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France Marches des jeunes pour le climat : «Il faut se bouger le cul !»

22:25  20 septembre  2019
22:25  20 septembre  2019 Source:   liberation.fr

Klopp, son avenir et le climat anglais

Klopp, son avenir et le climat anglais No sun, no fun. Dans une interview accordée à DAZN, Marc Kosicke, l'agent de Jürgen Klopp, a évoqué l'avenir de son client. « On verra où le voyage va nous mener. Le contrat de Jürgen est valable jusqu'en 2022, et c'est un secret de polichinelle que Liverpool souhaite le prolonger, a-t-il admis. Mais nous avons encore un peu de temps pour nous décider.

Marche pour le climat à Lyon, vendredi. © Bruno AMSELLEM Marche pour le climat à Lyon, vendredi.

«Libération» s'est rendu dans les cortèges à Paris, Bordeaux et Lyon pour cette troisième mobilisation sur le modèle des «Fridays for Future» initiés par Greta Thunberg.

A Paris : «Les grands sont en train de gâcher notre avenir»

Au pied de la statue, place de la Nation, en plein milieu des ados hurlant leurs slogans, deux fillettes silencieuses et souriantes brandissent chacune leur pancarte. «Pas de nature, pas de futur», peut-on lire, en surplomb d’un amas de dessins au feutre. Une baleine remplie de plastique, la planète dans un sac, un soleil en colère. Et en guise de sous-titre : «Sauvons la planète.» Aylin a 10 ans, et déjà bien compris l’enjeu des manifs comme celle de ce vendredi. «Les grands sont en train de gâcher notre avenir», explique-t-elle à Libération, le ton posé. Avec presque une dizaine de mobilisations à son actif, elle a ramené sa copine Chloé, d’un an son aînée. «On a un club à l’école sur l’écologie parce qu’il faut en parler. Et si on est toutes seules, on y arrivera pas.» Quelques mètres plus loin, leurs deux mamans, fières, prennent des photos. «Elles trouvent que les adultes sont dans le blabla. C’est elles qui ont pris la décision de venir», glisse la mère d’Aylin. «Je n’ai plus le droit d’acheter des yaourts en plastique, que du verre !» ajoute celle de Chloé avant de s’engouffrer dans une foule de 9 400 manifestants, selon les chiffres du cabinet Occurence.

Jeunes pour le climat : «Nous voulons être associés aux décisions de l’UE»

  Jeunes pour le climat : «Nous voulons être associés aux décisions de l’UE» Alors qu'une grève mondiale des jeunes est organisée ce vendredi, Nathan Metenier, 20 ans, espère que les dirigeants politiques vont davantage prendre en compte leurs revendications environnementales et climatiques. Ce militant a participé à créer une coalition européenne d'ONG. Tous les jours, retrouvez le fil vert, le rendez-vous environnement de Libération. Aujourd’hui : quatre questions à un acteur de la transition écologique pour décrypter les enjeux environnementaux.

Une chaîne humaine ouvre la marche. Dix-huit personnes sont en tête de cortège pour former en dix-huit lettres «Breeding kills earth», «l’élevage tue la terre». Une empreinte de main rouge sang sur le visage, regard lourd, ils demeurent silencieux. Seuls quelques «lâche ton steak pour sauver la planète» résonnent au loin. Puis les militants anticapitalistes prennent le devant de la scène. Sweats noirs et capuches vissées sur la tête, jeans, banderoles, noires toujours. Ils sont à peine une trentaine mais font du bruit pour cent. Un mégaphone les chauffe : «Gilets jaunes, quel est votre métier ?» L’un d’eux, en retrait, nous éclaire : «On est tous concernés par le climat, c’est le même combat», avant qu’un de ses acolytes ne vienne couper court à cette conversation : «Un seul principe : solidarité !»

Environnement: la marche pour le climat gagne les rues de Paris

  Environnement: la marche pour le climat gagne les rues de Paris Au lendemain d’une mobilisation mondiale historique pour la lutte contre le réchauffement climatique, des manifestants ont gagné les rues de Paris samedi 21 septembre lors d’une nouvelle « marche pour le climat et la justice sociale », à l’appel de nombreuses ONG. Cet article est actualisé régulièrement, Des centaines de personnes sont rassemblées samedi 21 septembre près du Jardin du Luxembourg, à Paris, prenant part à cette nouvelle « marche pour le climat et la justice sociale » en destination de Bercy, où se trouve le ministère français de l’Économie.

Lelia et Alex, plus ou moins 16 ans, et ne se connaissaient pas avant cet après-midi. Eux n’ont pas eu à bloquer leur lycée ce matin. Ni même à imiter la signature de leurs parents pour justifier leur absence, puisqu’ils sont inscrits au lycée autogéré de Paris. «On a la liberté de nos choix. Notre éducation n’est pas subie, elle est choisie», avance le jeune homme. Pour eux qui multiplient les petits gestes en faveur de l’environnement, la marche est l’occasion d’adresser un message clair. «Il faut se bouger le cul !» lâche l’adolescent. Il est bientôt 14 heures et c’est déjà le moment d’échanger des recettes pour voir la vie en bio. «Moi j’essaie de prendre des douches sans savon», conseille Lelia – la mention «save the world» court sur ses pommettes et son nez. «Mais pour les cheveux, j’utilise du rhassoul et de l’huile de jojoba.»

Les mains pleines de pancartes pour les uns, ou de mégots ramassés pour les autres, le cortège est unanime : il faut renvoyer l’image d’un peuple mobilisé et prêt à agir contre le réchauffement climatique. Et puisque les lycéens ont appelé à un rassemblement intergénérationnel, on tombe sur une poussette. «Le petit a 9 mois, indique sa mère, Violaine. C’est important de lutter contre l’ambiance morose qui étouffe les manifestations en ce moment. Je ne veux pas rentrer dans cette peur.» Pas évident à la veille du grand retour des gilets jaunes, pour un nouvel acte qui s’annonce aussi chaud que le climat.

Burundi: le message critique des évêques fâche le pouvoir

  Burundi: le message critique des évêques fâche le pouvoir Un message pastoral des évêques catholiques en vue des élections de 2020 a été lu dimanche 22 septembre dans toutes les églises du pays. Il provoque la colère du pouvoir. Dans ce message, la conférence des évêques indique son inquiétude par rapport aux violences, aux assassinats politiques et à l'intolérance. « Bien qu’il y ait beaucoup de choses que nous apprécions, nous ne saurions pas passer sous silence certaines questions inquiétantes. » Les évêques du Burundi observent ainsi une tendance « à étouffer et violenter certains partis politiques et persécuter leurs membres, alors que le multipartisme est reconnu au Burundi ».

A Lyon : «On essaie de faire des choses à notre échelle»

«Aujourd’hui, on teste de nouveaux slogans», lance au micro la meneuse de manif, qui porte au cou son foulard de scout. A Lyon, ce vendredi, les «Pas de nature, pas de futur», «Faut un déclic, sinon c’est la panique» et «Les petits pas, ça suffit pas» ont résonné lors de cette troisième grève mondiale pour le climat. Lycéens et étudiants donnent de la voix en tête de cortège, qui réunit également des militants d’Alternatiba, d’ANV-COP21, d’Ecodéfense, suivis d’une petite escouade d’autonomes à la bannière mi-noire mi-verte, et de rares drapeaux syndicaux, tels ceux de la CGT, qui avait déposé avec SUD un préavis de grève, visiblement peu suivi. Avant l’arrivée place Bellecour, c’est au tour du collectif «Nous voulons des coquelicots» et de sa Marianne semeuse, une marionnette géante, de rejoindre la marche, conclue par la plantation des quelques arbres place Antonin-Poncet.

Grève mondiale pour le climat. © Bruno AMSELLEM Grève mondiale pour le climat.

Manifestation des jeunes à Lyon, vendredi. Photo Bruno Amsellem pour Libération

Sommet sur le climat : Soixante-six Etats adhèrent à l'objectif de neutralité carbone en 2050

  Sommet sur le climat : Soixante-six Etats adhèrent à l'objectif de neutralité carbone en 2050 Un sommet sur le climat se déroule actuellement à New York « avec des ambitions climatiques élevées », selon le secrétaire général de l’Onu © Dimitar Dilkoff AFP Des gaz à effet de serre, illustration POLLUTION - Un sommet sur le climat se déroule actuellement à New York « avec des ambitions climatiques élevées », selon Soixante-six Etats ont adhéré ce lundi à l'objectif de neutralité carbone en 2050 peu avant l'ouverture du sommet sur le climat à New York, a annoncé l'Onu cet après-midi.

Ce vendredi, la mobilisation de la jeunesse est en baisse entre Saône et Rhône (ils sont plus de 2 000 marcheurs, contre 15 000 le 15 mars et 4 000 le 24 mai), mais qu’importe : pour Marion et Emma, 19 ans, ça reste «essentiel d’être là» : «On essaie de faire des choses à notre échelle, de prendre notre avenir en main, explique les deux élèves de prépa scientifique. C’est bien beau d’aller en cours, mais si c’est pour que ce soit n’importe quoi dans dix ans…» Le mot d’ordre de ce défilé lyonnais : «L’avenir nous regarde.» «On n’a plus que seize mois pour agir, selon le Giec, avant que ce ne soit irréversible», explique Erwan, 20 ans, étudiant et militant de Youth for Climate, qui trouve «un peu louche» l’annonce faite le matin même par la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, d’une augmentation de 800 millions d’euros en 2020 du budget de son ministère. «C’est du greenwashing de la part d’un gouvernement qui n’a strictement rien fait depuis 2017 pour l’écologie, juge Erwan. Et 800 millions, c’est rien, on aurait besoin de dizaines de milliards rien que pour la France…»

Présent dans la manif, Pierre Goinvic, l’un des «décrocheurs» d’ANV-COP21 relaxé le 2 septembre par le tribunal correctionnel de Lyon, abonde : «C’est un pas en avant, mais c’est un trop petit pas à l’échelle de ce que peut faire le gouvernement français, qui dirige l’un des sept pays les plus puissants du monde.» Et de rappeler l’impératif d’un «accompagnement social de la transition» : «Ceux qui en souffrent le plus sont aussi ceux qui n’ont pas les moyens de la payer.» Au fil du parcours, des manifestants équipés de sacs plastiques en profitent pour ramasser déchets et mégots. Vers la fin du cortège, Tobias, quadra sans emploi, est venu de Mâcon en stop pour récupérer tôt à l’école Gabrielle, sa fille de 8 ans, et l’emmener battre le pavé en soutien aux lycéens. «En 2050, elle aura 40 ans et on nous prédit à ce moment-là trois tempêtes par hiver, quatre canicules par été… Il faudra faire des efforts pour accueillir les victimes du dérèglement, j’essaie de l’inciter à devenir volontaire sur ces questions citoyennes.» Même si Gabrielle «n’aime pas trop marcher», elle trouve que c’est «un bon geste d’être là» : «Je me dis souvent que si on est assez nombreux, ils vont finir par se résigner, ceux qui ne sont pas "écologiques".»

Climat: Macron conseille aux jeunes d'aller "manifester en Pologne"

  Climat: Macron conseille aux jeunes d'aller Emmanuel Macron conseille aux jeunes d'aller aussi "manifester en Pologne" pour aider le président français "à faire bouger ceux" qu'il "n'arrive pas", lui, "à faire évoluer" sur la lutte contre le changement climatique, dans des déclarations faites à la presse française dans l'avion pour New York."Les dénonciations, on est au courant. Défiler tous les vendredis pour dire que la planète brûle, c'est sympathique, mais ce n'est pas le problème", a expliqué le chef de l'Etat français selon des propos rapportés lundi par Le Parisien et France inter, à propos des marches pour le climat du vendredi qui rassemblent des milliers de jeunes du monde entier.

A Bordeaux : «Pollue, consomme et ferme ta gueule…»

Les joues rosies par l’effort, Anna, une lycéenne de 15 ans, s’époumone depuis presque deux heures en tête de cortège, à Bordeaux. Comme elle, près d’un millier de manifestants, en grande majorité des lycéens, ont répondu présent pour la journée de mobilisation mondiale contre le réchauffement climatique. Banderoles, pancartes, mégaphones, déguisements, slogans… «Personne n’est venu faire de la figuration. On s’est préparés pour être vus, entendus mais surtout pour changer les mentalités», clame Thibault, 17 ans, qui prévient par ailleurs : «C’est notre dernier avertissement : si les adultes ne se réveillent pas, nous devrons prendre le relais, mais à notre façon.» Hochements de tête unanimes dans la foule. «Plus chaud que le climat», ces jeunes, rémontés à bloc, ont fait un choix ce vendredi : sécher les cours pour «dénoncer l’inaction des ''générations d’avant''». En mars, déjà, ils étaient près de 5 000 à être descendus dans les rues de la capitale girondine pour exiger «la justice climatique».

Au son des tambours battants, Virgile, 18 ans, mène le cortège dans une ambiance bon enfant, à travers les artères principales de la ville. Membre du mouvement local Youth for Climate, il fait partie des organisateurs de la manifestation en Gironde. Depuis un peu moins d’un an, il s’est déjà fait remarquer en multipliant les actions coup de poing pour «défendre la planète» : sit-in, marches, blocage d’un McDo en juillet à Bordeaux. «On est presque arrivés à un point de non-retour. Tout le monde semble d’accord, il y a urgence, mais rien ne bouge suffisamment pour éviter d’aller droit dans le mur. Si ces marches n’ont aucun effet, nous devrons organiser de nouvelles actions de désobéissance civile», alerte-il.

Autour de lui, les messages sont forts et ne manquent pas d’interpeller les badauds qui s’arrêtent pour regarder le défilé : «Pollue, consomme et ferme ta gueule… C’est quoi le message qu’on donne aux jeunes ?», «Demain, on va manger, boire, respirer quoi ?» ou «Et 1, et 2 et 3 degrés, c’est un crime contre l’humanité !» Penchée sur son smartphone, Sonia, 18 ans, relève la tête et affiche un large sourire : «Des jeunes font la même chose que nous partout à travers le monde, c’est rassurant de voir qu’on est pas seuls. On se dit qu’il y a encore de l’espoir malgré tout.» Mathilde, Pauline et Selma, 17 ans, acquiescent : «L’avenir de la planète commence à être enfin pris au sérieux. On peut le voir à notre niveau : de plus en plus de jeunes concilient études et engagement militant dès le lycée. Pas sûr que nos aînés pouvaient en dire autant.»

Maroc: plusieurs centaines de personnes manifestent pour le climat .
Plusieurs centaines de Marocains se sont rassemblés vendredi à Casablanca et Rabat pour appeler les responsables politiques de la planète à agir face à l'urgence climatique. A Rabat, ils étaient aussi plusieurs centaines devant le Parlement, dans le centre-ville de la capitale, prenant part à la "grève pour le climat" organisée sur toute la planète. "Une énergie 100% renouvelable, c'est possible", "notre planète, nos droits", pouvait-on lire sur les pancartes déployées.

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