux des prochains mois à la veille de la rentrée politique de la candidate RN. © afp.com/STEPHANE DE SAKUTIN, JOEL SAGET Marine Le Pen le 15 mai 2019 et Eric Zemmour le 22 avril Volonté d'ouverture, thématiques clés de la campagne, réponses à ceux qui n'y croient plus... A la veille de la rentrée politique de Marine Le Pen, ce week-end, à Fréjus, le directeur de communication de sa campagne, Philippe Ballard, passe aux cribles les enjeux de ces prochains mois pour la candidate du Rassemblement national. Entretien.

Eric Zemmour et 2022 : la stratégie du quitte ou double

Le polémiste est désormais « la » figure de l’atmosphère trumpienne de la présidentielle. Cela fait longtemps déjà qu’il a adopté le concept des « faits alternatifs » inventé par l’entourage de l’ancien président américain. Sans doute enivré par ses envolées xénophobes qui lui ont valu la célébrité, de multiples plaintes et plusieurs condamnations (pour provocation à la discrimination raciale en 2011, provocation à la haine religieuse envers les musulmans en 2018, injure et provocation à la haine envers les musulmans en première instance en 2020 – après la relaxe en appel le 8 septembre 2021, le parquet a formé un pourvoi en cassation –), Eric Zemmour a l’habitude de réécrire l’histoire et de prendre ses aises avec la réalité. Avec « Face à l’info », la tribune cathodique quotidienne qui lui avait été offerte à l’automne 2019 sur CNews, son appétence pour la post-vérité s’est encore renforcée. La lutte contre les fausses informations est même devenue à ses yeux un prétexte pour « légitimer une reprise en main des réseaux sociaux par l’idéologie dominante », comme il l’a déclaré doctement dans « Zemmour & Naulleau », son émission sur Paris Première, le 26 mai. Quant aux chiffres officiels, ils sont tout simplement et le plus souvent « excommuniés » lorsqu’ils ne sont pas conformes à la pensée zemmourienne. Le polémiste n’hésite pas à dénoncer « les biais idéologiques des statistiques produites par les démographes concernant l’évolution de la population française en leur opposant le bon sens populaire : Les Français observent la rue, le métro, les salles de classe, surtout dans les quartiers populaires, et constatent l’évidence […] du grand remplacement », relate ainsi l’historien Gérard Noiriel, dans « le Venin dans la plume. Edouard Drumont, Eric Zemmour et la part sombre de la République » (La Découverte, 2019).

Laurent Ruquier accuse Éric Zemmour d'écrire "n'importe quoi" et règle ses comptes avec lui en direct (VIDEO)

  Laurent Ruquier accuse Éric Zemmour d'écrire Laurent Ruquier n'a pas épargné son invité politique dans On est en direct sur France 2 ce samedi 11 septembre. Il recevait son ancien chroniqueur Éric Zemmour. L'occasion de lire certains passages de son nouveau livre dans lequel le polémiste écrit, selon lui, "n'importe quoi" à son sujet."Je ne sais pas qui vous dit ça, mais ça prouve que vous ne lisez certainement pas laplupart des rapports des associations gays qui m'en veulent de ne pas être assez militant ou communautariste, comme vous n'aimez pas qu'on le soit. C'est vrai que quand on vous écoute, on a envie de l'être un peu plus, ça c'est vrai", lui a rétorqué Laurent Ruquier, avant d'indiquer que "ça c'est faux, déjà".

Eric Zemmour : enquête sur une obsession présidentielle

Désormais, donc, « grâce » aux multiples ronds de serviette d’Eric Zemmour dans le paysage médiatique français, c’est chaque jour que les « fake news » s’invitent dans les foyers français. Contre-vérités, chiffres inventés, affirmations sorties de nulle part, faits historiques travestis… Après un premier épisode en juin, « l’Obs » est parti pour la seconde fois chercher les meilleures perles du (sans doute) futur candidat à l’élection présidentielle.

    « Dans la liste des dix prénoms les plus donnés aux enfants [en Seine-Saint-Denis, NDLR], tous sont musulmans (Mohamed) ou affiliés (Ryan, Ines). » « La France n’a pas dit son dernier mot », (Rubempré), 16 septembre 2021.

Selon la liste établie par l’Insee, en 2020, les dix prénoms masculins et féminins les plus donnés en Seine-Saint-Denis ne sont pas « tous » musulmans ou « affiliés », même s’ils sont majoritaires. Pour les garçons, les deuxième (Adam), quatrième (Isaac) et huitième (Ismaël) sont des prénoms de la Bible dont l’éthymologie est hébraïque. Pour les filles, le prénom le plus donné, Lina, a des origines grecque, latine et arabe. Il a commencé à être fréquemment attribué dans les pays anglo-saxons au XIXe siècle, et en France depuis les années 1980. Il fait également partie du « top ten » à Paris. Parmi les « Lina » célèbres : la cantatrice italienne Lina Cavalieri (1874-1944), la chanteuse française Lina Margy (1909-1973), les actrices suédoise Lina Leandersson et espagnole Lina Romay (1954-2012). Le quatrième prénom le plus donné en Seine-Saint-Denis, Sofia, était à la mode sous l’Antiquité gréco-romaine et connaît aujourd’hui une diffusion internationale. Le sixième, Jade – le prénom féminin le plus donné en France en 2020, porté notamment par une des filles de Johnny Hallyday –, est d’origine espagnole et se rapporte à la pierre. Inès ne figure pas dans la liste, contrairement à ce qu’écrit Eric Zemmour.

Une libraire vend le livre d’Eric Zemmour pour reverser l’argent à une association d’aide aux migrants

  Une libraire vend le livre d’Eric Zemmour pour reverser l’argent à une association d’aide aux migrants Pour respecter « ses convictions personnelles », une libraire installée à Sully-sur-Loire dans le Loiret a décidé de reverser les bénéfices des ventes du dernier livre d’Eric Zemmour. La totalité de la recette ira à une association qui vient en aide aux migrants. « Je trouve que c’est un joli pied de nez aux idées de monsieur Zemmour ». Aurélie Bouhours, gérante de la librairie Au temps des livres à Sully-sur-Loire (Loiret), ne touchera pas un centime sur les ventes du dernier livre d’Eric Zemmour, La France n’a pas dit son dernier mot.

    « On ne doit rien [aux Afghans, NDLR], c’est eux qui nous doivent. C’est nous qui sommes allés nous battre pour eux, pour leur liberté […]. Les Afghans qui ont travaillé pour l’armée française ne sont pas les harkis. Ils ne se sont pas battus pour nous. Il faut bien remettre les choses à leur place. » « Face à l’info », CNews, 31 août 2021.

Selon le rapport d’une mission parlementaire datant d’avril 2021, il y a eu, durant les treize années de présence militaire française en Afghanistan de 2001 à 2014, 1 067 contrats de supplétifs afghans ou personnels civils de recrutement local (PCRL). Près de la moitié d’entre eux travaillaient comme interprètes pour l’armée française. Certains ont porté les armes. Près de 100 à 150 d’entre eux sont toujours sur place aujourd’hui et en danger de mort.

« On va avoir du sang sur les mains » : le scandale des interprètes afghans abandonnés par la France

Durant la guerre d’Algérie, de 1954 à 1962, 200 000 à 400 000 harkis, supplétifs de l’armée française comme les Afghans, ont été recrutés ou enrôlés de force au sein de la population algérienne. La plupart ne l’ont pas fait en soutien de l’Algérie française, mais pour des raisons financières, pour obtenir une protection… Des combattants indépendantistes de l’Armée de libération nationale (ALN), faits prisonniers, ont même été contraints de rejoindre les troupes françaises pour échapper à l’exécution. Les harkis n’avaient pas le statut militaire et travaillaient souvent comme interprètes, cuisiniers ou étaient chargés de l’entretien des montures. Ceux qui combattaient au sens strict du terme n’étaient équipés que de fusils de chasse – et, à partir de 1958, de fusils et pistolets-mitrailleurs –, qui leur étaient retirés hors des opérations.

Paris Première annonce la fin de l'émission Zemmour & Naulleau et se sépare d'Eric Zemmour

  Paris Première annonce la fin de l'émission Zemmour & Naulleau et se sépare d'Eric Zemmour Dans un communiqué de presse diffusé ce mardi 21 septembre, Paris Première annonce qu'elle met fin à l'émission Zemmour & Naulleau, dans laquelle intervenait Eric Zemmour depuis dix ans. Une décision qui fait suite à celle du CSA, qui le 8 septembre dernier, a exigé que le temps de parole du polémiste soit désormais décompté. La décision est attendue, elle vient d'être rendue. Dans un communiqué, la chaîne Paris Première annonce qu'elle se sépare d'Eric Zemmour, qui intervenait chaque semaine dans l'émission Zemmour & Naulleau animée par Anaïs Bouton depuis 2011.

    « On ne peut pas obliger [à se faire vacciner contre le Covid-19, NDLR]. […] Il y a d’innombrables textes juridiques qui interdisent la vaccination obligatoire, depuis le serment d’Hippocrate, jusqu’à d’innombrables textes internationaux et de lois – la loi Kouchner de 2002 – qui à chaque fois exigent le consentement libre et éclairé du patient. » « Face à l’info », CNews, 13 juillet 2021.

Plusieurs textes internationaux et nationaux permettent au contraire l’obligation vaccinale. Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adopté par les Nations unies le 16 décembre 1966, indique que les Etats devront prendre les mesures nécessaires pour assurer « la prophylaxie et le traitement des maladies épidémiques ». En France, la loi détermine la liste des vaccins obligatoires. Le sérum contre la poliomyélite l’est depuis 1964. Onze le sont désormais pour les enfants, depuis le texte du 30 décembre 2017 qui a ajouté huit vaccins supplémentaires. Les professionnels de santé sont également assujettis à certaines obligations vaccinales, notamment contre l’hépatite B et le Covid-19 (depuis la loi du 5 août 2021, adoptée en urgence par le Parlement). Les personnes qui se rendent ou séjournent en Guyane doivent aussi être vaccinées contre la fièvre jaune.

Comment Eric Zemmour tente de cliver le débat public

  Comment Eric Zemmour tente de cliver le débat public Julien Longhi, professeur des universités en sciences du langage, AGORA/IDHN, de l'université de CY Cergy Paris Université, évoque "la dimension haineuse du propos" d'Eric Zemmour, souvent dissimulée pour rester le plus possible dans le cadre légal. Le mercredi 8 septembre, la Cour d'appel de Paris a relaxé Éric Zemmour, qui avait été condamné, en première instance, pour des propos "anti-islam et anti-immigration" datant de 2019, à une peine de 10.000 euros d'amende.

Certains juristes considèrent que les vaccins contre le Covid-19 étant encore en phase expérimentale, ils sont soumis à la directive européenne de 2001 sur le consentement libre et éclairé face à une expérimentation. D’autres non. Le groupe socialiste, écologiste et républicain au Sénat vient de déposer une proposition de loi « instaurant la vaccination obligatoire contre SARS-CoV-2 » pour toute la population. Elle sera examinée le 13 octobre dans l’hémicycle.

    « Je le répète. C’est [le Covid, NDLR] une maladie grave. Mais en comparaison à d’autres épidémies, c’est une épidémie qui tue peu. » « Face à l’info », CNews, 13 juillet 2021.

A ce jour, le Covid-19 a tué 4,65 millions de personnes dans le monde depuis fin décembre 2019. Mais, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en mai, la surmortalité serait deux à trois fois supérieure aux chiffres fournis par les Etats, et serait donc comprise entre 9 et 13 millions. Dans certains pays, toujours selon l’OMS, l’espérance de vie pourrait perdre deux à trois ans.

La plupart des pandémies des XXe et XXIe siècles ont été moins meurtrières. La grippe asiatique a tué entre 1 et 4 millions de personnes en 1957-1958, la grippe de Hong Kong, 1 million en 1968, le virus Ebola, qui sévit depuis le milieu des années 1970 en Afrique, est responsable, lui, de 15 000 décès cumulés. Seul le virus du sida a un bilan plus considérable de 36 millions de morts. Ainsi que la grippe espagnole en 1918 : entre 50 et 100 millions de morts.

    « Je considère que l’Italie du Nord aurait dû être française. Il n’y a pas de différence entre Milan et Nice. Tout ça, c’est le même peuple, la même ville, la même architecture, le même état d’esprit. » « Face à l’info », CNews, 5 juillet 2021.

Nice, dans le sud-est de la France, et Milan, dans le nord de l’Italie, sont séparés par plus de 300 kilomètres et divergent aussi bien sur le plan architectural que sur le plan historique. La capitale lombarde est en fait beaucoup plus proche de la frontière suisse que de l’Hexagone.

Immigration, islam, environnement… Entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour, un débat sans surprise

  Immigration, islam, environnement… Entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour, un débat sans surprise Durant deux heures sur BFM-TV, le candidat de La France insoumise et le polémiste d’extrême droite ont étalé leurs désaccords. Eric Zemmour laisse planer le doute sur une éventuelle candidature à la présidentielle. L’un est candidat depuis quasiment un an, l’autre maintient toujours le suspens. A sept mois de l’élection présidentielle, le débat entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour, jeudi 23 septembre, sur BFM-TV, était très attendu en cette rentrée politique.

La dernière présence française à Milan remonte à plus de deux cents ans, à l’époque de Napoléon Ier. Le général corse s’autoproclame roi d’Italie en 1805, mais son règne transalpin est éphémère : en 1815, le Congrès de Vienne rétablit la domination autrichienne sur la ville.

Nice est historiquement reliée à la maison de Savoie, ennemie de la France royale puis impériale. Son rattachement à la France fera l’objet d’un affrontement acharné entre pro-Italiens, emmenés par Giuseppe Garibaldi, et pro-Français, favorables à Napoléon III. La ville est définitivement annexée à l’Hexagone qu’en 1860 et reste longtemps une terre d’immigration italienne. En 1911, 20 % de la population des Alpes-Maritimes, dont Nice est la préfecture, vient d’Italie.

Les singularismes historiques des deux villes se traduisent dans leurs patrimoines architecturaux. L’emblème de Milan, la cathédrale du Duomo, est construit en six siècles à partir de 1386, dans un style gothique – un genre totalement absent du centre historique niçois. Dans la ville, marquée par le passage de la dynastie Habsbourg, de nombreuses façades font ressortir l’esprit baroque.

De sa « période savoyarde », Nice conserve quelques palais et hôtels particuliers baroques mais se démarque grandement par l’apport de la Belle Epoque au tournant des XIXe et XXe siècles (quartier des Musiciens, hôtels Regina et Boscolo…).

    « Le mouvement fasciste, il naît à gauche, il naît en Italie. Mussolini est un socialiste. […] Le nom du parti nazi, qu’est-ce que c’est ? C’est national-socialiste ! Socialiste ! Ce sont des gens de gauche ! » « Face à l’info », CNews, 22 juin 2021.

En Italie, Mussolini – parvenu au pouvoir en 1922 et à la tête d’une dictature fasciste jusqu’en 1943 (puis de la république de Salo, Etat fantoche tenu en par les nazis, de 1943 à 1945) – milite effectivement au Parti socialiste italien (PSI) dans sa jeunesse. Mais la Première Guerre mondiale marque une rupture avec ses camarades socialistes pacifistes, et il est exclu du PSI à 31 ans. Fervent nationaliste, il soutient l’entrée de son pays dans le conflit et se rapproche des milieux d’affaires favorables à l’intervention. Dans une Italie d’après-guerre meurtrie et en proie à de virulentes grèves, Mussolini met au service des propriétaires fonciers ses Faisceaux de combat (fasci di combattimento), créés en 1919, qui, armés de gourdins et motorisées, mettent à sac les organisations de gauche dans la vallée du Pô et brutalisent voire assassinent leurs membres. Ses troupes seront également responsables de l’assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti en juin 1924. Mussolini se rapprochera du régime nazi dès 1935.

Présidentielle 2022 : Deux millions d’immigrés et 50 milliards d’euros de fraude sociale ? On a fact-checké Eric Zemmour

  Présidentielle 2022 : Deux millions d’immigrés et 50 milliards d’euros de fraude sociale ? On a fact-checké Eric Zemmour ​Lors du débat qui l’opposait à Jean-Luc Mélenchon, jeudi soir sur BFMTV, Eric Zemmour a donné des chiffres erronés © JEANNE ACCORSINI/SIPA Le débat en direct sur BFMTV opposait Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour. (Illustration) FAKE OFF - ​Lors du débat qui l’opposait à Jean-Luc Mélenchon, jeudi soir sur BFMTV, Eric Zemmou Lors de la confrontation entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour sur BFMTV jeudi soir, un sujet a, inévitablement, occupé une bonne part des échanges.

En Allemagne, lorsqu’Hitler entre dans le Parti ouvrier allemand (DAP) en 1919, il est déjà ultranationaliste et profondément antisémite. Cette structure politique appartient aux mouvements « völkisch », d’orientation pangermaniste et antimarxiste. Le futur führer, redoutable manipulateur, prend les rênes du DAP qu’il transforme en NSDAP (Parti national-socialiste des travailleurs allemands) en 1920. Le terme « socialiste » n’est destiné qu’à grappiller le soutien des prolétaires agités par la révolution bolchevique de 1917 en Russie, mais l’ouvriérisme ne reste qu’au stade du discours. Les combats de gauche ne sont absolument pas repris par le NSDAP. Dans le « programme en 25 points » du parti, en février 1920, les objectifs à long terme concernent essentiellement la protection de la « race germanique ». L’immigration doit être immédiatement stoppée et la dialectique antijuive était déjà omniprésente. Au point 4, on lit par exemple qu’« aucun Juif ne peut être citoyen » allemand. « La seule réalité qui soit, c’est la nation, une nation définie en des termes biologiques qui exclut tout ce que la gauche représente : l’universalisme et l’humanisme », détaille l’historien spécialiste du nazisme Johann Chapoutot à l’AFP.

    « Je ne pense pas que les auteurs des violences sur les policiers prennent des peines bien sévères. » « Face à l’info », CNews, 9 juin 2021.

Les violences contre les personnes dépositaires de l’autorité publique, dont les policiers, sont punies de 20 ans de réclusion criminelle, si elles entraînent la mort, de 15 ans en cas d’infirmité et de 5 ans en cas d’incapacité de travail de plus de 8 jours. C’est une circonstance aggravante précisée dans l’article 222-8 du code pénal, contrairement à ce que laisse sous-entendre Eric Zemmour.

Une note du ministère de la Justice au Sénat datant du 8 avril 2021 indique, de plus, que « le taux de réponse pénale relatif aux violences [avec cettecirconstance aggravante, NDLR] s’élève, entre 2017 et 2019, à 95 % », soit 11 points de plus que les violences commises sur d’autres types de personnes (84,5 %). « Les auteurs de violences sur personne dépositaire de l’autorité publique ont été poursuivis en 2019 dans 79,3 % des cas, précise encore le document, contre 59,3 % lorsque l’infraction n’est pas aggravée ou aggravée par une autre circonstance. »

    « Macron a lui-même désacralisé sa fonction […]. Il n’a pas à engager un dialogue avec un quidam. Il est le roi, surtout dans la conception française des institutions. On peut la critiquer mais c’est la conception française voulue par le général de Gaulle. » « Face à l’info », CNews, 8 juin 2021.

Charles de Gaulle est une référence souvent utilisée – et réinterprétée – par Eric Zemmour. A son retour au pouvoir en mai 1958, pendant la guerre d’Algérie, le général a voulu mettre fin à l’instabilité de la IVe République, en instaurant une nouvelle Constitution. « Il a aussi souhaité que l’Etat ait un chef fort, en lui donnant la légitimité de l’élection populaire [le suffrage universel direct pour la présidentielle est institué en 1962, NDLR] », précise le constitutionnaliste Dominique Rousseau, la monarchie française étant, elle, fondée sur le droit divin, transmis de père en fils.

Tous les présidents de la Ve République ont eu un rapport direct avec la population lors de leurs déplacements, ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis ou en Israël. Jacques Chirac s’était d’ailleurs plaint des conditions sécuritaires trop strictes à son égard lors d’un voyage à Jérusalem en 1996. Quant au général de Gaulle, cible de plusieurs tentatives d’attentat, notamment par des partisans de l’Algérie française, il était réputé pour avoir sillonné tous les départements de France et s’être arrêté dans chaque village. Il se vantait même d’avoir été, en 1961, le premier chef d’Etat français à avoir visité la Lozère… depuis le roi Dagobert. « Les premières années, il avait un rapport direct avec le peuple. » Ses bains de foule sont restés légendaires.

Eric Zemmour et la nouvelle pensée unique
    « « Quotidien » [sur TMC, NDLR] fait une émission sur Lilie, 8 ans, qui veut être un garçon. C’est les expériences du docteur Mengele ! » « Face à l’info », CNews, 31 mai 2021.

La première construction pénienne pratiquée sur un patient trans s’est déroulée en 1946, après la Seconde Guerre mondiale. En France, le processus de changement d’identité anatomique est homologué par l’article 41 du code de déontologie de l’Ordre des Médecins et bénéficie d’une prise en charge hospitalière. Rien à voir avec les « expériences du docteur Mengele ». A Auschwitz, le tortionnaire nazi, Josef Mengele, surnommé « l’Ange de la mort », avait installé un bloc opératoire où il réalisait des expérimentations très diverses (inoculation du typhus, brûlures, mutilations…) sur les détenus juifs et tziganes, hommes, femmes et enfants, dont la plupart sont morts.

    « On a enlevé le christianisme, c’est pour ça qu’on a l’islam, c’est une religion dans le remplacement. » « Face à l’info », CNews, 14 mai 2021.

Au début des années 1950, plus de 90 % des Français se disent catholiques. Aujourd’hui, d’après l’Enquête européenne sur les valeurs (2018), ils ne sont plus que 32 %. Ceux qui se définissent comme « sans religion » sont devenus largement majoritaires (58 %). Ce sont en fait eux qui ont « remplacé » les catholiques. Alors que seuls 6 % des Français se déclarent musulmans, devant les protestants (3 %).

    « Les Italiens se protègent beaucoup mieux que nous de l’immigration car ils n’ont pas le droit du sol. » « Face à l’info », CNews, 2 avril 2021.

Le fait que la France permette aux enfants nés dans l’Hexagone de parents étrangers nés à l’étranger d’acquérir la nationalité automatiquement et de plein droit à la majorité irrite la droite extrême. Mais cette différence entre les législations française et italienne ne se traduit pas dans les statistiques. En 2017, l’Italie comptait entre 500 000 et 700 000 migrants clandestins, contre 300 000 à 400 000 pour la France, d’après un rapport de l’institut Pew Research de 2019. La part des étrangers en situation légale en Italie est de 8,4 % (Istat) et de 7,6 % en France (Insee). L’Italie n’est donc pas mieux « protégée », pour reprendre le terme d’Eric Zemmour, de l’immigration que la France.

    « Les pays qui obtiennent les meilleurs résultats dans l’éducation ont gardé les méthodes traditionnelles. » « Face à l’info », CNews, 18 mars 2021.

La Finlande, troisième pays de l’OCDE au dernier classement du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa 2018) et restée très longtemps en tête du palmarès, fait office de référence dans l’excellence éducative mondiale. Elle a mis en place dans les années 1970 puis renforcé au cours de la décennie 1990 un système scolaire innovant, le peruskoulu, qui est très éloigné des « méthodes traditionnelles ». Les élèves passent en moyenne 45 minutes par cours, pour un total de 670 heures par an dans le primaire, contre 864 heures en France. Les collégiens finlandais consacrent aussi moins de temps à travailler chez eux, moins de trois heures par semaine – record parmi les pays de l’OCDE – contre près de six heures en France. Il n’y a pas de notes les cinq premières années de la scolarité. Les élèves entretiennent aussi avec les instituteurs des relations beaucoup plus informelles et horizontales qu’en France. L’indice d’anxiété scolaire finlandais est l’un des plus faibles de l’OCDE, selon le dernier rapport Pisa.

    « Vouloir la remigration, ce n’est pas être raciste, c’est considérer qu’il y a trop d’immigrés en France, que ça pose un vrai problème d’équilibre démographique et identitaire, que l’identité de la France est en danger. C’est dire : voilà, on va renvoyer les immigrés qui ne s’assimilent pas. C’est ce qu’a fait la France pendant un siècle. […] Dans les années 1930, on renvoie des immigrés italiens et polonais car ils sont au chômage et qu’ils ne s’assimilent pas. C’est la gauche qui fait ça. Ils ne sont pas racistes. C’est Léon Blum. » « Face à l’info », CNews, 27 janvier 2021.

« Dire que la France pendant un siècle aurait renvoyé les immigrés qui ne s’assimilent pas n’a aucun sens parce qu’il y a un siècle, nous étions dans les années 1920 et, au cours de cette décennie, la France a fait venir plusieurs millions d’immigrants pour reconstruire son économie, explique l’historien spécialiste de l’immigration Gérard Noiriel.En 1930, le taux d’immigration de la France était supérieur à celui des Etats-Unis [2 890 000 étrangers en France, soit 5,9 % de la population totale, NDLR].La crise des années 1930 a provoqué un arrêt de l’immigration et le retour au pays de plusieurs centaines de milliers d’entre eux. Les uns sont rentrés spontanément, les autres ont été renvoyés parce que le gouvernement français n’a pas renouvelé leur carte de séjour. Mais accuser la gauche et Léon Blum d’être les principaux responsables de cette politique xénophobe est faux. C’est au début des années 1930, quand la droite était au pouvoir, que ces expulsions ont été les plus massives ; alors que la gauche (dont beaucoup de dirigeants militaient à la Ligue des Droits de l’Homme) les condamnait.Non seulement ce n’est pas Léon Blum qui a “fait” cette politique d’expulsion, mais, à l’inverse, le Front populaire a pris des mesures pour limiter le renvoi des immigrés et combattre les expulsions arbitraires. La gauche a permis aussi à des dizaines de milliers de réfugiés fuyant le nazisme d’être accueillis en France. »En 1939, fuyant la répression franquiste, 500 000 républicains espagnols ont passé la frontière et ont été installés dans les camps de Gurs, du Vernet et d’Argelès-sur-Mer.

Le renvoi des étrangers se fait essentiellement dans la première moitié des années 1930. La loi n’est pas modifiée, mais une pression s’exerce sur les entreprises, les agents du contrôle des étrangers et les immigrés. A partir de 1931, la France participe au financement du voyage de retour des étrangers qui veulent partir et encourage les grandes entreprises à licencier en priorité les travailleurs étrangers et à assurer leur rapatriement, comme ce sera le cas de milliers de travailleurs polonais employés par les charbonnages du nord de la France.Mais, écrit l’historien Philippe Rygiel dans « les Etrangers au temps de l’exposition coloniale » (Gallimard/CNHI), « il est particulièrement difficile de distinguer les départs contraints des départs volontaires d’immigrants que la dégradation de la situation économique conduit à quitter la France, l’effet de la nécessité économique et celui de l’étranglement administratif. De même les décisions administratives (refoulements et expulsions) ne se traduisent pas toujours par une sortie du territoire à bref délai. Concluons alors que l’action de l’état a accompagné et amplifié, sans que nous puissions établir dans quelles proportions, une vague de départs qui fut massive, 93 000 sorties du territoire sont enregistrées en 1931 et 108 000 en 1932 ».

    « Sur les 14 millions [de Français, NDLR] qui touchent une retraite, il y a 50 % de gens nés à l’étranger. » « Face à l’info », CNews, 23 octobre 2020.

Selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), le chiffre est de 18 % et comprend aussi les Français nés à l’étranger.

Conquérir les esprits avant de gagner dans les urnes : plongée au cœur de l’offensive réactionnaire
    Les mineurs isolés « n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont ! Il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent ! ». « Face à l’info », CNews, 29 septembre 2020.

A l’occasion d’une audition à l’Assemblée nationale, l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) a rédigé une note qui portait notamment sur les faits de délinquance concernant les mineurs non accompagnés (MNA), jeunes étrangers ou migrants âgés de moins de 18 ans et qui ne sont sous l’autorité ni de leur père, ni de leur mère, ni d’aucun adulte. L’Observatoire a souligné « l’absence de statistiques fiables » sur le sujet. En septembre 2020, la Mission mineurs non accompagnés (MMNA) de la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse estimait entre 2 000 et 3 000 les mineurs isolés étrangers délinquants, soit environ 10 % des MNA, « sans que cette estimation puisse réellement faire l’objet d’une vérification ». Le chiffre serait en augmentation, mais très éloigné du « c’est tout ce qu’ils sont ! » d’Eric Zemmour.

Sur les 16 760 jeunes enregistrés en 2019, 95 % étaient des garçons, 61 % venaient de Guinée, Mali et Côte d’Ivoire et 10,6 % du Maghreb. Ils représentaient 15 % à 20 % de l’effectif de la prise en charge des services de la protection de l’enfance. La mission précisait dans son rapport 2019 que les mineurs isolés « pris en charge dans un cadre pénal présentent un état de santé physique et/ou psychique très dégradé (traumatismes, conduites addictives, maladies…) » avec « une recrudescence des actes autoagressifs (automutilation, tentative de suicide, suicide…) » lorsqu’ils sont poursuivis dans un cadre pénal. Le rapport concluait : « Ce sont des enfants comme les autres. Notre attention à leur égard ne doit pas être défaillante au risque de voir durablement ébranlés les principes et fondements de non-discrimination, et de droit à la dignité auxquels nos institutions sont attachées. ».

A la suite de la déclaration d’Eric Zemmour, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « provocation à la haine raciale » et « injures publiques à caractère raciste ». Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), gendarme des ondes, a sanctionné CNews d’une amende de 200 000 euros pour « incitation à la haine » et « à la violence ».

    « Les chiffres américains révèlent que les Noirs sont d’abord tués par les Noirs, à 97 %. Les Blancs ont deux fois plus de chance d’être tués que les Noirs. 80 % des Blancs sont tués par des Noirs. » « Face à l’info », CNews, 1er juin 2020.

Ce sont en fait de fausses statistiques qui ont été attribuées au FBI et ont circulé lors de la campagne présidentielle américaine de 2016. Elles avaient même été relayées par Donald Trump et font depuis les délices de la fachosphère sur les réseaux sociaux. Selon les chiffres de 2014 du site internet du FBI, 82 % des Blancs tués l’ont été par des Blancs, et 15 % par des Noirs. Le chiffre cité par Eric Zemmour qui se rapproche des statistiques réelles du FBI est celui de 90 % de Noirs tués par des Noirs. Selon une étude réalisée par l’Académie des Sciences Américaines entre 2013 et 2018, les hommes noirs ont 2,5 fois plus de risques d’êtres tués par la police au cours de leur vie que les hommes blancs, en proportion de la population.

    « Vous avez osé dire que Pétain avait sauvé les juifs… – … français ! C’est encore une fois le réel, je suis désolé. » « Face à l’info », CNews, dialogue avec l’essayiste Bernard-Henri Lévy, 21 octobre 2019.

Sur les 330 000 juifs présents en France en 1940, 75 000 ont été déportés avec la complicité de l’Etat français. Parmi eux, 24 000 Français, soit le tiers de l’ensemble des déportés, qui n’ont donc pas été « sauvés » par le maréchal Pétain. Laurent Joly, historien spécialiste de Vichy, indique dans son dernier ouvrage « l’Etat contre les juifs. Vichy, les nazis et la persécution antisémite » (Grasset, 2018) qu’au cours de la dernière année, Vichy ayant transféré aux autorités allemandes ses listes de noms et d’adresses, près de la moitié des déportés étaient alors nés en France…

Traîné devant la justice pour « contestation de crime contre l’humanité », Eric Zemmour est relaxé par la 17e chambre du tribunal de Paris en février dernier au motif que ses propos ont été prononcés « à brûle-pourpoint lors d’un débat sur la guerre en Syrie », même s’ils contiennent « la négation de la participation [de Pétain] à la politique d’extermination des juifs menée par le régime nazi ». Les parties civiles, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), l’association J’accuse, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), SOS Racisme et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) ont fait appel.

Eric Zemmour est né dans une famille juive venue d’Algérie qui a subi, comme tous les israélites de la colonie nord-africaine, un dispositif législatif antijuif mis en place de son propre chef par le régime de Pétain, sans que l’Allemagne ne l’ait même demandé. Perte de la nationalité française (acquise avec le décret Crémieux de 1870) dès octobre 1940, application des lois métropolitaines sur le statut des juifs, interdiction d’un grand nombre de professions, expulsion des élèves des établissements scolaires, internement d’une quinzaine de milliers de soldats juifs démobilisés dans des camps du sud algérien… Le débarquement allié de novembre 1942 en Afrique du Nord a permis de stopper l’avancée des troupes allemandes qui arriveront jusqu’en Tunisie, où des juifs seront déportés. Les juifs d’Algérie ont retrouvé la nationalité française l’année suivante.

Les « grosses têtes » de l’actu chez Pascal Praud sur CNews
    « Le 18e arrondissement de Paris, c’est devenu Dakar, y’a plus un Blanc. » Propos tenus lors d’un débat à Marseille avec Stéphane Ravier, sénateur du Rassemblement national (RN), et diffusés par « Quotidien » (TMC), 18 avril 2019.

Il n’existe pas de statistiques ethniques en France. Il est donc impossible d’établir la proportion de Français non « blancs » dans le 18e arrondissement de Paris, uniquement celle des étrangers et des immigrés. Cet arrondissement du nord de la capitale dispose, d’après l’Insee, de davantage d’habitants issus des classes aisées que la moyenne française : 27,9 % de cadres et professions intellectuelles supérieures, 57,3 % de diplômés de l’enseignement supérieur, 64 % de ménages fiscaux imposables… Le recensement de la population de 2018 indique que 17 % de la population est de nationalité étrangère, un chiffre supérieur à la moyenne nationale, comme pour toute l’Ile-de-France, qui s’explique, notamment, par l’attractivité économique de la région. Une partie d’entre eux sont des « Blancs ». En 2013, selon l’Insee, près de quatre immigrés sur dix à Paris étaient des ressortissants de l’Union européenne, deux fois plus que les arrivants d’Asie ou d’Afrique du Nord. Entre 2008 et 2013, la part des nationalités de l’Union européenne à Paris était en progression (de 29 % à 37 % de l’ensemble des nationalités étrangères), tandis que celle de l’ensemble des nationalités africaines était en baisse (de 34 % à 25 %).

    « J’étais scandalisé par le comportement d’Emmanuel Macron. Je pense que ce monsieur Audin, mort dans des conditions tragiques […], était un traître et méritait 12 balles dans la peau. C’était un type qui était contre la France, qui aidait le FLN, qui aidait à tuer des Français. » « L’Opinion », 18 septembre 2018.

Eric Zemmour est sur la même ligne que Marine Le Pen, vis-à-vis de la décision d’Emmanuel Macron en septembre 2018 de reconnaître la responsabilité de la France dans la mort du militant indépendantiste Maurice Audin lors de la guerre d’Algérie. Et comme la présidente du Rassemblement national (RN, ex-Front national), il « refait » l’histoire de la guerre d’Algérie. Le mathématicien et membre du Parti communiste algérien (PCA), engagé pour l’indépendance, est arrêté le 11 juin 1957, pendant la bataille d’Alger, par les parachutistes de Massu, torturé au centre de tri et de transit d’El Biar et fait partie des milliers de disparus de la guerre d’Algérie. Après des décennies d’une version officielle évoquant une « évasion », Emmanuel Macron a reconnu que le jeune père de famille de 25 ans avait « été torturé puis exécuté ou torturé à mort ». Maurice Audin n’a en fait « jamais aidé à tuer des Français », comme l’affirme Eric Zemmour. Il était chargé des activités de propagande et de cacher des membres du PCA, dissous en 1955 par les pouvoirs publics. « Ce qu’a fait concrètement Maurice Audin, c’est héberger des membres de la direction du PCA, pas du tout des poseurs de bombe, pas du tout non plus des membres du FLN. C’étaient des gens qui étaient favorables à l’indépendance, lui n’a jamais pris d’arme », avait préciséà l’AFP l’historien François-René Julliard, au moment de la déclaration d’Eric Zemmour. Pendant la guerre d’Algérie, les « Français » qui ont tué le plus de « Français » sont les membres de l’OAS (Organisation armée secrète), un mouvement politico-militaire clandestin proche de l’extrême droite qui a été créé en février 1961 pour défendre le maintien de la présence française en Algérie. Les représentants de l’Etat, militaires, policiers, fonctionnaires, étaient les premiers visés. Le général de Gaulle était la bête noire des pro-Algérie française.

    « Normalement, chez moi, en tout cas depuis une loi de Bonaparte qui a malheureusement été abolie en 1993 par les socialistes, on doit donner des prénoms dans ce qu’on appelle le calendrier, c’est-à-dire les saints chrétiens […]. Votre mère a eu tort de vous appeler [Hapsatou, NDLR] […]. Corinne, ça vous irait très bien. » « Les Terriens du dimanche ! », C8, dialogue avec la chroniqueuse Hapsatou Sy, 16 septembre 2018.

Sous le Consulat, la loi du 11 germinal de l’an XI (1er avril 1803) réglemente le choix des prénoms parmi « les noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l’histoire ancienne ». Mais il n’est fait nulle part mention du seul calendrier des saints. La loi a ensuite connu plusieurs modifications. Sous la Ve République et la présidence du général de Gaulle, en 1966, il est stipulé que « les enfants français doivent, normalement, recevoir des prénoms français ». Quelques prénoms étrangers sont acceptés, ainsi que « des prénoms coraniques pour les enfants de Français musulmans ». La loi de janvier 1993, sous le deuxième septennat de François Mitterrand, libéralise le choix des prénoms, dans la mesure où ils ne portent préjudice ni au droit des tiers ni à l’enfant.

    « La culture grecque, c’est l’Europe. » Dans « Destin français. Quand l’histoire se venge » (Albin Michel), septembre 2018.

L’Empire byzantin, de langue et de culture principalement grecque, est apparu vers le IVe siècle dans la partie orientale de l’Empire romain qui se divisait alors en deux. Les mondes byzantins et latins sont restés largement distincts et se sont même opposés durant plusieurs siècles. Au cours de la quatrième croisade (1204-1204), les Occidentaux prennent et pillent Constantinople : les tensions sont alors vives au sein de la chrétienté, les Grecs sont perçus négativement par les Latins et vice-versa.

Le concept de l’Europe émerge seulement au XVe siècle, après la prise de Constantinople, la « capitale » de l’empire byzantin, par les troupes de Mehmed II. Il s’est développé en raison de la montée en puissance de l’Empire ottoman et de l’opposition entre l’Europe chrétienne et l’Asie musulmane. La culture grecque a également été reçue par le monde musulman. Les Grecs, avec leur langue et leur écriture, ont abordé l’Afrique du Nord par la Cyrénaïque (dans l’actuelle Libye) en 631 avant notre ère. Les ruines du temple de Zeus à Cyrène, classées au patrimoine mondial de l’Unesco, en témoignent encore. Dans la quasi-totalité des cas, l’Occident latin a redécouvert le corpus grec (les textes médicaux, scientifiques ou philosophiques, notamment Aristote) via des écrits arabes.

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    « Depuis trente ans, il y a une immigration constante de population venue du sud de la Méditerranée, qui est petit à petit arrivée en France avec le regroupement familial en 1975, une grande erreur car on est passés d’une immigration de travail à une immigration de peuplement […]. Il faut arrêter le regroupement familial. » BFMTV, 13 octobre 2014.

Le regroupement familial – mesure qui permet à un étranger de faire venir son conjoint ou ses enfants en France – est autorisé depuis une ordonnance de 1945 du gouvernement provisoire du général de Gaulle. En 1976, le regroupement familial devient un droit plus systématique pour le ressortissant étranger. Il est aujourd’hui codifié au niveau européen.

Dans les années 1970, l’immigration « de travail » est effectivement freinée. Le motif familial devient plus important que l’économique. Mais cette « immigration de peuplement », pour reprendre l’expression d’Eric Zemmour, est quasi stable depuis cinq décennies. On enregistrait 81 500 titres de séjour au motif familial en 1971 et… 90 502 en 2019 (sur un total de 277 406). Le motif familial est aujourd’hui pratiquement à égalité avec le motif étudiant.

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​Lors du débat qui l’opposait à Jean-Luc Mélenchon, jeudi soir sur BFMTV, Eric Zemmour a donné des chiffres erronés © JEANNE ACCORSINI/SIPA Le débat en direct sur BFMTV opposait Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour. (Illustration) FAKE OFF - ​Lors du débat qui l’opposait à Jean-Luc Mélenchon, jeudi soir sur BFMTV, Eric Zemmou Lors de la confrontation entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour sur BFMTV jeudi soir, un sujet a, inévitablement, occupé une bonne part des échanges.

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