France: « J’ai eu peur d’être frappé » : des djihadistes français torturés en Irak - PressFrom - France
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France« J’ai eu peur d’être frappé » : des djihadistes français torturés en Irak

18:25  31 mai  2019
18:25  31 mai  2019 Source:   nouvelobs.com

Trois Français condamnés à mort en Irak pour appartenance au groupe Etat islamique

Trois Français condamnés à mort en Irak pour appartenance au groupe Etat islamique C'est un verdict inédit pour des Français. Ils ont trente jours pour faire appel. © Fournis par France Télévisions Trois Français ont été condamnés à mort pour appartenance au groupe Etat islamique (EI), a annoncé à l'AFP un magistrat de la cour de Bagdad qui les a jugés, dimanche 26 mai. C'est un verdict inédit pour des ressortissants de ce pays. Il s'agit de Kévin Gonot, Léonard Lopez et Salim Machou, arrêtés en Syrie par une alliance arabo-kurde anti-EI avant d'être transférés avec neuf autres Français en Irak en février. Selon la loi irakienne, ils ont 30 jours pour faire appel.

" J ' ai eu peur d ' être frappé ou torturé , je suis faible physiquement, je n'aurai jamais supporté", a-t-il lancé au juge qui a demandé à Il avait été condamné à la prison à perpétuité. Fin janvier, 11 autres Français ont été transférés vers l' Irak par les forces kurdes anti-EI car ils ne peuvent être jugés en

" J ' ai eu peur d ' être frappé ou torturé , je suis faible physiquement, je n'aurai jamais supporté", a-t-il lancé au juge qui En août 2018, un premier Français transféré de Syrie, Lahcène Gueboudj, 58 ans, avait affirmé à un autre juge antiterroriste avoir "signé des aveux en arabe sans savoir ce qui était écrit".

« J’ai eu peur d’être frappé » : des djihadistes français torturés en Irak © Copyright 2019, L'Obs

L’ONG Human Rights Watch souligne que « les graves lacunes des procès irakiens, dont la torture, sont bien documentées ».

Human Rights Watch a appelé ce vendredi 31 mai Paris à ne pas « sous-traiter la gestion » des djihadistes français présumés « à des systèmes judiciaires abusifs », après que plusieurs Français, jugés en Irak et passibles de mort, ont affirmé que leurs « aveux » ont été extorqués sous la contrainte.

Alors que le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian affirme que les sept Français condamnés à mort pour appartenance au groupe Etat islamique (EI) ont bénéficié de « procès équitables », HRW rappelle que « les graves lacunes des procès irakiens, dont la torture, sont bien documentées ».

Deux nouveaux djihadistes français condamnés à mort en Irak

Deux nouveaux djihadistes français condamnés à mort en Irak Deux Français ont été condamnés à mort mardi en Irak, portant à six le nombre de ressortissants ayant écopé depuis dimanche de la peine capitale pour avoir rejoint le groupe État islamique (EI). Brahim Nejara, 33 ans, accusé par le renseignement français d'avoir facilité l'envoi de djihadistes vers la Syrie, et Karam El Harchaoui, qui aura 33 ans jeudi, avaient été transférés fin janvier de Syrie, où ils étaient détenus par une alliance arabo-kurde anti-djihadiste, vers l'Irak pour y être jugés.

Paris, qui dit respecter et ne pas vouloir s’ingérer dans les décisions de la justice irakienne, affirme avoir réitéré auprès de Bagdad son opposition à la peine de mort.

Qui est Léonard Lopez, le djihadiste jugé en son absence à Paris et condamné à mort en Irak ?

Des « aveux » en arabe non lus

« Si des pays comme la France ne veulent pas que leurs ressortissants soient condamnés à la peine de mort, comme l’ont dit leurs représentants, ils devraient les ramener chez eux pour y faire l’objet d’une enquête et de poursuites », rétorque Lama Fakih, directrice adjointe de HRW pour le Moyen-Orient. Elle ajoute :

« Ces pays ne devraient pas rester les bras croisés pendant que leurs ressortissants sont transférés dans un pays où leurs droits à un procès équitable et à être protégés de la torture sont compromis. »

Deux nouveaux Français condamnés à mort en Irak pour appartenance à l'Etat islamique

Deux nouveaux Français condamnés à mort en Irak pour appartenance à l'Etat islamique Ils sont désormais six ressortissants français à avoir été condamnés pour avoir combattu dans les rangs de l'Etat islamique. © Fournis par France Télévisions Deux Français ont été condamnés à mort, mardi 28 mai, en Irak, portant à six le nombre de ressortissants de ce pays ayant écopé depuis dimanche de la peine capitale pour avoir rejoint le groupe Etat islamique (EI), a constaté un journaliste de l'AFP.

Lors d’une audience lundi, Fodil Tahar Aouidate a démenti ses « aveux » portés au dossier par l’instruction et obtenus au cours de quatre mois d’interrogatoire en Irak.

Ce Français de 32 ans, qui a rejoint la Syrie avec 22 membres de sa famille selon la justice française, a assuré avoir été frappé par ses interrogateurs pour « avouer ce qu’ils réclamaient ».

Il a montré des marques sur son dos à la cour et le juge a ordonné un examen et réclamé à la médecine légale un rapport qui sera présenté à la prochaine audience dimanche.

Mustapha Merzoughi, un Français de 37 ans condamné à mort, a affirmé à l’audience lundi avoir signé des « aveux » en arabe qu’il n’avait pas pu lire.

« J’ai eu peur d’être frappé ou torturé »

Mohammed Berriri, un Tunisien de 24 ans transféré de Syrie avec 11 Français et jugé avec eux, a, lui, indiqué avoir fait des « aveux » par crainte de tortures.

« J’ai eu peur d’être frappé ou torturé, je suis faible physiquement, je n’aurai jamais supporté », a-t-il lancé au juge qui a demandé à chacun des accusés s’il avait subi des mauvais traitements ou des pressions et s’il avait parlé sous la menace, lors des interrogatoires ou à l’audience.

Syrie: 450 Français liés à Daesh détenus par les Kurdes

Syrie: 450 Français liés à Daesh détenus par les Kurdes Jean-Yves Le Drian a rappelé que seuls les enfants étaient susceptibles d’être rapatriés en France © CHAUVEL PATRICK/SIPA Des femmes et des enfants de djihadistes au campement de Tanak, près de Baghouz (Syrie), le 1er mars 2019. Environ 450 ressortissants français affiliés à Daesh sont détenus par les Kurdes ou retenus dans des camps de réfugiés dans le nord-est de la Syrie, a indiqué mardi le chef de la diplomatie française.

HRW assure avoir « les preuves que les interrogateurs (irakiens) recourent à diverses techniques de torture qui ne laissent pas de marques durables, comme frapper les suspects sur la plante des pieds et les simulacres de noyade ».

En outre, selon l’ONG le système judiciaire irakien « manque constamment à son devoir d’enquêter de façon crédible sur les allégations de torture ».

En août 2018, un premier Français transféré de Syrie, Lahcène Gueboudj, 58 ans, avait affirmé à un autre juge antiterroriste avoir « signé des aveux en arabe sans savoir ce qui était écrit ». Il avait été condamné à la prison à perpétuité.

Fin janvier, 11 autres Français ont été transférés vers l’Irak par les forces kurdes anti-EI car ils ne peuvent être jugés en Syrie, les forces kurdes n’étant pas un Etat et Paris n’entretenant pas de relations diplomatiques avec Damas. Paris s’est plusieurs fois dit contre leur retour en France où la question suscite un vif débat.

Pour HRW, « ces transferts sont illégaux en raison du risque de torture et d’absence de procès équitables » en Irak qui a condamné depuis début 2018 plus de 500 étrangers de l’EI.

Aucun de ceux condamnés à mort n’a été exécuté. Parmi eux, une Allemande a vu sa sentence commuée en appel en peine de prison à perpétuité.

Bagdad s’est récemment proposé de juger le millier d’étrangers toujours détenus en Syrie, contre deux millions de dollars par personne, réclamés à leurs Etats d’origine.

Pourquoi l'Irak n'exécute pas les djihadistes étrangers condamnés à mort.
Plus de 500 djihadistes étrangers ont été condamnés à mort depuis début 2018, mais l'Irak n'a procédé à aucune exécution. Pour Bagdad, les enjeux politiques et économiques sont énormes. Les condamnations à mort s'enchaînent au tribunal antiterroriste de Bagdad. Depuis début 2018, environ 500 djihadistes étrangers ont été condamnés à la peine capitale, dont 11 Français ces derniers jours. Mais en un an et demi, aucun d'entre eux n'a été exécuté. Une Allemande a même vu sa condamnation à mort être commuée en appel à la prison à vie. Dans le même temps, des centaines de djihadistes irakiens ont pourtant été pendus.

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