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France ENTRETIEN. La ministre de la mer, Annick Girardin, lance un plan d’action pour la pêche

22:40  30 novembre  2021
22:40  30 novembre  2021 Source:   ouest-france.fr

Australie La surpêche de plus d'une troisième

 Australie La surpêche de plus d'une troisième Australie est surpêchant de plus d'un tiers et a fait des "progrès limités" dans la restauration de ses stocks de poissons à des niveaux durables, une étude internationale a été trouvée. © Joel Carrett / AAP Photos L'Australie a fait des progrès limités dans la restauration des stocks de poissons à des niveaux durables, indique un rapport.

Annick Girardin aux Assises de la pêche et des produits de la mer à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), le 18 novembre 2021. © Ilago Annick Girardin aux Assises de la pêche et des produits de la mer à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), le 18 novembre 2021.

Dans un entretien accordé à Ouest-France, la ministre de la Mer Annick Girardin revient sur les négociations avec le Royaume-Uni pour les licences de pêche. Et elle s’engage à travailler avec la filière pour définir une stratégie à long terme.

À la tête d’un ministère de la Mer recréé en juillet 2020, Annick Girardin porte, depuis plusieurs mois, les revendications des pêcheurs français face à Londres. Ceux-ci s’estiment lésés par le processus britannique d’attribution des licences d’accès aux eaux de Grande-Bretagne et des îles Anglo-Normandes. Après des propos vivement critiqués aux Assises de la pêche et des produits de la mer à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), la ministre affirme sa détermination à « ne laisser aucun pêcheur sur le quai » et ouvre une consultation nationale sur l’avenir de la pêche en France. Entretien.

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 'Macron trahi des pêcheurs!' French President's Brexit Promises déchirées par Frexiteer Votre navigateur ne supporte pas cette vidéo Les Patriotes Leader, Florian Philippot, a publié un clip de M. Macron sur Twitter de son discours le vendredi, dans lequel le chef français a dit qu'il serait " Ne lâchez jamais les pêcheurs français »dans la rangée du pays avec le Royaume-Uni. M. Macron a déclaré qu'une rangée avec la Grande-Bretagne sur l'octroi de licences de pêche est de «jouer avec nos nerfs».

Vous dénoncez l’attitude du Royaume-Uni qui retarde ou refuse l’attribution de licences aux pêcheurs français. Où en sommes-nous ?

Nous attendons toujours au moins 154 licences : 52 pour la zone des 6 à 12 milles au large de la Grande-Bretagne, 59 pour les eaux sous juridiction jersiaise et 43 pour les zones de Guernesey. Ce sont des dossiers complets pour lesquels le Royaume-Uni n’a aucune raison de négocier. Même s’il est vrai que 955 licences de pêche définitives ont déjà été attribuées, on voit bien qu’à travers la pêche, c’est la solidarité de l’Union européenne que teste Londres.

La Commission, justement, a donné une date limite (le 10 décembre) au gouvernement britannique, pour clore ce dossier. Comment les choses se présentent-elles ?

Jusqu’au 10, nous continuons d’appuyer auprès du commissaire européen en charge de la pêche, comme directement auprès de Londres, pour un règlement conforme à l’accord post-Brexit. Les 12 et 13 décembre, un conseil Agriculture et pêche à Bruxelles sera l’occasion de faire le point avec les partenaires européens. Si les licences ne sont pas au rendez-vous, nous souhaitons que l’Union convoque le conseil de partenariat, l’instance prévue dans les accords, pour régler les litiges. En cas d’insuccès, il restera le contentieux juridique et les mesures de rétorsion…

Et le plan de sortie de flotte évoqué aux Assises de la pêche, il y a deux semaines ?

Mes propos à ce sujet ont été mal interprétés. Le président de la République m’a donné deux missions : d’abord ne rien lâcher face aux Anglais, ce que nous faisons, et ensuite, ne laisser aucun pêcheur à quai. Or, si on veut être prêts à gérer tous les cas particuliers, il faut se doter des outils nécessaires. Et donc anticiper. Ce que nous faisons également en demandant à Bruxelles des enveloppes complémentaires. Mais je veux aller encore plus loin, en travaillant à une stratégie à long terme pour la pêche qui manque en France actuellement.

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  Licences de pêche : Bruxelles demande à Londres de régler la question des licences d'ici le 10 décembre L'annonce est intervenue au terme d'une discussion entre le commissaire européen à l'Environnement et la pêche et le ministre britannique en charge de l'Environnement.Une réaction ferme. La commission européenne a demandé à la Grande-Bretagne, mercredi 24 novembre, de régler le litige autour des licences de pêche avant le 10 décembre, a annoncé un de ses porte-parole. "Le commissaire Virginijus Sinkevicius [Environnement et pêche] s'est entretenu aujourd'hui avec le ministre [britannique de l'environnement] George Eustice)", a précisé le porte-parole.

Pour la suite, en quoi consiste le plan d’action pour une pêche durable que vous annoncez ?

À l’image du Fontenoy du transport maritime, lancé en 2021 et qui arrive à sa conclusion, nous voulons mettre tous les acteurs de la pêche et des produits de la mer autour de la table. Il faut à la France une stratégie pêche. Je donnerai le coup d’envoi des travaux après le 12 décembre et ils devront être terminés avant la fin du quinquennat.

Parmi les sujets à aborder : la modernisation des outils, la gestion des ressources halieutiques, les apports de la recherche scientifique, l’attractivité des métiers de la pêche et le fonctionnement d’ensemble de la filière et des services associés. Il faut absolument que l’on donne à nos pêcheurs de la visibilité. Sinon, comment peuvent-ils investir alors qu’ils doivent, d’une année sur l’autre, s’adapter à des quotas souvent imprévisibles ?

Pêche post Brexit: vers une procédure en contentieux entre Paris et Londres ? .
Dans le dossier des licences de pêche post-Brexit, le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a confirmé vendredi le lancement d'une procédure en contentieux en l'absence de progrès dans le dossier des licences de pêche. Depuis plus de onze mois, Français et Britanniques se disputent sur les modalités d'application de l'accord de commerce conclu entre l'Union Européenne et Londres, qui fixe les conditions d'accès auxSous la pression de Paris, la Commission européenne a demandé fin novembre à Londres de régler le litige des licences de pêches avant ce vendredi 10 décembre.

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