•   
  •   

France Hommage à Samuel Paty : que va-t-il arriver aux élèves responsables d'incidents ?

23:29  16 octobre  2021
23:29  16 octobre  2021 Source:   lefigaro.fr

Assassinat de Samuel Paty : Macron recevra les parents du professeur le 16 octobre, après l'hommage national

  Assassinat de Samuel Paty : Macron recevra les parents du professeur le 16 octobre, après l'hommage national La veille, les établissements scolaires de France rendront hommage à l’enseignant, un an après sa mort © Romain GAILLARD-POOL/SIPA L'année dernière, 7 jours après la mort de Samuel Paty, Emmanuel Macron, avait organisé une cérémonie d'hommage National a sa memoire dans la Cour d'Honneur de l'Universite de la Sorbonne.

L'hommage à Samuel Paty dans une classe lyonnaise. © PHILIPPE DESMAZES / AFP L'hommage à Samuel Paty dans une classe lyonnaise.

Quatre-vingt-dix-huit incidents ont été recensés lors de l'hommage à Samuel Paty dans les établissements scolaires vendredi. Des incidents décrits comme «très variables» par le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui note surtout des insultes et des refus de participer mais aussi «sept cas de menaces, individuelles ou collectives, qui feront l'objet des sanctions les plus sévères». «Nous allons convoquer les familles, et voir ce qu'il y a derrière ces propos», a-t-il promis.

» LIRE AUSSI - EN DIRECT - Samuel Paty : des centaines de personnes lui rendent hommage ce samedi à Conflans-Sainte-Honorine

Les sanctions envisagées seront évidemment très variables, en fonction de la gravité de la situation. «Ces sanctions sont dans un premier temps gérées par le proviseur de l'établissement, à qui revient la gestion de la discipline», explique au Figaro le président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur Jean-Rémi Girard. Elles peuvent théoriquement aller jusqu'à l'expulsion, même si Jean-Michel Blanquer s'était montré sceptique l'année passée face à cette solution.

"Samuel Paty cherchait le meilleur moyen de faire réfléchir", confie sa soeur

  Gaëlle Paty, soeur de Samuel Paty a donné un entretien au journal «La Croix» dans lequel elle revient sur la vie de son frère. Une sœur de Samuel Paty, assassiné il y a un an pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, décrit son frère comme un "puriste", "courageux", qui "cherchait le meilleur moyen de faire réfléchir", dans un entretien lundi au quotidien La Croix.

Dans les documents pédagogiques adressés aux professeurs pour animer la discussion avec les élèves, le ministère anticipe ces dérapages et indique la marche à suivre : «Le chef ou la cheffe d'établissement, le directeur ou la directrice d'école sont informés. Les parents sont alertés, leur attention attirée sur la gravité des propos ou des attitudes de leur enfant. Ils sont reçus par l'enseignant, le CPE de l'établissement et le directeur ou la directrice d'école, ou un membre de l'équipe de direction. La situation est signalée aux autorités académiques.»

À voir aussi - Insultes, menaces: «98 incidents relevés» dans des établissements scolaires lors de l'hommage à Samuel Paty

Poursuites pénales et stages de citoyenneté


Vidéo: Hommage à Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine (AFP)

Assassinat de Samuel Paty : un an après, à quoi vont ressembler les hommages rendus à l’enseignant ?

  Assassinat de Samuel Paty : un an après, à quoi vont ressembler les hommages rendus à l’enseignant ? Comme l’a annoncé le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, jeudi 14 octobre, les établissements scolaires vont rendre un nouvel hommage à Samuel Paty, dès ce vendredi 15 octobre. Pour commémorer le premier anniversaire de l’assassinat de l’enseignant, de nombreuses cérémonies sont prévues à Paris, Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), et un peu partout en France, jusqu’au samedi 16 octobre. La famille doit notamment rencontrer Emmanuel Macron à l’Élysée.

Dans le cas de faits plus graves, en parallèle de sanctions prises par le proviseur, la justice s'en mêle. «Si les faits sont d'une réelle gravité, comme des menaces ou des violences, une plainte est déposée. Dans ce cas, c'est tout simplement à la justice de s'en occuper», explique Jean-Rémi Girard.

» LIRE AUSSI - Seuls 8% des Français pensent que la laïcité a progressé à l'école depuis l'assassinat de Samuel Paty

Ces incidents sont en baisse, selon les chiffres de l'Éducation nationale qui les compare à ceux des précédents hommages. «Cette commémoration s'est déroulée dans un grand calme, une sérénité et dignité», a tenu à rappeler Jean-Michel Blanquer. «Il y a 60.000 établissements scolaires et écoles en France, déclarait-il sur France 2. Par rapport à tout ce qui s'était passé après Charlie Hebdo et le Bataclan, ou bien lorsque l'an dernier nous avions fait une minute de silence, c'est en très nette baisse».

Rôle des enseignants, débats... Les premiers résultats d'une enquête sur l'école après la mort de Samuel Paty

  Rôle des enseignants, débats... Les premiers résultats d'une enquête sur l'école après la mort de Samuel Paty Après l'assassinat de Samuel Paty, une enquête a recueilli les réactions et témoignages d'acteurs du monde scolaire et fait état des débats qui travaillent cette institution. Docteur en histoire contemporaine, Sébastien Ledoux analyse les premiers résultats. Après la mort de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie assassiné le 16 octobre 2020, les enseignants ont vécu les heures et les jours qui ont suivi dans un mélange d'incrédulité, d'effroi, de sidération et d'angoisse.

«Il y a douze millions d'élèves, ajoute Jean-Rémi Girard. Il faut traiter ces incidents, qu'ils ne restent pas impunis, mais nous trouvons rassurant que pour rendre hommage à un enseignant, l'immense majorité des élèves comprenne et se comporte de façon digne».

» LIRE AUSSI - «Il faisait juste son travail» : au collège Saint-Exupéry, les élèves rendent hommage à Samuel Paty

L'année dernière, selon le ministère de l'Éducation nationale, quelque 400 incidents avaient été signalés après l'hommage à Samuel Paty, dont 150 cas relatifs à l'apologie du terrorisme. Quatorze mineurs avaient finalement été interrogés par la police. Parmi eux, quatre élèves de CM2 avaient été arrêtés à leur domicile à Albertville. L'opération avait suscité de l'indignation. Les enfants, âgés de 10 ans, avaient justifié l'assassinat du professeur, et le proviseur avait reçu quelques jours plus tard un message anonyme où était écrit «t'es mort». «Vu l'âge des élèves, il fallait enquêter sur le milieu familial. On ne pouvait pas seulement les convoquer, il fallait aussi perquisitionner le domicile et on ne savait pas à qui l'on avait affaire», avait justifié le procureur.

Plusieurs enfants et adolescents ont finalement été condamnés à des stages d'éducation à la citoyenneté, encadrés par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), un dispositif initialement créé dans les années 2000 pour les jeunes auteurs de violences contre les forces de l'ordre et les services publics. Ces stages réunissent des jeunes pour les sensibiliser plusieurs jours durant aux valeurs de la République.

À voir aussi - «Un serviteur de la République»: Jean Castex rend hommage à Samuel Paty

Alexis Corbière : «Mes propos n’étaient en rien une critique du travail de Samuel Paty» .
Après avoir interrogé la pertinence de montrer des caricatures de «Charlie Hebdo» en classe, le député s'est attiré les critiques. Pour lui, les outils pédagogiques, tels les dessins de presse, doivent être adaptés à l'âge des enfants.J’ai partagé une partie de mon expérience de professeur d’histoire en lycée professionnel pendant vingt-cinq ans. J’ai simplement énoncé ce que l’immense majorité des enseignants sait pour l’avoir rencontré. Tout enseignement suppose que le professeur adapte les supports qu’il utilise en classe au public qu’il a en face de lui.

usr: 7
C'est intéressant!