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France Crise en Guadeloupe : le gouvernement «prêt» à ouvrir des discussions sur l’autonomie

12:20  27 novembre  2021
12:20  27 novembre  2021 Source:   liberation.fr

Coronavirus : Pourquoi les Outre-mer restent réticents à l’obligation vaccinale et au pass sanitaire

  Coronavirus : Pourquoi les Outre-mer restent réticents à l’obligation vaccinale et au pass sanitaire Les opposants à la gestion de la situation sanitaire par les pouvoirs publics se font vivement entendre en Guadeloupe, Martinique, Nouvelle-Calédonie et Polynésie © Carla BERNHARDT / AFP Un camion de pompiers arrive sur les lieux d'un barrage érigé par des militants de l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe UGTG, au rond-point de Perrin dans la commune des Abymes, en Guadeloupe, le 17 novembre 2021.

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, à la sortie de l'Elysée, le 7 juillet dernier. © LUDOVIC MARIN Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, à la sortie de l'Elysée, le 7 juillet dernier.

Une déclaration forte mais qui n’engage à pas grand chose. Le gouvernement est «prêt» à parler de l’autonomie de la Guadeloupe, département touché par une violente crise, a fait savoir ce vendredi soir le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu. Lors des réunions de ces derniers jours pour tenter de résoudre la crise, née d’un refus de l’obligation vaccinale avant d’embrasser des revendications sociales, «certains élus ont posé la question en creux de l’autonomie», a déclaré Sébastien Lecornu dans une allocution télévisée aux Guadeloupéens. «D’après eux, la Guadeloupe pourrait mieux se gérer d’elle-même. Ils souhaitent moins d’égalité avec l’Hexagone, plus de liberté de décision par les décideurs locaux. Le gouvernement est prêt à en parler, il n’y a pas de mauvais débats du moment que ces débats servent à résoudre les vrais problèmes du quotidien des Guadeloupéens», a poursuivi le ministre.

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Lecornu a également annoncé le financement de «1 000 emplois aidés pour les jeunes, avec un accompagnement spécifique et une formation, dans le secteur non marchand, pour soutenir les collectivités ou les associations sociales, sportives, environnementales du territoire». En Guadeloupe, 34,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté national, avec un fort taux de chômage (19 %), notamment chez les jeunes (35 % en 2020 contre une moyenne nationale de 20 %).

Pour tenter d’apaiser les esprits et mettre fin aux violences, le gouvernement avait auparavant indiqué qu’il reportait au 31 décembre la mise en œuvre de l’obligation vaccinale des soignants et pompiers en Guadeloupe comme en Martinique, où la contestation a fait tache d’huile. Sébastien Lecornu et le ministre de la Santé Olivier Véran ont aussi annoncé la levée des suspensions pour les personnels qui accepteront un accompagnement individuel. Par contre, ceux qui refuseront «poursuivront leur suspension», ajoute le texte.

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Chez les syndicats, cette annonce semble être fraichement accueillie. «Elle ne change rien : nous ne sommes pas satisfaits de cette décision. Nous demandons le retrait de l’obligation vaccinale car notre liberté de choisir est bafouée, et du pass sanitaire qui empêche tout le monde de vivre», a réagi Sormain Sandrou, secrétaire général adjoint de l’UTS-UGTG du CHU de Pointe-à-Pitre, où les tensions sont vives. «J’ai l’impression qu’on ne s’entend pas, qu’on ne se comprend pas […] On veut une dérogation pour que cette loi ne soit pas appliquée chez nous ! Et pas que chez les pompiers, a pour sa part clamé Jocelyn Zou, représentant du syndicat Force Ouvrière chez les pompiers, à l’antenne de la radio RCI.

10 policiers blessés, 150 interpellations

Ce qui avait commencé il y a quelques jours dans ces deux îles avec des blocages et des piquets de grèves a vite dérapé en violences contre les forces de l’ordre, incendies et pillages. Forces de l’ordre et journalistes ont été ciblés par des tirs dans la nuit de jeudi à vendredi en Martinique, où les violences ont fait dix blessés parmi les policiers, dont cinq par balles. «Dans la nuit, un gradé de la gendarmerie qui intervenait avec ses collègues sur un cambriolage a été violemment heurté par le véhicule des pilleurs. Il est grièvement blessé et est opéré ce jour», a expliqué le parquet de Fort-de-France.

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Une dizaine d’interpellations ont eu lieu en Martinique dans la nuit, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Il «y a eu près de 150 interpellations depuis le début de cette situation en Guadeloupe et en Martinique», a détaillé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Par ailleurs, le procureur de Pointe-à-Pitre, Patrick Desjardins, a indiqué vendredi dans un communiqué que les premiers résultats d’une enquête diligentée après la blessure d’un jeune homme mercredi à proximité d’un barrage montrent «que la blessure ne provient en aucun cas d’un tir par arme à feu mais plus vraisemblablement de l’impact d’un morceau de grenade lacrymogène tiré par les forces de gendarmerie dans le cadre de l’opération de maintien de l’ordre».

En réaction aux heurts, le préfet de Guadeloupe a décidé ce vendredi de prolonger le couvre-feu de 18 heures à 5 heures jusqu’au lundi 29 novembre. La veille le préfet de Martinique avait, lui, instauré un couvre-feu «de 19 heures à 5 heures jusqu’au retour au calme».

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