•   
  •   

France L'adjointe à la sécurité d'Anne Hidalgo dénonce une «dégradation importante de la sécurité du quotidien»

20:45  18 octobre  2019
20:45  18 octobre  2019 Source:   liberation.fr

Recul du nombre d'infractions routières en 2018, mais pas des comportements dangereux

  Recul du nombre d'infractions routières en 2018, mais pas des comportements dangereux Si le nombre d'infractions routières a chuté de 18% en 2018 par rapport à 2017, c'est surtout parce que les radars ont été victimes d'une "dégradation massive".

Colombe Brossel et la maire Anne Hidalgo à l'hôtel de ville in Paris le 6 juin. © JACQUES DEMARTHON Colombe Brossel et la maire Anne Hidalgo à l'hôtel de ville in Paris le 6 juin.

Adjointe à la mairie de Paris, Colombe Brossel revient pour «Libération» sur les chiffres de la police, montrant une recrudescence de la délinquance quotidienne, et le rejet au Sénat d'un amendement sur l'existence législative de la police municipale.

Mercredi soir, le Sénat a rejeté un amendement du projet de loi relatif à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique, qui permettait d’apporter la dernière pierre à la création de la police municipale parisienne, la Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection (DPSP). La décision intervient dans un contexte de hausse significative de l’insécurité à Paris selon les chiffres transmis par la préfecture de police de Paris à l’AFP. Des chiffres qui montrent une recrudescence de la délinquance quotidienne : les atteintes à l’intégrité physique augmentent cette année de 9,08% et les atteintes aux biens de 13,91%. Les violences sexuelles sont en hausse de 3,5%. Colombe Brossel, l’adjointe à la maire de Paris chargée de la sécurité, de la prévention, des quartiers populaires et de l’intégration, réagit pour Libération.

Climat: Hidalgo annonce la création "une nouvelle alliance verte" avec des villes du monde entier

  Climat: Hidalgo annonce la création Les États-Unis ne sont plus les champions de la compétitivité, ils ont été détrônés par Singapour, selon le classement du Forum économique mondial. Cette contre-performance est en partie due aux conflits commerciaux initiés par Donald Trump. D'autres facteurs entrent également en ligne de compte, comme les infrastructures, la santé ou la qualité des institutions notamment. L'OCDE présente son projet de taxe GAFA, très différente de celle en vigueur en France, nous explique Pascal Saint-Amans.

Plusieurs indicateurs de la «délinquance quotidienne» montent dans la capitale. Qu’est-ce qui peut expliquer, selon vous, cette augmentation significative par rapport aux neuf premiers mois de 2018 ?

Deux aspects sont assez inquiétants. D’abord, les chiffres concernant tous les faits de délinquance qui sont en hausse et continuent de l’être, que ce soit les cambriolages, les vols, les violences de la vie de tous les jours. On constate une dégradation importante et continue de la sécurité parisienne du quotidien. Aucun quartier n’est épargné. Pour y répondre, il faut renforcer les effectifs policiers dans les commissariats et privilégier le contact de proximité avec les habitants. Ils doivent être plus présents dans l’espace public, pour pouvoir être témoins des délinquances, interpeller le flagrant délit et dissuader les actes délictueux.

Paris : forte hausse de la délinquance, la mairie demande des renforts policiers

  Paris : forte hausse de la délinquance, la mairie demande des renforts policiers Les atteintes volontaires à l'intégrité physique et les atteintes aux biens ont nettement augmenté par rapport aux neuf premiers mois de 2018. © afp.com/JACQUES DEMARTHON Les atteintes volontaires à l'intégrité physique ont augmenté de 9,08% sur un an (illustration) Violences physiques et sexuelles, vols, cambriolages... Les chiffres de la criminalité à Paris sont en nette hausse sur un an, selon des chiffres de la Préfecture de police transmis à l'AFP de source proche du dossier.

On note pourtant une absence en nombre des policiers dans la rue. Par exemple, dans les arrondissements de plus de 200 000 habitants, comme les XVe et XVIIIe arrondissements, il y a parfois une seule voiture et trois policiers mobilisés pendant la nuit. La mobilisation très importante des services de police pendant les manifestations des gilets jaunes n’a rien arrangé, au moins pendant les temps forts du mouvement. Ils ne peuvent pas à la fois participer à ces opérations de maintien de l’ordre et assurer la sécurité de proximité. On demande donc au gouvernement de créer des postes de fonctionnaires de police dans tous les quartiers parisiens.

Comment la mairie de Paris compte-t-elle concrètement lutter contre cette délinquance de voie publique ? Quelles sont les missions de la police municipale et comment s’articulent-elles avec celles de la préfecture de police ?

La mairie de Paris ne se contente pas de demander à la préfecture plus d’effectifs, elle prend en charge sa responsabilité et s’engage à contribuer également à l’effort contre la délinquance. Avec la création de la DPSP, on veut faire respecter les règles du quotidien et limiter les incivilités, avec une police municipale accessible et centrée sur la relation avec les habitants, dans la rue, la nuit ou le week-end. Les agents municipaux œuvrent pour la «tranquillité publique» et on aimerait étendre cette action notamment à la sécurité routière. Pour que, par exemple, les agents puissent verbaliser certaines incivilités des automobilistes et ainsi alléger la tâche des services de police. Ceux-ci pourraient alors se concentrer sur leurs missions propres : la lutte contre la criminalité et la délinquance. On pense aussi que la présence d’agents en uniformes de la DPSP dans les rues contribue à instaurer un climat de sécurité et tranquillité. En deux ans, les effectifs de la DPSP ont triplé, et on compte aujourd’hui 3 200 agents.

Paris: La Ville juge « incompréhensible » le rejet au Sénat d'une police municipale

  Paris: La Ville juge « incompréhensible » le rejet au Sénat d'une police municipale «Ce rejet est incompréhensible», juge Colombe Brossel, au lendemain du vote défavorable au texte par 228 voix contre et 72 pour. © R.LESCURIEUX La DPSP ce mercredi dans le 20e SOCIETE - «Ce rejet est incompréhensible», juge Colombe Brossel, au lendemain du vote défavorable au texte p Le rejet par le Sénat d'un amendement visant à la création d'une police municipale à Paris est «incompréhensible» a déclaré jeudi à l'AFP Colombe Brossel, adjointe chargée de la Sécurité à la mairie de Paris.

Comment expliquez-vous le rejet de l’amendement lié à la police municipale parisienne par le Sénat ? Quels sont les enjeux de ce vote ?

C’est une décision incompréhensible, surtout dans ce climat de recrudescence généralisée de la délinquance à Paris, où tous les indicateurs sont mauvais. La mairie propose d’embaucher des agents, de créer des postes pour lutter contre l’incivilité. Mais nous avons besoin de cet amendement technique, qui consiste à modifier le code de sécurité intérieure pour que les agents de la DPSP aient une existence aux yeux de la loi. Pour l’instant, ils ne font pas partie du code et cet amendement qui répond au besoin législatif est donc nécessaire. Hors, mercredi soir, on nous a annoncé que la présentation de l’amendement était une fois de plus repoussée. Pourtant, ce projet de loi comporte tout un volet sur les pouvoirs de police des maires. C’est la raison pour laquelle nous avons interpellé le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et le gouvernement. On ne peut pas balayer d’un revers de la main la volonté des habitants. Dans tous les cas, la mairie va continuer à collaborer, créer des postes et, je l’espère, répondre aux attentes des Parisiens en matière de sécurité.

Balade féministe autour du Panthéon .
Une vingtaine de personnes ont participé ce samedi matin à la balade urbaine et féministe organisée autour du Panthéon (Ve) par le collectif Fortes. Émanation de Paris en commun, association de soutien à la candidature d’Anne Hidalgo (PS), ce collectif créé cette semaine entend « donner la parole aux jeunes femmes sur les thèmes du féminisme, de l’écologie et de la lutte contre l’exclusion », annonce Marion Waller, directrice adjointe du cabinet de Jean-Louis Missika (app PS), adjoint à l’urbanisme.

—   Partager dans le Soc. Réseaux
usr: 1
C'est intéressant!