France: Ehpad : "Nous sommes arrivés en situation de maltraitance institutionnelle" - PressFrom - France
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FranceEhpad : "Nous sommes arrivés en situation de maltraitance institutionnelle"

12:50  14 mai  2019
12:50  14 mai  2019 Source:   francetvinfo.fr

Tottenham en C1: "Nous sommes en train de vivre un rêve", savoure Pochettino

Tottenham en C1: "Nous sommes en train de vivre un rêve", a savouré mardi l'entraîneur de Tottenham Mauricio Pochettino, alors que son équipe, encore novice au niveau européen, a la possibilité, mercredi contre l'Ajax Amsterdam, de se qualifier pour la première finale de Ligue des champions de son histoire. "Je suis en train de vivre un rêve parce qu'il y a cinq ans, en raison de la manière dont évoluait le projet, je pense que personne n'aurait imaginé que nous jouerions la Ligue des champions chaque saison et que nous serions à ce niveau de la compétition", a confié le technicien argentin, lors de la conférence de presse de veille de match.

Ehpad : " Nous sommes arrivés en situation de maltraitance institutionnelle ".

Les arrêts maladies s'enchaînent dans la résidence de Notre-Dame-de-Monts dont le Dr Marcellin Meunier a la charge. A la tête d'une équipe épuisée, il lance un cri d'alarme.

Vivre et parler au rythme du patient : c’est ce qu’on apprend en cours de médecine gériatrique. Dans l’Ehpad de Notre-Dame-de-Monts, c’est devenu impossible. "Nous sommes arrivés en situation de maltraitance institutionnelle" s’insurge le docteur Marcellin Meunier. Généraliste et gériatre sur cette commune de Vendée, il est aussi médecin coordonnateur de la résidence "Les Oyats" depuis dix ans.

EXCLUSIF. Le chef des opérations spéciales fait le récit du sauvetage des otages

EXCLUSIF. Le chef des opérations spéciales fait le récit du sauvetage des otages Le vice-amiral Laurent Isnard, chef du commandement des opérations spéciales, revient pour le JDD sur l'opération de sauvetage des otages au Burkina Faso qui a coûté la mort à deux soldats français. © Sipa Le vice-amiral Laurent Isnard, chef du commandement des opérations spéciales, revient pour le JDD sur l'opération de sauvetage des otages au Burkina Faso qui a coûté la "Il faut savoir prendre des décisions très rapides lorsque des opportunités s'offrent à nous. C'est notre métier.

Comme dans de nombreux autres établissements, l’équipe tourne en sous-effectif depuis des mois. Dans cet établissement où résident 80 personnes, le nombre de patients en fauteuils roulant a fortement augmenté, passant de dix à 40 entre 2009 et 2019. Pour correctement prendre soin des personnes à mobilité réduite, il faut pouvoir travailler en binôme.

Or en dix ans, le nombre de soignants n'a pas évolué. "On se dépêche en permanence, on n’a plus de temps pour l’écoute. Nous sommes épuisées moralement et physiquement. C’est très difficile psychologiquement", témoigne Lucille Biron, infirmière dans cette résidence depuis onze ans.

Ehpad : "Nous sommes arrivés en situation de maltraitance institutionnelle" © Fournis par France Télévisions

Larmes et démissions s'enchaînent

Cet épuisement physique et moral conduit à des arrêts maladie à répétition. Actuellement, une quinzaine de salariés sont en arrêt de travail, et ne sont pas remplacés, ce qui accroît encore davantage la pression sur le personnel présent. La directrice de l'établissement et l'infirmière cadre sont elles-même en arrêt. "Trois infirmières ont démissionné depuis le mois de septembre", s’inquiète le docteur Meunier. Il lui arrive de devoir soigner le personnel soignant en plus des patients. Souvent, les larmes coulent. L’épuisement se généralise.

Des Ehpad chamboulent leurs habitudes pour privilégier la bientraitance

Des Ehpad chamboulent leurs habitudes pour privilégier la bientraitance Alors que des cas de maltraitance en Ehpad font régulièrement la une des journaux, une centaine d'établissements ont choisi de former leur personnel à un label exigeant qui privilégie la relation avec la personne âgée. Vingt-et-un établissements ont obtenu le label, et une centaine ont entamé la démarche. C'est peu au regard des 600.000 lits en Ehpad. La formation coûte cher (25.000 euros par an pour un Ehpad de 80 lits) et il faut trois ans en moyenne pour décrocher le label. "Mais la maltraitance coûte encore plus cher - en arrêts de travail, en absentéisme et en médicaments", souligne Annie de Vivie.

"On n’en peut plus, on est fatigués et on ne peut plus offrir des soins de qualité", regrette Lucille Biron. Avant d’ajouter : " Cela fait des mois que nous essayons d’alerter la direction sur la surcharge de travail". Sans succès.

"Le conseil départemental, la mairie et l’Agence Régionale de Santé se renvoient la balle mais rien ne bouge. Personne n’est recruté", déplore lui aussi le docteur Meunier. "Un dimanche soir, j’ai craqué et j’ai lancé un appel à l’aide", explique-t-il. Le 5 mai, il poste un long message sur la page Facebook du quotidien régional Ouest France. Alerter l’opinion et attirer l’attention des médias : voici son dernier recours.

Faire cesser cette "mise en danger"

"Le 19 juin, deux mois se seront écoulés depuis la dernière réunion de concertation avec les autorités. Si aucun changement n’est intervenu d’ici-là, je ne serais plus complice de cette mise en danger du personnel et des patients", prévient le médecin. Il envisage de démissionner. "Je me demande même si je ne vais pas aller porter plainte pour non-assistance à personne en danger", souffle-t-il. Il y a quelques semaines, une résidente, Lydie le Sann, s’est fêlée la clavicule après une chute, le lève-malade était mal accroché. L’aide-soignante était toute seule pour la déplacer.

Bielsa : « C'est une situation douloureuse »

Bielsa : « C'est une situation douloureuse » Bielsa échec football club. Éliminé ce mercredi de la course à la Premier League à la suite de sa défaite face à Derby County (2-4), Leeds United peut avoir des regrets après avoir passé une bonne partie de la saison en tête de Championship. Frank Lampard, un louveteau dans la bergerie En conférence de presse d'après-match, Marcelo Bielsa avait la tête des mauvais jours. L'Argentin a évité les questions sur son avenir, avant d'assumer l'élimination : « Il n'est pas l'heure de parler de mon avenir, vous connaissez le processus. Si le club m'offre la possibilité de continuer, j'écouterai sa proposition.

Le docteur Meunier demande que les 15 personnes en arrêt maladie soit remplacées d’urgence et estime que "pour casser le cercle vicieux", il faut aller plus loin. "Pour travailler correctement, il faudrait recruter 15 aides-soignantes et agents sociaux supplémentaires", estime-t-il. Grâce à cet appel, il espère obtenir de l’aide des autorités.

Lundi en fin de journée, la mairie de Notre-Dame-de-Monts n'était pas joignable par téléphone. Contactée, l'ARS Pays de La Loire fait savoir qu'une réunion sera organisée dans les prochains jours en présence du maire de la commune, d'un représentant du conseil départemental et d'un représentant de l'ARS avec pour objectif de "faire le point sur la situation". Elle souligne qu'elle n'a reçu aucun signalement récemment, ni de la part de la direction ni de celle d'un ou d'une patiente. Une réunion est prévue le 6 juin afin de discuter des moyens à allouer à l'avenir dans le cadre du CPOM (contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens).

En Seine-Maritime, une famille porte plainte contre un Ehpad pour maltraitance.
Un rapport d’experts a conclu que la victime avait été négligée par le personnel soignant. Une famille de Seine-Maritime a porté plainte contre un Ehpad après la mort d’Henri Tessier, 89 ans, en mai 2017. Elle accuse l’établissement de Grugny, au nord de Rouen, de maltraitances. © Copyright 2019, L'Obs La famille d’Henri Tessier a décidé de porter plainte pour défaut de soin et maltraitance sur personne vulnérable ayant entraîné la mort après qu’un rapport médical et un rapport d’experts ont conclu qu’il avait été négligé par le personnel soignant.

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