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France GE Belfort : «Les ouvriers ont pris leur avenir en main»

22:20  10 octobre  2019
22:20  10 octobre  2019 Source:   liberation.fr

Plan social : quatrième jour de blocage à General Electric Belfort

  Plan social : quatrième jour de blocage à General Electric Belfort Les syndicats sont dans l'attente d'une nouvelle réunion avec la direction, qui prévoit un plan de restructuration. © SEBASTIEN BOZON / AFP Des employés de General Electric devant le site de Belfort, le 10 octobre 2019 Le blocage de l'activité gazière des sites de General Electric à Belfort et Bourogne (Territoire de Belfort), visés par un vaste plan social, est maintenu ce vendredi pour le quatrième jour, dans l'attente d'une nouvelle réunion, ont indiqué les syndicats.

Lors du blocage de l'entrée de l'usine General Electric par les syndicats à Belfort, jeudi. © PAsacl BASTIEN Lors du blocage de l'entrée de l'usine General Electric par les syndicats à Belfort, jeudi.

Dans l'usine General Electric, où 650 postes sont menacés, les ouvriers bloquent le site depuis lundi et détiennent une grosse turbine qui devait être livrée. Et la pression va encore monter sur la direction qui veut déposer son plan social le 21 octobre.

Sur les passerelles en acier, les balcons, on tend l’oreille vers la rumeur venue d’en bas. En haut, les hommes en chemise écoutent les hommes en sweat à capuche massés dans la cour du bâtiment T5 : le dernier de l’usine General Electric de Belfort à ne pas être bloqué par les salariés qui s’opposent aux quelque 800 suppressions de postes annoncées par le géant américain sur ce site qui fabrique de grosses turbines pour les centrales à gaz. Si la direction de GE vient de ramener son plan social à 650 postes, c’est toujours «Non» pour les syndicats qui, depuis le début de la semaine, ont décidé de bloquer «le temps qu’il faudra avec les salariés» les établissements de Belfort et de la commune voisine de Bourogne. Faisant feu de tout bois, ils viennent par ailleurs de saisir la justice «pour mettre en cause la responsabilité de l’Etat français» dans le non-respect des accords qu’il a signé en 2014 avec GE pour garantir l’emploi. Accords paraphés par un certain Emmanuel Macron, du temps où il était ministre de l’Economie…

Don exceptionnel de 45 estampes de Picasso au musée d'art moderne de Belfort

  Don exceptionnel de 45 estampes de Picasso au musée d'art moderne de Belfort Picasso graveur est au coeur d'une exposition au musée d'art moderne de Belfort, qui vient de se voir offrir cette suite d'estampes du maître catalan. A découvrir jusqu'au 19 janvier 2020.Un galeriste parisien a offert 45 estampes de Picasso au Musée d'art moderne-Donation Maurice Jardot de Belfort. Un don exceptionnel mis en lumière avec une exposition qui va durer jusqu'en janvier prochain.

Ce jeudi matin, ouvriers et syndicalistes viennent donc parler aux cadres de GE qui ne participent pas encore au blocage. «L’Etat est intouchable et complice, c’est notre président qui a vendu la boîte en prêchant la bonne parole. Il ne se mouille pas parce qu’il est déjà trop mouillé», lâche dégoûté Hubert, 56 ans, encarté à la CGT. Quant à l’actuel ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, c’est «une planche pourrie» qui «parle la main sur le cœur sans empêcher l’hécatombe», poursuit-il.

Lundi, au soir de la plainte déposée par la CGE-CGC et SUD, les deux syndicats majoritaires à Belfort, ça remuait fort dans les ateliers. Les ouvriers ont empêché une énorme turbine 9HA, la plus puissante au catalogue de GE (435 tonnes pour 800 MW de puissance) de sortir de l’usine. Tout le site industriel est à l’arrêt depuis. Reste à convaincre les cols blancs dans les bureaux de suivre le mouvement. C’était l’objectif de l’AG de ce jeudi. Le délégué CGT Cyril Caritey s’adresse aux 800 salariés présents et explique «la pression» mise par les ouvriers sur la direction qui ignore «ce qui est fait de manière responsable depuis quatre mois». La grève, c’était le dernier recours de l’intersyndicale. C’est désormais, «un passage obligé», dit Cyril Carité. Il y a eu les visites ministérielles, les allers-retours à Bercy, la grande mobilisation populaire de juin, la rédaction d’un projet alternatif à la casse promise par GE, un poste sur deux. «Les ouvriers ont pris leur avenir en main», lance le cégétiste. Au-dessus, chez les cadres présents, on applaudit, on est solidaire. Il termine : «Prenez votre destin en main. Réfléchissez-y. Bonne chance.»

General Electric Belfort "disposé" à réduire de 150 le nombre de suppressions de postes

  General Electric Belfort La direction avait initialement demandé le départ de près de 800 salariés. Mais cet effort s'accompagnerait de conditions pour les salariés. © AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON Le bâtiment General Electric à Belfort La direction de General Electric (GE) s'est dite jeudi "disposée" à réduire de 150 au maximum le nombre de postes supprimés à Belfort, sur un total de 792 départs initialement proposés.

Compte-à-rebours

Une «bonne chance» qui sonne comme un dernier rappel. C’est le «money time», constate Philippe Petitcolin, le délégué CFE-CGC. Car le 21 octobre, GE dépose son plan auprès de la Direccte, auprès de l’Etat donc, pour le faire homologuer. Les négociations autour de l’accord se sont pourtant enlisées. La semaine dernière, la direction a proposé une modification à la marge : épargner 150 postes si ceux qui restent renoncent à certains acquis sociaux, acceptent un gel des salaires pendant trois ans, une diminution des RTT, moins de navettes pour se rendre au boulot, moins de places en crèche pour les enfants, etc. Lâcher des acquis sans rien qui ne garantisse en face l’avenir du site. L’intersyndicale réclame le retour de dirigeants de la branche énergie de GE à Belfort : ils ont tous migré en Suisse, avec les bénéfices, pour des questions d’optimisation fiscale.

Haute-Saône : un aide-soignant soupçonné d'agressions sexuelles sur 13 personnes dans des Ephad

  Haute-Saône : un aide-soignant soupçonné d'agressions sexuelles sur 13 personnes dans des Ephad L'aide soignant, âgé de 60 ans, est accusé d'agressions sexuelles sur des patients et des collègues dans des établissements de Haute-Saône, du Territoire-de-Belfort, et du Doubs. Un aide-soignant, écroué en juin pour agressions sexuelles et harcèlement sexuel sur quatre personnes dans un Ehpad de Haute-Saône, est suspecté d'avoir commis des faits similaires sur neuf autres victimes dans plusieurs établissements de la région, a indiqué jeudi le parquet.

Belfort, 20 octobre 2019. usine General Electric. Blocage de l'entrée par les syndicats. Fabrice Chirat, délégué cgt. © PAsacl BASTIEN Belfort, 20 octobre 2019. usine General Electric. Blocage de l'entrée par les syndicats. Fabrice Chirat, délégué cgt. Devant l'usine General Electric de Belfort, jeudi. Photo Pascal Bastien pour Libération

Le blocage a ramené la direction à la table mercredi. Mais aucune concession nouvelle, si ce n’est un échelonnement des licenciements sur neuf mois. «Notre projet alternatif, sur lequel on a bossé tous ensemble, la direction nous l’a renvoyé à la gueule comme un torchon pour nous proposer un vulgaire sursis. Reculer pour mieux sauter», s’étrangle Ghislain, 32 ans. L’AG se termine. La plupart retourne à leur bureau, quelques-uns sortent sur le parvis. «On est mesurés, les gens des ateliers sont plus réactifs que nous mais c’est la dernière ligne droite et on est derrière eux», confient Vincent et Laurent, embauchés à l’engineering. Ils sont estomaqués par l’attitude de la direction, se demandent si elle ne cherche pas à les «humilier avec des propositions ridicules, improvisées», «comme si nous n’étions qu’un centre de ressources et de coûts qu’il faut réduire à tout prix». Il se murmure que l’assaut des bureaux pourrait être donné le soir même. Les ouvriers s’en vont, longent l’avenue, direction le piquet de grève. «Faut pas que les bureaux se sentent intouchables. Quand y aura plus d’ouvriers, y a pas de raison qu’ils sauvent leur peau», entend-on en chemin. Car aujourd’hui les ouvriers sont devenus minoritaires à Belfort, ils ne comptent plus que pour 40% de l’effectif.

Lorraine : une centaine d'emplois supprimés dans la filiale du chinois Jinjiang Industries

  Lorraine : une centaine d'emplois supprimés dans la filiale du chinois Jinjiang Industries La direction a présenté ce lundi aux salariés réunis en assemblée générale un projet de "plan social d'une centaine d'emplois", sur les 140 du site.

«Fini les gentillesses»

Des grilles ont été installées pour bloquer les accès entre les bâtiments. Des palettes brûlent en continu dans deux bennes. A la barrière, la CGT répond aux agents de sécurité qu’elle a pris le contrôle, qu’elle se charge désormais «des visites». On se faufile. «Octobre 1994-octobre 2019» est inscrit sur un conteneur posé là, en travers. Histoire de rappeler l’héritage, la grande lutte. Ce mois de mobilisation il y a vingt-cinq ans où toute l’usine s’était levée comme un seul homme pour protester contre le faste des célébrations du centenaire, exiger leur part du gâteau. Et les ouvriers l’avaient obtenu : des augmentations, des congés, des embauches. Certains sont entrés chez Alsthom à cette époque, et les voilà, un demi-siècle plus tard, une carrière plus tard, sous le logo du groupe américain GE et les bâches tendues contre la pluie, à annoncer qu’ils «ne bougeront plus».

Aussi déterminés que Paul, ingénieur de 27 ans, assis là les bras croisés, qui vit la «première grève de [sa] vie». «Fini les gentillesses», disent les aînés, eux racontent que leurs grands-parents déjà s’usaient déjà dans cette usine, pour les TGV, les centrales nucléaires. «Aujourd’hui, les Américains font tout pour faire croire qu’on est des incapables, qu’on devrait avoir honte. C’était la fierté de ma famille cette usine», souffle Christophe. Le barbecue est allumé, le conteneur est aménagé, intérieur et extérieur. Estrade parfaite pour attiser la colère qui gronde, pour durcir le ton. Ici, on se relaie jour et nuit. «Le directeur du site, qui ne dirige rien, se fait escorter en permanence par deux gardes du corps. Il a refusé de venir le premier jour discuter parce qu’il n’avait pas ses chaussures de sécurité», s’agace un ouvrier. On se faufile encore, on suit Abdelaziz qui veut montrer ce «fleuron industriel». Et là, dans l’immense hangar, la majestueuse turbine, repose endormie, couverte sur son flanc par les drapeaux de la CGT. La prise des ouvriers. Il en coûte à GE 250 000 euros de pénalité par jour de retard de livraison.

«Si la direction continue de jouer les têtes brûlées, ça risque de mal finir», prévient Philippe Petitcolin (CFE-CGC). Une nouvelle réunion entre l’intersyndicale et les dirigeants de GE est prévue ce vendredi matin. Et signe que le géant américain s’inquiète de la mobilisation, il envoie cette fois à la table des négociations Patrick Mafféïs, le vice-président de GE Power Europe.

Vidéo virale d'un élu RN prenant à partie une femme voilée au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté .
La vidéo d'un incident survenu vendredi au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, postée par un élu Rassemblement national (RN), est devenue virale sur Twitter samedi après-midi, où elle a été vue plus d'un million de fois.Dans cette vidéo, mise en ligne vendredi après-midi par le président du groupe RN à l'assemblée régionale Julien Odoul, ce dernier demande à ce qu'une femme voilée présente dans le public, accompagnatrice d'un groupe d'enfants venu de Belfort assister à l'assemblée plénière, retire son voile.

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