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France Zemmour, et le danger de la prophétie autoréalisatrice

17:20  04 octobre  2021
17:20  04 octobre  2021 Source:   nouvelobs.com

Présidentielle 2022 : Deux millions d’immigrés et 50 milliards d’euros de fraude sociale ? On a fact-checké Eric Zemmour

  Présidentielle 2022 : Deux millions d’immigrés et 50 milliards d’euros de fraude sociale ? On a fact-checké Eric Zemmour ​Lors du débat qui l’opposait à Jean-Luc Mélenchon, jeudi soir sur BFMTV, Eric Zemmour a donné des chiffres erronés © JEANNE ACCORSINI/SIPA Le débat en direct sur BFMTV opposait Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour. (Illustration) FAKE OFF - ​Lors du débat qui l’opposait à Jean-Luc Mélenchon, jeudi soir sur BFMTV, Eric Zemmou Lors de la confrontation entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour sur BFMTV jeudi soir, un sujet a, inévitablement, occupé une bonne part des échanges.

  Zemmour, et le danger de la prophétie autoréalisatrice © Copyright 2021, L'Obs « Énoncé

performatif, la pré-vision politique est, par soi, une pré-diction qui vise à faire advenir ce qu’elle énonce ; elle contribue pratiquement à la réalité de ce qu’elle annonce par le fait de l’énoncer, de le pré-voir et de la faire pré-voir, de le rendre concevable et surtout croyable et de créer ainsi la représentation et la volonté collectives qui peuvent contribuer à le produire. »Pierre Bourdieu, « Décrire et prescrire. Note sur les conditions de possibilité et les limites de l’efficacité politique », mai 1981.

La candidature présidentielle d’Éric Zemmour était, il y a encore quelque temps, un objet de plaisanteries. Ce serait une erreur de persister dans cette voie. Après Donald Trump, et l’incrédulité de la gauche américaine jusqu’au moment même de son élection, qui peut encore dire « never » quant aux risques que fait porter une telle candidature ? Or, autour de Zemmour, avec les épisodes « sondages », « Mélenchon », « Onfray » et « Le Pen », une prophétie autoréalisatrice pourrait s’enclencher.

VIDÉO - Véronique Genest cash sur Éric Zemmour : "Il dit des choses vraies"

  VIDÉO - Véronique Genest cash sur Éric Zemmour : Invitée dans L’instant de Luxe sur Télé Star Play ce lundi 27 septembre, Véronique Genest s’est confiée sans langue de bois sur Éric Zemmour et a révélé si elle comptait voter pour lui s’il se présentait. Your browser does not support this video « Ah, Éric… » Quand Jordan de Luxe montre à Véronique Genest une photo d’Éric Zemmour, l’actrice l’appelle déjà par son prénom. « Je le connais depuis tellement longtemps, mais ce n’est pas du tout un ami, parce qu’on ne se voit jamais, donc je dis Éric parce qu’il m’est familier », a expliqué l’invitée de L’Instant de Luxe sur Télé Star Play ce lundi 27 septembre.

Selon notre décompte, Zemmour et Onfray sont d’accord sur 92,7 % des sujets

Ultraconservatisme, confusionnisme, identitarisme

Dans mon livre La grande confusion. Comment l’extrême droite gagne la bataille des idées (Textuel, mars 2021), je montre que Zemmour est un des principaux idéologues d’une « formation discursive » (notion empruntée à Michel Foucault) ultraconservatrice, qui ne cesse de prospérer depuis le milieu des années 2000 dans l’espace public en France.

L’ultraconservatisme se présente comme un ensemble composite de bricolages idéologiques associant des xénophobies diverses, du sexisme et de l’homophobie dans un cadre nationaliste fantasmant « un peuple » homogène culturellement, un peuple-nation. Sa dynamique bénéficie du fort recul du clivage gauche/droite en général, de la profonde crise de la notion de « gauche » en particulier.

"Vous avez inventé !" : Eric Zemmour se paye Ruth Elkrief

  Sur le plateau de LCI, Eric Zemmour, candidat potentiel à l’élection présidentielle 2022, est revenu sur certains de ses propos face à Ruth Elkrief. Sans perdre son sang-froid, le polémiste a tout de même fustigé les réflexions de la journaliste. Eric Zemmour tente de mettre les choses au clair. Ce lundi 27 septembre, le polémiste a fermement démenti les propos rapportés par la journaliste de LCI, Ruth Elkrief.

Un aspect peu souvent vu de cette crise concerne la dissociation d’un des piliers intellectuels historiques de la gauche : le couple critique sociale -émancipation. A la place d’une critique des inégalités, des dominations et des discriminations ouvrant sur un horizon d’émancipation sociale, à la fois individuelle et collective, monte un hypercriticisme dit « antisystème », à tonalités complotistes, se focalisant superficiellement sur la mise en cause du « politiquement correct » et surpersonnalisant l’objet de la critique (Emmanuel Macron tout particulièrement aujourd’hui). Trump ou Zemmour ne sont-ils pas devenus des champions de la critique ? Or, cet hypercriticisme n’est plus connecté à l’émancipation, mais à la justification de discriminations, à travers notamment la dénonciation du « lobby antiraciste », du « lobby féministe » ou du « lobby gay ».

Se réclamant initialement de la tradition gaulliste, et de deux figures du « souverainisme » plus proches de nous, Philippe Seguin et Jean-Pierre Chevènement, Zemmour a fait un saut dans l’abject à partir de 2014 en réhabilitant le maréchal Pétain, via des déformations de la vérité historique à propos de sa supposée « protection » des Juifs français sous l’Occupation. Parce que doté publiquement d’une identité juive, Zemmour escamote ainsi avec davantage d’efficacité la forte composante antisémite d’un nationalisme français dont il constitue aujourd’hui un des principaux porte-parole. Sa vision unifiée du Mal est alors largement concentrée sur une représentation essentialiste des « musulmans ». Il a d’ailleurs été condamné à plusieurs reprises par la justice pour des propos à l’égard des « Arabes », des « noirs » et des « musulmans ». Une acrimonie à l’égard des femmes et des homosexuels (qu’il a mise en sourdine au cours de sa précampagne présidentielle) s’est imbriquée à son islamophobie et à sa négrophobie à partir des années 2010.

VIDÉO - "J’ai des différences avec Éric Zemmour, mais…" : Nicolas Sarkozy partagé sur le polémiste

  VIDÉO - Nicolas Sarkozy a donné son point de vue sur Éric Zemmour ce mardi 28 septembre, dans l’émission Punchline de Laurence Ferrari, en co-diffusion sur CNews et Europe 1. Éric Zemmour n’est pas encore officiellement candidat à l’élection présidentielle, mais il occupe le débat public. La droite et l’extrême droite commencent à regarder avec méfiance les sondages, qui le créditent de 11 % des intentions de vote. Nicolas Sarkozy, resté en retrait des premières semaines de campagne électorale, était invité sur le plateau de Punchline sur CNews et Europe 1 ce mardi 28 septembre.

La dynamique de cet ultraconservatisme renouvelé est appuyée de manière involontaire par le développement à gauche d’une autre « formation discursive », qui en légitime certains thèmes de manière soft. Il s’agit du confusionnisme, composé d’interférences entre des postures et des thèmes d’extrême droite, de droite, du centre droit macronien, de la gauche modérée dite « républicaine » et de la gauche radicale.

Ultraconservatisme et confusionnisme sont eux-mêmes affectés par des intersections avec un autre espace rhétorique, très présent à l’échelle internationale : l’identitarisme. L’identitarisme, c’est en quelque sorte une pathologie de l’identité. C’est une tendance à la réduction des personnes et des groupes à une identité principale, homogène et fermée, par exemple une identité nationale ou une identité religieuse ; une identité positive valorisée ou une identité négative dénoncée.

Genre, race, identité... Elisabeth Roudinesco et Sandra Laugier s’expliquent

Les sondages reflètent une surmédiatisation

Un sondage, réalisé entre le 17 et le 20 septembre 2021 par Harrris Interactive pour Challenges sur un échantillon de 1314 personnes et publié le 21 septembre, donne pour le 1er tour de la présidentielle :

Sarah Knafo, celle qui murmure à l'oreille de Zemmour

  Sarah Knafo, celle qui murmure à l'oreille de Zemmour Sarah Knafo l'accompagne partout. Alors que le polémiste a entamé la tournée de promotion de son livre « la France n’a pas dit son dernier mot », il s’est affiché avec la magistrate de la Cour des comptes lors de ses rendez-vous avec le public comme entre deux séances de dédicaces. Ambitieuse, influente, elle est devenue, à 28 ans, l’architecte et la cheville ouvrière d’une campagne présidentielle dont ils ont rêvé ensemble. © DR Surtout, que son nom ne soit pas écrit, que ses propos ne soient pas notés. Sarah Knafo insiste : elle aimerait demeurer dans l’ombre, indispensable et secrète, essentielle et anonyme.

    18 % à Marine Le Pen en baisse ;

    14 % à Xavier Bertrand ;11 % à Jean-Luc Mélenchon (1er candidat à gauche) ;et 11 % à Éric Zemmour.

Celui réalisé par le même institut du 24 au 27 septembre, encore pour Challenges, publié le 28 septembre et concernant 1379 personnes, a comme résultats :

    16 % pour Le Pen ;14 % pour Bertrand ;13 % pour Zemmour ;13 % pour Mélenchon.

Enfin, un sondage réalisé du 29 au 30 septembre sur 1500 personnes par Ipsos Sopra-Steria pour France Info et Le Parisien et publié le 1er octobre indique :

    16 % pour Le Pen ;15 % pour Zemmour ;14 % pour Bertrand ;et 9 % pour Mélenchon, au coude-à-coude avec Yannick Jadot.

Cette valse des sondages à sept mois de la présidentielle, bien avant le démarrage de la campagne officielle, alors qu’on n’a souvent affaire qu’à des pré-candidats incertains, a de quoi donner le tournis. Comme l’ont montré les travaux démystificateurs de la science politique critique, dans le sillage des analyses initiées par Pierre Bourdieu, ces sondages n’informent pas sur les intentions de vote des électeurs. Ils nous révèlent seulement des états mouvants et précaires d’opinions, très liés au contexte médiatique et politique immédiat, filtrés par des dispositifs techniques de recueil à la rigueur variable.

Dans ce cadre, la montée des scores de Zemmour reflète avant tout la surmédiatisation de sa pré-candidature en cette rentrée de septembre. Et, en retour, ces sondages alimentent sa surmédiatisation dans un effet boule de neige. Il n’y a point ici de complot des instituts de sondage et des médias, comme le croient trop souvent les militants critiques, mais une concurrence autour du « nouveau », qui constitue un des moteurs du champ journalistique, comme l’a aussi analysé Bourdieu. Certes, quelques médias poussent au maximum leurs agendas ultraconservateurs autour de Zemmour, tels que Valeurs actuelles, CNews ou certains secteurs du Figaro, mais ces forces stratégiques ne sont guère suffisantes pour enclencher « l’orchestration sans chef d’orchestre » (Bourdieu encore) à laquelle nous assistons.

Pour Éric Zemmour, "Emmanuel Macron veut dissoudre la France dans l'Europe et l'Afrique"

  Pour Éric Zemmour, Invité de "Punchline" sur Europe 1 et Cnews, Éric Zemmour, a estimé qu'il y a un "affrontement de civilisation" avec Emmanuel Macron. Pour le polémiste, le président "veut dissoudre la France dans l'Europe et l'Afrique" et poursuit "une chimère" dans le dossier de "l'autonomie de la stratégie européenne"."On n'a pas la même vision de la France, de la modernité, de l'histoire de France même.

Il y va alors des effets performatifs en jeu dans le fonctionnement du champ politique. Bourdieu a emprunté à la philosophie du langage l’attention à de telles logiques performatives dans sa sociologie politique. Il s’agit d’énoncés qui posent comme des faits ce qu’ils contribuent à faire advenir. Les chiffres, dans les sondages, confèrent la qualité de « faits » à des résultats flottants d’enquêtes d’opinion appelant des interprétations plus prudentes. A partir de là, les commentaires médiatiques et politiques sur ces chiffres finissent, via le fétichisme du nombre, par donner de la consistance à l’inconsistant dans les croyances de ceux qui dominent les espaces publics.

Ce processus peut déboucher sur ce que le sociologue américain Robert K. Merton a nommé une « prophétie autoréalisatrice », dans un célèbre article de 1948, « The Self-Fulfilling Prophecy » : une prophétie qui contribue à créer les conditions mêmes de sa propre réalisation. La vague actuelle de sondages favorables à Zemmour pourrait ainsi contribuer à crédibiliser une candidature au départ incertaine et même folklorisée : le « polémiste médiatique » deviendrait alors « gouvernant possible » et la double hypothèse d’un talonnement de Marine Le Pen et d’un dépassement de Xavier Bertrand s’enracinerait.

La fragilisation du clivage gauche/droite comme celle des organisations politiques existantes rend davantage possible ce type de processus. Et Zemmour ouvre un passage entre deux logiques autonomes : l’extrême droitisation idéologique et l’horizon d’une victoire électorale possible de l’extrême droite. Car les effets de l’extrême droitisation idéologique sont déjà là. Ils pèsent sur les agendas politiciens (avec le triptyque immigration-islam-insécurité) et même sur les politiques publiques (loi dite sur « le séparatisme »), ou ils s’expriment par la parole antisémite décomplexée sur Internet et sur les réseaux sociaux. Mais cela ne débouche pas nécessairement sur des gains électoraux de l’extrême droite. Or, la transformation d’un des principaux idéologues ultraconservateurs en pré-candidat présidentielle permet d’envisager un passage entre un terreau idéologique et des résultats électoraux.

LR tend des pièges, Zemmour grimpe, Mélenchon fanfaronne

  LR tend des pièges, Zemmour grimpe, Mélenchon fanfaronne Le Réveil politique - Faits de campagne, analyses, anecdotes… Chaque matin, « l’Obs » décrypte la campagne présidentielle.C’est le début de la saison des champignons… et des niches parlementaires LR qui font galérer LREM. Le dispositif des « niches » permet chaque année pendant une journée à un groupe d’opposition de présenter des propositions de loi dans l’Hémicycle, qui ont souvent peu de chances d’être adoptées, mais peuvent mettre l’exécutif et la majorité en difficulté.

Les sondages et leurs commentaires ne sont pas les seules ressources de légitimation bénéficiant à Zemmour. Le fait qu’un présidentiable, largement reconnu comme tel et déjà candidat deux fois, comme Jean-Luc Mélenchon accepte un débat le 23 septembre sur BFMTV a accru la crédibilisation présidentielle du journaliste, même si le débat n’a pas eu de clair « vainqueur ». La division de la droite autour de plusieurs pré-candidats la facilite aussi indirectement. Les déclarations de Jean-Marie Le Pen recueillies par Le Monde le 30 septembre, affirmant qu’il soutiendrait Zemmour s’il « est le candidat du camp national le mieux placé », le crédibilisent enfin aux yeux des sympathisants du RN.

« Les gauches se perdent dans le confusionnisme des mots et des idées »

Le cas Onfray

Le débat public « Accords & désaccords » au Palais des Congrès de Paris le 4 octobre avec le philosophe Michel Onfray constitue aussi un formidable dispositif de légitimation du pré-candidat, sur le double plan intellectuel et politique vis-à-vis, cette fois, de sympathisants de gauche. Car Onfray a navigué de « la gauche antilibérale » des années 1990-2000, dans une inscription libertaire revendiquée, à un « souverainisme de gauche » de plus en plus affiché. La création de l’Université populaire de Caen a été en 2002 un geste symbolique fort de réaction à la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle. Voilà pourquoi, malgré son soutien à une alliance « des souverainistes des deux bords » (le FN de Marine Le Pen n’étant plus classé à l’extrême droite, comme celui de son père, mais à l’intérieur d’un souverainisme de droite) à partir du 5 septembre 2015 sur France-Culture et la création de la revue confusionniste Front Populaire, rassemblant des auteurs de gauche, de droite radicalisée et d’extrême droite, en avril 2020, Onfray garde une aura « de gauche » parmi des sympathisants progressistes. Par ailleurs, ce débat est susceptible de renforcer l’image de Zemmour comme étant un Trump plus « intello ».

Eric Zemmour "candidat de la droite" au second tour : JoeyStarr y voit "un fantasme bon marché" (VIDEO)

  Eric Zemmour JoeyStarr était ce jeudi matin l'invité d'Alba Ventura sur RTL. Le Jaguar a commenté la récente percée d'Eric Zemmour dans les sondages. © RTL JoeyStarr était ce jeudi matin l'invité d'Alba Ventura sur RTL. Le Jaguar a commenté la récente percée d'E En séance de dédicace à Versailles (Yvelines), Eric Zemmour a déclaré ce 6 octobre au micro de BFMTV "Oui, je suis le candidat de la droite, de ce qu'on appelait avant le RPR". Tandis qu'il n'a pas officiellement dévoilé ses ambitions pour la présidentielle de 2022, le polémiste a encore fait un bond de popularité.

L’élément affectif marquant a vraisemblablement été pour le philosophe le décès en 2013 de sa compagne depuis 1977 des suites d’un cancer qui a duré dix-sept années et à qui il a dédié un bouleversant Requiem athée (éditions Galilée, 2013). Celle qui constituait une part importante de l’incarnation de sa boussole politique disparue, les dérèglements de ses interventions publiques se sont multipliés. La revanche sociale du provincial, fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage, vis-à-vis d’une intelligentsia parisienne de gauche qui l’a souvent méprisé attise sans doute le goût de la provocation. Aujourd’hui le tragique qui a saisi l’hédoniste d’hier risque de se perdre dans le tragicomique zemmourien. Pour l’instant, Onfray ne soutient pas Zemmour, mais il lui fournit un atout important en pleine pré-campagne.

Un difficile premier tour

Certes, et fort heureusement, la présence de Zemmour au second tour de la présidentielle se présente comme une hypothèse encore peu probable. Il y a d’abord la barrière des 500 parrainages. S’il finit par les recueillir, on ne sait pas s’il tiendra face au rythme et aux chausse-trapes d’une campagne électorale dont il n’est pas directement familier. Et il faut qu’il prenne suffisamment d’électeurs à LR et au RN, voire un peu à gauche, et mobilise des abstentionnistes pour passer la rampe. Sans oublier que les boucles performatives favorables à une personnalité « nouvelle » dans les médias peuvent se retourner facilement en boucles de ringardisation. Benoît Hamon en a fait, par exemple, les frais en 2017 après une primaire socialiste ensoleillée pour lui.

TRIBUNE. « La critique de gauche du pass sanitaire se perd dans une impasse confusionniste »

Cependant, s’il passe le premier tour, Zemmour a nettement plus de chances que Marine Le Pen face à Macron. Il peut enrôler plus d’électeurs LR, voire des soutiens de dirigeants LR radicalisés. Car, paradoxalement, davantage situé à l’extrême droite que Marine Le Pen (sur les terrains de la xénophobie, du sexisme, de l’homophobie ou de l’effacement de l’antisémitisme d’État du régime de Vichy), il apparaît plus respectable aux conservateurs que la fille de Jean-Marie Le Pen. Pour développer un écho à gauche, au moins sur la forme d’une abstention plus élevée, il y a ses références positives à Jean-Pierre Chevènement ou à Georges Marchais, ou l’atout Onfray. Pour le débat télévisé de second tour, il a davantage de métier que Marine Le Pen : il sait alterner entre registre démagogique et registre intellectuel. Sa victoire au second tour apparaît davantage probable que le saut d’obstacle du premier tour.

Si l’on suit les réflexions pionnières du philosophe Hans Jonas sur l’écologie, une prophétie de malheur vise à tenter de contrecarrer ledit malheur. Dans ce cas, sera-t-elle entendue ?

Philippe Corcuff, bio express

Philippe Corcuff, maître de conférences de science politique à l’Institut d’études politiques de Lyon, engagé dans une gauche libertaire et dans le mouvement des universités populaires initié en par Michel Onfray en 2002, est l’auteur de « Bourdieu autrement » (Textuel, 2003) et de « La Grande confusion. Comment l’extrême droite gagne la bataille des idées » (Textuel, 2021).

Eric Zemmour "candidat de la droite" au second tour : JoeyStarr y voit "un fantasme bon marché" (VIDEO) .
JoeyStarr était ce jeudi matin l'invité d'Alba Ventura sur RTL. Le Jaguar a commenté la récente percée d'Eric Zemmour dans les sondages. © RTL JoeyStarr était ce jeudi matin l'invité d'Alba Ventura sur RTL. Le Jaguar a commenté la récente percée d'E En séance de dédicace à Versailles (Yvelines), Eric Zemmour a déclaré ce 6 octobre au micro de BFMTV "Oui, je suis le candidat de la droite, de ce qu'on appelait avant le RPR". Tandis qu'il n'a pas officiellement dévoilé ses ambitions pour la présidentielle de 2022, le polémiste a encore fait un bond de popularité.

usr: 3
C'est intéressant!